Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

Femmes, fières, rebelles (3e partie : Alice, Lilia, Leonora, Remedios, Bridget… au pays des merveilles)

Alice Rahon

La ballade de Frida Kahlo

 Acrylique, 1966

 

      Quel que fut le destin de ces artistes laissées plus ou moins dans l’ombre de Frida, toutes portent haut les couleurs du féminisme. Et Frida Kahlo reste pour ces dernières à la fois une figure symbolique et un porte-voix de part et d’autre de l’Atlantique. Elle est ainsi devenue une véritable icône de la Pop Culture à l’instar d’un Michael Jackson*1, de David Bowie ou de Madonna, qui par ailleurs collectionne ses œuvres…

 

C’est une maison bleue…

David Bowie devant la Casa Azul de Frida Kahlo

Coyoacán dans les faubourgs de Mexico, le 20/10/1997

Maison qui l’a vu naître et mourir.

Maison devenue musée et sanctuaire.

Un ossuaire kitch où il est de bon ton de se recueillir.

(photographie de Fernando Aceves captée sur le net)

 

Santa Madonna… !

(photo captée sur le net)

 

 … inspirant de nouveaux artistes ou ornant les chambre d’adolescents, se retrouvant sur les places publiques, comme ici sur le Museum Square à Rhodes…

 

Frida Kahlo

Portrait réalisé par une artiste sur la place Alexandrou à Rhodes, 2017 (Grèce)

(d’après une photographie prise en 1938 de Nickolas Muray)

 

…. ou sur les réseaux, notamment sur celui dédié à la culture, à la curiosité et à l’amitié, Arts & Lettres bien sûr.

 

Frida

Anik Bottichio

Acrylique sur toile

Une fleur qui vous dévore de l’intérieur.

Frida ou l’écume des jours.

 

Dona Frida Kahlo de Rivera et Grazino

Bernard Tournier

Huile sur toile, 2011

(d’après une photographie de Nickolas Muray, 1892-1965, qui fut un temps son amant)

Michael, Frida… à chacun son faon.

Fan de tes grands yeux

De ton sourire

Je suis fan de toi

 

Mais, entre idolâtrie et business, dérives et produits dérivés, Frida sur un coussin dans une boutique de souvenirs, est-ce bien séant ? Faut-il en pleurer, faut-il en pouffer ?

 

Broderie mécanique (Réthymnon, Crète, Grèce)

Carré magique avec figure hypnotique aux vertus narcotiques ?

Surrealistic pillow ?

Frida, comme La Catrina*2, définitivement Queen of Pop

 

Lilia Carrillo

Palabras sueltas

(photo captée sur le net)

 

      Mais je ne saurai terminer sans au moins citer quelques oubliées (les nommer c’est déjà les reconnaître) comme Rosario Cabrera Lόpez (1901-1975), considérée comme « la première grande peintre mexicaine du XXe siècle » [mais qui s’en souvient ?], Aurora Reyes Flores (1908-1985), Elena Huerta Muzquiz (1908-1997), Fanny Rabel (1922-2008), peintre d’origine polonaise, ou Rina Lazo Wasem*3 (1923-2019), d’origine guatémaltèque elle assista Rivera. Si elles furent le plus souvent liées au mouvement muraliste mexicain (ou surréaliste comme nous le verrons plus loin), l’objectif de ce troisième billet consacré aux femmes est de montrer qu’elles furent plus que les seconds couteaux de la peinture.

Rosario Cabrera Lόpez

Femme avec une écharpe rose (huile sur toile)

(photo captée sur le net)

Ou encore Cordelia Urueta Sierra (1908-1995), une grande dame de l’abstraction, Isabel Chabela Villaseñor (1909-1953), artiste aux multiples talents, Celia Calderόn (1921-1969), au graphisme d’une grande finesse, ou Lilia Carrillo (1930-1974), peintre de la Ruptura, accents lyriques et mots simples.

 

Remedios Varo

Anglès (Espagne), 1908 – Mexico, 1963

Creaciόn de las aves, 1957

(photo captée sur le net)

« Je voudrais être la projection pulvérisée du soleil

 sur la parure de lierre de tes bras. »,

Benjamin Péret (1899-1959)

Comme un répons, un écho profond, étrange et pénétrant aux

Chants de Nezahualcόyotl

« Tu décores des plumes du quetzal

Tes amis, Aigles et Jaguars. »

 

Et comment négliger María de los Remedios Alicia Rodriga Varo y Uranga, ou plus simplement Remedios Varo, peintre espagnole mais dont l’œuvre s’est épanouie au Mexique où elle s’éteignit. Tout comme Bridget Tichenor, née en France puis naturalisée Mexicaine, ou l’anglaise Leonora Carrington qui comme elle s’accomplit au Mexique, réalisant entre autres Le monde magique des Mayas. Toutes trois travaillèrent dans le voisinage du surréalisme, dans le sillage notamment de Paalen et d’Ernst dont elles semblent suivre le commandement en toute liberté de rêver

« Errez et sur vos flancs viendront se fixer les ailes de l’augure. »

 

Mexicaines dans l’âme, ces belles étrangères délivrent de purs moments de poésie. Aussi, parmi la jeune garde, j’ajouterai Beatriz Aurora (née Castedo Mira en 1956 au Chili), peintre mexicaine de la geste zapatiste des guérilléros du Chiapas au style naïf.

 

Beatriz Aurora

Granjas integrales zapatistas

(photo captée sur le net)

 

Mexique terre d’accueil et de rencontres où…

« Le rêve à travers les temps nous ramène ce temps où, sous le choc de la spontanéité humaine, la Nature entière devenait ensorcelée »,

Antonin Artaud (1896-1948)

 

Leonora Carrington

Clayton Green (G-B), 1917 – Mexico, 2011

Green tea, 1942

(photo captée sur le net)

 

      Beaucoup de femmes peintres se sont engagées dans le surréalisme, notamment sur cette terre d’élection. Mais à vrai dire ce sont surtout des étrangères qui se fixèrent au Mexique pour y trouver paix et refuge. Et dans ce pays qui est le « lieu du surréalisme par excellence », ainsi parlait le pape Breton en personne, elles bâtirent leur grand œuvre.

A ce propos, j’ai déjà écrit dans mon article sur Frida Kahlo, qui ne les estimait guère, que les pygmalions du surréalisme portaient finalement un regard condescendant sur leurs consœurs*4. Propos fumeux mais ô combien décisifs de ces Messieurs échangés au fumoir, anodins babils côté boudoir. Réflexion et fulgurances, transcendance, joliesse de l’expression et légèreté de la touche. Galanteries de gala des galapiats. Pas gâtée(s) Galatée(s)…

« C’est que ta tête est close, ô statue abattue. »,

Paul Eluard (1895-1952)

« A ce qu’on m’a raconté,

Cette bonne Galathée

Se teint les cheveux en noir ;

Toute autre est la vérité,

Car ils étaient déjà noirs

Quand elle les a achetés. »,

Gotthold Ephraim Lessing (1729-1781)

Epigramme rapportée par Freud, l’adulée idole des Surréalistes,

dans Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient.

Et effectivement, persuadés de leur importance, on connait les uns, on ignore généralement les autres. A l’exception peut-être de Toyen (Marie Čermínová, dite ; 1902-1980) qui participa à toutes les expositions du groupe (si on met à part l’interruption due à la guerre). Même dans des ouvrages exclusivement dédiés aux artistes femmes, souvent écrits par des femmes, elles sont fréquemment définies par rapport à un compagnon, à un mari, à un mentor, voire à leurs seules liaisons. Maîtres et maîtresses. Chacun sa muse. Ainsi réduites, ce sont eux qui en définitive prévalent et que tout le monde admire. Et si on célèbre leur beauté, convulsive forcément, on entend implicitement femmes fatales, scandales, vénales, ou femmes-enfants, immatures, mineures. Egéries ! Pour ne pas en pleurer de ces mâles embouchés sonnant les trompettes de la renommée.

« Vérité, Beauté, Poésie : elle est Tout :

 une fois de plus sous la figure de l’Autre.

Tout excepté soi-même. »,

Simone de Beauvoir (1908-1986)

Misogynie à part, si certaines femmes artistes furent délaissées (Carrington, Tichenor, Izquierdo, en particulier) lors de la sélection officielle supervisée par Wolfgang Paalen et César Moro sous le haut patronage d’André Breton, il faut bien reconnaitre qu’à l’« Exposiciόn internacional del surrealismo. Mexico. 1940 » d’autres furent présentées (Kahlo, Rahon, Varo, ainsi que la Chilienne Graciela Aranis ou les Suissesses Meret Oppenheim et Eva Sulzer) à cette occasion*5. Avec parcimonie, comme une indulgence, par simonie.

Quand bien même, six reines (pour une cinquantaine de contributeurs) ne font manifestement pas un appel des ténors du mouvement. Révélateur entre-soi.

« Autrui joue toujours dans la vie de l’individu le rôle d’un modèle,

d’un objet, d’un associé ou d’un adversaire. »

Sigmund Freud (1856-1939)

Mises en scène, elles jouent en fait les utilités. Ainsi l’apparition lors de l’inauguration d’Isabel Marin en « Grand Sphinx de la nuit » ; femme-objet  papillonnant dans ce pré carré d’invités pour qui, selon le canon dicté par le maître de chapelle, « la beauté sera érotique-voilée, exposante-fixe, magique-circonstancielle ou ne sera pas. » Ambiguë position. Comme d’ajouter un genre à artiste.

      A l’évidence, on ne peut qu’être séduit par le « réalisme magique » de la trop rare Bridget Bate Tichenor (1917-1990). Née à Paris au hasard des pérégrinations de ses parents, elle élit résidence à Mexico en 1953 après s’être partagée entre l’Angleterre, la France et l’Italie, pour y réaliser son ouvrage tout le reste de son âge. Une œuvre où B.B.T nous tend la psyché, la fait pivoter puis disparaître dans l’œil de sorcière… Quand, pour Breton, « la plupart des artistes en sont encore à retourner en tous sens le cadran de la montre sans se faire la moindre idée du ressort caché dans la boîte opaque. »

Paradoxalement sa production restera dans l’ombre la plus obscure, tombant dans un sommeil profond. Breton, prophète, l’ignorant superbement, quand cependant

« La finalité du poète est d’émerveiller.

Je parle de l’achevé et non du malavisé.

Qui ne sait étonner qu’il se fasse étriller »

Le Cavalier Marin

(Gianbattista Marino, dit ; 1569-1625)

Et elles émerveillent, captivent et magnétisent de leur chant étrange et émouvant.

 

Bridget Bate Tichenor

Les surréalistes ou Les spécialistes

Huile sur masonite, 1956

(photo captée sur le net)

Qui réveillera ces belles au bois dormant ?

Sûrement pas ces Messieurs les censeurs !

Fées libres, ces félibres étonnent autant qu’elles détonnent.

 

Remedios Varo

Le troubadour

Huile sur masonite, 1959

(photo captée sur le net)

      A mes yeux pourtant Leonora Carrington, Bridget Tichenor, Remedios Varo notamment, pour rester au Mexique, font bien partie des meilleurs peintres surréalistes du vingtième siècle. J’y ajouterai l’américaine Dorothea Tanning (1910-2012) qui sème le trouble comme personne tout en dénonçant narquoisement « la triste petite procession d’analyseurs qui se traînent jusqu’à l’autel de la libido en chantant leurs cantiques chevrotants. »

 

Dorothea Tanning

La chambre d’amis

(huile sur toile, 1951)

« Les gens déambulent

chuchotent, se regardent

Nul ne sait que faire de la mort, ma sœur

Nul ne sait que faire de ta mort. »

Mόnica Mansour

(poétesse mexicaine née en Argentine en 1946,

extrait de Lumière)

 

Dorothea Tanning

La chambre d’amis (détail)

 « Tout cela que la nuit dessine de sa main obscure :

Le plaisir qui révèle,

Le vice qui dénude. »

« Mais les psychologues voudront comprendre alors qu’il s’agit d’imaginer. »

Collage : Xavier Villaurrutia (1903-1950)

et Gaston Bachelard (1884-1962)

 

      Pour parfaire l’inventaire, levons coin du voile jeté sur Angelina Beloff (1879-1969), peintre et graveuse d’origine russe connue pour avoir été la première épouse de Diego Rivera, ce qui est tout de même très réducteur.

 

Angelina Beloff

Tepoztlán

Aquarelle

(photo captée sur le net)

      Et, bien que liée à l’Art déco dont elle fut l’étoile filante, j’ai une pensée pour Tamara de Lempicka (née Maria Gόrska ; 1898-1980). L’éruptive baronne polonaise passa les deux dernières années de sa vie à Cuernavaca, au-dessous du volcan des passions éteintes. A sa mort elle souhaita que ses cendres soient dispersées au sommet du Popocatepetl…

« On ne peut vivre sans amour »,

Malcolm Lowry (1909-1957)

 

Tamara de Lempicka

Mexican girl, 1948

(photo captée sur le net)

 

Alors, femme, fière, rebelle, je m’enflamme et te porte aux nues pour

« Rien que cette lumière que sèment tes mains

Car tu es l’eau qui rêve

et qui persévère. »

Philippe Soupault (1897-1990)

 

Rebel Rebel… pour être vraies.

Para bailar la Bamba

Se necesita una poca de gracia,

Una poca de gracia y otra cosita.

Traditionnel (typique du son Jarocho)

Pour danser la Bamba

Cela nécessite un peu de grâce,

Un peu de grâce et autre petite chose.

Peut-être ce petit supplément

Qu’on appelle le talent

Grâce et talent ici réunis.

 Tamara de Lempicka

Calla lilies*6, 1931

(photo captée sur le net)

 

      Quant à Georgia O’Keeffe (1887-1986), une autre figure majeure du modernisme, qui vécut au Nouveau-Mexique l’essentiel de sa vie. Elle nous invite à passer outre la frontière et à nous engager, car

« Il faut du courage pour créer un monde dans tout art. »

Aussi à vous toutes je dédie ce billet, quand bien même reste « quelque chose inexplorée sur la femme que seule une femme peut explorer. »

Georgia O’Keeffe

Two calla lilies on pink, 1928

(photo captée sur le net)

Variations sur un même thème. Un thème également cher à Diego Rivera.

Tous les chemins mènent arum. Arum, fleur du désir ardent.

 

      Au fait, si machiste que cela le Mexicain ? Pas si simple… A Juchitán de Zaragoza, la « ville des femmes », en particulier, comme souvent dans l’état d’Oaxaca et l’isthme de Tehuantepec, les femmes administrent la vie économique et domestique tandis que les hommes sont aux champs, quoiqu’ils s’arrogent en général la sphère politique. Matriarcat particulier. Cette communauté de culture zapotèque respecte également les muxes, ces « hommes au cœur de femme ».

Et je ne saurai passer sous silence sœur Juana Inés de la Cruz (1648-1695), poétesse mexicaine et pionnière du féminisme, lorsqu’elle formule ce vœu :

« Pour l’âme, il n’existe ni cachot, ni prison qui la retiennent,

car seuls l’emprisonnent ceux qu’elle s’invente elle-même. »

Il n’en reste néanmoins vrai que le pays est particulièrement violent envers les femmes. Alors quand on est femme et indigène…

       A l’heure où les lointains descendants du conquistador Hernán Cortès et de l’empereur aztèque Moctezuma II se congratulent pour fêter le 500e anniversaire de la colonisation du Mexique et faire table rase du passé. Tous les espoirs peuvent paraître permis ! Fort de cacao tout de même...

Souvenez-vous. Les Mexicas reçurent le présage de s’établir là où ils verraient un aigle sur un cactus s’emparant d’un serpent*7. C’était même un commandement de Huitzilopochtli, dieu de la guerre et du soleil radieux, leur protecteur. L’apparition se réalisa sur une île au milieu du lac Texcoco, et là ils fondirent Tenochtitlán… Lorsque, moins de deux siècles plus tard, le perfide Cortès fondit sur eux ils le virent tel le serpent tout emplumé et le reçurent comme un fils du dieu Quetzalcóatl, avec ses guerriers, ses envoyés descendus des cieux… Les dieux sont tombés sur l’Aztèque.

Clap de fin de la civilisation méso-américaine.

S’ils ne veulent à nouveau tomber dans le lacs, ses petits-enfants devraient se méfier des augures…

Il serait plus avisé, autant pour les Indiens que les femmes, de rester sur le qui-vive.

« Lutter, c’est vivre. »,

Frida Kahlo

 

Michel Lansardière (texte, notes et photos, sauf mention contraire)

 

Retrouvez ici notre première partie « Femmes, fières et Mexicaines ! » consacrée à Frida Kahlo :

 https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/femmes-fi-res-et-mexi...

Et là le second volet de notre triptyque (Maria Izquierdo, Olga Costa, Rosa Rolanda…) :

 https://artsrtlettres.ning.com/profiles/blogs/femmes-fi-res-et-mexi...

 

On vient de retrouver la voix « chaude et mélodieuse » de Frida Kahlo, selon la ministre mexicaine de la culture, Alejandra Frausto.

Si cet enregistrement fait déjà grand bruit dans le landerneau médiatico-culturel, j’ai voulu suivre d’autres voies.

Décidément si

Le secret au bord des lèvres

Semble dépasser un peu,

Emergeant de ses ténèbres

Il goûte à l’air du ciel bleu

Jules Supervielle (1884-1960)*8

D’autres voix demandent à être entendues.

*1 Influences et concordances… Cf. l’exposition On the Wall qui, du 23/11/2018 au 14/02/2019, fut consacrée à Michael Jackson au Grand Palais à Paris, qui a succédé à la National Portrait Gallery de Londres. On pouvait aussi découvrir celle dédiée, au Victoria & Albert Museum (du 16 juin au 4 novembre 2018) aux effets personnels de Frida Kahlo ! On apprenait ainsi que son rouge à lèvre était le « Everything’s Rosy » de Revlon ! Où va se loger le fétichisme tout de même ! Il y a quand même des cultes de la personnalité dont on se passerait bien (et même des coups de pied au culte qui se perdent parfois. A ce propos, une collection de chaussures à son effigie vient d’être lancée ! Quel pied !?).

*2 La Catrina est une figure populaire au Mexique, un squelette de femme imaginé en 1912 par José Guadalupe Posada.

Calavera, crâne crâne, cadavérique créature portant chapeau et affûtiaux pour une danse macabre.

Ce fantôme de squelette

N’a pour toute toilette

Qu’un diadème de vers

Posé tout de travers.

Charles Baudelaire

Cadavre exquis, Ô Catrina bella mariachi-tchi.

Cent sept ans que j’attends ! J’ai honte, mais gironde géronte.

*3 Rina Lazo est décédée ce 1er novembre 2019, pendant El Día de muertos, jour de fête populaire au Mexique qui s’étend en fait du 31 octobre au 2 novembre, ce qui est une forme de politesse que nous lui rendons. Elle habitait avec son compagnon, le peintre et graveur Arturo García Bustos (1926 -2017), la Maison de la Malinche, la maîtresse indienne de Cortès.

*4 Un mépris qui se manifestât aussi par l’organisation de « dîners de cons » où le convive était sacrifié sur l’autel de l’humour. Surréaliste.

*5 Remarquez que d’ordinaire j’illustre mes billets avec mes propres clichés, ce qui n’est pas le cas ici (à l’exception de Rahon et de Tanning, curieusement cette dernière étant pourtant peu légitime pour représenter la peinture mexicaine n’y ayant pas même vécu, mais présente à l’exposition Los Modernos à Lyon). C’est qu’aux grandes rétrospectives de Lille en 2004, de Paris en 2016 ou de Lyon en 2017, les femmes peintres au Mexique étaient somme toute sous-représentées (bien qu’on y ait accroché Izquierdo, Costa, Rolanda : voir mon précédent article). Guère mieux dans les catalogues et livres consultés, alors de guerre lasse j’ai eu recours pour cet article à des photos captées sur le Net. Il fallait bien rendre visibles les invisibles, en toute transparence c’est clair.

*6 Calla lily : arum ou zantedeschia.

*7 Une image toujours présente au centre du drapeau mexicain.

Federico Acosta et Ascanio Pignatelli, respectivement descendants de Moctezuma et de Cortès, se sont rencontrés le 8 novembre 2019 sur les ruines de l’ancienne Tenochtitlán, dans cœur historique de la capitale, le Zόcalo, là où précisément au centre de la place flotte un drapeau géant du pays. « Nous sommes une même famille maintenant », ont-ils déclarés. Une plaque commémorative avait déjà été posée en quasi catimini (vous ne trouverez dans le pays ni rue Cortès ni statue du mégalo) le 26 mars 2109 dans l’église de l’Immaculée Conception de la mégalopole. Baroque.

*8 Le poète, né à Montevideo (Uruguay), était l’ami de l’écrivain et diplomate Alfonso Reyes (1889-1959) alors qu’il était ministre du Mexique à Paris, par ailleurs oncle de la peintre muraliste Aurora Reyes Flores déjà citée dans ce billet. Il avait donc toute sa place dans cette série.

Aurora Reyes Flores

Parral, 1908-Mexico, 1985

Presencia del maestro en la historia de Mexico (mural, 1960/62)

(photo captée sur le net)

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Commentaire de Lansardière Michel le 8 février 2020 à 15:11

"Et puis il y a Frida

Qui est belle comme un soleil"

Mais aussi combien d'autres aujourd'hui oubliées.

Merci david

Commentaire de Lansardière Michel le 8 février 2020 à 15:10

Un témoignage qui me touche beaucoup. C'est un hommage à toutes les femmes artistes que j'ai voulu rendre, celles d'hier ou d'aujourd'hui, au Mexique ou ailleurs.

Merci Chantal,

avec toute mon amitié.

Commentaire de David VIRASSAMY le 2 février 2020 à 18:35

Ces tableaux sur Frida Kahlo, j'adore !

Commentaire de chantal roussel le 1 février 2020 à 15:50

Je salue " le chercheur d'or " pour ce magnifique hommage aux femmes... en or , et aussi le talent du professeur qui partage ses immenses connaissances toujours avec bienveillance et humilité .

Bien à toi

Commentaire de Lansardière Michel le 25 janvier 2020 à 14:34

Merci Lisette, Abdelkader, Claude, Louis de m'avoir rejoint.

Commentaire de Lansardière Michel le 24 janvier 2020 à 15:01

Merci M. Robert Paul pour cette mise en lumière de mon travail.

Commentaire de Andrée HIAR le 9 septembre 2019 à 20:57

Bonsoir Michel,merci pour tes recherches , cela est passionnant et instructif  

Félicitations, c est un beau travail de recherche Amitié

Commentaire de Lansardière Michel le 23 août 2019 à 16:24

Je tiens beaucoup à ce billet, même s'il n'a pas connu grand succès. Je continuerai à l'enrichir et le reproposerai à la rentrée. Merci encore Jacqueline de l'avoir remarqué.

Commentaire de De Ro jacqueline le 22 juillet 2019 à 10:21

Merci Michel, j'en tout saoule. A lire et relire pour te suivre Quel travail par ces chaleurs. Le tableau de Dorothea Tanning "la chambre d'amis"m'interpelle et m'angoisse. Qu'est-ce ce personnage au pied du lit qui enferme sa douleur ? Merci Michel

Commentaire de Lansardière Michel le 21 juillet 2019 à 11:55

Merci à tous ceux qui jusque là m'on soutenu, Rosyline, Jacqueline... Je reproposerai cet article, enrichi, à la rentrée car il me semble que le sujet mérite d'être creusé.

                L'inscription

et la  participation à ce résau

   sont  entièrement grauits.

       Le réseau est modéré

Les rencontres littéraires de Bruxelles

Les rencontres littéraires de Bruxelles reprendront en octobre 2020. J'ai désigné Thierry-Marie Delaunois pour les mener. Il en assurera également les chroniques.
                Robert Paul

Billets culturels de qualité
     BLOGUE DE              DEASHELLE

Quelques valeurs illustrant les splendeurs multiples de la liberté de lire

Focus sur les précieux billets d'Art de François Speranza, attaché critique d'art du réseau Arts et Lettres. Ces billets sont édités à l'initiative de Robert Paul.

ABSTRACTION LYRIQUE - IMAGE PROPHETIQUE : L'ART DE KEO MERLIER-HAIM

DE L’ABSTRACTION DES CORPS : L’ART DE DEJAN ELEZOVIC

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L’IDEE, ARCHITECTURE DE LA FORME : L’ŒUVRE DE BERNARD BOUJOL

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DU CIEL INTERIEUR A LA CHAISE HUMAINE : L’ŒUVRE DE NEGIN DANESHVAR-MALEVERGNE

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COULEURS DE MUSIQUE, MUSIQUE DES COULEURS : L’ART DE HOANG HUY TRUONG

REFLETS D’UNE AME QUI SE CHERCHE : L’ŒUVRE DE MIHAI BARA

LE SIGNE ENTRE PLEINS ET VIDES : L’ŒUVRE DE CHRISTIAN GILL

ENTRE LES SPHERES DE L’INFINI : L’ŒUVRE D’OPHIRA GROSFELD

PAR-DELA BÉATRICE : LE DIALOGUE DE CLAUDIO GIULIANELLI

DE L’ESTHETIQUE DU SUJET : L’ART DE JIRI MASKA

 

 ENTRE REVE ET FEMINITE : L’ŒUVRE DE CHRISTIAN CANDELIER

DE L’ORDINAIRE COMME ESTHETIQUE : L’ŒUVRE DE YVONNE MORELL

QUAND 

SURREALISME ET HUMANISME EXPRIMENT L’ŒUVRE D’ALVARO MEJIAS

UN THEATRE DE COULEURS ET DE FORMES : L’UNIVERS D’EDOUARD BUCHANIEC

CHRISTINE BRY : CAVALCADES AU CŒUR DE L’ACTE CREATEUR

QUAND LE MYTHE S’INCARNE DANS L’ART : L’ŒUVRE D’ODILE BLANCHET

D’UN SURREALISME L’AUTRE : LES FLORILEGES DE MARC BREES

DE LA TRANSPARENCE DE L’AME : L’ŒUVRE DE MARIE-CLAIRE HOUMEAU

VERS UN AUTRE SACRE : L’ŒUVRE DE RODRIGUE VANHOUTTE

traduit en espagnol via le        lien en bas de page

     http://bit.ly/29pxe9q

LE SIGNE ENTRE LA CULTURE ET LE MOI : L’ŒUVRE DE LYSIANE MATISSE

DE LA MATIERE ENTRE LES GOUTTES DE L’ESPACE : L’ŒUVRE DE FRED DEPIENNE

FREDERIQUE LACROIX-DAMAS - DU PALEOLITHIQUE AU CONTEMPORAIN : RETOUR SUR L’ORIGINE DU MONDE

ENTRE SURREALISME ET METAPHYSIQUE : L’ŒUVRE DE GHISLAINE LECHAT

LA FEMME CELEBREE DANS LA FORME : L’ŒUVRE DE CATHERINE FECOURT

LA LIGNE ENTRE COULEURS ET COSMOS : L’ŒUVRE DE VICTOR BARROS 

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DU CORPS ET DU CODE : L’HERITAGE PICTURAL DE LEONARD PERVIZI

JACQUES DONNAY : ITINERAIRES DE LA LUMIERE

MIREILLE PRINTEMPS : DIALOGUE ENTRE L’ESPACE ET LE SUJET

STEPHAN GENTET: VOYAGE ENTRE LE MASQUE ET LE VISAGE

MARC LAFFOLAY : LE BOIS ET LE SACRE

FLORENCE PENET OU LA COULEUR FAUVE DES REVES

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CLARA BERGEL : DE L’EXISTENCE DU SUJET



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ALFONSO DI MASCIO : D’UNE TRANSPARENCE, l’AUTRE

 

LESLIE BERTHET-LAVAL OU LE VERTIGE DE L’ANGE


TINE SWERTS : L’EAU ENTRE L’ABSTRAIT ET LA MATIERE


ELODIE HASLE : EAU EN COULEURS


RACHEL TROST : FLOATING MOMENTS, IMPRESSIONS D’INSTANTS


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CHRISTIAN LEDUC OU LA MUSIQUE D’UNE RENAISSANCE


CHRISTIGUEY : MATIERE ET COULEUR AU SERVICE DE L’EXPRESSION


HENRIETTE FRITZ-THYS : DE LA LUMIERE A LA LUMINESCENCE


LA FORME ENTRE RETENUE ET DEVOILEMENT : L’ART DE JEAN-PAUL BODIN


L’ART DE LINDA COPPENS : LA COULEUR ET LE TRAIT DANS LE DIALOGUE DES SENS


CLAUDE AIEM : OU LA TENTATION DU SIGNIFIE


BOGAERT OU L’ART DE LA MYSTIQUE HUMAINE


MICHEL BERNARD : QUAND L’ART DANSE SUR LES EAUX


PERSONA : DE L’ETAT D’AME AU GRAPHISME. L’ŒUVRE D’ELENA GORBACHEVSKI


ALEXANDRE SEMENOV : LE SYMBOLE REVISITE


VERONICA BARCELLONA : VARIATIONS SUR UNE DEMARCHE EMPIRIQUE


FRANCOISE CLERCX OU LA POESIE D’UN MOMENT


XICA BON DE SOUSA PERNES: DIALOGUE ENTRE DEUX FORMES DU VISIBLE


GILLES JEHLEN : DU TREFONDS DE L’AME A LA BRILLANCE DE L’ACHEVE


JIM AILE - QUAND LA MATIERE INCARNE LE DISCOURS


DIMITRI SINYAVSKY : LA NATURE ENTRE L’AME ET LE TEMPS


FRANÇOISE MARQUET : ENTRE MUSIQUE ET LEGENDE


CLAUDINE CELVA : QUAND LA FOCALE NOIE LE REGARD


LES COULEURS HUMAINES DE MICAELA GIUSEPPONE


MARC JALLARD : DU GROTESQUE A L’ESSENTIEL


JULIANE SCHACK : AU SEUIL DE L’EXPRESSIONNISME MYSTIQUE


ROSELYNE DELORT : ENTRE COULEUR ET SOUVENIR


BETTINA MASSA : ENTRE TEMPS ET CONTRE-TEMPS

XAVI PUENTES: DE LA FACADE A LA SURFACE : VOYAGE ENTRE DEUX MONDES

MARYLISE GRAND’RY: FORMES ET COULEURS POUR LE TEMPS ET L’ESPACE

MARCUS BOISDENGHIEN: ETATS D’AME…AME D’ETATS : EMOTIONS CHROMATIQUES

 

JUSTINE GUERRIAT : DE LA LUMIERE

 

BERNADETTE REGINSTER : DE L’EMOTION A LA VITESSE

 

ANGELA MAGNATTA : L’IMAGE POUR LE COMBAT

 

MANOLO YANES : L’ART PASSEUR DU MYTHE

 

PIERRE-EMMANUEL MEURIS: HOMO LUDENS

 

MICHEL MARINUS: LET THE ALTARS SHINE

 

PATRICK MARIN - LE RATIONNEL DANS L’IRRATIONNEL : ESQUISSES D’UNE IDENTITE

 

CHRISTIAN VEY: LA FEMME EST-ELLE UNE NOTE DE JAZZ?

 

SOUNYA PLANES : ENTRE ERRANCE ET URGENCE

 

JAIME PARRA, PEINTRE DE L’EXISTENCE

Bruxelles ma belle. Et que par Manneken--Pis, Bruxelles demeure!

Menneken-Pis. Tenue de soldat volontaire de Louis-Philippe. Le cuivre de la statuette provient de douilles de balles de la révolution belge de 1830.

(Collection Robert Paul).

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