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♦ Contre toute régression du traitement de misère

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Le vrai secours aux misérables, c’est l’abolition de la misère. Victor Hugo (1802-1885)

 

Mais que me dites-vous des misérables de la rue

A quoi sert d’en parler pour tant les décrire à distance

Avec un ton bien attristé pour calmer la conscience

Ne jugez rien à leur place s’ils vous sont inconnus

 

Que diriez-vous si on ne vous accordait plus de nom

Cette prime attention qui déclare votre existence

Que seriez-vous alors à subir telle inconséquence

L’être sans consistance, régression puis dérision

 

Qui va donc décider ce qu’est le peuple de la misère

Sans le connaître et ainsi masse informe parjurée

Ce tout en moins d’humanité par code de société

Mais qui porte l’indignité ? Ma question est colère

 

Chaque être de la rue a ce besoin d’être reconnu

Pour ce qu’il est et non comme de la triste clientèle

Pour les hypocrisies de la pitié consensuelle

Et de l’absolution de tout au printemps revenu

 

Assez du grand fatalisme pour plier tout soupçon

De charité en déficit ou d’absence cruelle

Pour repousser encore et de façon perpétuelle        

Tout espoir en cour des miracles et des illusions

 

Assez du misérabilisme, des litanies amères

De chaque hiver, feu l’esprit des actes réfléchis       

Je me dégage tout entier de toute démagogie

De ces réquisitions de compassion et de prière

 

Assez de ces chiffres pour tant de misère accrue

Pour crier l’urgence comme dans une autre époque

Comme on ressort les ostensoirs des drames baroques

L’état civil des anonymes et les guichets des exclus

 

Assez de l’abus des gens généreux quand les affronts

De ces religieux intégristes de la richesse qui stocke

Ses valeurs de vanité augmentée par l’art du médiocre

Par l’outrance, l’indécence, l’escroquerie sans nom             

 

Assez des pouvoirs verticaux qui en aucune manière

Ne veulent changer leurs procédés de gouverner

Tout ça pour déglinguer les premiers droits en humanité

Pour donner de l’insulte à ces esprits lanceurs de pierre 

 

Assez de réclame pour ce qui ne change et continue

D’envoyer des gens dans la rue sans rapport au mérite

Et même à la malchance que l’on accuse bien vite

Comme c’est ne rien comprendre vraiment de leur vécu

 

Mais que me dites-vous de ce problème sans solutions

Alors que ça crève les yeux ce qui fait la méprise

D’une société d’iniquité et de l’inlassable bêtise

Du monde du luxe sans complexe, quelle prétention !

 

Mais que me dites-vous qui ne serait pas ordinaire

Des plaideurs crient aux voleurs, mais jugez la diversion  

Qui a donc le butin de la nommée confiscation

Qui fuit et qui reste, quel côté faut-il qu’on préfère ? 

 

Les cadors des fortunes ne sont que la raison corrompue

Dans des rôles pathétiques, fardés, grise mine

De toute idée solidaire que jamais ils n’imaginent

Avec l’aisance de leur cynisme travesti au-dessus

 

Rien de rien ne viendra de ces gens là sans question

Pour les choses humaines, et vis-à-vis du sens même

Il faut se dégager de leur addiction aux faux problèmes

De leur obsession d’un blanc seing à leurs viles possessions   

 

Ne traitons que de vraies affaires et du temps sévère

Pour tous ces gens de notre sensible proximité

De plus en plus de misère traitée par charité

L’admettre c’est faire repartir notre monde en arrière

 

Je voudrais d’autre logique de misère combattue

Le choix radical de l’action pour son abolition

Assez des discours de traîne où meurt l’ambition

Assez de trêve hypocrite pour croire tout résolu

 

Mais que me dites-vous du grand déficit pour la nation

Raison du tout en moins et de tous ces blasphèmes

Aux droits légitimes de vie réelle, digne et saine

Assez de ce tort aux franchises gravées sur nos fronts

 

Contre toute mauvaise logique, que faut-il faire ?

L’évidence ne fait-elle pas le devoir de réfléchir

Avec la ferme résolution des efficacités pour agir

Traiter des causes de misères n’est-elle pas première ?

 

Ne parlez pas de morale sauvée ou soutenue

Au bout de misère secourue, pensez à l’origine

Le non-sens d’un tas de contrats quand on les examine

Lucide et franc, hors de céder à leur déconvenue

 

Mais que me dites-vous l’urgence, force d’exception

Les années passent en restrictions en ce rien qui ne change

Du mal en pis, la société se fait des fables qui l’arrangent

Du temps de rêve pour penser que chacun est bien bon

 

Pour l’année deux mille treize, et parmi vos vœux sincères

Y mettrez-vous celui d’aucun calendrier avec des dates

Pour des urgences par cause de misère scélérate

Y mettrez-vous le vœu de fin de telle société guerrière

 

Y mettrez-vous le vœu d’aucun misérable dans la rue

A commencer par rendre à tout être nom et parole

Du sens à vivre, partout, au-dessus de toute épaule  

J’espère ce secours pour demain : la misère vaincue

 

 © Gil DEF - 29.12.2012     

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Commentaires

  • Bonjour Chère amie Rolande

     

    Effectivement, il y a bien des moments où je me dis à quoi bon écrire et s’obstiner, il y a bien des moments où j’ai bien envie en raison de nombre de comportements versatiles et incohérents de lâcher prise, de me taire, de vivre dans mon coin en bonne compagnie pour le temps qui me reste. C’est à croire que rester tout simplement vivant, l’esprit éveillé et pouvoir le dire, c’est devenu le dernier luxe qu’on puisse s’offrir, la dernière chose subversive qu’on puisse envisager avec des êtres chers et de vrais amis dans cette société du jetable des sentiments comme du reste.

    Heureusement, ici, qui dit ce qu’il pense ou ressent, n’est pas exécuté, il trouve encore de bonnes personnes à qui parler dont toi à qui je souhaite une bonne journée.

     

    A bientôt. Amitiés. Gil

  • Bonjour Cher Gil

    Je te comprends : en effet, l'on ne change guère avec l'âge .... Sauf si la fatigue s'en mêle évidemment. Las de lassitude infinie ... il est plus simple de se laisser couler parfois.

    Je pense que l'on oublie un peu que les vieux ont amassé cette retraite au fil des années par des ponctions parfois outrancières sur les salaires en impôts et retenues de toutes sortes. Cet argent a souvent atterri dans des dépennses somptuaires, des constructions mégalomatiques, de la gabegie  et j'en passe. Un jour j'ai lu sur les murs d'une ville "Les rêves de nos édiles sont les cauchemars du peuple". Dans un quartier d'artistes évidemment !!

    Que celui qui dit la vérité soit exécuté ... j'ai adoré cette chanson ... si vraie.

    Bon week end à toi Gilles et de beaux rêves malgré ces temps incertains. Amitié.Rolande.

  • Bonjour Amie Rolande

     

    D’une part, vous conviendrez aisément qu’il est des traits de caractère qui ne changent pas avec l’âge. D’autre part, la capacité de réaction par rapport à son environnement n’est-elle pas le signe majeur d’un être vivant ? En tout cas, il n’est pas dans mes intentions de changer, tant que je le peux je continuerai de dire ce que je pense, tout comme vous le faites aussi avec générosité.    

    Vous avez bien sûr raison d’une guerre qui est menée partout contre les peuples que les nantis et la canaille internationale empêchent d’accéder aux pouvoirs essentiels de décisions. Pour cette année, je n’envisage pas de bonnes choses dans la situation des gens salariés et de condition moyenne et modeste, pour ce qui concerne les sujets de précarité et d’exclusion sociale, mais il est évident que je souhaiterais me tromper.

    Vous avez raison de la façon honteuse dont on cherche des responsables aux difficultés de trésorerie des organismes de protection sociale, assurance maladie, mutuelles, indemnisations du chômage et caisses de retraite. Evidemment, ils osent dire ou suggérer que les caisses de retraite sont en déficit, par la faute des vieux, trop nombreux, qui vivent trop longtemps, qui touchent trop et des jeunes trop incompétents qui n’apprennent rien à l’école, pas assez courageux pour travailler. Tout ça ne promet en tout cas rien de bon pour les retraités que l’on accuse par ailleurs de coûter très cher à l’assurance maladie et aux mutuelles. Comme vous le dites, ils sont spécialistes du jeu du maillon faible…Mais ils n’auront pas n’est-ce pas notre complicité dans ce domaine.

     

     

    Au plaisir de vous lire bientôt. Amitiés. Gil     

  • Chère amie Barbara

     

    Je sais que votre démarche est de même nature que la mienne pour ce qui est d’essayer de dire avec franchise et honnêteté ce qui ne va pas dans le monde et pour ce qui est de réfléchir à d’autres perspectives possibles pour l’avenir.

    Je suis particulièrement heureux de votre annonce de publication prochaine d’un texte portant la même accusation contre l’absurdité de la misère à notre époque et dans nos pays qui ne sont rien pauvres et dépourvus de ressources. J’aime votre idée de donner la parole à une personne de la rue parce qu’effectivement les gens de modeste condition ne l’ont pas en général et parce que des gens de la rue l’ont encore moins.

     

    A bientôt. Amitiés. Gil

     

  • Bonjour Nicole

     

    Vous avez parfaitement raison, il s’agit bien d’une gifle sans équivoque à tout ce qui est démagogie et hypocrisie de la part des pouvoirs en place et du courant bien pensant à propos du traitement actuel de la précarité, de la pauvreté, et de la misère. Il s’agit d’une gifle à tout ce que j’ai lu et entendu pendant des semaines à propos de l’actualité chargée de sujets marronniers, de préoccupations de commerce, de chiffres d’affaires, de gastronomie de haut de gamme, de cadeaux dernier cri qui plaisent ou qui ne plaisent pas, d’épaisseur des couches de neige ou encore d’image d’un tel ou d’un tel en mal de reconnaissance pour ce qui est de gouverner, pour ce qui est de jouer grand chef des riches décomplexés. Il s’agit d’une gifle à cette modernité qui n’est pas fichue de traiter des vraies questions c’est-à-dire de ses aberrations qui font que des millions de gens sont avec des ressources insuffisantes, sont à manquer du minimum, qui font que plus en plus de gens sont à la rue dans un pays considéré cinquième puissance mondiale. Je ne suis pas surpris que vous ayez compris ça, mais vous pouvez considérer que ça m’encourage sérieusement parce que parfois il y a de quoi se pourrir l’idée d’écrire à se dire que ça ne servira pas à grand-chose.

     

    Bonne soirée. Amitiés. Gil  

  • Bonjour Antonia

     

    Partant de votre citation à propos de la vraie misère qui serait celle de l’âme, je vous accorde tout à fait que terrible est la misère quand l’esprit n’a plus de repères, plus de substance, de méthode pour la réflexion, la défense face à l’adversité, la résilience des traumatismes, des frustrations, et l’imagination, quand il est dégradé à cause du recours à des poisons destructeurs de la santé et du cerveau. Je vous accorde tout à fait que misère matérielle et misère spirituelle ne sont pas en rapport automatique et systématique, tout comme richesse matérielle et richesse spirituelle. Bien sûr, cette erreur magistrale de considération du pauvre, du gueux, du miséreux matériel qui serait automatiquement miséreux spirituel a été celle des élites privilégiées pendant des siècles, réduisant à zéro la culture des masses, jouant tout à la fois de la compassion et de la répression à leur égard. Dernièrement, j’ai relayé les propos d’un monsieur de la rue qui montrait bien que son esprit était éveillé, vif, alerte et qui refusait tout net le titre de miséreux.  Victor Hugo n’a-t-il pas à sa façon dénoncé cette idée erronée du miséreux par le choix de ses héros dans les Misérables ? Comme j’aime Gavroche, ce pioupiou de la misère, de la rue, bien  malin, bien plus riche de vie, d’humanité que tous ceux dans l’aisance, bien plus subversif que les écrits de Voltaire et Rousseau réunis. Vision romantique, c’est certain, mais qui poursuit sa réflexion à propos de richesse et de pauvreté avec l’œuvre de Zola et avec du vécu, sait ce qu’il peut y avoir de réactions différentes, dissemblables, opposées chez ceux qui connaissent la misère matérielle. C’est pourquoi mon texte évoque cette erreur à ne pas faire de méconnaître le peuple de la pauvreté et de la misère et d’en faire une masse informe et indifférenciée avec des noms génériques privatifs : sans emploi, sans domicile fixe, sans papiers, etc. La réalité des gens de la rue n’est pas du tout celle qu’on nous propose souvent en tableaux misérabilistes. Il est certain que mon texte ne pouvait tout traiter de ces questions, que mon propos essentiel était de dénoncer cette absurdité de précarité matérielle qu’on fait vivre à des millions de gens alors que nous ne sommes pas dans des pays dépourvus de terres fertiles, et de capacités de production de richesses multiples qui sont par ailleurs à un niveau sans précédent. Mon propos était de retourner à l’envoyeur tous les discours à propos de la générosité et de la protection sociale qui sont sans aucune action concrète, ni à la hauteur de la situation.  

     

     

    Bonne fin de journée. Amitiés. Gil

  •  

    Cher Gil Bonjour,

    Toujours aussi réactif face à l'incommensurable détresse humaine où basculent de plus en plus certains de nos contemporains de toutes races, religions, pays .... Une guerre larvée pour la plupart ... qui n'affiche plus ce nom. Et pourtant !! Une peur gluante nous étreint et nous avons peur pour ceux qui nous suivent dans cette longue marche humaine .... avec une lueur noire à l'horizon.

    Nous basculons dans l'absurde en essayant, malgré tout, de garder une petite lueur d'Espérance tout au fond du tréfonds de nous-m^mes pour ne pas sombrer dans le néant de la désespérance la plus absolue.

    L'Apocalypse signifie aussi le tournant d'une nouvelle ère ... pas seulement des destructions, de l'affliction.... qui nous conduisent vers le Néant. Je ne sais plus si le poème Apocalypse a été repris sur mon blog.

    Et je n'ai pas le temps d'aller y voir. Beaucoup d'affaires à régler avant le "Grand Départ" auquel il faut songer à notre âge.

    Ah oui ! Entendu hier à la radio : il paraît que la crise que nous traversons serait due au vieillissement de la population !! Sus aux vieux ... donc. Il faut bien trouver un bouc émissaire : bien entendu, en s'attaquant aux plus démunis, aux plus faibles, bref, à tous ceux qui ne savent plus se défendre.

    Comme le dit l'un des miens : Sapiens, sapiens ... Homo sapiens ;..

    Bonne soirée et ravie de te retrouver. Amitiés Rolande.

     

     

  • Bonjour Béatrice

     

    Comme je l’ai dit dans ma contribution précédente adressée à Jacqueline, il nous faut envisager qu’il y a deux dimensions pour un traitement des questions de précarité pauvreté, de misère et de détresse. A chaque fois que j’ai été confronté à tel cas dans mes territoires de proximité, j’ai fait ce que j’ai pu seul ou avec mon entourage du moment pour l’urgence à ne laisser quiconque notamment sans nourriture, sans eau, sans chauffage, sans vêtements adaptés, sans abri, sans soin de première nécessité. Mais j’ai aussi pensé à solliciter rapidement et parfois dans le même temps tout ce qui peut l’être de personnes, d’institutions, de services en mesure d’aider ces personnes en détresse à retrouver dans les meilleurs délais des conditions au moins acceptables et plus durables de vie, et d’arrêter éventuellement de méchantes procédures.

    Pour ce qui est de la première dimension, je puis dire que la solidarité n’est pas un vain mot, c’est simple de la trouver chez des gens de tous milieux, de la mettre en œuvre, contrairement à tout ce que je lis ici et là d’un recul ou d’un déficit dans ce domaine, et ce, quand bien même les malversations connues de certaines personnes vis-à-vis des œuvres charitables.  

    Pour ce qui est de la seconde dimension, j’ai pu constater par contre une grande disparité quant à la façon de traiter le cas des personnes en difficulté. Cela concerne les pouvoirs économiques et politiques, les administrations, les services publics, les organisations et missions parapubliques, et le fonctionnement de la justice et l’application des lois. Je constate qu’il y a là une espèce de grand bazar qui se déshumanise de plus en plus, où l’on ne sait plus où et à qui s’adresser, ni qui fait quoi et quand. Et rien ne s’arrange avec de la machinerie, de l’informatique qui ne marche pas, du fichage, du dossier, du CV moult fois recommencés, et puis l’invention d’un tas de structures d’éloignement et d’embrouillage des gens d’avec les pouvoirs décisionnels.  

    Mon propos est donc de m’en prendre aux pouvoirs décisionnels qui ont créé tout ce bazar, croyant sans doute échapper à leurs responsabilités, et user de beaux discours à propos de protection sociale dont nous ne saurions nous servir ou pire dont nous abuserions en bons escrocs.

    Effectivement, comme vous le dites, assez de parlotes, de discours médiatiques, la bonne question est à poser à ceux qui ont pouvoir de changer les lois et leurs applications : à quand vous mettrez-vous à déclarer l’abolition de la misère et à y consacrer vos priorités d’action, toute votre énergie et votre imagination? Quand arrêtez-vous d’abuser de la générosité populaire et de mettre en péril les systèmes de protection sociale ?

     

    Bonne journée. Amitiés. Gil

  • Bonjour Jacqueline

     

    Pour nombre de problèmes d’importance, tels guerres, misères, migrations massives de populations, dégradations majeures de l’environnement, je constate que cette société mercantile aux codes mondialisés ne conçoit rien d’autre que de s’attaquer à leurs conséquences et non à leurs causes. Je constate qu’elle fait tout pour nous habituer à cette démarche parce qu’elle ne peut pas admettre, laisser penser qu’elle porte l’entière responsabilité de ces problèmes. Son grand art tient dans les moyens considérables de publicité et de propagande dont elle dispose pour cacher les causes de ces bien mauvaises et sales affaires, de nombre de drames, pour livrer quelques boucs émissaires à la vindicte populaire, pour dresser les gens, les peuples entre eux, et les culpabiliser sur leurs comportements y compris les plus ordinaires. Le tout étant d’enfoncer dans la tête des gens qu’ils sont bien ignorants et bien impuissants à leur niveau, et qu’il leur faut laisser faire les spécialistes, et pourquoi pas d’attendre un messie ou un génie avec de bons plans pour tout sauver du néant ou de l’apocalypse. Le grand dommage, c’est que des personnes de bonne volonté, bien intentionnées ou humanistes s’y laissent prendre, à relayer certaines idées du courant bien pensant volontiers fataliste de guerres, de misères, à réclamer de la morale, de la philanthropie, à stigmatiser les travers égoïstes, vaniteux, violents de certains mais pour en faire des généralités de la mauvaise et cruelle nature humaine.

    Si la précarité, la pauvreté, la misère sont devenues une dimension majeure et anachronique de la société, la bonne façon de réfléchir n’est-elle pas d’en chercher les causes avant de se faire à l’idée que c’est comme ça, durable et que nous n’y pouvons rien sauf de traiter les conséquences, de partager entre gens du labeur mal rémunérés, taxables et imposables à merci la part décroissante que la société d’aisance et de luxe nous laisse. Je ne révolutionne strictement rien de la façon de penser ce problème, puisque c’était celle de Victor Hugo s’adressant à tous les pouvoirs de son époque. Mais peut être bien qu’il y a deux dimensions de résolution de ce problème, la première, urgence et proximité, les gens généreux de tous bords s’en occupent on ne peut mieux, mais pour la seconde, il serait temps de secouer les pouvoirs en place pour qu’ils n’alimentent plus le  flot des gens dans la rue comme ils le font, mais pour qu’il le stoppe vraiment et durablement. Si nous n’y parvenions pas, il y aurait beaucoup à craindre de ce qui s’est passé dans les années 1930 et de ce que la misère représente comme ferment pour un tas d’idées nauséabondes et violentes comme on peut déjà le constater un peu partout en Europe. Mais je place mes espérances dans la capacité des gens généreux pour mieux réfléchir les choses humaines et pour renverser les idéologies dépassées.

    Dernièrement, j’ai entendu un jeune engagé bénévolement dans ce qu’on nomme les maraudes sociales. Il parlait non pas de la fierté qu’il avait à faire ça mais de sa honte, de son esprit déchiré après chaque maraude, que la meilleure idée qu’il avait alors, c’était qu’un jour, il n’y aurait plus de maraude et qu’il pourrait dormir tranquille chaque nuit. Je me suis dit qu’il avait compris l’essentiel.  

     

    Bonne journée. Amitiés. Gil

     

     

     

  • Oui Gil, rendre à l'individu son être, et faire à son échelle ce que l'on peut, ce que l'on doit.

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