Je songe à elle lorsque j'écris,
que j'inanime ma respiration bleue
sur mon grand cahier blanc ;
respiration devenue chant.
Je pense à elle lorsque ma peau je touche,
son grain au mien mêlé ;
enveloppe si précieuse,
l'écrin de tous mes mots.
N'entends-tu pas lorsque tu me frôles,
me caresse, ce long chant bleu,
chemin de moi à toi montant ?
Ne vois-tu pas ce dévoilement décent ?
Je songe à elle, à son blond sourire ;
celui si clair de ma fille
étant son prolongement,
sa douce continuité.
Son inexistence me précipiterait
dans le plus stérile silence qui soit ;
le néant et le froid.
Je reçois son ensoleillement
tout le temps.
NINA
Commentaires