Arts et Lettres

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Le feu de bois

 

Ce petit crépitement qui chante et craquette en consumant la bûche…

 

Il y avait si longtemps que je n’avais plus allumé de feu de bois à la nuit tombante.

 

Le froid a envahi soudainement le petit salon qui donne vue sur le jardin. Alors, frissonnant, j’ai retrouvé cette vieille habitude : faire une boule avec un vieux journal, le recouvrir d’écorces, de pommes de pin ou de petits bois secs, déposer une bûche par-dessus le tout et craquer une allumette, bien sûr.

 

Bonheur de retrouver cette douce lueur de la flamme qui danse en pourléchant les rondeurs du bois sec.

 

La sournoise fumée plonge la pièce froide dans un épais brouillard. Mais c’est la chaleur du feu naissant qui compte. Le petit cric-crac du bois qui pète avec ferveur, semble n’avoir jamais cessé. Je deviens ma propre flamme, aux yeux lumineux, aux reflets chatoyants dans les cheveux.

 

Ce n’est pas le feu qui se propage à mon corps. Non, le rougissement de la bûche de hêtre coupée deux ans plus tôt dans la forêt voisine donne la douce sensation d’apaisement et de bien-être à mes petits petons engourdis par le froid.

 

Dehors, le vent glacial entraîne les gros flocons aux éclats d’argent sous le clair de lune dans une danse frénétique.

 

Remontent alors les souvenirs d’antan, les chemins parcourus chaussée de grosses bottines, un sac sur le dos, avec la sensation du bout du nez glacé, des lèvres sèches et des deux joues gercées. Des soirs d’hiver où je me calfeutrais, des matinées en partance pour le lac gelé, avec derrière moi maman qui s’affaire aux fourneaux, le bouillon de légumes qui mijote, et papa qui s’inquiète.

 

Le lac gelé ouvre toujours la porte aux hardies pirouettes effectuées du haut de mes patins à glace, sous un soleil timide qui tente de chasser la brume matinale, le pas tout à fait sûr. C’est prévu pour glisser tout doux, tout sage, attentive aux craquements de la glace trop fragile.

 

Dans la douce chaleur de la bûche qui crépite, je savoure l’instant à la cadence des flammes qui évoquent, l’air de rien, mes souvenirs les plus chers.

 

Deneyer Viviane 19/11/2011

 

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Commentaire de Deneyer Viviane le 13 août 2012 à 19:19

Le vélo, c'est bien aussi Martin ;-) Je dois t'avouer que je n'ai jamais fait du patin à glace sur un lac gelé... juste un peu à la patinoire il y a bien longtemps.

D'ici peu, de nouvelles bûches crépiteront dans l'âtre...

Belle soirée.

Viviane

Commentaire de Raymond MARTIN le 13 août 2012 à 11:55

Oh je  suis   arrivé  en retard ,le soleil brille  et la bûche ne crépite plus et en plus je ne sais pas pratiquer le patin à glace ,tant pis je m'en vais faire du vélo  !

Commentaire de Deneyer Viviane le 21 novembre 2011 à 18:23

Merci Claudine.

Je te souhaite une belle soirée.

Viviane

Commentaire de claudine quertinmont le 21 novembre 2011 à 18:16

Magnifique, je me suis glissée dans ce texte avec plaisir.

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