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Ce sont des contes de l'écrivain belge d'expression française Michel de Ghelderode (pseudonyme de Michel Martens, 1898 - 1962), publié en 1953. " La Flandre est un songe " groupe études, chroniques, contes nous faisant découvrir tour à tour quelques toiles des Primitifs, les fastes de certaines villes flamandes -comme dans " Bruges, qu'on croyait morte ", " Damme en Flandre ", " Ostende, plaisance abolie ", " Malines ", " L'art de flâner "-, et la grande beauté de certains paysages, comme dans " Quand les anges ne passent plus ", " Chronique de la rue de l'Arbre-bénit ", " Chronique de Noël ".

" Qui dit " Flandre " ne lance plus un cri de guerre, mais profère une formule de magie poétique. Alors, ce grand Etat spirituel se reconstitue par la vertu du songe, devient phosphorescent, tout de violence et de splendeur. Nous savons de ces mots contagieux, par quoi s'ouvrent les écluses d'images, toute une machinerie optique aussitôt s'éclairant. " Nul n'est maître de choisir ses idées fixes ou de s'en défaire. Alors, écrire revient, non pas à se délivrer de ses obsessions, mais à les fixer à jamais scellées dans l'écriture et ses artifices.

Michel de Ghelderode appartient à la Flandre gothique des fées noires, des gargouilles, des gnomes, des villages à pignons, des parvis de cathédrales ; une Flandre du fond des âges, plongée dans ses foudres, sacramentelles ou liturgiques, et tout entière placée sous le pouvoir de sectes exigeant des cérémonies initiatiques. Et Ghelderode fut celui qui organisa ce cri et ce délire pour nous les restituer à travers son oeuvre. Toutefois ce recueil nous fait découvrir un aspect différent de la sensibilité du poète, l'autre côté de son univers panique. Dans ce livre phosphorescent, l'écrivain rejoint son enfance, et avec elle la Flandre qu'il retrouve voluptueuse, libre, mêlée à la lumière d'aube et au vent tiède frissonnant sur les terres de souvenance. La tendresse aussi bien que l'affection lui insufflent une couleur indécise : non pas le bleu, mais le violet -le violet des crépuscules rassasiés de chaleur et des lentes funérailles cérémonieuses des chanoines et des prélats.

Livre étale où Ghelderode reste sans cesse à la surface. La peur peut-être de découvrir sous les choses le violet plus épais -quasi boueux- des misères, du sang. Il tente de contenir ses vertiges, ses peurs, sans pourtant les empêcher d'apparaître. En un sens, ce livre, fait de fragments qui ne correspondent pas à la légende ghelderodienne, est la part céleste, la part conjurée d'une oeuvre généralement vouée aux peintures infernales.

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Commentaire de Gohy Adyne le 3 mars 2014 à 20:29

Merci Monsieur Paul pour ce partage intéressant.

Belle soirée.

Bien cordialement

Adyne

Commentaire de Suzanne Walther-Siksou le 3 mars 2014 à 9:42

 

« Ghelderode est le diamant qui ferme le collier de poète que la Belgique porte au cou. Ce diamant noir jette des feux cruels et nobles. Ils ne blessent que les petites âmes, éblouissent les autres.» Jean Cocteau

 

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