Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

Nous n'avons pas trouvé de pain,
Personne ne mangera aujourd'hui.
Nous n'avons pas trouvé d'eau,
Personne ne boira aujourd'hui.

Le puits est vide,
Quelques gouttes de rosée
ruissellent le long des pierres.
Des vapeurs remontent
Du fond de l'obscur tunnel,
L'eau abandonne la margelle.
Je crois aux larmes,
Je crois au sel humide,
A l'éternelle tristesse
De cette porteuse d'eau,
Dont les pleurs
Tels une source de lumière,
Entament leur descente,
Coulent le long de la paroi,
Se retournent, rayons liquides,
Pour entrevoir une fois encore,
Le ciel qui s'éteint
Enfantant la nuit sur ce monde.

La femme prie encore,
Des mots qui ne sont d'aucune langue.
Les traits creusés,
Il me semble qu'elle voudrait,
Dire encore,
Vouloir encore,
Habiter ce lieu.
Mais le fond de l'abysse, béant d'ombre,
N'est pour personne la demeure.
Elle resserre les liens
De sa robe de crin,
Avant de chercher en elle,
La force d'un Dieu inconnu,
Qui gît étendu, malmené,
Dans ce paysage de faïence
Où la raison se perd.
Car ce qu'on pressent maintenant,
N'est plus que la raison
Chancelante au fond du puits.
La soif du vide qui aspire le corps
Desséché de l'enfance,
Le tracé d'une chute qui se déroule sans nous,
Dévide le fil âprement tissé,
de l'habit invisible,
De la pécheresse.
Je crois que tous,
Devons nous asseoir et écouter,
L'Echo de la chute,
Ce chant qui résonne pour toujours
Dans toutes les inventions maladroites
Qui font de nous des créatures.
Une voix qui devient corde
Tendue de toutes les voix qui chantent
Eperdues dans nos corps.
Sans rencontrer personne,
Comme tombe la pierre,
Sans heurts, sans secousse inutiles.

Lorsque l'eau étendue,
Au fond de ce puits,
Aura révélé sa sagesse,
Les mourants et les morts,
S'éteindront.
Sans blesser personne
Sans gestes pathétiques.
J'ai donc vu Marie Madeleine
Souriante, la main tendue
Il faisait presque nuit.
J'ai porté son seau,
Et le seau était vide.
Nous ne boirons pas ce soir.
J'ai vu le fantôme du marcheur divin,
Sur la route menant au calvaire.
Mais il n'y a pas de pain.
Et nous ne mangerons pas ce soir.

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Commentaire de Martine Dillies-Snaet le 21 août 2013 à 22:37

O Daniel comme j'ai aimé ça. Ce texte c'est...

Il n'est pas de mots.

Enfin un réseau social modéré!!!

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