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Algèbre des valeurs morales: " toute la grandeur de l'homme procède du pouvoir qu'il a de se perdre à sa volonté éternellement"

" Algèbre des valeurs morales" est un essai publié en 1935 par l'écrivain français Marcel Jouhandeau . Cet ouvrge regroupe trois petits essais que l'auteur eût aimé publier séparément.

Le premier "Apologie du Mal", se place sous l'autorité de Pascal: "On montre sa grandeur en touchant les deux extrémités à la fois.' L'auteur commence par montrer l'équivalence des vertus et des vices: "les vertus sont sujettes à des vices particuliers qui les rendent inutiles", "les grands vices conditionnent les grandes vertus" et "ainsi, toutes les vertus sont encloses, bâillonnées dans chaque vice, et tous les vices dans chaque vertu". Ces vices d'ailleurs exaltent en nous des désirs qui surgissent de l'inconnu, et ne sont pas loin de mener à la sagesse. Bien et mal se retrouvent ainsi en parfaite adéquation, se correspondant, se répondant mutuellement; et quelquefois le mal lui-même contribue à la pureté morale: "le pervers ne voit que ce qu'il subsiste de vice dans la vertu même, et le chaste ce qui reste de vertu même dans le vice", et à la dignité morale: "c'est ma faute, mais j'honore ma faute et je fais en sorte que ma faute m'honore".

Le second livre est une "Erotologie". Haine et Amour se conjuguent dans la passion. Mais cette passion elle-même, d'où naît-elle? du Désir bien sûr, ou Désir qui naît lui-même de la solitude, et qui tempère ses excès des excès de l' orgueil. L'auteur fait aussi la part de la Volupté: n'est-il pas lui-même "l'amateur de visages au pied de l'arbre des visages"? et bien sûr de la fatalité et de l'Election. Enfin, en deux derniers chapitres, Jouhandeau s'applique à décrire la genèse de la Passion: les premiers symptômes, l'éclipse de l'univers, l'éclipse même du plaisir; puis ce sont les départs, les relais, et l'auteur s'attache plus précisément à décrire l'attitude du chrétien en face de sa passion. Nouvelles éclipses: celle du moi, celle de l'objet aimé même tant celui-ci devient universel et doué d' ubiquité; la passion entre dans le domaine de l' inconnaissable. Quant à la place de Dieu: "J'aime: Dieu est jaloux de quelqu'un. Je suis aimé: Dieu est jaloux de moi".

Troisième livre. "Défense de l' Enfer". Corps et âme, l'homme est livré au temps: "la flèche qui me transperce est dans l' éternité". Et Dieu est pour chacun "une projection de soi qui rejette le moi à sa vraie place, dans son humilité et son orgueil absolus". La souffrance n'est pas nécessairement un châtiment, et la douleur ne saurait être le propre de l' Enfer; l' Enfer procède de la nature de Dieu et de l'Ame et, par conséquence d'une inconséquence divine, se trouve être l'oeuvre de l'homme et non de Dieu. "Ainsi toute la grandeur de l'homme procède du pouvoir qu'il a de se perdre à sa volonté éternellement."

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