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"Aux Hommes de bonne volonté" (théâtre le Public)

 

"Aux Hommes de bonne volonté"  fable, de JEAN-FRANÇOIS CARON

Présentation : Jeannot est mort à 14 ans. Il laisse à sa famille un testament et quelques objets fétiches. Par l'entremise d'un notaire très ordinaire et du testament qui ne l'est pas, Jeannot le rebelle exprime sa révolte. Celle d'un jeune garçon pas reposant pour un sou, qui crie à sa famille son manque d'amour.
 

Crever l'abcès de la pleutrerie des sentiments, de la couardise du cœur, de la lâcheté de l'âme est en somme sa dernière volonté ! « Je manke damour tou lè jour, je sui come sa, je sui an manke damour ». Jeannot inscrit sa révolte dans le texte même de ses dernières volontés. Son testament a l'orthographe délibérément anarchique car sa rébellion avait atteint les fondements de son être!

 

 

La mise en scène est astucieuse. Il y a cet immense bureau de ministre aux profonds tiroirs, tiré en longueur et en diagonale à travers le plateau. Comme si la vie avait été biffée, comme une faute d’orthographe. On est chez le notaire pour discuter de l’héritage avec les ayant-droit. Le plateau de ce bureau est fait de pavés de verre qui s’illuminent quand les personnages glissent ou basculent de l’autre côté du miroir pour dire leur vérité.

 

 

 La mort survenue, c’est fou ce qu’on communique, à force de théâtralité, de cris, de confessions, d’aveux en tout genre.  On assiste à un  strip-tease familial débridé. Les corps et les mots sont lâchés.

 

 

L’aveu principal est que le petit dernier, Jeannot le cinquième, a été idolâtré par sa mère comme un enfant unique. Paradoxe: alors qu’elle lui a tout donné - y compris la part pour son mari- c’est lui qui lance l’offensive du manque d’amour.  Elle a laissé les autres aller qui à son piano dévorant, qui  à ses livres, qui  à sa sagesse improvisée, qui à  ses errances.  Objets transitionnels. Ensuite Madame Vandale a fui, sans laisser d’adresse. Partie, pour une autre vie. Il y  a le délicieux oncle Jos,  qui tente de calmer le jeu  avec finesse quand la discussion tourne à l’empoignade, quand les mots éjaculés fracassent les âmes.

 

 

Ce rôle de l'oncle Jos est  joué avec une tendresse infinie par Philippe Vauchel. Parole du jeune séropositif : « Je voulais que ma mort les délivre de leur manque d’amour ». Il parle de ses frères et sœurs.

Langue crue, texte rude,  tumultueux, sans concessions, émaillé de parler canadien-wallon, qui se termine à genoux devant un mur de lamentations, celui du manque d’amour. « Déguisons-nous en « nous ». En vandales ! » Cri de cœurs meurtris, cri d’amour aux hommes de bonne volonté.

 

Mise en scène: Vincent Goethals

Avec:  Patricia Ide, Nabil Missoumi (qui pour son interprétation de Serge a obtenu le Prix de la Critique: meilleur espoir masculin 2010), Audrey Riesen, Bernard Sens, Réal Siellez et Philippe Vauchel

 

DU 09/02/11 AU 05/03/11

 

 

http://www.theatrelepublic.be/play_details.php?play_id=264&type=2

Vues : 568

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Commentaire de Deashelle le 22 février 2011 à 14:33

Un travail remarquable de ces six acteurs pour interpréter leurs personnages avec en tête :
Patricia Ide ( la mère), Bernard Sens (le notaire), Nabil Missoumi ( l'un des fils) qui a été couronné « Meilleur Espoir masculin au Prix de la Critique 2010- une vraie révélation.
Et Réal Siellez ,Audrey Riesen et Philippe Vauchel.
Ils méritent nos chaleureux applaudissements.

Roger Simons

http://theatre.cinemaniacs.be/theatre2.php?id=2392

 

Commentaire de Deashelle le 21 février 2011 à 17:09

En manque... d’amour                                                                … La première scène a des allures de farce. Un notaire, dûment cravaté, ânonne péniblement le testament de Jeannot. Agacé par l’orthographe risible de ce "parlé-écrit", il soupire et distribue avec mépris l’héritage : des chaussettes à son frère Juliot, des livres à sa soeur Loulou, un tee-shirt à l’oncle Jos, un jean à Serge, son amant et une minute de silence à sa "blonde". Assortis de remarques tendres et moqueuses, ces legs saugrenus détendent l’atmosphère.

Mais les sourires se figent, quand par ce testament, l’ado, mort du sida à quatorze ans, interpelle les siens, harcèle leurs certitudes et les force à se révéler. Par son arrivée surprise, la mère délie les langues et fait tomber les masques. On réveille les rancœurs, on dénonce les lâchetés et on dévoile le manque d’amour. De l’au-delà, le jeune homme leur crie : "Dites aux gens que vous les aimez, quand il est encore temps."

Commentaire de Deashelle le 21 février 2011 à 17:08

Pour gueuler sa révolte contre des adultes sourds ou intolérants, il a besoin d’ébranler les fondements de la langue. Il massacre l’orthographe et invente des images, sans obéir à la syntaxe ou au dictionnaire. Enfiévré par le feu de cette langue crue, saccadée, fulgurante, le notaire devient Jeannot. Une métamorphose physique et morale que Bernard Sens rend fascinante. A ses côtés, Nabil Missoumi (Espoir masculin au Prix de la critique 2010) incarne, avec la même intensité, ce frère de la nuit, écorché et violent. Ils forment un couple ivre de liberté, qui se défoule dans les jeux sexuels ou les paradis artificiels et qui refuse d’être bâillonné par la famille, la société ou la morale.

Vincent Goethals et la scénographe Anne Guilleray nous aident à décoller de l’étude notariale. Barrant toute la largeur du plateau, un gigantesque bureau dresse un mur entre Jeannot et sa famille, puis devient un podium où les amants dansent leur vie. En jouant subtilement avec la lumière, Philippe Catalano crée des clairs-obscurs qui renforcent la puissance suggestive de certains instants. Au lieu de s’enfermer dans un huis clos, les personnages nous font face et nous prennent à partie. Dans une société, minée par le profit et l’individualisme, saurons-nous "arrêter de vieillir avant l’âge" ?   Jean Campion

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