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Danse : ALLEIN ! Nouvelle création de Erika Zueneli.

C’est en 2008 qu’Erika Zueneli installe à Bruxelles sa compagnie « Tant’amati ». Prix de la critique du meilleur spectacle de Danse en 2014 pour son travail sur le couple, elle tente une approche de recherche de langage différente avec « Allein », une performance soutenue par trois interprètes : elle-même, chorégraphe-danseuse, Jean Fürst, chanteur-performeur et Rodolphe Coster, compositeur-musicien. Aidé par Laurence Halloy aux effets lumière, ils se livrent à un jeu de conjonctions ouvrant à des interprétations hypothétiques, un jeu d’inspirations et d’hésitations sur une page blanche à remplir. Présenté au festival de danse Fais d’Hiver début 2018, ce spectacle sobre et envoutant a occupé la scène des Brigittines avant d’arriver au Varia.

Les artistes ont participé à un bord de scène après la représentation du 12 décembre au petit Varia dont voici les grandes lignes.

Rodolphe, comment avez-vous composé cette musique ?

Rodolpe Coster (Sabam award 2016 en composition musicale pour les arts de la scène) : Je suis musicien de formation, violoniste classique. J’aime essayer l’expérimental. Ici, on fait avec peu de moyens. Je me suis aussi récemment lancé dans la création musicale pour la danse. (Il a composé la musique du spectacle Stroke, duo interprété et créé par Louise Michel Jackson). Lors de la préparation de la création aux Brigittines, on avait écouté des morceaux de groupes anglais et aussi de Virginia Woolf pour faire un projet sur la réception de la musique.

Et l’idée du spectacle, comment est-elle venue ?

Erika Zueneli : Avec mes partenaires que je connais depuis longtemps, je voulais explorer d’autres pistes sur la perception musicale et visuelle et aussi sur la mémoire individuelle et collective.
Je voulais chercher autrement que d’habitude en vue de toucher quelque chose de frontal.

Rodolphe : On voulait créer à partir d’un concert. En termes de jeu, on a exploré les années 70 sans avoir envie de jouer sur les images de ces années-là. L’idée était d’avoir une voix, un chant, qui corresponde aux idées contemporaines plus le new wave des années 70 pour donner une force particulière à nos personnalités, à nos frottements.
Il y a aussi des sons pré-enregistrées (comme l’avion que l’on entend au début) et puis il y a des moments où le jeu est démultiplié comme un instrument de musique, les échos de la voix de Jean par exemple sont pitchés.

Et le titre, pourquoi « Allein » ?

Erika : On a beaucoup cherché et on a bien eu dix titres différents.
« Allein » car dans une de nos premières résidences, on a travaillé sur une chanson de Nina Hagen : « Heute bin ich allein ». C’est aussi la question de la solitude du performeur.
Ce titre m’a semblé résumer pas mal de questions et laisser place à une certaine angoisse.

Le rapport avec le punk ?

Rodolphe : La musique punk est morte avec Lester Bangs qui avait aussi bien compris qu’il était seul. En tant que musicien, je n’aime pas les choses simples. J’aime ce qui est lié à la mort plus qu’à la vie. Même si la musique de Hagen en tant que musicien, ne m’inspire pas, elle a sa légitimité dans le spectacle.

Avez-vous recherché un style ?

Rodolphe : La musique, à mon niveau, ce n’est pas du maniérisme. Cette musique-là me ressemble. J’ai écouté beaucoup de baroque, le classique m’interpelle aussi. On n’est pas ici pour proposer une esthétique. J’ai un groupe et notre musique ressemble à la celle de la fin du spectacle.
Nous sommes restés vrais et honnêtes. C’est la première fois que je travaille dans une création en partage et en triangulation.

Comment avez-vous opéré les choix de fragments de textes du spectacle ?

Erika : On a cherché les sens et il y avait des mots qu’on avait envie d’insérer. On a voulu ouvrir des pistes plutôt que de recourir à des chansons précises. On a privilégié des bribes, des mots ouverts, universels. Et puis, on est passé par des textes dadaïstes. Quand on parle de punk, c’est plutôt d’une idéologie, inspirée du futurisme et du dadaïsme. Ces mots, on a voulu les utiliser à notre guise. Je me suis intéressée aux anarchistes italiens des années 80 que mes parents appréciaient et qui parlaient de liberté et on a replacé les mots dans un spectacle qui parle de présent et du futur.
J’aurais voulu faire un discours sur le futur mais comme je le dis à la fin, je n’ai rien à dire car le futur est une page blanche. Il est devant nous, à remplir.

La musique comme réflexion de départ a-t-elle aidé à positionner l’exercice global ?

Erika : Le spectacle aurait dû émerger de la vibration musicale mais cela ne s’est pas passé comme cela. Il s’est construit tout seul même s’il reste quelque chose de cette idée.

Combien de temps avez-vous travaillé sur cette création ?

Erika : On a mis beaucoup de temps. Nous avons commencé en 2016 et fini en 2018 mais nous avons travaillé sporadiquement selon les disponibilités de chacun. En continu, je dirais un mois et demi.

Erika, où situez-vous cette création dans votre parcours ?

Erika : J’ai derrière moi une dizaine de pièces et j’avais envie d’une cassure, de jouer autrement. Mais cela n’a pas été évident du tout. La scénographie n’est pas apparue d’emblée… Même s’il y a des prises d’espaces et des synchronies très écrites. Mais il y eu cet intérêt de la recherche de quelque chose de différent.

Palmina Di Meo

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