Arts et Lettres

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En partance pour un monde imaginaire, un petit enfant se repose dans les bras douillets  de sa mère. Atmosphère douce et familiale pour ce petit garçon naît du bon côté de la terre. Un délicieux  repos envahit  de personnages insolites sortis tout droit de sa fantaisie. De tendres rêves que son imagination fait vivre intensément.  Au moindre cri, maman, vigilante,  veille.  L’enfant connait le réconfort et le souffle chaud des baisers de sa mère. Il dort en paix.


A quelques lieux de là, sur une route sombre et froide, s'assoit un autre petit enfant que sa mère tire depuis des heures, de longues heures difficiles.  Ce petit garçon n’en peut plus, épuisé de tant de marche. Ses petites jambes ne veulent plus le porter. Les larmes sur ses petites joues rougies par le froid ne font fondre personne même pas sa mère qui a pour lui d'autres craintes, d’autres frayeurs. Ils sont sur une route, une route d’exile. Un long chemin vers l'inconnu.  Sa mère, minée d’inquiétude et de fatigue, lutte pour rester dans le groupe.
L’enfant fait preuve d’un grand courage malgré ses larmes et son jeune âge.  Sa mère en est fière. Il sera un homme. Le petit garçon s’est relevé et a repris sa marche forcée le ventre vide. Il sait que sa survie passe par ces épreuves. 

 Silencieux, il suit sa mère et le groupe. Sa mère lui prend la main pour le rassurer. Elle ne l’abandonnera pas.  Enfin un peu de repos et il s’assoupit, épuisé sur le manteau élimé et le cœur de sa mère.

Ses rêves ne sont pas les mêmes que ceux d’autres enfants. Mais il part néanmoins lui aussi vers un pays imaginaire où la vie est devenue précieuse, la liberté respectée. Un monde de justice, un monde de paix, un monde de cocagne avec peut-être beaucoup de déceptions à vivre avant de devenir un homme juste qui fera honneur à sa mère.

En partance pour ce monde meilleur, où nous sommes les acteurs actifs ou inactifs, sensibles ou insensibles devant toute cette triste misère de ces peuples en quête de paix. A nos mémoires défaillantes, au temps de nos grands-parents et parents qui ont foulé les chemins de l’exile et les chemins des camps.
Que de mains charitables, que de cœurs purs ont aidé durant ces effroyables années. Ne laissons pas les marques béantes de notre indifférence prendre place dans le cœur de ce petit garçon pas plus haut que trois pommes.

Donner l’espoir d’une vie meilleure à ce petit enfant. Ne pas le laisser devenir de la chair à canon, l’éduquer fermement de ses valeurs et des nôtres pour qu’il ne bascule pas dans la violence et la terreur.

Un jour, les deux petits garçons seront vraisemblablement assis côte à côte sur un banc d’école et ensembles résoudront le délicat problème de l’étranger par une belle amitié.

Rien n'est jamais facile à comprendre et à accepter. Le temps est venu de montrer que nous pouvons accueillir  ce petit bonhomme.

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Commentaire de Josette Gobert le 1 septembre 2015 à 19:54

Merci Gil pour votre commentaire avec lequel je suis entièrement d'accord. Ce sont toujours les petits qui souffrent le plus.

Amitiés

Josette

Commentaire de Josette Gobert le 1 septembre 2015 à 19:53

Bonsoir Rolande, l'exode fait toujours beaucoup de tort à l'image du monde mais elle est parfois nécessaire. Ces gens n'ont probablement pas le choix, ce ne sont pas les premiers et surement pas les derniers. Nos réactions sont le miroir de ce monde dit moderne. Et les plus touchés sont forcement les enfants qui vivent des moments terribles.

Amitiés

Josette

Commentaire de Josette Gobert le 1 septembre 2015 à 19:47

Merci Gilbert pour votre commentaire. Sur ces routes marchent des milliers d'enfants qui seront l'avenir. Je n'ose pas imaginer une seule seconde ce que seraient mes sentiments si c'était mon petit garçon, dehors, sans ressources, marchant ainsi vers l'inconnu, sans un regard...Il faut croire à la paix même si de très mauvais choix ont été faits par de nombreux politiques du monde..

Amitiés

Josette

Commentaire de Gil Def le 1 septembre 2015 à 18:55

Bonjour

Les enfants … Ces grands oubliés, ces sacrifiés d’un vieux monde prétentieux et inconséquent qui prétend encore avoir des valeurs et détenir les clés du bonheur …  

Amitiés. Gil

Commentaire de Quivron Rolande le 1 septembre 2015 à 16:16

Comme le dit Gilbert, un problème très complexe qui risque fort d'empoisonner la vie de beaucoup.

Sur le chemin de l'exil, tous les humains espèrent une terre d'accueil. Seulement voilà, l'eldorado espéré s'avère souvent plus que décevant. Lors de l'exode de 40, nous assistions impuissants au flot de réfugiés s'en allant vers la France. Certains d'entre eux passaient dans notre rue et quémandaient un peu d'eau car il faisait très chaud en mai 1940. Devant ce spectacle, ma grand-mère a décidé de rester chez elle malgré la possibilité de rejoindre la France par train. Nous étions encore quatre foyers à occuper notre rue.

Nous avons été bombardés par les Allemands qui visaient la gare de triage proche. En pleine nuit, nous sommes partis emportant quelques bagages. L'usine de textile proche de chez nous flambait : je me souviens des longues flammes qui embrasaient le ciel à notre passage. Une sœur de ma grand-mère nous a recueillis.

Sa maison était vaste et une partie de la famille s'y était entassée jusqu'à l'arrivée du premier allemand !

 Nous avons ensuite contourné la ville en croisant l'armée anglaise qui fuyait pour rejoindre la France proche. En passant par la maison du frère de maman qui nous a accueillis pour quelques jours. Sur notre passage, les obus passaient au-dessus de nous !!! En retournant chez mes grands-parents, nous les entendions siffler sous le ciel livide. Malgré le risque, nous avons rejoint avec soulagement la maison de ma grand-mère dans une rue en partie désertée par les habitants. Avec elle, nous nous sentions en sécurité. C'était une femme forte, pleine de bon sens. La guerre 1914-18 n'était pas si éloignée.

Plus tard, bien plus tard, je me suis retrouvée dans une colonne de réfugiés avec deux enfants en bas âge : Trois ans environ pour l'un, cinq mois pour l'autre ! Là, nous n'avions pas le choix et l'employeur de mon mari nous a forcés à prendre la fuite. Lui est retourné après nous avoir "déposés" dans un abri de fortune.

Pourquoi, oui pourquoi sommes-nous encore vivants ??? Alors que bien de nos amis sont décédés depuis longtemps. Vous allez me prendre pour une illuminée, mais je pense qu'elle y était pour quelque chose : une espèce de protection que l'on ne peut expliquer. C'est pourquoi je lui ai dédié une partie de mes poèmes. et pris son nom comme pseudo pour certaines œuvres.

Merci à toi Gilberte d'être là .... Comme le dit Gilbert, touchante.

Bisous et amitiés. Rolande

Commentaire de Gilbert Czuly-Msczanowski le 31 août 2015 à 23:08

Bonsoir Josette,
Vous ouvrez là un débat qui se découvre très compliqué. Nous sommes tous depuis que l'homme est homme des migrants, des immigrés ou des émigrés. Les flots de population quand ils donnent le sentiment de devenir intarissables et donc conduire à des bouleversements d'habitudes, de cultures, à des modifications de rapports de forces sont malvenus dans l'inconscient collectif quand ils paraissent aussi insolubles. Les populations n'aiment pas les histoires insolubles La vraie question est pourquoi générer tant d'inquiétude sur la planète avec ce cortège de souffrances ?  Y aurait-il comme à chaque fois la préparation de l'opinion publique et pour quel objectif ? La paix ne sera jamais de ce monde, pas d'illusion à ce sujet.Mais vous êtes touchante, Josette, comme toujours. Amitiés, gilbert.

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