je comprends peu-à-peu, grâce à l'exercice de ma profession, que l'on peut aimer une personne que l'on accompagne, que l'on soigne, ressentir de l'attachement pour elle, voire de l'affection, et garder une distance, le "vous" et non le "tu", une attitude ; un genre de terrain neutre, intouché, sur lequel une floraison apparait, une croissance se fait !
Jardin insoupçonné, espace nécessaire pour se multiplier, se mouvoir, s'ouvrir aux autres, au Monde.
Distance incolore, ni chaude, ni froide, point lourde ; indispensable pour contempler et voir "elle" ou "lui", l'entendre.
Distance ; garde-fou !
J'ai pensé à tout cela en début d'après-midi, alors que j'étais assise dans le métro à la "station Parmentier", j'ai bien sûr réfléchi à la relation psychanalytique ; en cela, la continuation d'une psychanalyse est difficile, c'est douloureux de grandir sans l'autre !
Peur du vertige, de la chute, de l'obscurité, d'un cœur battant tout seul.
J'aime les situations équivoques, celles qui me permettent de dessiner, d'inscrire un scénario dans ma tête : prémices de l'écriture.
C'est une forme de maîtrise ; je préfère imaginer que savoir, voir le bleu sur le noir, le mouvement sur l'inerte.
C'est ainsi que je conçois la vie ; pluie jamais mélancolique, tout en couleurs, en plein mois de novembre ; des notes musicales libérées des nuages, sur terre rebondissantes, comme les balles bleues et vertes de mon enfance solitaire, lente !
Tout à l'heure, mon chat a déposé un baiser, ce petit souffle frais échappé de sa truffe rose et douce, un rien humide, sur mon front clair et lisse, alors que je sommeillais paisible.
Un instant de complicité, de bonheur et de joie !
Commentaires