Peindre avec le verbe, l'encre est vigoureuse,
Page froissée, feuille jaunie aux lignes raturées,
Plume d'espoirs inassouvis au sein de la strophe rêveuse,
Accrochée à la rime embaumée d'un éternel été.
Le frêle esquif, attentif à l'anneau amarré,
Frémit dans l'espoir d'une aventure prochaine.
Froide rectitude du recteur de l'Ile de Sein désœuvré,
Troublé et incertain, face à l'appel de la sirène.
Ré, Sein, quels sont les mots pour décrire à souhait ces perles,
Océaniques aux beautés profondes, désirées et antiques,
Raides face au vent vengeur et à l'onde qui déferle,
Telle une armée puissante au glaive machiavélique.
Ré, note de musique lignée à la portée d'un Do,
Résonance de l'accord mineur du clavier de la mer,
Sein, habitée de korrigans, ludiques lutins protecteurs des bateaux,
Seins, exaltés aux caresses amoureuses des baisers volontaires.
Pics élevés en harmoniques, de l'Armorique émeraude,
Silence de la mer calmée, jeux des guifettes grivoises,
Sur les rochers acérés que le sel érode.
Et le souffle divin, envoûtant, s'étendit sur la mer d'Iroise.
Raymond Martin
Commentaires
Bonjour Raymond
"Quels sont les mots pour décrire ..."
Tu les as l'ami dans ta richesse sémantique qui m'impressionne ...
Le seul regret que j'ai pour t'accompagner est de ne pas connaître la Bretagne en dehors de mes connaissances livresques et de la poésie de Anatole Le Braz ... Mais je vais me soigner ...
Bonne journée.
Amitiés. Gil