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Benneville Lloyd Singley (1864-1938). Suivez son regard !

En route pour le Colorado !

Burro train - Gold from Virginius mine near Ouray, Col. , U.S.A. (1898)

C'est qu'il apprenait vite le bougre !

Etudiant en Pennsylvanie de 1886 à 1889, B. L. Singley comprit très vite l'impact éducatif et commercial que pouvaient avoir les vues stéréoscopiques.

Son professeur, James M. Davis*, lui montra alors des photos stéréos, notamment de B. W. Kilburn (voir mon billet : "Benjamin West Kilburn : l'oeil révolver.") et le déclic se fit.

En 1892, il photographie les crues qui inondèrent Meadville (Pennsylvanie) et fonde la Keystone View Company* pour vendre sa production.

En 1898, il fabrique et distribue des stéréoscopes pour les visionner, ainsi que des lanternes magiques et leurs plaques de projection.

Et en 1905 la firme devenait le numéro 1 mondial du secteur, détrônant la B. W. Kilburn Co., l'élève dépassant le maître.

Hi-han...

1936, il se retire des affaires et décède le 15 novembre 1938.

Mais ce qui nous intéresse ici c'est la qualité de ses images, le pouvoir qu'elles exercent encore sur nous, leur valeur patrimoniale et artistique.

Car, si Singley fut peut-être un suiveur, il ne manquait pas de talent.

Pour cela nous lui emboîterons le pas, pas qu'il avait lui-même mis dans ceux de Kilburn et Davis.

Ses premiers grands pas, du Colorado...

Chargé comme une mule.

To the gold mines - Burro supply train, Colorado, U.S.A. (1897)

Jusqu'aux tréfonds des veines.

In the "Bobtail" mine, Black Hawk Canyon, Col. , U.S.A. (1898)

Sortie de burros.

Burro train with ore from the gold mines, Col., US.A. (1898)

... jusqu'en Alaska.

En passant par l'Oregon, pour une vue plongeante qui exploite au maximum l'effet tridimensionnel de la stéréoscopie...

Vertigineux !

Fluming lumber from the mountains in Oregon, U. S. A. (1898)

... ou le Klondike, Canada (c'est notre dada, on ne se refait pas !), en suivant le fleuve Yukon.

Clair de lune sur le Yukon (qui vaut bien celui de Maubeuge).

Going up the Yukon river by moonlight to Dawson City, Alaska (1898).

A pied, burro (âne) ou bronco, en traîneau, en radeau ou en bateau à voile...

1400 miles à l'intérieur de l'Alaska.

Prospectors starting for Home, 1400 miles in the interior of Alaska (1899).

... avec la mort qui rode.

La morgue, après l'avalanche, 3 avril 1898.

The morgue, after the snowslide, Aprl 3rd, 1898, Sheep Camp, Alaska.

Et vous admettrez qu'il fallait le suivre, le gaillard ! sur ces pentes escarpées en compagnie des 'stampeders', ces pionniers partis à la conquête d'un hypothétique nouvel Eldorado.

Mais, point de vue photo, c'est banco !

A suivre...

Michel Lansardière (texte et photos ; doc. coll. L. M.).

* James M. Davis était associé avec Kilburn dans les années 1880. Il fit breveter une lunette stéréoscopique, la Saturn Scope, en 1883. Un modèle populaire, un sorte de face-à-main portant sur une réglette la photo à observer. Modèle pourtant déjà présenté sous une forme très similaire par Oliver Wendell Holmes en 1859. Curieusement cet appareil fut surnommé en France le "Mexicain".

Stéréoscope et photo stéréoscopique (Prospectors burning down a hole, North Artic Circle, Alaska. 1898).

* La Keystone, qui deviendra une filiale de la New York Motion Pictures et qui produisit les premiers courts métrages de Charlot en 1914-1915. Voir mes articles consacrés à Chaplin avec de nombreuses photos de Singley et de Kilburn, entre autres, qui lui inspirèrent "La rue vers l'or". Et la bobine continue de défiler.

M. L.

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Commentaire de Lansardière Michel le 9 mai 2015 à 17:57

C'est gentil Françoise et encourageant.

Commentaire de Françoise BUISSON le 9 mai 2015 à 16:26

Je viens de découvrir vos deux billets. Et j'attends avec impatience la suite.  Merci Michel

Commentaire de Lansardière Michel le 6 mai 2015 à 19:10

Merci Sonia pour ton appréciation.

Je vais penser à donner la suite de ce billet qui sera davantage axée sur la stéréoscopie que sur Singley.

Commentaire de Lansardière Michel le 3 mai 2015 à 19:41

Merci Antonia pour la visite.

Commentaire de Antonia ILIESCU le 23 avril 2015 à 21:41

Intéressant ce reportage, bien documenté, avec ces photos émouvantes d'un monde révolu. Ces pionniers peuvent nous servir d'exemple. Merci Michel.

Commentaire de Lansardière Michel le 22 avril 2015 à 18:07

Merci Pascale pour la visite et l'appréciation.

Commentaire de Lansardière Michel le 19 avril 2015 à 18:20

Alicia, Françoise,Liliane vos appréciations sont autant d'encouragements pour lesquels je vous remercie chaleureusement.

Commentaire de Lansardière Michel le 19 avril 2015 à 18:06

Oui, bien sûr, on faisait peu de cas de la cause animale. En Californie, on organisait des combats entre un ours et un taureau. Sur la paste du White Pass, pour atteindre les champs d'or du Klondike, des centaines de chevaux on péris... Mais les photographes en général ménageait leurs montures. J'en connait même un, Truman Ward Ingersoll (je lui consacrerai un billet l'un de ces jours), qui a tiré le portrait de sa mule, l'appelant affectueusement she plutôt que it, et qui s'auto-portraitura avec son chien.

Quant aux hommes, c'étaient des aventuriers, de toutes origines et motivations, soif de l'or, pure avidité ou seule issue pour sortir de sa misérable condition. Et on croisa des Jack London, Mark Twain, Robert Service, Asahel Curtiss...

Merci Gilbert de ton commentaire.

Commentaire de Gilbert Czuly-Msczanowski le 18 avril 2015 à 11:51

Bonjour Michel,
Ton travail de recherche est toujours aussi instructif qu'inattendu. Mais ces photographies comme toutes les photographies de la souffrance humaine, et animale ici, ternissent la bonne humeur et ramènent à un passé douloureux et à la grisaille des mauvais jours Toutes ces fièvres que les hommes ont éprouvé étaient-elles vraiment utiles ? N'étaient-elles pas les moteurs de leur ambition démesurée, de leur soif de richesse ?
Cordialement,
gilbert

Commentaire de Lansardière Michel le 18 avril 2015 à 11:26

Merci Lili pour ce conseil avisé (mais je ne suis pas toujours très doué pour insérer un lien, je réessaierai, mais ai déjà modifié le billet et ne veux pas trop embêter les modérateurs chargés de l'approbation des articles).

Amitiés,

Michel

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