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Barbara Flamand (in Le Testament des Poètes de Robert Paul - 1999)

Flamand la flamboyante

Barbara Y. Flamand est née à Marchienne-au-Pont, à une époque où les industries minières et sidérurgiques donnaient encore à la région ce caractère qui la fit appeler "Le Pays Noir". Les matins qui se lèvent sur les foules d'ouvriers se rendant au travail, les quartiers qui s'animent autour des maisons du peuple et des ducasses... Vie communautaire avec pour centre l'usine, et pour rayonnement la commune. Vie sociale et politique qui connut tous les ressacs et affrontements entre la classe ouvrière et le patronat.

La turbulence populaire devait imprégner l'enfant des corons que fut Barbara Y. Flamand.
Regarder c'est bien, mieux encore est de comprendre le mécanisme économique qui actionne toutes les composantes sociales, et de l'analyser sous l'angle de la réflexion critique. Théâtre, nouvelles, poèmes, essais, s'inscriront dans une remise en question fondamentale de notre monde. En témoigne son dernier essai, "L'autre sacré", d'abord traduit en tchèque et publié à Prague, ensuite dans sa langue originale par EPO, Bruxelles.

Son théâtre (dont peu de pièces furent jouées) offre un panorama du monde contemporain
et de ses conflits dans lesquels le destin individuel se fond dans le destin commun. Grave sans manquer d'humour, il ne se propose rien d'autre, en fin de compte, que de nous rappeler que la transformation du monde est notre affaire, et qu'il est urgent que la vie prenne un sens à travers cette oeuvre collective.

Toutefois, si la vision sociale est prégnante dans son oeuvre, elle s'élargit toujours -et quel que soit le genre- à une dimension poétique. L'homme n'est pas seulement un être social, il est aussi un être cosmique, animé d'un souffle qui le relie au Tout. Aussi, dans ces poèmes politiques qui prennent souvent une forme épico-lyrique, les souffrances, les luttes, les défaites ou victoires des démunis ne sont pas vues seulement sur le terrain où se passent les événements, mais dans le cadre des éléments naturels, des plus inaccessibles aux plus familiers, et ils portent dans leur retentissement un écho des souffrances et espoirs universels. C'est particulièrement vrai pour "La longue mémoire" (sur l'Amazonie et l'Indien) et "La colombe poignardée" (la chute de l'Unité Populaire sous Allende).

La condition humaine ne s'accomplit pas seulement dans une trajectoire historique.
Barbara Y. Flamand fait la part du vécu, à la fois avec lucidité et romantisme.

Solitude et amertume sont ressaisis dans la tendresse. L'Eros est présent, avec violence, parfois, et provocation ("Sex subvertion"). L'amour prend toutes les formes et, notamment, celle de la fraternité. De ce tempérament mobile, naît une diversité que soutient une revendication véhémente à la justice et au bonheur.

Cette mobilité se retrouve dans ses nouvelles. "Les métamorphoses insolites", traduites en tchèque et publiées à Prague, ont toutes un moteur poétique qui est merveilleux. Pas un
merveilleux anodin, celui-ci est traversé par un souci existentiel et, quand il n'est pas prétexte à la critique de notre monde, c'est du quotidien même qu'il se dégage. "Les vertiges de l'innocence", anti-conventionnelles, licencieuses et faisant surgir l'étrange de l'érotisme, ont également été traduites en tchèque et publiées à Prague. Bon nombre de nouvelles, d'ailleurs, libèrent le fantastique dans le vécu, dérivant tantôt vers l'humour, tantôt vers la satire, formes dont elle use dans son théâtre, comme dans ce dernier recueil de poèmes, paru en tchèque et ensuite en français "Les confessions de l'Ogre planétaire".


Barbara Flamand: bibliographie (jusque 1999)

POEMES

...écrasés sous pneus de jaguar, P. J. Oswald, Honfleur, 1968.

Notre mal est si profond, Henri Fagne, Bruxelles, 1971,

Les poings sur les ... i, Henri Fagne, Bruxelles, 1973

argile et de bulle, Arcam, Paris, 1976

Sous le regard des statues, Arcam, Paris, 1979

La part de l'ombre, Arcam, Paris, 1981

La colombe poignardée, PAC, Bruxelles, 1986

Le coeur fertile, L'Arbre à Paroles, Amay, 1986

La longue mémoire, suivi de Arthur ou l'amoureux séditieux, L'Arbre à Paroles, Amay,
1992

La vie dans tous ses états, L'Arbre à Paroles, Amay, 1995

Les confessions de l'Ogre planétaire, EPO, Bruxelles et Onyx, Prague, 1999

Les mauvais esprits et Le crocodile vert, Ed. Onyx, Prague, 2001

Nouvelles, contes, récits:

La 5.381ème offre, GAE, Bruxelles, 1982.

Lisa ou la terre promise, GAE, Bruxelles, 1983.

Chéri, Magie Rouge, 1993.

L'autre vie, suivi de L'hymen enchanté, Chouette Province, Service du Livre
Luxembourgeois, Marche-en-Famenne, 1999.

Essais:

La dissolution du moi, La Dryade, Virton, 1987

L'autre sacré, EPO, Bruxelles/Onyx, Prague, 1998


Publications étrangères:

Poèmes:

Les témoins de l'apocalypse (titre français: Sous le regard des statues, traduction tchèque,
Onyx, Prague, 1997

La confession de l'Ogre planétaire, traduction tchèque, Future/Onyx, Prague, 1998

Ce recueil a été retenu dans la sélection des livres de l'année 1998 parue dans Umeni a
kritika (Art et critique).

D'argile et de bulle, traduction tchèque, Onyx, Prague, sortie prévue pour mars 2000.

Nouvelles, contes, récits:

Les métamorphoses insolites, traduction tchèque, Onyx, Prague, 1994

Les vertiges de l'innocence, traduction tchèque, Onyx, Prague, 1998

Essai:

L'autre sacré, traduction tchèque, OREGO, Prague, 1997

Théâtre:

Le rescapé, pièce jouée au festival du théâtre d'Ithaque en 1976.

Le poubellier, en lecture spectacle à l'Atelier Ste Anne en 1978.
Epsilon, diffusion à la RTBF en 1978.

Un chien pour Betty, diffusion dans le répertoire de Lucien Attoun, France Culture, 1979.

La fiancée, Théâtre du Méridien en 1984.

Sacristi Stumac, lecture spectacle à la Bibliothèque provinciale de Liège, 1986, traduite en
tchèque.

Autres pièces:

L'homme en marge

La révolte des croisés

Viva cristo guérillero ou le onzième commandement

La citoyenne Nele ou le nouveau féminin

Vies parallèles

La locataire du Gadou

La dérisoire épopée de Jo

De quoi est-il question?

Ferme tes jolis yeux

Un témoin

Le Maître

Publication de poèmes, de nouvelles, d'articles dans diverses revues d'expression
française:

"Marginales" (Direction A. Aygueparse), "La Revue Générale", "La Dryade",
"Caractères", "Phantomas", "Hara Kiri", "Phréatique", "Ecritures", "Magie Rouge", "Les
cahiers du Midi", "Hainaut Tourisme", "L'Arche d'Ouvèze", "L'arme de l'écriture", XYZ
(Québec)...

Dans les revues et journaux tchèques:

"Svetona Literatura" (littérature mondiale), "Nache Rodina" (Notre famille), "Halo
Noviny" (Allo journal), "Levicové Noniny" (Nouvelles de demain) "Obrys" (Esquisse).

Deux articles de fond, parus dans SABAM Magazine:

"La poésie a-t-elle un avenir? (N° de juin, juillet, août 1996) et
"L'écriture au futur" (N° de janvier, février, mars 1998), sont très révélateurs de l'optique
de Barbara Y. Flamand sur la littérature: son essence, sa nécessité, sa fonction; sur le rôle
et la responsabilité de l'écrivain.

B. Y. Flamand collabore régulièrement au journal littéraire "La Cigogne".

                                                                       

N.-B.: à suivre

Robert Paul

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Commentaire de Barbara Y. Flamand le 8 juin 2014 à 23:36

Sauce globiche, en effet. Textes et musiques insignifiants. Irène Deneuville entretient la mémoire d'Andrée. Elle a donné un récital de ses poèmes qu'elle avait mis en musique, il y a quelques mois au Cabaret aux Chansons. Ce même récital sera repris en septembre aux Riches Claires (je crois que c'est aux  Riches Claires) 

Amitiés.
Barbara


Fondateur réseau
Commentaire de Robert Paul le 8 juin 2014 à 1:24

Oui, Andrée Sodenkamp était une très très grande dame qui savait de quoi elle parlait. Qu'une immense majorité de belges l'ignore, cela me révulse. Irène Deneuville lui a rendu un émouvant hommage en interprétant à merveille quelques beaux poèmes d'elle. Qu'il y ait encore quelques veilleurs de cette ampleur sauve la mise face à ceux qui beuglent de plaisir à l'écoute de chants et de textes formatés à la sauce globiche.

Commentaire de Barbara Y. Flamand le 8 juin 2014 à 1:04

Merci pour cette nouvelle surprise. J'ai relu  le commentaire d'Andrée Sodenkamp.  Que cette grande poétesse fasse un si bel éloge de "D'argile et de bulle" m'a rendue un peu fière, je l'avoue Le titre n'est pas très heureux, j'en conviens. Je l'ai d'ailleurs regretté.

Amicalement.
Barbara


Fondateur réseau
Commentaire de Robert Paul le 6 juin 2014 à 11:54

Barbara Y. Flamand, D'argile et de bulle, Poèmes,
Ed. Le miroir poétique, Paris, 1976.   (Copie d'écran du Testament des Poètes de Robert Paul - 1999)


Fondateur réseau
Commentaire de Robert Paul le 6 juin 2014 à 11:49

Barbara Y. Flamand, D'argile et de bulle, Poèmes,
Ed. Le miroir poétique, Paris, 1976. 


Une lecture d'Andrée Sodenkamp:

 

Ce livre est une clameur criée à plein gosier. Je n'en aime pas le titre, si je me brûle aux pages.

 

Barbara Y. Flamand a peu de souci de "faire de la poésie"; mais, marquée par le pouvoir mystérieux du poète, elle en fait tout le temps, comme elle respire. Ce sont des impressions étranges, des assemblages de mots en coups d'éclair, en coups de fouet.

 

Ai-je le droit de me taire parce que je recule, ahurie, devant le langage de son érotisme où les mots crus et précis atteignent pourtant au lyrisme, comme c'est le cas dans "Sex-Subversion"?

 

 

-Mais "Sex-subversion" n'est pas un poème érotique, dit Barbara Flamand. Il donne une vision différente de la virilité qui n'est plus réduite à un instrument de plaisir, non plus à un instrument de domination; la virilité est élargie à tout un comportement, une manière de vivre, plus particulièrement au combat révolutionnaire. La femme échappe également au cliché qui la veut sangsue, mante religieuse. Dans le poème, c'est elle qui pousse son amant à faire la révolution: "Va! Tu n'es pas à moi...".

 

Fausse pudeur que la mienne, peut-être. Barbara ose. Et c'est bien d'amour qu'il s'agit. Pas l'amour que les femmes de ma génération ont connu, les yeux fermés, emprisonnées dans une volupté aveuglante, mais un amour lié au combat, à la lutte politique. "Va! Tu n'es pas à moi". Le mythe de la mante religieuse s'effondre.

 

L'amour, chez elle, ne se limite pas au couple, il prend fraternité; c'est le thème du poème adressé à "ceux et celles qui se reconnaîtront" dont j'extrais:

 

 

"Je caresse les pétales vivants de vos doigts

 

Et sur l'amitié rosissant vos paumes,

 

Je pose mes lèvres."

 

 

Car dans ce langage violent, la tendresse, souvent, s'ouvre comme une blessure:

 

 

"Quelle brebis au gazon de mon enfance ai-je blessée?" et encore

 

 

"Quand viendra mon amour, me verrai dans son visage:

 

 

Montre-moi ce qu'aucun miroir jamais n'a révélé!

 

 

Ce que j'ai de plus fol, de plus pur, de plus sauvage.

 

 

Fais sortir de mon sein la colombe et l'épervier!"

 

 

Dans le quotidien s'insinue l'insolite, surgit la question qui la laisse à "la seule stupeur d'EXISTER" (l'ordinaire), ou encore le visage de la mort:

 

 

"Une seconde... Il vient de fracturer le Réel.

 

Nous interrogeant son masque.

 

Lui, sait-il

 

Que le temps se mesure à l'enlèvement du sang?"

 

 

Et l'amour? Qu'est-ce que l'amour?

 

 

"Une erreur de vocabulaire

 

 

Ou en nous un loup affamé

 

 

Que torture l'hiver?"

 

 

Dans le poème "Avant, après", on touche à l'épouvante:

 

 

"Alors il n'entendit plus que la plainte incessante de la terre, cette fastueuse matière qu'il avait dégradée. Il n'entendit plus que la voix de sa conscience traversant le passé et il ne put davantage se supporter vivant."

 

 

Comment vivre sans terreur sur une terre piégée? Comment ai-je pu passer mon temps dans un romantisme heureux? Elle a préféré la lucidité et, recueil après recueil, elle ne cesse d'appeler à la clairvoyance. A vous de suivre la courbe de ce magnifique poème qu'est "Avant-après". Les images y prennent feu, les lignes s'étirent comme des psaumes ou bien courent en vers étroits, rapides, blessants comme des armes.

 

 

Sur la rose ("La courbe ultime"), je croyais que tout avait été dit. Je la retrouve, toute neuve dans cette strophe:

 

 

"Une rose s'ouvre, je la respire,

 

 

Nous avons en commun la terre."

 

 

Et encore:

 

 

"Demain je ramasserai les pétales des roses battues."

 

 

Pourquoi la critique est-elle restée jusqu'à présent muette devant la poésie de Barbara Y. Flamand? Cette femme singulière dont l'intelligence crie autant que la chair, et qui semble connaître une jouissance physique à penser? Il est curieux que ce soit moi qui loue cette guerrière, malgré mes vieilles pudeurs et mes sérénités prudentes.

 

 

J'attends d'autres voix pour parler de ce livre.

 

 

Andrée Sodenkamp.

Commentaire de Barbara Y. Flamand le 25 mai 2014 à 1:35

A propos de "Les poings sur les i"

En choisissant des extraits de ce recueil, tu donnes un autre aspect de ma poésie. Un autre mais participant d'une même vision de la condition humaine, abordée tantôt dans un poème intime (solitude, amour, désespoir, mort...), tantôt philosophique ou encore historique, thèmes universels.

L'avant-propos est assez significatif et je n'y reviens que pour apporter quelques précisons. En citant les barricades,  j'aurais pu rappeler les poètes de la Commune (1871), occultés, à part Jean-Baptiste Clément et Eugène Potier, et à propos du maquis, les poètes de la résistance.

Evidemment, il n'est pas possible d'ignorer Aragon, Eluard, Desnos, non plus notre Achille Chavée ,  proche des surréalistes sans l'être vraiment, et qui, lui, s'engagea physiquement en combattant dans les Brigades Internationales pour défendre l'Espagne républicaine (1936-1939)

Ce qui donne une envergure à ces poètes, outre  leur  particulière faculté d'expression, c'est qu'ils se sentent impliqués dans la marche du monde. Et le  je deviens le tu, le nous.

Bien à toi cher ami.

Barbara. 

Je remercie Marcelle Pâques, en espérant que le nouveau volet du testament me concernant retiendra  également son attention.

Cordialement.
Barbara 


Fondateur réseau
Commentaire de Robert Paul le 24 mai 2014 à 12:18

Barbara Y. Flamand, Les poings sur les ...i, Poèmes,
Ed. Henry Fagne, Bruxelles, 1973. (Copie d'écran du Testament des Poètes de Robert Paul - 1999)


Fondateur réseau
Commentaire de Robert Paul le 24 mai 2014 à 12:10

Barbara Y. Flamand, Les poings sur les ...i, Poèmes,
Ed. Henry Fagne, Bruxelles, 1973.

Avant-Propos de l'auteur

Puisque le phénomène poétique s'associe à la transfiguration et à la transcendance, indépendamment de l'objet qui l'a provoqué, et qu'ainsi il fait feu de tout bois, je m'étonne qu'aujourd'hui encore, époque de toutes les permissions littéraires, certains dénient toujours à l'événement politique et social, le pouvoir de déclencher l'imagination poétique,
et à celle-ci, la ressource d'apprivoiser le langage pour soulever l'événement de son cadre historique et lui donner un écho lyrique où se reconnaît l'éternel combat humain.

Qu'est-il reproché au poème politique? De faire fi des constantes humaines. C'est ainsi que ses détracteurs proclament: "Oui à l'engagement dans la vie! Non à l'engagement politique!", la politique étant présentée comme l'excroissance malade de l'arbre. Or la politique n'est ni en dehors, ni en deçà, ni au-dessus de la vie, elle est au coeur de ses manifestations les plus quotidiennes. "L'engagement de la vie" - si nos détracteurs étaient
logiques- devrait normalement se dessiner à partir d'une conscience globale où les conditions historique et singulière se chevauchent, se mêlent, se complètent pour finalement constituer la condition humaine réelle, concrète. Dépouiller l'homme de sa pelure historique ne revient pas à rendre l'homme naturel, c'est tout simplement inventer
un type d'homme qui n'existe pas.

Le poème politique est donc mal aimé en vertu d'une certaine idée d'une certaine vie. En outre, l'Occidental ne se sent pas parcellaire d'un destin commun: son individualisme a de profondes racines, et en dehors des pointes insurrectionnelles où une âme collective prend naissance sur les barricades ou dans les maquis, et lance sa fronde dans les chansons, il préfère le poème qui le renvoie à son destin d'homme seul. La fin inéluctable provoque
une révolte impuissante qui annihile toute nécessité et volonté de changement, et de lutte. Dès lors, le destin collectif n'a plus de représentation que dans la mort, c'est à ce stade ultime que l'individu le rejoint, que le "Je" et le "tu" s'intègrent enfin dans le tout.

Le propre du poème politique est de placer cette communion dans la vie. A vrai dire, ce n'est pas le poète qui en décide, c'est la réalité qu'il ne fait que capter. Ce qui impressionne le poète, n'est pas l'événement dans son sens informatif mais dans sa dynamique; c'est la fusion des efforts humains, l'explosion des forces en présence, la transfiguration qui s'opère chez les humiliés et offensés, chez les "unidimensionnels" qui se sacrent tout à
coup bâtisseurs.

Le poème politique ne néglige pas les valeurs humaines, comme certains le croient, il donne à entendre le chant des hommes frères unis par un même projet, il révèle ce qu'il y a de plus constant et de plus impérissable au coeur humain: le courage, la dignité, l'appétit de justice et de bonheur.

Libre aux sceptiques de sourire, aux académiciens qui distribuent prix et subsides de faire la fine bouche, l'Histoire s'en fout! Elle se fait malgré eux.

Barbara Y. Flamand

Extraits

Extrait de "Mon combat sauve ma tendresse":

Sur mon lambeau de terre empalé sur une roquette

Mon combat, sauve ma tendresse

Et n'efface jamais de ma mémoire

La mollesse des monts quand le soir les saisit,

Ni la courbe des corps quand l'amour s'accomplit.

Extrait de "Poème dramatique pour une commune en sursis":

Voix de Paris

Enfants!

Je peux encore tenir un flambeau

Entrer dans l'avenir poitrine offerte

Mon chant accordé sur la houle des mers

Le pouls précipité de l'attente exaucée

Emondez-moi

Epouillez-moi

Dérouillez-moi

Décroûtez-moi

Et je serai

Le droit regard de vos enfants.

Extrait de "Burgos":

Nous sommes calmes

Du calme des plages

Depuis toujours et pour toujours

Déplissées au bord des mers

Et sous notre bandeau

Un blond midi

Ruisselle.

Perce la muraille noire

Perce la muraille noire camarade c'est ton pain

Dessus la mine au soleil blanche est la pierre

Perce la muraille noire camarade c'est ton pain

La poussière en tes poumons creuse des cratères

La vie est un ailleurs où tu n'es pas né

De couleurs de plumes et de parfum d'ambre

La vie est un ailleurs où tu n'es pas né

Le charbon pique des étoiles bleues dans tes membres

Vient le jour que tu redresses les genoux

Tes yeux sont des lacs d'un paysage de lune

Vient le jour que tu redresses les genoux

Ton visage inconnu prend place à la une

La fosse devient veuve sans ventre sans secousses

Elle se laissait ouvrir tout en dévorant

La fosse devient veuve son ventre sans secousses

Ses hommes dans la rue inventent un sacrement

Grave est leur front leurs gestes viennent de loin

D'un vague souvenir de mamelle redondante

Grave est leur front, leurs gestes viennent de loin

De leurs reins cassés d'une attente patiente

Chiens de garde nickelés de casques et d'armures

Qui n'avez d'oreille qu'à l'Ordre Supérieur

Chiens de garde nickelés de casques et d'armures

Comme on s'tape une pute tapez-vous du mineur

Lâchez vos grenades en roses de sang qui fusent

Mâtez déchirez mordez la bave aux dents

Lâchez vos grenades en roses de sang qui fusent

Comme de furieuses muses elles éveillent un chant

Le vent de Zolder aux Asturies

Le lit est large où naissent les enfants blessés

Le vent qui roule de Zolder aux Asturies

Arrache des éclairs au ciel ravagé

Ce poème, ainsi que d'autres, a été mis en musique et est chanté par Irène Deneuville.

Commentaire de Pâques Marcellle le 23 mai 2014 à 20:52

Quel beau parcours de vie ! Le talent à fleur de peau ...

- Sur la broussaille de mon temps j'appuie mes griffes.

  Qu'elles restent pattes d'un fauve qui se rebiffe ! -

  Et aussi les moments de doute que nous traversons tous et qui rend l'humain attachant ...

 - Ainsi je gravite du précipice au sommet -

   Merci à Monsieur Paul pour ce partage !

Commentaire de Barbara Y. Flamand le 23 mai 2014 à 2:14

Autre très belle surprise. Et quel bon choix dans ce deuxième recueil. Ces extraits de vers passionnés et tourmentés traduisent si bien un état d'esprit,  une tension, assez douloureuse,  à la fois philosophique et sentimentale  que les critiques ont  soulignée avec  une fine perception. A l'époque, nous avions de vrais critiques. Ces vers comme ces critiques me rappellent ce temps dans lequel les idées circulaient, les élans se manifestaient.Nous étions très vivants, en ce sens que vivre  postulait une ardeur dans la pensée, le sentiment, l'acte, et encore une communication qui ne se bornait pas aux mots mais tentait une vraie approche de l'autre, une  approche qui reflétait une intériorité..

Je n'aurais pas relu ces extraits si je ne les avais trouvés dans ton site. Non seulement ils me replongent dans un passé passionnant et passionné.mais me portent  à examiner le chemin parcouru sur le plan individuel.. Eh bien, dans un monde de plus en plus blessé et blessant,   où vivre avec  la pensée et le coeur  ouverts,   avec la question existentielle insistante  du pourquoi et du comment,  eh bien je suis restée sur la même voie.  Je pense que les onze recueils qui ont suivi en témoignent..

Quelle magnifique initiative fut ce testament des poètes. Tous ceux qui y figurent t'en savent gré, j'en suis sûre..

Et moi qui te remercie et t'embrasse, tout particulièrement.

Barbara

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