Si j’écris du monologue, avec la vie autour du cou
Avec des trous dans les poches, et trois billes que j’ai données
Avec des idées à cœur tendre, un bord de mer et ses marées
J’avoue ouvrir toute porte à l’indispensable dialogue
Vous, serez-vous ce qui délivre ?
Si je n’écris à nulle adresse, à croire que c’est pour des tiroirs
Que c’est comme pierre qui roule, pierre qui n’a rien amassé
Pierre enveloppée de papier au fonds d’un puits pour oublier
J’avoue collecter des timbres pour mes lettres à la tendresse
Vous, êtes-vous prêts à faire suivre ?
Si j’écris où je reste un seuil imposé à la solitude
Sans chemin de respiration et quand il faut bien l’accepter
Quand on ne peut que supposer plus vrai ce qui est éloigné
J’avoue créer du paradoxe l’arbre qui n’est plus sur mes feuilles
Vous, restez marque-page aux livres
Si je n’écris que du silence à le forcer à la parole
Qui s’est souvent éparpillée décalée des réalités
Et qu’on se cherche malgré tout pour preuves ambrées ou perlées
J’avoue tirer sur un fil fin, claire voie à la transparence
Vous, soignez-vous ce qui rend libre ?
Si j’écris comme une source depuis son innocent murmure
Comme un bel enfant à l’écart des ondes des rêves brisés
C’est aller à la résurgence de tout temps voyagé
J’avoue préserver des chances à qui manquerait de ressources
Vous, sachez des ponts entre deux rives
Si je n’écris que du par cœur de ces leçons universelles
Qui nous font tracer des cercles comme loi autour d’un foyer
Mais qui me font aussi plaindre le sort des êtres égarés
J’avoue ne savoir où rejoindre un jardin d’absolu bonheur
Vous, êtes-vous là quoiqu’il arrive ?
Si j’écris jusqu’à l’impossible envergure de nos deux bras
Qui nous pousserait des ailes, qui nous ferait tout échanger
Sortir nos photos des cadres par des regards démesurés
J’avoue que j’en suis presque les grands sentiments invincibles
Vous, restez-vous leurs âmes vives ?
Si j’écris jusqu’à l’éclaircie le rideau déchiré d’un ciel
C’est que je n’ai nulle réponse forcée à tout imaginer
Ailleurs que devant ma porte la bienvenue à l’entrée
J’avoue ô combien d’ellipses vers vous je prends des raccourcis
© Gil DEF - 25.05.2010
Commentaires
Bonjour Chris
Tu as raison ... La position du prêcheur a besoin d'équilibre entre l'affirmation et le questionnement, entre ce qu'on sait et ce qu'on ne sait pas ...
Bonne journée. Amitiés. Gil
Bonjour Marie-Ange
Il y a de douces choses dont une personne honnête ne peut dire qu'elle n'aime pas qu'on lui répète ...
Bonne journée. Amitiés. Gil
Bonsoir Gil, générosité, soif de vie, d'échange, de partage, un appel au source de l'humanité .
J'aime votre style Gil, mais je pense que vous le savez déjà
Bon week-end à vous et à bientôt
Marie-Ange
Bonjour Chris
Nombre de personnes évoquent le coeur ou l'âme pour sièges de la poésie, mais mon intuition première de la poésie comme une respiration faite de mots et de silences, comme de mode comparable à la musique, s'est enrichie de ce que certains poètes ont dit ou écrit. Si l'on considère un lien fort entre vie et poésie, il devient évident qu'il faut parler de souffle, du premier exprimé d'un cri, au dernier effacé sur un miroir.
Le côté incantatoire que tu ressens me semble sans doute venir de mes constantes déclarations d'amour à la vie, et de mes aspirations à un monde de paix. J'aimerais me soigner du côté prêcheur, mais je ne désespère pas d'y arriver.
Pour les tournures de phrases, il me semble que les poètes ont installé depuis longtemps l'idée d'innombrables possibilités de bousculades du langage académique, et j'en utilise un certain nombre à force d'exercices en langue française ou étrangère comme un musicien sur son instrument. Tout poème est passé au crible de la lecture à voix haute, et de la respiration des mots et des silences.
Le côté généreux? C'est la poésie qui l'a parce qu'elle m'a beaucoup apporté, à aimer davantage encore la vie.
Bonne journée. Amitiés. Gil
Bonjour Nada
Tu me donnes là un commentaire majuscule qui me touche d'autant plus que tu as cette fibre de la poésie, utile, indispensable à ce monde qui se cherche ...
Bonne journée. Amitiés. Gil
Bonjour Nicole
Quel compliment !
S'il existe de multiples façons d'écrire la poésie, il en est une qui s'impose souvent à moi. Le poème se déclenche avec des messages qui me viennent et je ne fais que les révéler, c'est aussi comme une composition musicale qui plante, expose son thème principal. La suite est une sorte de promenade où je ne suis pas seul. J'ai l'impression d'avoir de la compagnie et de faire de mutiples rencontres qui me forcent à la réflexion et à des variations, d'autres expositions du thème de départ. Parfois c'est facile, et parfois non. J'aime ne rien forcer et certains poèmes mettent des mois pour arriver à leur fin.
Ce qui me touche, c'est que tu me laisses à penser que mes textes pourraient redonner humanité et richesse aux lecteurs... Je dis redonner et non donner parce qu'il me semble que chaque personne est un être inespéré mais n'a pas toujours tous les moyens de s'évaluer justement, se surestimant parfois à faire la morale aux autres, ou se sousestimant au point de sombrer dans un mal être, ou pire se crachant dessus dans cette désespérance vis à vis de l'espèce humaine ... Tout cela est difficile quand il faut allier dans sa vie à la fois humilité et fierté, mais c'est pour moi un riche travail que j'offre à la critique et au débat ...
Bonne journée. Amitiés. Gil
Bonjour Chris
J'apprécie tes compliments ... Pour te taquiner, j'aimerais bien savoir ce qu'est mon style particulier ...
Bonne journée. Amitiés. Gil
Bonjour
Je remercie les 6 personnes : Nicole Duvivier, Soba, Pollet Chris, Abdelkader Khalef, Jiembé et Robert Paul qui ont accordé à ce texte "un coup de cœur"
Bonne journée. Amitiés. Gil
Ta sensibilité m’émeut . Tes états d’âme si bien exprimés avec cœur et finesse Merci Gil pour ce joli poème!
Bonjour Gil,
Merci de ce beau partage ! Beau cliché !
J' apprécie votre façon de faire chanter les mots, leur " assemblage " qui remue les sentiments, propose des images, il me semble m' éveiller à quelque chose de plus humain... dès les premiers vers et m' en sentir plus riche, la dernière ligne lue ...
Belle journée à vous ! Amitiés, Nicole