Ne point écrire pour écrire,
mais pour rire à nouveau, pleurer, résister,
s’exalter, s’indigner, être debout !
Désincarcérer les émotions, les colères,
les peurs encloses en soi, se réapproprier « son entièreté» ;
sur sa feuille nue et blanche,
un grand bruit lexical, très lourd,
y tombe, tonne ; parfois arrivent
les larmes, c’est le début de l’orage que
l’écriture nous donne,
dans toute son amplitude, au départ si noire.
Mots droits ou de travers, qui murmurent
ou bien hurlent, sur la tête, sur les pieds,
avec chapeaux ou pas ;
inharmonie mais vie.
Cet entre-deux, dont je parle parfois,
n’est point encore là, juste son seuil.
Pour l’atteindre, réaccorder le tout,
jusqu’à ce que le chaos s’atténue puis cesse,
que progressivement jaillisse une musique,
bien à soi, que l’on partagera ou pas :
Mélodie des mots, harmonie et rééquilibre.
Les arbres, les fleurs, le soleil et la mer,
sans effort ni travail y parviennent jusqu’au bout ;
les poètes ne sont que les traducteurs, les interprètes
de la terre et du ciel, au début tâtonnants, maladroits.
Ce sont d’abord des auditeurs.
Il faut faire des gammes très longtemps, inlassablement,
puis balbutier longtemps, pour égaler les arbres, les fleurs, le soleil, et la mer,
toucher l’autre, écrire la langue du Monde.
Poésie, feu sans artifice,
coquelicots, en novembre graciles et forts sous le périph,
pas dans la neige, ayant l’air d’un pas de danse,
naturel et léger, envolé.
Tout s’accorde !
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