Deux nouveaux dessins, un début de nouvelle chanson, des photos prises quelque part dans Namur.
Eh oui, rien que ça, eh oui, tout ça, quand même.
Je ne parle même pas des flân'ries, à Namur, le long de la Sambre (avant qu'elle ne se jette dans la Meuse), quand un bateau de police, à pas lents, semble patrouiller sur l'eau.
Chemins de halage, rues principales, magasins, je connais l'décor.
Namur, j'y marche, les yeux fermés. Depuis le nombre d'années que j'y passe. Hier, dans cette cité, j'avais pas l'coeur à passer chez des potes, mais plutôt ... à marcher à vide, en l'prenant, en l'vivant serein'ment, comme si j'étais un ermite, comme si j'effectuais ma forme de traversée dans un Sahara belge.
Le bus m'a bien emm'né à Eghezée, ensuite.
Je suis arrivé une heure à l'avance, dans l'bistro prévu. Juste en face d'une ancienne gare.
J'ai attendu le début des auditions, derrière un café, en regardant les tables voisines, où se trouvaient sans doute, déjà, incognito (ou un peu moins incognito) certain(e)s qui débarquaient dans cet endroit ... pour les mêmes raisons que moi.
L'atmosphère, dans l'bistro, était sympa, populaire, discrète. Les tubes des années 70 ("L'ETE INDIEN" de Joe Dassin, "GIGI L'AMOROSO" de Dalida ...) défilaient.
Sautons les heures.
Les auditions ont bien eu lieu, dans la salle voisine du bistro, prévue à cet effet (paraît que dix-huit noms étaient prévus et qu'on ne pouvait pas les ret'nir tous).
Eh oui ! Eh oui !
Mais je garde le meilleur : je suis ret'nu.
Paraît qu'on attend du monde, là-bas. Ce soir.
J'ai croisé plein de gens chouettes, hier.
Je suis même parvenu (c'est rare) à me poiler littéral'ment devant le spectacle d'une humoriste. Philogène Feraille, si tu captes mon écrit, je pense à toi. Avec ta perruque, ta robe de "madame de 60 ans" ton accent à tirer au couteau quand tu roules les "r" (comme certaines dames d'un âge ... avancé), en évoquant un ménage (âgé) dont l'mari prend des cours d'informatique (et se plante), je bois du p'tit lait. J'ai cru retrouver ma ... Bonne-Mamy, décédée en 1989 (à part qu'elle, elle roulait pas les "r", mais parlait français avec son accent grand'ducal prononcé, avec lequel elle aurait pu tenir le discours de ton héroïne).
Ce soir encore, j'imagine ...
Philippe Mai me charmera avec son ukulélé, Jean-Paul Namur remettra sur le tapis la crise politique (avec un Van de Lanotte, Bart De Wever tout transfigurés), Claire Tasiaux évoqu'ra la ferme de ses parents, Aurélien Belle m'emmèn'ra dans son "Ring de Bruxelles" et j'espère me poiler quand il enchaînera les noms Molenbeek-Strombeek-et j'en passe.
Ah ! Les potes de chanson !
Et je rechant'rai l'ode à ma ... "DOUCE". En m'efforçant de ne pas trop traîner, en arrivant sur scène, avec l'harmonica que je dois placer dans une espèce d'engin ... qu'un gars, dans l'public, hier, prenait, humoristiqu'ment, pour un appareil dentaire.
Avec les humoristes, j'ai toujours autant de difficultés. En général. Non pas parce qu'ils présentent quelque chose qui n'en vaut pas la peine, non. Je sais, en plus, que c'est difficile de faire rire. L'histoire doit être bien montée, ça doit rouler, les jeux d'mots doivent ressortir au bon moment.
Mais souvent, pour moi qui suis spectateur, je sens que ... y a quelque chose qui manque, par rapport à ce que j'attends, en tant que spectateur. Je ne les sens franch'ment pas "marrants", ces humoristes, en dehors de leur rôle à t'nir sur scène (qui n'est même plus ... marrant). Je sens qu'ils calculent leur coup, sans vraiment donner leur coeur, sans toujours regarder le public, au moment où ils s'expriment. D'accord, ils se cherchent. D'accord, leur démarche de franchir les feux d'la rampe, c'est à applaudir. Mais voilà ... quand je suis spectateur, avec mes émotions, ma volonté de comprendre, je n'ai pas trop envie de jouer au psy ni à l'assistant social.
Je sais qu'une attitude, a priori, imbuvable, prétentieuse, hautaine, condescendante, froide de la part de plus d'un qui franchissent la scène relève plus d'un manque de confiance en soi que d'un mépris profond.
Mais ça, je veux bien l'savoir. Mais basta !
J'ai infiniment plus de respect pour mon pote de chanson Jean-Paul Namur, qui écrit de superbes textes, dont l'émotivité transpire à mille kilomètres à la ronde, qui n'a pas peur de faire passer son "manque de confiance en lui" (visible) en disant, le plus simplement du monde (avec une gentillesse dans l'sourire) : "Le problème, c'est que je n'ai pas confiance en moi, et il faut me rassurer !". Ca, au moins, c'est beau ! Ca, au moins, c'est limpide ! Ca, au moins, ça prend au coeur !
Par où commencer, aujourd'hui ?
Faut-il vraiment trouver un début ?
Du soleil dehors, du vent pour l'accompagner.
Le sentiment de trinquer, toujours, malgré tout. C'est bizarre : quand les contraintes du boulot sont là, en général, je f'rais tout pour retrouver ma liberté. Normal. Quand la liberté se présente, les mêmes symptômes sont toujours là. Je tousse à longueur de temps.
Viv'ment tout à l'heure !
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