Arts et Lettres

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 Ecrire et survivre sur un même fil? "Un écrivain est quelqu'un qui a pris une décision: je vais m'en sortir", parole d'un bel auteur français défenseur d'une littérature pour tous, né en 1975, n'éludant ni ses périodes sombres ni ses joies, intégrant les unes et les autres à sa création. La littérature: invitation à l'action, l'écrivain imaginant des ruses et des chemins inédits. Que dire ou que faire des angoisses d'auteur?

  Faisant partie du décor, du paysage, celles-ci sont aussi naturelles que la pluie ou le soleil; tentons de vivre avec, l'acceptation de leur réalité est une libération: on s'épuise alors moins à combattre. Contemplons nos affres et angoisses avec lucidité et, si elles fondent soudain sur l'être, peu importe puisque étonnamment ça passe! Belle évaporation progressive, la délivrance proche, mais il y a malheureusement les lois, les règles, cette parfois foutue éthique qui nous emprisonne, voire nous réduit. S'affirmer malgré tout à sa manière? Désobéir?

  La société ressemble à l'école, déclare ce même auteur, il a bien raison: des lois régissent les comportements, les attitudes; il y a aussi des règles non dites mais implicites de cours de récréation. Si on désobéit, on en paie le prix, et la note est parfois bien salée lorsqu'on transgresse les règles non écrites. Que faire? Optons pour les actes minuscules, les résistances sans éclat qu'elles soient éthiques ou esthétiques, cette désobéissance passant avant tout par le quotidien et par...l'imagination! Possible?

  Elle, l'imagination, est une force qui nous donne le pouvoir de nous transformer et de transformer la société, du moins notre rapport à la société. L'Homme? Une création continuellement en création de lui-même! Les tenants du réalisme dans bien des domaines essaient de nous soumettre? Refuser ce qui est proposé n'est pas un arrêt de mort, c'est au contraire une manière d'agrandir l'espace. Dilatation en perspective mais...l'inadaptation alors?

  Tu as des affinités avec des gens qui ne se sentent jamais à leur place, faisant partie d'une minorité souvent rejetée? Blessés, malades, bizarres pour d'autres? Les armes de l'esprit: rien de tel! L'arme des gens soi-disant plus faibles: leur cerveau! Créons des stratégies et des tactiques, des manières de vivre, d'échapper aux coups, de disparaître aussi. Le double enjeu? Ne pas renoncer à notre inadaptation et ne pas trop en souffrir. La survie? Par et dans la ruse! Il y a de la richesse dans l'inadaptation et ne négligeons pas une éventuelle éducation à la maladresse et à la phobie sociale pour certains. C'est-à-dire? Laissons travailler les méninges à ce sujet mais...oui, et la liberté?

  L'Homme est plein de déterminisme(s), préjugés, myopies qui sont prises pour des vérités; la liberté passe par la rencontre avec l'autre, nos mais et nos amours nous ouvrant les yeux, les deux, mettant en perspective nos évidences. Les êtres aimés nous permettent de ne pas rester fixés à nous-mêmes, ayant vécu d'autres choses, habités par d'autres goûts, nous poussant à considérer leurs choix avec bienveillance et curiosité. Être libre suppose donc avoir la capacité de perdre des choses que l'on pensait être à soi? Tentons l'art du scalpel sur nous-mêmes mais pas à la manière d'un boucher.

  Ecrire, un métier, et de solitaire? Certains ont des difficultés à associer l'écriture à un métier. Pourtant l'auteur travaille, tous les jours, l'exaltation et l'épuisement allant souvent de pair. Le sacré? Il se cache dans le profane, pas dans l'idéalisation et le fantasme. Parler de métier, d'argent, d'emploi du temps a son importance et c'est une manière non pas de désacraliser mais de dire que le sacré est possible pour tout le monde et tout le temps; quant à l'aspect de solitude, prenons conscience qu'elle nous donne un coeur de marathonien. De force de dévastation dans un premier temps, elle peut devenir carte secrète qui permet des rencontres, les solitaires se reconnaissant, formant un club éparpillé mais un club.

  Des jours magiques? Lorsqu'on découvre qu'on s'éduque soi-même en transmettant aux autres, joli courant qui circule, sans négliger l'importance de la générosité, de la délicatesse et de l'élégance. En yiddish, il y a ce mot très juste: mensch.

  Rien compris à ce long discours? Probablement une question de QI, de psychologie et d'intuition...si à la seconde lecture la lumière ne se fait pas. Fragilis lux...sed lux! 

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Commentaire de Quivron Rolande le 9 juillet 2014 à 17:09

La Société ressemble à l'école ! C'est souvent la réflexion qui me venait à l'esprit lorsque je surveillais une cour de récréation.

Encore maintenant, j'ai parfois la très nette sensation de me retrouver devant une vaste cour de récréation tant le comportement de nos semblables est pareil à ceux des enfants !!! Disputes, rapports de force, rejets du plus faible, du nouveau,  manifestations de tendresse fort heureusement, de partage, d'accueil . Je ne peux tout citer. Pardonnez-moi d'en passer et des meilleures. 

Parfois aussi d'être la spectatrice d'un théâtre de marionnettes dont on ne sait plus très bien qui tire les ficelles.

Commentaire de Delaunois Thierry-Marie le 8 juillet 2014 à 22:07

Merci, Suzanne! Au départ, ma publication, son brouillon, faisait cinq pages, donc trop long selon moi pour être lu par un esprit reposé. Il m'a donc fallu court-circuiter...quelque peu! Veuillez m'en excuser! 

Commentaire de Suzanne Walther-Siksou le 8 juillet 2014 à 20:25

Ce long discours énonce de nombreuses affirmations qui retiennent l'attention mais qui forment un tout

un peu déroutant.Le passage d'une idée à une autre me semble trop rapide.

Je pense, comme vous, que l'échange est enrichissant.

Cordialement.

  Suzanne W-S

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