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« Immortal Ad Vitam » Cécile Pommereau Noir d'Absinthe

Puisque le monde semble sous l’emprise d’une forme d’hystérie collective, les autorités préconisent que…proposent quelques mesures exceptionnelles, lance un appel au civisme de la population.  Stephen King avait déjà effleuré le sujet et pourtant les mesures annoncées peuvent nous sembler démesurées.  Le confinement est à présent envisagé (mais pas pour tout le monde, cherchez l’erreur car une tranche de la population soignante est jetée en pâture, faisant courageusement face à l’invisible petite chose qui fait trembler le monde).  Plus de rassemblement, la nervosité fraye son chemin même chez les plus optimistes. 

En raison de la panique mondiale, voici que les têtes blondes saluent ces vacances improvisées tandis que les parents ne savent plus comment trouver de solutions pour que progéniture ne soit pas livrée à elle-même…  Bonjour à ce qui ressemble à de l’hystérie collective.   Certes devant la désertification des cours de récréation les plus anciens aimeraient aider en gardant la nouvelle génération.  L’âge étant facteur de vulnérabilité, pas question que les grands-parents ne jouent le rôle de « Gâteaux-Sitter ».  Les astres semblent figés, le temps se place en vitesse de croisière tandis que les observateurs découvrent que la fragilité existe, que l’immortalité est un mythe tant pour les autres que pour soi. 

Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne la situation me donne envie de sourire.  Certes je suis solidaire avec les familles endeuillées, certes j’aimerais offrir un peu de solidarité envers les personnes en souffrance, tout de même, la cohérence ne me semble pas de mise, tant pis si l’on continue à ouvrir les grandes surfaces tandis que le restaurateur du coin se voit dans l’obligation de fermer boutique.  Prudence ou indécence ?  Épidémie face à l’économie, à qui profite le crime ?  Bien évidemment je n’ai aucune réponse à vous offrir, qui suis-je pour le faire ?  En attendant,  j’offre mon respect aux soignants, aux infirmiers, kinés et autres soulageurs de corps.  Je salue ces indépendants se retrouvant en première ligne sans recevoir d’instruction précise.  Comment soigner dans des conditions optimales en évitant de collaborer à la sinistrose ambiante tout en se protégeant d’une possible contamination ?  Les médecins consultent par vidéoconférence, les autres soignants se sentent abandonnés.  Bref, oublions quelques instants les agitations médiatiques, profitons de ces repos forcés pour découvrir un excellent « polar ».

« Immortal Ad Vitam » Cécile Pommereau

 

Imaginez une scène de crime, jusque-là rien de particulier.  Le meurtre a été capturé par les caméras de surveillance.  A partir de cet instant la victime va jouer un rôle original en surprenant les enquêteurs.  Après s’être fait sauter la cervelle, la cible disparait du lieu de son assassinat.  On pourrait croire que l’assassin s’est chargé d’escamoter  le corps sauf que, les images dévoilent un truc étrange… 

Accrochez-vous très chers lecteurs, voici qu’une enquête inattendue, que dis-je, une quête, vous entraine sur une route étrange.  J’adore que l’on me surprenne en ballades inattendues. 

Si l’on voulait se montrer professoral, on défendrait la thèse qu’un Polar n’est intéressant que lorsqu’il nous immerge dans une série de scènes réalistes.  Mélange de descriptions, d’actions et de manipulations dans le but avouable d’occulter la chute.  Enfin, c’était un avis basé sur des préceptes dépassés puisque « Cécile Pommereau » vient secouer tous nos repères par un saupoudrage intéressant d’immortalité. 

« Immortal Ad Vitam » porte admirablement son titre.  Jean, un flic possédant la bouteille d’une carrière trentenaire, réalise à l’aube de sa retraite que s’il pensait avoir tout vu, le voici obligé de remettre en question son approche professionnelle.  Par cette accroche la romancière parisienne Cécile Pommereau,  captive le lecteur par un récit riche tout en offrant une belle qualité d’écriture.  Un polar ?  Certes, on pourrait répondre par l’affirmative quoique, de mon humble avis, ici s’ouvrent les ailes d’une certaine philosophie.  Non, non, ne vous effrayez pas, juste une légère approche sans prise de tête, sans que l’élitisme ne vienne vous endormir ou qu’Aristote ne s’invite à votre table.  Ceci écrit, s’il n’oublie pas le vin il sera le bienvenu.

J’ai adoré « Immortel Ad Vitam ».  Quoi, il adore un polar ?  « Prout prout, pète-pète » pourquoi devrais-je occulter mon plaisir ? Devrais-je avoir honte d’approcher tous les styles ?   Me revient le souvenir d’une conversation en compagnie de Jacques Nain.  Jacques est éditeur, écrivain, ancien officier de police, s’offrant à ce jour une ambition politique honorable.  Lors d’un salon littéraire, il me confiait que les polars trébuchent quelquefois en raison que son auteur ne s’est pas  correctement documenté.  Ben mon Jacques, j’ose prétendre que ce livre pourrait te séduire comme j’en fus amouraché. 

On aurait pu croire que Cécile Pommereau puise son imagination à la source de sa vie professionnelle.  Policière depuis 2006, elle devient enquêtrice en 2009.  N’empêche, talent d’enquêtrice n’offre pas manteau d’écrivain, je l’attendais au tournant.  Pari gagné en ce qui concerne la plume qui nous intéresse.

Quid de ce polar ?

Page après page nous découvrons la puissance des relations humaines.  Oui, l’humain trouve ici une place majeure.  Les blessures de l’âme peuvent se cicatriser.  Il suffit parfois d’une simple rencontre.  Un peu de désespoir, de lendemains que l’on suppose brisés, mais qui fleurissent en printemps retrouvés.  Une belle leçon d’amitié intergénérationnelle.  Après tout, choisit-on les affinités, la confiance sans réserve qui permet les confidences pouvant effleurer l’inavouable ? 

Dans ce cas précis, je remercie l’auteure pour l’excellent moment passé en compagnie de son ouvrage. 

Puis-je oser un conseil par apport à l’actualité ? 

 À l’heure du confinement plongez-vous dans la lecture.  Des ouvrages de qualité vous font voyager au cœur de paysages que vous pourriez manquer.  L’aventure est à votre portée et ne me confiez pas que vous n’avez pas les moyens de vous offrir  ce plaisir…  Si lire vous semble difficile pour de multiples raisons, c’est une activité de pleine actualité. 

Lecture & solitude

À propos, connaissez-vous ces femmes et ces hommes qui offrent quelques minutes de temps afin, si vous le désirez, de vous lire quelques pages ?  Un joli moyen de briser la solitude…  En Belgique Francophone les volontaires de la croix rouge peuvent répondre à cette demande….  C’est gratuit, c’est une façon de faire entrer la littérature au sein de votre demeure. 

Songez aux personnes isolées, en difficulté de vie…  Songez à ces personnes âgées qui perdent la possibilité de lire…  Vous pouvez faire appel à un bénévole qui viendra essaimer quelques pages.  C’est également un moyen de briser la solitude…

 

Au diable la sinistrose, viva m’boma, patates sans saucisses c’est comme fromage sans pain. Je vous l’avais écrit, au diable la sinistrose et vive le romarin.

 

Philippe De Riemaecker

 

 

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UN THEATRE DE COULEURS ET DE FORMES : L’UNIVERS D’EDOUARD BUCHANIEC

CHRISTINE BRY : CAVALCADES AU CŒUR DE L’ACTE CREATEUR

QUAND LE MYTHE S’INCARNE DANS L’ART : L’ŒUVRE D’ODILE BLANCHET

D’UN SURREALISME L’AUTRE : LES FLORILEGES DE MARC BREES

DE LA TRANSPARENCE DE L’AME : L’ŒUVRE DE MARIE-CLAIRE HOUMEAU

VERS UN AUTRE SACRE : L’ŒUVRE DE RODRIGUE VANHOUTTE

traduit en espagnol via le        lien en bas de page

     http://bit.ly/29pxe9q

LE SIGNE ENTRE LA CULTURE ET LE MOI : L’ŒUVRE DE LYSIANE MATISSE

DE LA MATIERE ENTRE LES GOUTTES DE L’ESPACE : L’ŒUVRE DE FRED DEPIENNE

FREDERIQUE LACROIX-DAMAS - DU PALEOLITHIQUE AU CONTEMPORAIN : RETOUR SUR L’ORIGINE DU MONDE

ENTRE SURREALISME ET METAPHYSIQUE : L’ŒUVRE DE GHISLAINE LECHAT

LA FEMME CELEBREE DANS LA FORME : L’ŒUVRE DE CATHERINE FECOURT

LA LIGNE ENTRE COULEURS ET COSMOS : L’ŒUVRE DE VICTOR BARROS 

CHRISTIAN BAJON-ARNAL : LA LIGNE ET LA COULEUR : L’ART DE L’ESSENCE

LE ROMAN DE LA ROSE : L’ECRITURE PICTURALE DE JIDEKA


MARTINE DUDON : VOYAGE ENTRE L’ESPACE ET LA FORME

TROIS MOMENTS D’UNE CONSCIENCE : L’ŒUVRE DE CATHERINE KARRER

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