En hommage à Alfred de Musset
Contemplant le trajet que les étoiles font,
Musset pensa y voir la force souveraine
Qui anime ardemment et guide l’âme humaine.
Après l’autre, en courant, les astres tournent en rond.
Etre aimé sans aimer n’apporte pas de joie,
Ne motive que peu ou ennuie au contraire.
Prisonnier d’un désir, au hasard, l’esprit erre.
Un impossible amour peut sembler une croix.
L’orgueil rend malheureux face à l’indifférence,
Alors qu’on attendait la tendresse rêvée.
On invente un défi pensant le relever;
Agir est un moyen de tromper la souffrance.
J’aime! Voilà le mot que la nature entière
Fit entendre à Musset méditant dans la nuit.
Dans les jours de malheur, sa muse auprès de lui,
Insufflait en son âme une grâce altière.
6 février 2010
J'aime! -voilà le mot que la nature entière
Crie au vent qui l'emporte, à l'oiseau qui le suit!
Sombre et dernier soupir que poussera la terre
Quand elle tombera dans l'éternelle nuit!
Oh! vous le murmurez dans vos sphères sacrées,
Etoiles du matin, ce mot triste et charmant!
La plus faible de vous, quand Dieu vous a créées,
A voulu traverser les plaines éthérées,
Pour chercher le soleil, son immortel amant.
Elle s'est élancée au sein des nuits profondes.
Mais une autre l'aimait elle-même;-et les mondes
Se sont mis en voyage autour du firmament.
Alfred de Musset
Poésies Nouvelles Rolla V
Commentaires
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.