La patience et le diamant
(Des souvenirs sont plus inaltérables qu'une pierre précieuse)
… assise
Les bras croisés.
Elle sourit
Ses yeux sont deux diamants de patience
Sa robe a l’étoffe de la tendresse
Les sels d’or sont posés sur le comptoir en chêne
D’un geste délicat, elle me tend le remède.
Je le mets dans mon sac
Elle me regarde amusée de mon étonnement
Je m’en étonne.
Je reste interdit
Elle me rassure
Me désigne la vieille porte marron, au bout de l’officine du couloir
« C’est le bureau des folles ! , écoute un peu, c’est amusant »
J’entends des chaises remuées leur derrière, et des voix vulgaires parlées de comptabilité de dossiers à terminer, l’une d’elle déclare énervée qu’il serait temps d’en finir avec les dossiers qui s’entassent sur les chaises.
Les voix chargées de bruit de vaisselles serpentent sous la lourde, les voix lourde de bêtise nuisent à mon entretien avec la patience et la gravité.
Elle, c’est Odile, c’est écrit sur sa poitrine
Ses poignets sont fragiles comme ceux d’une enfant
Son regard aux lignes indulgentes mais soucieux brille de témérité
Telle une luciole, au bord de l’eau
Ses lèvres, pétales de fuchsia
Esquissent une moue dubitative
Son nez est un triangle aux angles un peu courbes
Ses joues saillantes veloutées, pêches de vigne
Son sourire boit le nectar d’un bouton d’or
Sa chevelure a un parfum de verveine, odeur de corsage
Mon étonnement, l’étonne
Elle ne prononce aucun mot
Je regarde ma montre, je lui réclame l'heure !
Alors elle s'esclaffe
Mais redevient sérieuse
Pose un doigt sur sa bouche
La porte marron s’ouvre
Alors, je sors
Dehors dans le vent, des lumières filent dans la nuit en larmes
...on a volé mon vélo !
Je prends la fuite
Et je cours plus vite que la peur !
Je suis revenu longtemps, très longtemps après
Elle est toujours là
Statue sculptée dans la patience
Ses mains sont croisées, ses yeux brillent et son cœur court plus vite que le mien qui galope
Elle sourit comme on sourit à l’innocence
Et me donne la main pour m’offrir un serment
On sort dans la nuit qui se dénude
Le vent enveloppe sa poitrine plus blanche que celle d’Hygie
Lionel M.
14122024
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