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On avait fini par le croire immortel ! Ce n'est pas tant son statut d'académicien qui lui conférait une telle illusion que son appétit pour la vie, son insatiable curiosité et son verbe riche qui faisaient de lui depuis des décennies le prof de français et de littérature de notre pays. Jean d'Ormesson aimait Venise, les bains de mer, Chateaubriand, Paul-Jean Toulet, les femmes et l'Académie. Il ne manquait jamais une occasion de renouveler ses professions de foi, de dire à quel point il est poli d'être gai et inconvenant de trimbaler ses soucis et son spleen à la télévision, dans les livres ou dans les assemblées. Il suffisait d'apercevoir sur les écrans son sourire de galopin et son regard bleu pétillant pour recouvrer instantanément sa bonne humeur. Aujourd'hui, c'est la France entière qui porte le deuil.

"Résistez. Résistez aux séductions moutonnières de la médiocrité, à l'ignominie des retournements intéressés, aux murmures de la lâcheté qui ne recule devant l'effort que pour se trouver tout à coup, mais trop tard, acculée à la tragédie. Résistez. Résistez. Gardez par-dessus tout l'amour de la liberté et votre sens critique. Combattez par l'ironie des indignations trop légitimes. Combattez par l'espérance un pessimisme trop justifié" 

Jean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d'Ormesson est né le 16 juin 1925 à Paris. Son père ambassadeur l'entraîne dans ses différents postes consulaires en Bavière, en Roumanie ou au Brésil. Le jeune Jean y gagne le goût pour la France éternelle, la certitude que notre culture et notre littérature sont des phares pour le monde entier, mais que cette flamme doit être entretenue pour ne pas s'étouffer. Jusqu'à 14 ans, il passe le plus clair de son temps au château de Saint-Fargeau, propriété de sa mère. Il y apprendra l'éducation bourgeoise, dévorera la bibliothèque qu'une famille de « la haute » se doit de constituer et de faire lire à sa descendance. Élève brillant, il entre à Normal sup, puis se lance dans des travaux d'écriture à l'Unesco, dans des cabinets ministériels, puis dans différents journaux. En 1970, il est directeur du Figaro, dont il contribue à relancer les ventes et le prestige. Pendant plus de quarante ans, il sera la figure de proue de ce journal, même après l'avoir quitté. En 2010, l'extraordinaire succès de la Bibliothèque idéale – choix de textes de référence de la littérature française qu'il préfaça –, qui séduisit plus de 1,5 million de lecteurs, montra à quel point il était encore la grande signature de ce quotidien.L’image contient peut-être : 1 personne, gros plan

La littérature fut la grande affaire de sa vie. Il l'embrasse en 1956 avec L'amour est un plaisir, mais ne connut son premier grand succès qu'en 1971, avec La Gloire de l'Empire, un roman récompensé par le Grand Prix de l'Académie française (déjà !). Il écrivit jusqu'à son dernier souffle. Au total, une petite quarantaine de livres souvent autobiographiques (Le Rapport Gabriel, Du côté de chez Jean...) où se mêlent l'humour, l'érudition, les obstacles que le destin met sur notre chemin pour nous priver du bonheur.
Certains lui valurent de fulgurants succès, ainsi ceux de sa période vénitienne : Le Vent du soir en 1985, puis Le Bonheur à San Miniato deux ans plus tard, ou Histoire du juif errant en 1990 et La Douane de mer en 1994. La parution de chacun de ses ouvrages devenait un événement culturo-médiatique. Jean d'Ormesson sera entre 1975 et 1990 l'écrivain le plus souvent invité à Apostrophe.

Ces dernières années, d'Ormesson multiplia les recueils de ses chroniques ou des romans plus abscons sur l'univers, Dieu et la place de l'homme dans l'univers. Son livre La Conversation, savoureux dialogue entre Cambacérès et Bonaparte, lui procura un plaisir qu'il n'avait pas encore connu : celui de remplir tous les soirs le théâtre Hébertot à Paris. Au printemps 2015, il ne cacha pas sa fierté d'entrer de son vivant dans la Pléïade comme Kundera, Gide et Lévi-Strauss avant lui. Un plaisir qu'il eut le temps de savourer plus de deux ans...

http://interligne.over-blog.com/article-un-jour-je-m-en-irai-sans-e...

« Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. 
On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. »

Alfred de Musset

Après quelque temps,
Tu apprendras la différence entre tendre la main et secourir une âme.
Et tu apprendras que aimer ne signifie pas s’appuyer, et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité.
Tu commenceras à apprendre que les baisers ne sont pas des contrats, ni des cadeaux, ni des promesses…
Tu commenceras à accepter tes échecs la tête haute, comme un adulte, et non avec la tristesse d’un enfant.
Et tu apprendras à construire aujourd’hui tes chemins, parce que le terrain de demain est incertain, et ne garantit pas la réalisation des projets, et que le futur a l’habitude de ne pas tenir ses promesses.
Après un certain temps,
Tu apprendras que le soleil brûle si tu t’y exposes trop.
Tu accepteras le fait que même les meilleurs peuvent te blesser parfois, et que tu auras à leur pardonner.
Tu apprendras que parler peut alléger les douleurs de l’âme.
Tu apprendras qu’il faut beaucoup d’années pour bâtir la confiance, et à peine quelques secondes pour la détruire, et que, toi aussi, tu pourrais faire des choses dont tu te repentiras le reste de ta vie.
Tu apprendras que les vraies amitiés continuent à grandir malgré la séparation. Et que ce qui compte, ce n’est pas ce que tu possèdes, mais qui compte dans ta vie.
Et que les bons amis sont la famille qu’il nous est permis de choisir.
Tu apprendras que nous n’avons pas à changer d’amis, si nous acceptons que nos amis changent et évoluent.
Tu expérimenteras que tu peux passer de bons moments avec ton meilleur ami en faisant n’importe quoi, ou en ne rien faisant, seulement pour le plaisir de jouir de sa compagnie.
Tu découvriras que souvent nous prenons à la légère les personnes qui nous importent le plus ; et pour cela nous devons toujours dire à ces personnes que nous les aimons, car nous ne savons jamais si c’est la dernière fois que nous les voyons…
Tu apprendras que les circonstances, et l’ambiance qui nous entoure, ont une influence sur nous, mais que nous sommes les uniques responsables de ce que nous faisons.
Tu commenceras à comprendre que nous ne devons pas nous comparer aux autres, sauf si nous désirons les imiter pour nous améliorer.
Tu découvriras qu’il te faut beaucoup de temps pour être enfin la personne que tu désires être, et que le temps est court…
Tu apprendras que si tu ne contrôles pas tes actes, eux te contrôleront.
Et qu’être souple ne signifie pas être mou ou ne pas avoir de personnalité : car peu importe à quel point une situation est délicate ou complexe, il y a toujours deux manières de l’aborder.
Tu apprendras que les héros sont des personnes qui ont fait ce qu’il était nécessaire de faire, en assumant les conséquences.
Tu apprendras que la patience requiert une longue pratique.
Tu découvriras que parfois, la personne dont tu crois qu’elle te piétinera si tu tombes, est l’une des rares qui t’aidera à te relever.
Mûrir dépend davantage de ce que t’apprennent tes expériences que des années que tu as vécues.
Tu apprendras que tu tiens beaucoup plus de tes parents que tu veux bien le croire.
Tu apprendras qu’il ne faut jamais dire à un enfant que ses rêves sont des bêtises, car peu de choses sont aussi humiliantes ; et ce serait une tragédie s’il te croyait, car cela lui enlèverait l’espérance!
Tu apprendras que, lorsque tu sens de la colère et de la rage en toi, tu en as le droit, mais cela ne te donne pas le droit d’être cruel.
Tu découvriras que, simplement parce que telle personne ne t’aime pas comme tu le désires, cela ne signifie pas qu’elle ne t’aime pas autant qu’elle en est capable : car il y a des personnes qui nous aiment, mais qui ne savent pas comment nous le prouver…
Il ne suffit pas toujours d’être pardonné par les autres, parfois tu auras à apprendre à te pardonner à toi-même…
Tu apprendras que, avec la même sévérité que tu juges les autres, toi aussi tu seras jugé et parfois condamné…
Tu apprendras que, peu importe que tu aies le cœur brisé, le monde ne s’arrête pas de tourner. 
Tu apprendras que le temps ne peut revenir en arrière. Tu dois cultiver ton propre jardin et décorer ton âme, au lieu d’attendre que les autres te portent des fleurs…
Alors, et alors seulement, tu sauras ce que tu peux réellement endurer ; que tu es fort, et que tu pourrais aller bien plus loin que tu le pensais quand tu t’imaginais ne plus pouvoir avancer !
C’est que réellement, la vie n’a de valeur que si tu as la valeur de l’affronter !

Jorge Luis Borges

« Les douleurs ne sont point éternelles ; il faut tôt ou tard qu'elles finissent, parce que le cœur de l'homme est fini ; c'est une de nos grandes misères : nous ne sommes pas même capables d'être long-temps malheureux. »

Chateaubriand

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Commentaire de Sandra Dulier le 31 décembre 2017 à 17:54

J'ai eu beaucoup de chagrin en apprenant son décès. Je le lis depuis mes 15 ans. Merci pour cet hommage.   

Commentaire de Deashelle le 30 décembre 2017 à 20:57

Et  ce même 7 décembre 2017... Les couleurs s'en allèrent sur la pointe des pieds! Sans tambours ni trompettes. Juste disparues, comme un livre oublié sur une banquette! 

Commentaire de Deashelle le 19 décembre 2017 à 15:36

Jean... avec ses yeux bleus en érection, est l’extrême pointe de l’élégance française : une légèreté toujours grave ou une gravité forcément légère, on ne sait plus. 
Quelle tristesse que la joie s’en soit allée...
Aristocrate gai posé sur des plateaux démocratiques, Stoïcien déguisé en Académicien rieur, modéré en tout sauf en amour, tout son être subtil contredit la vulgarité du vacarme moderne. 
Avec lui, l’éclat de rire eut le dernier mot.

https://www.babelio.com/livres/Ormesson-Mon-dernier-reve-sera-pour-...
Lui-même sujet de roman (d’amour fou, mené à bride abattue), Jean a écrit un livre immortel qui, à chaque ligne, parle des battements de son coeur : « Mon dernier rêve sera pour vous », biographie sentimentale de Chateaubriand. 
Lisez, lisez-le ! Que son coeur si vivant batte longtemps encore !
Le roi Jean est mort, vive Jean !

Commentaire de Deashelle le 13 décembre 2017 à 11:39

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Commentaire de Deashelle le 13 décembre 2017 à 11:37

"la France n’aura jamais été aussi proustienne que lors de cette cérémonie à la Madeleine. Ce que nous venons de perdre, nous savons que nous ne le retrouverons plus désormais qu’en lambeaux mémoriels, à la faveur d’une tasse de thé, d’un livre, d’un disque, ou bien d’un verre de whisky.

Un autre monde vient de commencer"

Arnaud Viviant : « Un autre monde vient de commencer »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain estime que les hommages rendus à Johnny Hallyday et Jean d’Ormesson enterrent le monde d’hier, celui des Trente Glorieuses.

" La pudeur et l’élégance de notre époque exigeaient des adieux sans larmes à une civilisation moribonde. Mais par un prompt renfort de notre inconscient collectif, nous fîmes, Français, tout le contraire. Gloire à nous de ne suivre aucun principe en ce bas monde

Il est vrai aussi que nous avions tant à enterrer, avec les morts quasi simultanées – comme dans un film d’épouvante dont le sujet serait l’espace-temps einsteinien – de Jean d’Ormesson et de Johnny Hallyday. Jeannot & Johnny. Johnny & Jeannot.

Comme si nous avions tous en nous quelque chose de Robespierre, la noblesse et le peuple venaient de perdre coup sur coup ses deux plus beaux sourires. Les deux faces d’une même pièce qui se serait encore appelée le franc. Un coup de couteau dans le dos d’une vieille nation, ça va. Deux, bonjour les dégâts.

On a tous compris que cela allait au moins nous occuper jusqu’à la fin de la semaine. Alors nous décidâmes de mettre les petits plats dans les grands. Jean d’O dans la cour des Invalides par un vent mauvais. Johnny sur les Champs-Elysées sous un ciel aussi bleu que ses yeux de rockeur, suivi par la cavalerie métallique des Harley, avant la messe à la Madeleine avec Guy Gilbert, le curé des loubards, son aube et son Perfecto. Sacré charivari !

Deuil pour deuil

Toutefois, en ces circonstances, le peuple communiait enfin avec ses élites qui ne l’aiment guère et réciproquement, cette unanimité composant peut-être ce qu’on appelle encore, du bout des dents ou en les serrant, une nation. Deuil pour deuil, comme aurait dit Desnos.

Notre président (un sacré sourire lui aussi, les yeux bleus et les dents du bonheur) prononça de beaux discours. Vu son jeune âge, ses homélies à l’ancien ordre du monde que représentaient Jeannot et Johnny ne pouvaient être que théoriques, pensait-on en l’écoutant. Pour nous, nés plus tôt dans un pays plus hercynien, tout ce que nous avions à ensevelir composait soudain un inventaire à la Prévert.

Nous enterrions le rock et la littérature pour commencer. Du moins le visage spectaculaire que l’un et l’autre avaient pu prendre durant de longues années dans nos esprits télévisuels. Au passage, nous enterrions aussi la télé, ce vieux meuble égaré dans nos salons, ainsi que nous le comprîmes en voyant Michel Drucker, seul, en direct, face caméra, dans un dispositif quasiment nord-coréen, s’effondrer en larmes.

Nous enterrions les « trente glorieuses » et sa petite portée de chocs pétroliers. La société de consommation et celle du spectacle. L’art de la conversation. La droite de bien avant Wauquiez. L’évasion fiscale. Les villas en Corse. Les pénitenciers. La taxe d’habitation. Les chalets à Gstaad. Le badinage. Venise et Las Vegas. Les vaporettos et les Harley. Les contrats aidés. Chateaubriand et Tennessee Williams…

La France n’aura jamais été aussi proustienne
Nous enterrions surtout une longue histoire d’amour entre l’Amérique et la France, faite de soumission et d’admiration. Johnny, c’était l’idiosyncrasie utile du rock. Et Jean d’O, l’homme qui déplorait la chute de Saïgon, au grand dam de Jean Ferrat qui pensait, lui, au napalm produit par Monsanto.

Aujourd’hui, nous n’aimons plus l’Amérique de Donald Trump et du glysophate, toujours produit par Monsanto. Et nous sommes fâchés que le président des Etats-Unis puisse provoquer une nouvelle intifada, alors même que nous avons l’âme et le cœur en peine. Le fada, c’est lui.

Au fond, la France n’aura jamais été aussi proustienne que lors de cette cérémonie à la Madeleine. Ce que nous venons de perdre, nous savons que nous ne le retrouverons plus désormais qu’en lambeaux mémoriels, à la faveur d’une tasse de thé, d’un livre, d’un disque, ou bien d’un verre de whisky. Un autre monde vient de commencer."

@LeMonde

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Commentaire de Deashelle le 12 décembre 2017 à 12:51

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Fondateur réseau
Commentaire de Robert Paul le 10 décembre 2017 à 5:01

Tombeau pour Jean d'Ormesson

Jean d'Ormesson - Je dirai malgré tout que cette vie fut belle


Fondateur réseau
Commentaire de Robert Paul le 10 décembre 2017 à 4:50

Tombeau pour Jean d'Ormesson

Jean d'Ormesson "Dieu, sa vie, son oeuvre" | Archive INA

Commentaire de Deashelle le 9 décembre 2017 à 17:21

L’image contient peut-être : 1 personne, chaussures et plein air

Commentaire de Deashelle le 8 décembre 2017 à 13:23

 Pour terminer son éloge, Emmanuel Macron annonce qu'il va déposer un crayon sur le cercueil de l'académicien, conformément aux souhaits de ce dernier : "Le crayon des enchantements. Qu'il soit aujourd'hui celui de notre immense gratitude et de notre souvenir."

https://www.facebook.com/EmmanuelMacron/videos/2073492092883366/ 

EMMANUEL MACRON LUI PRESENTE HUMBLEMENT SON COMPAGNNON D'ETERNITE: LE CRAYON DES ENCHANTEMENTS ... 

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