Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

Il avait le regard perçant

De ceux qui regardent vraiment

Il avait pourtant occulté...

L'horreur par ses yeux imprimés!

 

La guerre, la perte d'un ami

Le désespoir l'avait surpris!

Il avait sauté sur un char

Etait en vie grâce au hasard

 

Alors quand il apprit que sa femme

Le trompait avec un quidam

S'était contenté de grommeler...

Absent, ça devait arriver!

 

La guerre ça finit bien un jour

Et sur le chemin du retour

Il a croisé un beau regard

Encore un geste du hasard!

 

Alors ce fut vite décidé

Tout pouvait bien recommencer

Le temps de mettre à plat sa vie

Chez lui il fit venir sa mie!

 

Il y avait le plein de soleil

Aussi les sens qui se réveillent

Tout semblait être pour un mieux

Ils pouvaient faire des envieux!

 

Mais il était psychanalyste...

Des maux il pouvait faire la liste!

Dans les méandres de tous les coeurs

Il ne fallait pas faire d'erreur!

 

Il avait le regard perçant

De ceux qui regardent vraiment

Et il ne pouvait s'empêcher

Certains soirs de désespérer!

 

Il ne voulait pas faire d'enfant

Pour qu'un jour il devienne grand

Il s'enfermait dans son bien-être

A côté de sa vie peut-être?

 

Et puis, un jour c'est reparti

La guerre encore...Il en vomit!

Et il est retourné batailler

Dans l'espoir de tout arranger!

 

Quand presque mort il est revenu

Avec son âme mise à nu

Il a regardé son bonheur

Comme si c'était une simple erreur!

 

Alors, la vie qui continue...

Mais parfois se brouille la vue!

On prend un verre, un peu d'alcool

Et voilà que l'envie décolle!

 

Cela devient une habitude

Pour retrouver ses certitudes...

On a besoin d'un petit remontant

Mais, ivre on n'est jamais vraiment

 

L'aider, elle a bien essayé

Ses efforts se sont effrités

Il n'y avait plus rien à faire

Pour l'empêcher de se défaire!

 

Et le temps alors s'est enfui

Après les jours, y avait les nuits

Il n'y avait plus de bonheur

Juste des relents de langueur!

 

Et puis, le pire est arrivé

Le processus s"est déclanché

Ne voulait pas se voir partir...

Mais n'avait plus peur de mourir!

 

Il avait le regard perçant

De ceux qui regardent vraiment

Et ce qui nous est arrivé...

C'est que ses yeux vont nous manquer!

J.G.

 

 

 

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Commentaire de Gilbert Jacqueline le 3 juillet 2011 à 22:39

Merci pour vos commentaires, chers amis, ils sont comme toujours aussi sensibles que pertinents et je crois que "le regard perçant" les aurait aimés.

Belle semaine d'été à tous

Amitiés

Jacqueline

Commentaire de NICOLAS Blanche Nadine le 3 juillet 2011 à 16:39
Les siècles passent, les modes changent mais la trahison, la perte, l'horreur de la guerre demeurent. Les uns parviennent à panser leurs plaies. Quelques autres, plus lucides, se réfugient au tréfonds de leur être et ne sont plus capables de communiquer. Ce beau poème traduit une belle page de vie et j'ai songé à certaines nouvelles de Maupassant. Merci Jacqueline, à bientôt, blanche
Commentaire de Gil Def le 2 juillet 2011 à 12:16

Bonjour Jacqueline

 

Les générations qui nous ont précédé et qui ont vécu au XXe siècle n’ont pu échapper à des folies collectives. Par dizaines de millions, des destinées individuelles ont été fracassées. Par nombre de témoignages recueillis dans mon entourage, ou par la lecture, j’ai compris que pour la guerre on n’a pas de mot assez fort, assez dur pour dire que c’est la pire des saletés, la pire des infamies. Après deux guerres mondiales, deux carnages innommables, on devrait avoir compris. Mais non, à la première occasion, nombre de gens trouvent des arguments de bonnes raisons pour qu’on recommence. Et plus navrant encore, c’est que les médias et certains s’en vont des feuilletons.

 

Votre témoignage émouvant à propos de l’histoire d’une personne chère s’ajoute à nombre d’histoires individuelles qui ne peuvent pas se débarrasser des empreintes et des blessures profondes faites par la guerre. Il est plus que jamais nécessaire quand on constate un déficit de mémoire et la légèreté avec laquelle les pouvoirs engagent nos pays dans la guerre, sans mesure des conséquences.

 

Cet homme était vrai, authentique et ce qu’il faut lire, c’est tout l’amour qu’il portait depuis toujours envers les autres et jusque dans sa désespérance, mélange de refus et de peur de savoir que tout puisse recommencer. Cette désespérance est une alerte. Il a transmis pour ça le regard perçant qu’il faut sur toute chose entre l’acceptable et l’inacceptable…

 

Bonne journée. Amitiés. Gil  

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