Je marche dans Paris,
il pleut, le ciel descend, indifférent,
sous mon parapluie blanc,
je songe à vous,
l’absent, le taiseux,
je tremble tellement j’ai froid ;
à vous aimer si fort,
je violente mon corps et puis mon cœur,
intouchés par les vôtres.
La rue Sébastopol,
large canal tout gris,
infiniment s’étire jusqu’à Ménilmontant
et la cité des fleurs ;
Je perds pieds en même temps que la tête
depuis ce lourd silence dont vous me gratifiez,
sans même vous en lasser.
Le brouhaha de la rue, des
boulevards et du périphérique,
n’est rien à côté de la rumeur
terrible, obsédante, qui prive de sommeil
mon corps chaque nuit
et désespère mon cœur.
Il me semble que mon cœur
déambule dans ma tête,
s’y perd, s’y cogne,
alors pour lui répondre, adoucir son attente,
j’écris cet amour de moi à vous.
La pluie s’est arrêtée d’un coup !
Il fait tout bleu.
Commentaires
Quelle finesse pour parler de l'attente d'amour. Très beau Nina, merci d'avoir partagé.