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♦ La jeune fille et la mer

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Sur la plage est apparue cette jeune fille

Là où il ne revient que du temps sur l’envers

C’est le mien qui la voit comme une image floue

C’est le sien puisqu’elle est seule comme un chagrin

 

La mer ne me garde vraiment rien au grand large

Elle est sans rémission la vague qui s’échoue

Mes rêves me restent comme vaisseaux fantômes

Et je me demande qui est la jeune fille

 

Le temps est si étrange et quelque part éteint

La jeune fille est si loin quand elle est près de moi

Tout nous sépare comme deux bouts d’un voyage

Par l’impossible inversion des grands sabliers

 

Me voilà donc témoin de ce qui fait mémoire

Du tout premier chagrin et cœur à marée basse

A ces autres marées basses mais cœur expert

Des marées hautes, des grandes vagues d’amour

 

Je suppose un prénom à cette jeune fille

Que j’aurais pu prononcer avec insistance

Avec constance aussi mais le comprendrait-elle

Si je lui disais comme j’ai pu le garder

 

Qui est-elle ? Tant d’images se superposent

Sur ce tableau de la jeune fille à la mer

On ne peut le peindre que de la ressource

Des sentiments qu’on rend à l’intemporel

 

La jeune fille est à moi réelle, irréelle

Elle est là, elle ne l’est pas, mais je l’admire

Dans un fort intérieur comme endroit secret

A tout ce qui me fait l’émotion qui déborde

 

Lui ferais-je confidence de ce qu’elle inspire

Elle qui rapporte ma jeunesse et ce que je suis

Comme bord de mer depuis le premier amour

Qui me ferait dire l’amour ne s’oublie jamais

 

Lui dirais-je que j’ai pu la prendre pour fille

Pour me consoler du doux semblant d’un mensonge  

Pour lui servir d’appui quand je ne le peux pas

Pour ma fille qui me laisse sans le nom de père

 

Lui dirais-je que le temps n’arrange pas tout

Il est des amours qui nous restent impossibles

Mais rien ne sert de forcer l’imaginaire

S’il n’est pas de vie modèle, tout peut arriver

 

Sur la plage a disparu cette jeune fille

Mais j’ai gardé une étoile de mer

 

 

© Gil DEF - 20.10.2010

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Commentaires

  • Magnifique... l'étoile de mer comme un joyau!

  • Bonjour Arlette, bonjour Andrée

     

    J'apprécie votre sympathique passage sur ce texte.

     

    Bonne soirée. Amitiés. Gil

  • Bonjour Marie-Ange, bonjour Joëlle

     

    Je puis dire que j’ai déjà donné ailleurs et dès les premiers temps de mon expression poétique d’autres versions de la jeune fille avant ce texte de la jeune fille et la mer. Ces versions sont essentiellement des superpositions d’images sans ordre précis, celles de ma souvenance éparpillée, celles de la présence supposée et interrogée, celles de l’imagination à combler des manques, à compter tous les dés jetés des hasards, par des histoires improbables mais à les croire tellement possibles et vraies. Ce sont des visions de jeunesse, de genèse des amours d’un homme qui a vieilli. Ce sont des tentatives de dialogue d’un homme qui pourrait être père parlant à sa fille, comme aux aventures de toute jeune fille, tentatives de dialogue entre deux temps qui ne se comprennent pas souvent à cause de cette distance prise ou difficile à prendre avec les choses de l’amour.

    Je me souviens de la première version qui a suscité nombre de commentaires et diverses idées de poésie dialoguée ou de courts métrages. Tout est resté à l’état de quelques essais inaboutis… Est-ce vraiment un hasard que cette jeune fille qui échappe à une histoire bien définie?

     

    Bonne journée. Amitiés. Gil  

  • Tu  as  très  bien fait  de partager   merci
  • Etoile de mer Etoile dans le coeur

    Etoile dans les yeux

  • Bonjour Gil et merci à toi de nous donner justement cette envie ce besoin de sentir ce qui peut et pourrait être l'histoire, la suite de la jeune fille et la mer.

    Je t'embrasse et te souhaite une belle fin de journée poète

    Marie-Ange

  • Bonjour les amis de Arts et Lettres

     

    A qui me donne, j’aime rendre. C’est pourquoi je me mets volontiers à vous confier ce qui m’a conduit dans l’écriture de ce texte, et à vous remercier d’une passerelle.

     

    Le texte est né dans une période où j’avais envie de traiter par l’image poétique le sujet de la souvenance, et ce texte n’est pas le premier, ni le seul que j’ai commis sur le sujet. Mais je lui accorde une sorte de tendresse particulière à cause de l’image, cette image de la jeune fille et la mer qui s’est imposée tant la souvenance m’est apparue infiniment liée à l’amour, comme dimension essentielle à la vie. Cette image est bien l’aveu de deux amours, deux immensités d’amour, en flux et reflux, avec au moins deux sortes de cordes pour les émotions, les cordes des choses vécues ou possibles, et les cordes des choses inaccessibles et qui font mon univers, ordinaire et extraordinaire.  

     

    Je me suis appuyé sur l’expérience de mes bancs de solitude, non pas quand ils étaient tristes mais quand je cherchais quelque part des planches de salut dans l’observance des belles choses, notamment ces passantes, ces inconnues qui sont tout un lieu, toute une rue, tout un parc, tout un bord de mer, toute retrouvaille possible avec l’ensemble de ses amours au-delà des ses chagrins.

    Au moment de l’écriture, il m’est revenu aussi l’entrevue que j’avais eue avec une peintre qui s’acharnait sur un tableau qu’elle voulait capable de retrouver sa fille qui ne lui parlait plus, et par l’expression de tout son amour. Ne pouvant faire son tableau, elle m’avait demandé ce que je peindrais. D’emblée, j’avais répondu une jeune fille et la mer. Et elle me téléphona moult fois pour me demander comment je voyais ce tableau. Je n’ai jamais vu le tableau, différent du mien sans doute, mais au bout de nombre de jours d’épuisement du peintre, ses grands remerciements entre ses sanglots payèrent largement mes droits d’auteur.  

     

    Pour ce qui est de la nommée souvenance, je la distingue donc de la mémoire, ou du souvenir. Je me suis ainsi laissé guider par une sorte de diaporama étrange qui mélange, et défile nombre d’images de temps différents, de concepts différents, images réelles ou floues ou reconstruites ou idéalisées, irréelles, et dans un ordre qui semble aléatoire. Il est indéniable que nombre d’images se sont ajoutées à celles dont j’ai parlé précédemment et qui ont un rapport avec mes lectures, mes belles références notamment celles qui je garde depuis l’adolescence. Je n’ai pu les saisir toutes, mais qu’importe.

     

    Qu’importe quand je vois ce qui se passe de formidable autour ce texte.

    Me voilà qui reçoit de la générosité qui sied parfaitement aux amoureux de la vie et de l’art que vous êtes. Me voilà avec chaque commentaire qui reconstitue les images du diaporama. Me voilà avec des poètes qui poursuivent de leurs vers, avec ces peintres qui me donnent leurs tableaux et une suite possible à l’histoire que j’ai évoquée qui veut retrouver une jeune fille, et un amour, et me font de nouveau moitié-auteur, moitié-visiteur non pas d’un tableau, mais de multiples tableaux, l’envie d’avoir un jour une main avec un pinceau, ou de penser à une vidéo de la jeune fille et la mer. Me voilà avec des personnes qui révèlent bien des aspects du texte, de sa trame jusqu’à cette histoire, jusqu’à mon blason romantique du vers de terre amoureux d’une étoile. Me voilà avec une passerelle si agréablement fréquentée et au-delà de mes espérances de passerelle que je comptais avoir.

     

    Quel cadeau que cette passerelle !

    Au-delà de vos élans généreux, vous me permettrez de penser que l’administrateur de Arts et Lettres a contribué à cela et que nombre de passerelles sont fréquentées ici par tout ce qu’il fait.           

     

    Bonne journée. Amitiés. Gil

  • Un vers de terre amoureux d'une étoile .............................................ou l'amour impossible !

    Vivifiant ce texte !

    Merci Gil

  • La plage, la mer, la solitude et une grande bouffée d'air pur pour se resourcer... pour voir poindre l'espoir au bout de l'horizon... tout peut arriver dans l'oeil du poète...

    Merci du partage de ce très beau texte Gil

     

  • voilà un bien beau texte, Gil, qui laisse passer le flux et le reflux comme un champ de vagues ininterrompues... A vous l'imaginaire, maître du possible !  Cette jeune fille suscite de bien belles oeuvres Merci à toi. Ariane.
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