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Robert Vandamme : LES JOURS RENOUES

Les Editions du Centre d’Art d’Ixelles

Présentent

 

LES JOURS RENOUES

Robert Vandamme

 

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Les vrais poètes sont trop rares pour les laisser dans un silence insultant. Robert Vandamme fait partie de ces authentiques créateurs qui magnifient la langue et jouent avec les mots. Avec une vingtaine d’ouvrages publiés auprès de différents éditeurs,  il a accepté de confier son dernier manuscrit paru de son vivant aux Editions du Centre d’Art d’Ixelles, un volume d’une rare exigence qu’on lit et relit pour s’imprégner d’une  lecture décapante et globale. Car il faut être modeste pour écrire avec une telle pudeur et une telle générosité et rêver, naturellement, d’être lu. Raisonnable et sans vanité, l’auteur a gardé cette intense vertu socratique qui place la parole, en sa qualité de verbe sans cesse malléable et récusable, bien au-dessus de l’écrit, péremptoire quant à lui, arrogant, définitif. Mais si nous voulons que l’Histoire se prolonge, il faut bien, l’Histoire nous l’enseigne, que nous sacrifiions à l’écriture.

 

 

Chez le même éditeur :

-          Thanatos : Jean Lhassa

-          Oglala : Gus Rongy

-          Le goût du malheur : Henri Vernes

-          Mikis Theodorakis : Fantasmagorie crétoise

-          Le journal de Morgane : Daniel Bastié

-          Furya : Mythic

-          Je ne suis pas une Lolita : Daniel Bastié

-          Cosmopolyton : Jean Lhassa

-          Douze ans, onze mois : Jean Lhassa

-          Zones d’ombres : Patrick Verlinden

Extrait de l'ouvrage

Eglogues 1941

         

           

1.

 

Tandis que les coucous se perdaient dans les bois,

Lucile,j'enroulais tes cheveux à mes doigts.

Souviens-t'en. Les chars lourds grinçaient le long des charmes.

L'amour qui nous avait arraché tant de larmes

Ceignait nos fronts d'une douce mélancolie.

Le baiser que je pris sur ta lèvre pâlie

Avait le goût du miel, de la pluie et du vent.

Déjà je me sentais grave comme un enfant.

2.

Averse, tu me plais avec tes longs fils bleus

Et ton odeur de foin qui flotte sur les routes....

Tandis que le grand vent chassait les chats frileux

Et dans un tourbillon éparpillait les gouttes

De pluie, Eva, nous entremêlâmes nos doigts

Sous un hangar qui sentait bon le trèfle mauve.

Jeune fille, je pense à vous et je revois

Vos deux lèvres d'enfant, vos yeux de jeune fauve.

3.

Pour les jardins frileux et pâles,

Le vent amasse des étoiles.

Effloraison

 

Lente d'octobre sous la lune.

Ombres longues d'un bleu de prune.

Toits des maisons

 

Epars dans les derniers feuillages.

Pour qui, pour quel nouveau visage

Sont ces chansons ?

 

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