Chaque état d’âme n’est connu que de ceux qui l’ont éprouvé. Dès son plus jeune âge, un enfant manifeste ses sentiments; il se montre heureux, désappointé, envieux, craintif, chagrin ou en colère.
Il est possible d’être adulte en ignorant ce qu’est la haine, la jalousie dévastatrice, mais bien rarement la colère.
Une décision équitable peut anéantir un espoir mais ne cause pas de révolte.
Tout être humain discerne généralement vite ce qui est juste ou ne l’est pas. Il refuse d’accepter un tort immérité, s’en irrite avec plus ou moins d’énergie.
On a entendu dire que « patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.» et souvent aussi« que la colère est mauvaise conseillère » Or ce sont là des mots que l’on oublie quand une impulsion nous pousse à la violence.
On reçoit un coup, on le rend, avec des conséquences parfois non voulues et tout à fait imprévisibles.
On ne réfléchit pas quand on est en colère. On réagit selon son caractère et son degré d’éducation.
Ceux qui ont enfin acquis une heureuse sérénité, qui ont compris la relativité des choses
qui les affectent, sont étonnés de se découvrir tout aussi vulnérables à la colère quand ils la ressentent à nouveau.
Pourtant, ils plaignent ces gens irascibles réagissant d’une manière qui leur parait immodérée.
L’indignation engendre la colère. Ne pas s’insurger dans certaines circonstances révèle un manque de sensibilité ou une moralité douteuse. Mais l’on peut blâmer intérieurement sans prendre parti.
Souvent, sans la grande ire de citoyens responsables, il n’y aurait pas de changements souhaitables à la condition de vie d’une collectivité qui se tait par crainte.
Honneur à ceux qui se sont exposés pour une juste cause, qui ont pris les armes ou qui se sont servi de la parole pour accuser avec véhémence.
Pour revenir aux conseils des sages, véhiculés par des proverbes, il convient de les rendre accessibles aux enfants en usant d’exemples qu’ils retiendront.
Du temps que j’étais écolière, il existait un petit manuel d’instruction civique et morale. dont je revois encore certaines images en noir et blanc.
Je n’ai jamais oublié ce que j’y ai appris sur le respect dû aux vieilles personnes, sur les méfaits de l’alcool, sur l’avantage de se donner un peu de peine.
Il est impératif d’enseigner clairement aux jeunes les effets dramatiques qui peuvent résulter d’un geste qui agresse.
On ne peut pas toujours éviter de se mettre en colère mais il faudrait apprendre à réagir sans précipitation car on pourrait le regretter.
13 février 2011
Commentaires