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"Conversations avec ma mère" avec Jacqueline Bir et Alain Leempoel à la Vénerie-Espace Delvaux

Faire Pivoter le Monde! Ce soir, deux fabuleux comédiens, Jacqueline Bir et Alain Leempoel nous précipitent dans la crise économique cruciale qu’a connue l’Argentine en 2001. Et Pietro Pizzuti, le génial metteur en scène, de déplorer que la situation n’est pas fort différente à notre époque. Il suffirait peut-être (et encore…) d’ôter le vieux Frigidaire  vintage  du plateau et nous serions quelque part en été, en Europe ? Un credo vibrant va se décliner sur le mode des variations captivantes lors de conversations mère-fils. Face aux débâcles économiques et sociales qui servent d’arrière-plan à la pièce, subsistent néanmoins l’amour de la liberté et la compassion pour les plus faibles. C’est le message qui tout au long de la pièce perle tantôt avec tendresse, tantôt avec combattivité sur les lèvres aimantes de cette mère de 82 ans qui, soudain, voit ressurgir un fils de 50 ans toujours pressé et qui lui téléphone bien plus souvent qu’il ne vient la voir.

Mamà, cheveux blancs, est assise dans le sofa et tourne le dos au public, comme dans « Le récit de la servante Zerline ». Son fils, Jaime, (prononcez Chaïm), surgit au milieu de l’appartement bien rangé, lustré, étincelant de propreté. Surprise, elle pense : « Qu’est-ce qu’il me cache ? » Lui : « Comment vais-je lui dire ? » Cette fois il a un problème de taille à lui soumettre : il voudrait lui faire quitter l’appartement où elle vit (seule?) depuis la mort de son mari mais qui ne lui appartient hélas pas. Sa femme Laura exige la vente. Ayant perdu son emploi enviable, Jaime est désemparé. Ils sont dans une situation financière inextricable avec des enfants habitués au luxe dont il faut continuer à payer les études. Le spectre de la maison de repos est aussitôt abordé par la mère, très lucide, qui n’en a pas fini avec la vie.

Malgré la salle comble, tâchez de trouver des places près de la scène, car les métamorphoses passionnées du visage de la mère, tellement émue de retrouver son fils, plongent le spectateur dans des vagues d’émotions. Jacqueline Bir a cette fibre particulière de comédienne qui vous fait monter les larmes aux yeux alors même que l’on voudrait s’en défendre. La vérité des sentiments, l’intensité du jeu deviennent pour le spectateur le plus flegmatique un émerveillement toujours recommencé. Le chantage affectif règne, on s’en serait douté ! Serait-on une mère sans cela. D’ailleurs, « est-ce que Freud aurait réussi, sans les mères? » lance la sémillante mama. On se retrouve en tout cas - couleurs chatoyantes et lumières automnales du plateau aidant - baignés de chaleur humaine et touchés par ces profondes vibrations qui ont fait fondre les cœurs lorsque Jacqueline Bir incarnait il y a quelques années « Oscar et la dame rose ».On reçoit ici toute la tendresse espiègle et rouspéteuse d’une mère pour son fils comme un cadeau du ciel et on rit de bonheur à ses bons mots et à sa remarquable intuition, on savoure sa mauvaise foi, ses réparties et son humour cinglant. Le duo avec Alain Leempoel est magistral.

A la fin du premier acte, voilà que les cœurs qui s’étaient insensiblement distanciés se rapprochent, se reconnaissent, se livrent avec pudeur et se retrouvent. Pas d’entracte et pour cause, le ciel a de ces surprises… Ah oui il y a aussi un mystérieux Gregorio, presqu’aussi vivant que les deux complices!

Par leur jeu, Mère et Fils réussissent un miracle : celui d’abolir le Temps et les pénibles contingences matérielles, faisant de ces retrouvailles progressives, presque des noces spirituelles. La connivence est revenue entre celle qui s’entêtait « à cuisiner comme avant » et ce fils au prénom portugais beau comme une caresse. Voici un fils perdu et retrouvé, qui, après avoir fondé et après avoir trimé sans compter pour se conformer aux exigences du paraître une famille peu attentionnée, est rassuré sur lui-même et mûri. Grâce aux très particulières conversations avec sa mère, il renaît à la vie, au désir, à la liberté et aux valeurs essentielles et surmonte peurs et angoisses. Un conte philosophique?

Jusqu'au 18 mai 2014

Conversations avec ma Mère

Théâtre - Contemporain
La Vénerie - Espace Delvaux
Rue Gratès 3 1170 BRUXELLES - BELGIQUE

Création en langue française d’après le film argentin de Santiago Carlos Ovés, adaptation théâtrale de Jordi Galcerán
Mis en scène par Pietro Pizzuti avec Jacqueline Bir et Alain Leempoel

http://www.lavenerie.be/index.cfm?r1=1&r2=102670

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Commentaire de Deashelle le 3 octobre 2021 à 19:04
Commentaire de Deashelle le 3 octobre 2021 à 19:00

septembre octobre 2021: Jacqueline Bir à nouveau sur scène! Dans la dame à la Camionnette! au théâtre du Wolubilis!

Commentaire de Deashelle le 31 janvier 2018 à 13:38

Bouleversantes et terriblement drôles, ces Conversations mettent en exergue la tendresse et l'espièglerie d'une mère avec son fils, l'amour qu'ils se portent dissimulé sous de la pudeur, et prônent le partage et la liberté en réponse aux débâcles.

Envie de voir le spectacle ou le revoir bien installé dans son canapé ?! C'est Lundi 5 février 2018 à 21h10 sur La Trois RTBF TV, à la suite l'émission Jour de relâche à 22h35 pour découvrir les coulisses de la dernière représentation de "Conversations avec ma mère" 

C'est l'état d'une société que l'auteur interroge ici à travers les conversations entre une mère âgée et son fils : la situation de l'Argentine en 2001, l'engagement individuel, l'éloignement des générations, n'est pas sans rappeler l'Europe d'aujourd'hui. 

https://www.rtbf.be/tv/guide-tv/detail_conversations-avec-ma-mere?u...

Commentaire de Deashelle le 16 novembre 2017 à 15:57

Trois ans plus tard... Les voici de retour de Monaco, pour les dernières dates belges. Allez les applaudir à Louvain-la-Neuve le 22 novembre, à Auderghem le 28 et 30 novembre au profit de Viva For Life et à Mons le 6 décembre! 

Commentaire de Deashelle le 15 novembre 2017 à 14:29

Dernières...

Commentaire de Deashelle le 10 novembre 2017 à 16:23

De Carlos SANTIAGO OVES et Jordi GALCERAN Mise en scène Pietro PIZZUTI 
Avec Jacqueline BIR et Alain LEEMPOEL
A partir de 12 ans – 1h20

Mama a 82 ans, le verbe haut et la répartie facile ; son fils Jaime, qui a toujours été son petit garçon... en a déjà quand même 50 ! Pendant qu’elle se débrouille toute seule dans un appartement prêté par son fils, lui mène une vie confortable avec sa femme, ses enfants et sa belle-mère (que Mama ne peut pas supporter !) dans une belle villa. Jusqu’au jour où Jaime est licencié... 

C’est l’état d’une société que l’auteur interroge ici à travers les conversations entre une mère âgée et son fils : la situation de l’Argentine en 2001, l’engagement individuel, l’éloignement des générations, ne sont pas sans rappeler l’Europe d’aujourd’hui.
Cette histoire drôle et émouvante aborde le thème universel de la relation d’une mère âgée et de son fils adulte. Et ce qui touche surtout, c’est la tendresse et l’espièglerie de la mère avec son fils et l’amour qu’ils se portent, dissimulé par la grande pudeur de leur relation. 

LE MOT D’ANTHEA SOGNO : 
Coup de cœur pour cette pièce qui m’a donné des frissons tant elle m’a émue et fait rire du début à la fin. Et quel honneur de recevoir cette immense comédienne, interprétant cette Mama, personnage emblématique de la Mère. Spirituelle et douée d’un sens de la répartie exceptionnel, elle dit TOUT. Comme moi, vous l’admirerez. A partager avec toutes les mères que vous aimez.

« Magnifiquement interprétée, cette pièce parle de tout ce que l’on ne se dit pas. Et que l’on regrette de ne pas avoir dit quand il est trop tard. » MOUSTIQUE - « Tendre duel entre une mère et son fils. » LA LIBRE BELGIQUE 

Commentaire de Deashelle le 10 novembre 2017 à 16:20

Commentaire de Deashelle le 10 novembre 2017 à 16:17

Standing ovation pour "Conversations avec ma mère " au Théâtre des Muses de Monaco ! Quel bonheur de pouvoir partager avec les fidèle spectateurs de notre maison d'artistes ces moments-là.

Un grand merci aux magnifiques comédiens que sont Mlle Jacqueline Bir qui devrait remporter le Molière de l'éternelle jeunesse tant elle est vive, fraîche, rayonnante et Alain Leempoel tout aussi drôle et émouvant. 
Cette pièce est un véritable bijou, alors tentez donc votre chance si vous n'aviez pas encore réservé en appelant, peut être parviendrons-nous à faire encore une supplémentaire samedi en fin d'après midi.

Si vous ne pouvez pas à ce moment-là, appelez tout de même, nous vous trouverons peut être une petite place sur le côté. Moi, je voudrais que tout le monde puisse la voir cette pièce et j'aurais voulu que nous puissions la jouer deux semaines. En effet, rien n'est plus fort, plus important pour nos cœurs et nos esprits que ces pièces-là qui font du théatre, l'art majeur ! 
Ma chance est de pouvoir la revoir tous les soirs pour continuer à apprendre toutes les finesses du jeu d'acteur de ces deux-là !

Vive le théâtre qui nous réunit et nous élève dans un grand élan d'humanité.

Vendredi 10 novembre à 20h30, samedi 11 novembre à 20h30 
Dimanche à 14h30 et à 17h00
Il reste encore quelques places : réservez vite ! www.theatredesmuses.fr

Commentaire de Deashelle le 10 novembre 2017 à 16:13

Commentaire de Deashelle le 2 octobre 2017 à 18:26

L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes souriantes, personnes assises et intérieurRetour au texte! Dernière série Bozar 17 au 21 octobre. – avecJacqueline Bir.

Enfin un réseau social modéré!!!

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