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Le grand sage

 

Sur la cime d’une immense montagne vivait un sage qui avait le don de parler avec les animaux. Un jour, soucieux de savoir ce qui se passait avec les gens sur la Terre, il convoqua quelques animaux sous un énorme chêne. L’aigle fut invité, de même que le perroquet, le hibou, le paon, le quetzal, la mouette, le lapin et, enfin, la souris.

 

« Mes amis, … », leur dit-il : «  … je vous ai fait venir au sommet de cette montagne, qui est aussi la vôtre, pour m’aider à réfléchir et à trouver une solution aux maux dont souffrent les humains de nos jours. Descendez donc sur les terres basses et essayez de vivre trente-trois jours parmi eux. Choisissez différentes personnes. Vivez avec elles, car c’est la seule façon de réellement connaître leurs problèmes et leurs motivations. »

 

Le ver à soie et la fourmi n’avaient pas été convoqués spécialement, mais, se trouvant tous deux par hasard sous le grand chêne, ils voulurent faire partie du projet. Ce qui fut accepté. Ils se mirent donc tous d’accord pour accomplir ce travail et retourner au bout des trente-trois jours pour faire un rapport de leurs expériences et des faits observés.

 

Au bout du temps prévu, tous se réunirent à nouveau sous le grand chêne.

 

Le premier à parler fut l’aigle : « Les humains sont très impatients et leur musique est si bruyante que la première fois que j’ai entendu ce vacarme, je me suis envolé, tellement j’ai eu peur. Vous ne pouvez pas vous imaginer ce que j’ai vécu. »

 

Le ver à soie s’écria aussitôt : « Ce sont des monstres! Ils ne savent pas ce qu’est l’amour. »

 

Pour sa part, la fourmi raconta ceci : « Ils vivent à un rythme beaucoup trop rapide. Par ailleurs, j’ai remarqué que les enfants sont souvent plus intelligents que les adultes. C’est un monde bizarre où il y a beaucoup de difficultés. »

 

Le quetzal enchérit : « J’ai observé un grand manque de foi et de patriotisme. »

 

La souris ajouta : « Moi, j’ai découvert un horrible monstre nommé télévision. Ce dernier ne parle que de meurtres, de guerres, d’armes nucléaires, d’enfants volés et du choléra qui s’étend partout! Et ce monstre ne se tait jamais! »

 

Son tour venu, le lapin dit ceci : « J’ai vu que les grands-parents sont seuls et tristes. Ils ont besoin de tant d’amour! Ils aimeraient finir leurs jours avec leurs êtres chers, répandant tout l’amour dont ils sont capables. Mais, par manque de tolérance et d’amour, leurs familles les laissent dans des asiles. Très souvent, ils les abandonnent là, sans même les visiter. Leur famille ne se souvient plus d’eux. Il y a même des grands-parents qui meurent dans la froideur d’une chambre solitaire, ajouta-t-il. »

 

La mouette, elle, était bien placée pour rapporter ce qu’elle avait vu du haut du ciel : « J’ai vu comment les grandes mers deviennent des rivières et comment les fleuves ont disparu à cause de l’irresponsabilité des hommes. Ces derniers ont coupé les arbres des forêts, cédant ainsi la place à l’érosion, provoquant la disparition de maintes espèces végétales et animales. Les conséquences sont tragiques! Cela a amené un manque d’eau potable, de la sécheresse et un manque de ressources alimentaires. La pollution, toujours plus présente, ne cesse de faire des ravages. De fait, la vie sur la planète Terre pourrait bien disparaître si rien n’est fait pour arrêter cette hécatombe. »

 

Le paon vint se plaindre : « Regardez comment ils m’ont laissé : ils ont arraché toutes mes superbes plumes, jusqu’à la dernière. Et, si je ne m’étais pas enfui, j’aurais fini comme nourriture dans leur assiette. »

 

Au perroquet de s’agiter et de demander le droit de parole.  Ce dernier semblait euphorique et s’empressa à raconter son expérience : « Eh bien, voyez-vous, pour moi, ce fut une expérience sensationnelle! Les gens sont “super cool” ! »

 

Tout ce petit monde fut bien surpris d’entendre un tel rapport venant du perroquet. Tous le supplièrent de préciser ses propos. Celui-ci se mit alors à chanter et à se tortiller en dansant : « Guantanamera, Guajira Guantanamera, Gauntameeera, Guajira Guantameraaaaaaa! Azúcar, azúcar! Las caleças son como las flores. Salsa!  Salsa qué ritmo, qué ritmo! »

 

Le Hibou, lui, avança ceci : « Je n’ai vue que des gens qui dorment toujours. Et, quand le jour se levait, j’étais tellement fatigué que je ne pouvais pas attendre davantage pour aller moi-même dormir. Je n’ai donc jamais vu les humains durant le jour. Je me demande si ces derniers ne passent leur temps qu’à dormir. »

 

Le sage se mit à pleurer après avoir écouté tous les rapports et il leur dit ceci : « Hormis les critiques, qu’avez-vous fait pour les humains? Leur avez-vous donné un tout petit peu d’amour? Leur avez-vous enseigné quelque chose? » À ces questions, tous sont demeurés muets, la honte les empêchant de souffler le moindre mot.

 

« Mes petits amis si nobles! Voyez-vous, il n’est pas important de voir les défauts d’autrui, ni de les condamner. Vous auriez voulu aider les hommes, j’en suis persuadé. Cependant, vous avez manqué de sagesse. », leur dit le sage 

 

Il conclut ainsi : « N’oubliez jamais d’écouter et d’aider sans condition, de parler avec sincérité, de corriger sans offenser, de partager avec honnêteté et d’enseigner avec humilité. C’est ainsi que l’on se rapprochera un peu plus de Dieu et que l’on pourra apporter un peu de paix dans le monde. Le bonheur sera alors une réalité sur Terre. »

fin

 Auteure  - Gladys Carrillo- droits d,auteur enregistre.

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Commentaire de Yvonne Oter le 8 mars 2012 à 20:23

Sous le prétexte de raconter une belle histoire, tu nous envoies une observation fine et détaillée de nos travers et de tout ce que nous ratons sur terre.

J'aime beaucoup ta façon de faire passer le message. Certains philosophes qui nous saoûlent sous un flot de mots souvent incompréhensibles, feraient bien d'en prendre de la graine...

Commentaire de Heike Tiede le 13 janvier 2012 à 10:24

Merci de votre partage. Mon préféré est le compte du Sage, puisqu'il reprend une des mes préoccupations et thèmes littéraire: l'ouverture vers l'autre, la tolérance et la recherche de compréhension, se mettre à la place des autres. Car toutes les autres combats sont secondaires - celui qui comprends l'autre ne vas pas faire quelque chose qui le nuit, la compréhension enlève la peur de l'autre, .....Aime ton prochain comme toi même....signifie aussi de voir l'autre comme il est et pas comme nous voudrions qu'il soit, de ne pas juger hâtivement ....

A quel public cible destinez vous vos histoires? Le Sage pourrais avoir une version pour adulte et une version pour enfants.

Continuez à défendre vos idéaux. Heike

Commentaire de Rosemarie Nossaint le 7 janvier 2012 à 12:52

jolie fable de notre époque, une réflexion me vient effectivement, la critique facile de ce que l'on voit de loin mais que faisons-nous chacun à notre niveau pour améliorer certaines choses? Est ce que je pourrais copier et transmettre à mes apprenants dans le cadre d'un de mes cours?

Commentaire de Rébecca Terniak le 7 janvier 2012 à 10:29

Oh quel joli conte pour notre temps !!! Bravo !

Commentaire de Raymond MARTIN le 6 janvier 2012 à 23:39

Merci Gladys pour ce trés  beau conte que l'on peu lire sous plusieurs aspects..Guatémala  Pérou,Honduras,Equateur sont des pays que j'ai visité et ,il me semble que conte se passe dans un de ces pays.et qu'il reflète la bonté d'âme de ces peuples  et que  l' un d'entre eux vienne en europe ou dans d'autres pays industrialisés du   nouveau   continent ,il est saisi de terreur  à la vision de tout ce modernisme à outrance où l'humain  n'a guère plus sa place devant tant de  débauche de l'argent. Si le statut de l'être humain

doit tendre vers un monde meilleur ,ce n'est pas forcement la bonne voie qui à été prise.On le voit en Amérique Latine,(centrale) bien sur ce n'est pas une majorité, mais tous ces nobles fils d' Incas  quittant leur terre pour gagner leur capitale  espérant y trouver de meilleurs conditions de vie,on voit dans  quelle misère ils se trouvent.

Mais  que faire ,les hommes ont pris une route qui n'est certainement pas celle qui leur était destinée ,c'est la loi du libre arbitre et de l'évolution  des  espèces Ou en serons -nous dans 1000 ans ??????   ou dans 10000 ans, alors là ce sera la fin de notre civilisation pour une autre soit sur cette terre ou dans un autre système solaire,car cette terre sera épuisée !!!!!!!!!!.

Dieu (ou l'intelligence suprême pour certains ) providence pour d'autres ou substance,     n'y est pour rien.

Quand les lois naturelles ,biologiques,sont  bafouées  ,alors  rien ne va sous le soleil! à l'échelon  individuel et à la nation ! Ce Dieu que tout le monde vénère n'est en rien responsable des malheurs humaines des guerres faites en son nom Il ne demande pas cela 

Le premier meurtre remonte à loin ........................................................................................................

   Et , ce n'était pas en son nom  !alors que maintenant !! ce  ne sont  que des guerres  fratricides.

  Oui le bonheur est quelque part sur la terre ,cherchons le !

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