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LE COLLIER DE PERLES...

 

Il faisait beau et Gaby avait trainé un peu en rentrant de l'hôpital. Depuis quelques mois elle travaillait comme secrétaire auprès d'un médecin qui avait été son prof et l'avait embauchée à la fin de ses études.

Elle était remontée de Bordet jusqu'à la porte de Namur, puis était descendue la chaussée d'Ixelles jusqu'aux étangs, mais là, trop fatiguée avait fini par prendre le tram qui l'avait conduite jusqu'au domicile de ses parents.

Ce début de septembre était particulier, pour la première fois depuis 2 ans, elle se sentait bien, légère et pleine d'envie! Son travail lui plaisait, le docteur B. était timide et charmant, il semblait toujours s'excuser de lui demander de taper ses rapports si longs et détaillés et lorsque Gaby lui demandait certaines précisions, il était ravi et ses explications étaient toujours claires et concises.

Contrairement à ce qu'elle avait craint, elle ne s'ennuyait pas du tout et semblait avoir trouvé enfin, un dérivatif à sa peine...

Et puis, il y a 3 semaines environ, chez son amie Sabine, elle avait rencontré Pierre, le cousin de celle-ci. Il rentrait des Etas-Unis où il était parti en urgence pour faire signer à sa femme dont il vivait séparé depuis 5 ans, les papiers du divorce... enceinte, Myriam voulait épouser le père du bébé, un millionnaire Texan, installé à New-York depuis peu...

New-York, avait enchainé Gaby, mon Dieu, j'adore cette ville! Mon frère y travaille et j'y suis restée 2 mois l'année dernière...

La conversation s'était poursuivie et Pierre tout naturellement avait invité Gaby à dîner et lui avait parlé de son projet de partager son temps entre New-York et Bruxelles où il faisait partie d'un cabinet d'avocats qui avait besoin qu'un des leurs fasse parfois le relais devant la justice américaine.

C'était la première fois depuis sa rupture avec Alex qu'elle sortait avec un homme!

Alex, celui dont les yeux turquoises et les mains si douces l'avaient marquée pour toujours. Il avait été l'évidence et le mal qu'elle avait ressenti lui avait paru insurmontable...Pourtant elle s'était accrochée avec la volonté de prouver qu'elle n'était en aucun cas cette chose insignifiante dont on se sert avant de s'en défaire...

Et voilà que dans quelques jours, elle allait avoir 20 ans... et elle ne pouvait s'empêcher de fredonner la chanson d'Aznavour : Avoir 20 ans, des lendemains plein de promesses, il faut vivre jusqu'à l'ivresse, sa jeunesse...

De retour à la maison, sa mère lui fit part d'un coup de téléphone de sa tante. Son oncle lui offrait le voyage pour les rejoindre à Paris ce week-end, un cadeau surprise l'attendait pour ses 20 ans!

Gaby avait projeté de passer le week-end au Zoute, chez Sabine, où Pierre devait les rejoindre, mais elle ne pouvait décliner une invitation si gentille bien qu'un peu intrusive! Une autre fin de semaine lui aurait mieux convenu, mais le billet aller retour en train bleu l'attendait à l'agence de voyage... Et puis, Paris sa ville natale, serait toujours en n'importe quelle circonstance, sa ville de coeur! Gaby décrocha donc le téléphone pour remercier avec la chaleur qu'elle avait naturellement pour les personnes chères à son coeur!

Le samedi matin, elle prit donc le train de 10H25 à la gare du midi où sa place avait été réservée en première classe. Elle portait pour la circonstance un nouveau tailleur de tweed, mélange de vert et de rouille et un corsage vert mousse qui mettait en valeur sa carnation claire et ses yeux changeants. Elle se l'était offert avec ses premiers salaires chez un couturier qui s'était fiancé à une de ses amies et elle se sentait en beauté et d'autant plus de bonne humeur que Pierre était passé la prendre pour la conduire à la gare dans sa nouvelle voiture, une Chevrolet, verte, elle aussi...Et... sur le quai de la gare ce baiser appuyé qui l'avait surprise et laissée rêveuse une partie du voyage, qui avait passé si vite... le temps de savourer un lunch délicieux au wagon restaurant et déjà Paris et la tante Yvonne sur le quai!

Elles ont fait du shopping tout l'après-midi et cerise sur le gâteau elles ont terminé par un coiffeur où Gaby se fit couper les cheveux très court! Adieu chignon et cela lui allait à ravir... Il faisait beau et elles ont pris le thé à une terrasse avenue Georges V, pour finalement arriver à l'appartement seulement 10 minutes avant l'oncle Antoine!

C'était le grand moment...il sortit un petit écrin de la poche intérieure de son veston et le lui tendit avec le fin petit sourire qui était le sien dans certaines circonstances et que Gaby avait appris à aimer...

-Ta tante et moi te souhaitons un bon anniversaire ma chérie, que tes 20 ans t'apporte tout le bonheur que tu mérites et que ta vie soit aussi soyeuse et lumineuse que ces perles!

Gaby, rose de plaisir découvrit un collier semblable à celui que sa tante ne quittait jamais et dont encore l'éclat ce soir lui illuminait le décolleté. Elle était ravie et lorsque son oncle lui mit le bijou autour du cou et s'assura que le mécanisme du fermoir agrémenté d'un petit rubis était opérationnel, elle versa quelques larmes en les embrassant!

 Le très bel orient des perles faisait ressortir le vert de son corsage et dans ses yeux il y avait des étoiles d'émotion qui illustraient joliment ce moment d'exception.

Gaby se sentait brusquement différente, comme si son collier l'avait changée en dévoilant tout le pouvoir de sa féminité et en l'enveloppant de tendresse. Elle était radieuse et au restaurant où ils se rendirent, elle attira tous les regards.

Les perles, il faut les porter souvent si on ne veut pas qu'elles meurent, il faut éviter de se parfumer lorsqu'on les a au cou, il faut les lustrer de temps à autre avec une peau de chamois et... et il faut les aimer pour qu'elles vivent! En deux mots, les perles sont aimées des femmes parce qu'elles leurs ressemblent, expliqua l'oncle Antoine avec son petit sourire...

Dans le train du retour le dimanche dans la soirée, Gaby les caressait machinalement déjà et aussi elle pensait... ces perles, c'est aussi la fin du temps des larmes puisqu'à présent je les porte au cou!

A son arrivée Pierre était sur le quai et un peu plus tard, parmi les roses de son bouquet, elle découvrit après un long baiser un autre petit écrin... avec au centre d'un anneau... une perle!

J.G.

 

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Commentaire de guiot josette le 16 juillet 2011 à 10:14

Tout est bien qui finit bien ...Un conte de fée écrit sous la pluie et reçu avec plaisir par une matinée radieuse dans mon Auvergne natale.

Bon week-end !

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