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J'aimerais, là-haut, sur la dune,
au croissant pâle de la lune,
décapsuler ta dernière bière,
trinquer nous deux, face à la mer,
la mousse aux lèvres et vent debout.
J'aimerais ça, vraiment beaucoup.

Au temps des balançoires et des élans,
dans le nœud de mon tablier d'enfant,
tu voyais un papillon impatient
de s'évader dans le vent du printemps.

Dans le silence d'un oreiller blanc,
j'ai entendu ton sourcil voletant,
papillon captif d'un vent d'ouragan,
conter la douceur du vent de printemps.

Au creux du sable, au coeur de ma supplique,
tes pieds nus inscrivent, au bord des larmes,
des empreintes de lumière métallique,
sous la lune froide de ta veillée d'armes.

J'en ai compté septante-huit, depuis hier,
juste avant qu'elles ne s'envolent en poussières.
Tu pleures, petit Poucet des pas du père,
que ta course épuise au bord de la mer.

Le papillon aux ailes de poussière
prit le vent triste du dernier matin,
sous les étoiles a cherché son destin
et semé tes cendres en lointain désert.

Par quel hasard, parti pour nulle part,
reposes-tu au chaud, en urne de sable
sculptée sans fin par le vent de l'histoire,
toi, Pharaon d'une rose des sables.

J'aurais aimé, là, sur la dune,
au croissant pâle de la lune,
décapsuler ta dernière bière,
trinquer nous deux, face à la mer,
la mousse aux lèvres et vent debout.
J'aurais aimé, vraiment beaucoup.

GILLARD Rolande – Décembre 2004.

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Commentaires

  • Merci pour vos mots qui font du bien au coeur!

  • Bel hommage, très belle lecture, j'aime beaucoup.

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