Daphnée des rosiers
…
Des tilleuls tombent des nuages
Les couleurs crépusculaires s’attardent
Et je me rappelle
Des daphnés
L’une est anisée robe grise et bleue
Elle se miroite dans la patience
Dans l’allée des tilleuls flânent la douleur et l’ennui
Je m’approche
Daphnée se plaint
De ces oiseaux gueulards à plume noir
Charognards huppés
Ainsi que de l’attitude hautaine des cèdres
Dont l’ombre nuit
A la danse d’un lépidoptère et d’une ipomée
De la grande musique elle en rit aux éclats
Des grandes chaleurs des grands immeubles
Elle s’en plaint
Des cigognes prisonnières
De la liberté du soleil
Elle en pleure
Mais de Bath et de la muraille d’Hadrien
Elle y songe
Et de la verdure irlandaise
Elle en connait la musique
Elle a peur des saints à culottes courtes
Et des assassins à petits pieds
Quand elle parle
C’est à un songe
Des souvenirs brillent dans ses yeux
Des regrets voilent son visage
Mais ses lèvres dessinent un sourire
... Daphnée sourit
Un parfum mystérieux s’élève du parterre
Comme un requiem s’élève des abimes
Les pas de la nuit en tenue de soirée
S’effacent dans l’allée des tilleuls
Je quitte le banc
Je m’éloigne
Derrière moi j’entends
Murmurer
C’est Daphnée qui s’entretient avec un songe.
Lionel
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