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Jusque là, je me cachais. Un autoportrait, je ne sais pas si je saurais. Une peur une joie, me voici à Cuba. Drôle d'endroit pour débuter cette rencontre avec moi-même. Moi, obligée d'écrire pour vivre, même pas pour manger, pour respirer Messieurs Mesdames.

 

Attrapez-le ce souffle et c'est ce qui sans doute est le plus difficile. Ma respiration, vous ne vous y faites pas? Tenez bon, patientez, aimez. Je vous en prie. Aimez-moi sera le premier appel que je lancerai et de suite. C'est un ordre, un dessein, un destin. Le souffle et l'amour que je cherche ici bas, là où la rue se fait bruyante, là où la torture est prégnante, là où la vie est titubante, flanquée rhum.

 

Ainsi, encore ivres, parle-ton encore des révolutions, celle de Tunisie, celle d'Egypte, celle de la  Lybie. Pour quelle victoire ? Pour quel avenir ? Quel sera le prix à payer pour chacun de ces peuples et BHL peut se brosser. Quand la musique, la fanfare de la révolte a fini de sonner. Qui va être le looser ? Peuples, prenez-vous à bras le corps chacun. Un à un dans une ivresse libertaire salutaire.

Allez, je rêve !

Viva Zapata !

Viva el Ché !

 Viva Fidel ! et Raul…

A bas les enfermements sombres pour des révolutions révoltantes.

A qui profite le crime ?

 

Oui, ce soir , je suis à Cuba. Sexe alcool et Salsa… Et rien que cela qui dirige ce monde. Pas autrement. On veut des noms des adresses des numéros comme sur les passeports, enregistrés. Dénudés à tous à chacun, ici ou là.

Je suis citoyenne du monde, apatride, liberté, voyager et respirer, respirer encore, pour reconnaître que je suis vivante. Vous suivez ? C'est trop ? Chaotique.. Pas chassé et saut de chat, arrangez vous avec ça.

 

Cuba libre. La bonne rigolade, un truc qui fait rire là-haut. Pas dans les étoiles, non, dans le ciel la lune pleure. Mais là-haut, dans des cimetières glacés de vieillards adipeux qui se meurent chargés d'or volé à chacun. Boucaniers. Vieux déjà morts dans des bateaux d'acier et enculeurs de mouche pour rien, comme ça. Ce n'est pas autrement. Il est une mythologie où des jeunes filles sont données en pâture, ici de jeunes garçon sont éprouvés par un Minotaure en fin de règne, Fidel et son frère appelé aussi la jument. Héritiers d'un rêve qui vire à l'hallucination d'un énorme délirium tremens qui prend toute la Havane, Cuba en son entier. Sexes raidis au Viagra à haute dose…

 

Mon Dieu, la lune est si belle ce soir, posée sur un nuage. Quel divin orgueil l'a rendu aussi magnifique ? Et déjà elle se cache, frileuse elle aussi. La lune de Cuba by night. Des soupirs et des baises un peu n'importe où et pour les frustrés des bruits et des cris. Il n'y aura pas d'été à cuba, mais un éternel hiver moite, nettoyé de tornade, pour chaque année la sienne.

 

La terre tremble.

Elle est vivante et se meurt.

Et les aristocrates de ce monde se préparent bien évidement à sa fin prochaine. Et travaillent les méninges de quelques uns pour donner l'espoir de se projeter un jour ailleurs. Certains sur Mars peut-être… Des Noés puant le fric, accrochés au pouvoir aussi fort que les demeurés du radeau de la méduse.

Ces putains de nantis qui mènent le monde, n'accrochent aucuns haillons d'argent, pavillons d'aubaines, chars de vilénies, trottoirs de Baracoa de Cuba. Encore elle! Puisque le voyage commence ici, à quelques jours d'un retour imminent.

 

Cuba. France. Qu'est-ce qu'il reste de nous ? Approche petit, je te dirai tout bas et tu me croiras. Toi !

La lune s'incruste dans le ciel, dépassant en croissant, comme un jupon, de ces nuages. La belle est à cuba, sœur de toutes les lunes du monde. Celle de Paris, New-York et Miami aussi.

 

 

Au matin, reste une étoile, celle du berger. Venus qui se lève avant toutes et s'enfonce au jour en tout dernier lieu. Courageuse planète qui travaille toute la nuit et promet de refaire cela chaque soir. Fidèle.

Cuba dort. Alors c'est extrêmement doux. Il est cinq heures, Baracoa s'éveille doucement. Des matins regrettés pour la plupart qui n'iront ni au taf ni au boulot, et resteront à déshabiller les filles virtuellement pour la majorité. Certains s'accommoderont de chambres chaudes et moites où les corps seront de suite humides. D'autres encore frapperont leur femme avant qu'elle n'aille au travail, eux promis à rester en tong à la porte de la maison, si on peut appeler ainsi ce rafistolage de bois et de tôles. Ephémère casa, soufflée c'est sûr par la prochaine tornade.

 

Et les chefs de ce pays, se tourneront une fois encore sur des oreillers de plumes, se préparant à ne rien faire de neuf, à leur tour. Fidel qui n'a plus rien à dire, séché pour cette fois, vidé comme ses couilles, à un peuple qui n'écoute plus rien à son tour. Tout roule dans un abandon désœuvré. Les petites filles et les garçons en  uniforme, partant pour l'école, toute la fierté de Cuba qui se résume là.

Et Raul, la jument comme on l'appelle aussi, pas plus jeune que Fidel, se prépare à ne rien changer, à peine : laisser sortir quelques prisonniers, proposer que les gens travaillent à leur compte pour leur tirer quelques dollars encore qui nourriront les nantis. Tout un petit monde à l'argent convertible qu'ils s'empressent d'entasser, pour les vieux jours qui sont là, tous à leur porte. Ainsi payer aussi les filles superbes qui éclairent leurs vieux sexes – les touristes masculins en savent quelque chose…

 

On parle bien d'une révolution morte dans l'œuf. No passaran  est encore écrit en lettres retouchées, colorées de nouveau, la même, les mêmes slogans du socialisme "L'obstination et le courage vivifieront la Révolution et nous rendront libres aujourd'hui et demain". Du cynisme que les cubains ne regardent, lisent plus. Hasta siempre .

 

J'ose écrire, et des écrivains Cubain choisissent leurs mots qui pour beaucoup s'imprimeront dans le monde, ailleurs qu'à Cuba.

 

Des nuages rosis par l'aube, sont posés ici ou là dans le ciel. Formes étranges et superbes.

 

 

J'ai vu, à la Havane, des policiers, se comporter comme des voleurs, quand ils allaient chercher l'argent chez chaque commerçant, le petit et le grands, chaque casa particular.. Cela fait nettement plus penser à la mafia qu'à des gens qui viennent prendre leurs dividendes. Enfin tout cela est imbriqué. Ils portent des carabines, genre de kalachnikov je pense.

Dans les magasins,  les échoppes ils notent tout, tous.

Et pourtant, la serveuse de la Casa de la Trova, une casa musicale de Santiago, la serveuse ressert des rasades de rhum, parce que nous lui sommes sympathiques et qu'elle nous l'a été, et que nous lui avons donné un CUC, pratiquement 10% de son salaire, qui est pour les serveurs de Casa d'Etat de 17 CUC, moins de 17 euros. Si nous faisons les comptes, c'est sans fin…

 

Mais pour le moment Cuba dort.

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