De : Lionel M
L'étranger
Qui préfères-tu ? dis ? Ton père, ta mère, tes sœurs ou tes frères ?
Mon père a été fauché par un cancer, ma mère est tombée trois fois
elle erre désormais dans un jardin de croix, une de mes sœurs à un
chagrin au cœur, le salariat a martyrisé mon frère aimé, j’ai offert
un livre à mon petit frère il est désormais libraire je lui ai
enseigné le catéchisme il ne fréquente plus les églises mais les cartomanciennes une autre de mes sœurs est mercière mais confond midi et quatorze heure un autre frère photographe a perdu l'usage de ses yeux
Tes amis ?
Je les imaginerait volontiers tels les éléments de cette fleur
composée, nous formerons ensemble le plus joli des graals.
Ta patrie ?
Je n’en possède aucun papier officiel, j’erre dans les prairies dans
les marécages du doute philosophique.
La beauté ?
J’aimerai toujours son esthétique incrédule infidèle toujours imparfaite.
Mais qui es-tu ?
Je suis qui l’on outrage, dont on se détourne et sur lequel vos
regards se tordent, je suis celui à qui on jettent ordures langagières
très policées que je fuie de peur de rester empêtré dans les mailles de la haine
Et, qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
J’aime les nuages… Les nuages qui passent… là-bas là-bas les
merveilleux nuages qui jouissent d’étonnants paysages ……………et qui
m’arrachent toujours des larmes étrangères à l'institution du bonheur
car je ne suis qu’un gueux !
Lionel M.
De l’étranger à l'enfer des autres, sur une idée de Charles Baudelaire ....
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