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conte La Fleur de la paix - auteure - Gladys Carrillo Garcia

La Fleur de la paix

 

Dans un village, situé dans un pays lointain, vivait une jeune fille du nom de Kimberly.  Cette dernière vivait avec sa grand-mère. Un jour, sa grand-mère se sentit très malade, à tel point qu’elle pensa rendre l’âme incessamment. Profitant du peu de force qui lui restait, elle donna à sa petite-fille une petite pierre blanche en la suppliant de ne jamais s'en séparer.

 

Sentant son heure venir, la grande mère de Kimberly lui dit avant de mourir : « Je veux que tu me promettes de chercher la Fleur de la Paix. »

 

« La Fleur de La Paix? Mais, comment et où, grand-mère? », s'exclama Kimberly.

 

« Tu n'as qu'à me promettre que tu la chercheras! Si tu te laisses guider par tes sentiments, tu y parviendras facilement » lui répondit sa grand-mère.

 

Kimberly lui promit qu'elle le ferait. Quelques jours après la mort de sa grand-mère, étant toujours triste et accablée par cette perte, elle se donna pour mission d'accomplir la promesse qu'elle avait faite à celle-ci. De mille manières, elle imaginait à quoi pouvait bien ressembler cette fleur. « Est-ce que la Fleur de la Paix est une fleur immense et blanche? » se questionna Kimberly.  Continuant sa réflexion, elle se dit : « Peut-être que je pourrai sauter et monter sur ses tiges jusqu'à atteindre ses pétales doux et parfumés.  Ou alors, serait-ce une montagne magique où naît la fleur de l'arc-en-ciel? Bon, je dois me mettre en route en laissant le Dieu des cieux me guider dans ma quête. »

 

Pendant sa première journée de recherche, elle avait déjà parcouru quelques kilomètres par champs et bois lorsque, tout à coup, elle se dit : « J'ai tellement soif! Il doit probablement y avoir une fontaine ou une rivière près d'ici. » Elle marcha encore longtemps, s’éloignant toujours plus de son village tant aimé. Elle s’engagea sur un chemin dont la pente prononcée l’épuisa complètement. Soudain, en arrière d'un bouquet d'arbres, elle trouva une petite rivière cristalline dans laquelle elle trempa son mouchoir pour rafraîchir sa tête. Quand elle se pencha pour boire, une fée surgit du fond de l’eau et lui fit cette question : « Cherches-tu la Fleur de la Paix? »

 

La petite fille, avec ses yeux agrandis et le coeur palpitant, s'exclama : « Mais qui es-tu? Se pourrait-il que tu sois la Fleur de la Paix? »

 

Elle reçut pour réponse : « Non! Je suis la fée qui contrôle le flot de cette rivière afin qu’elle ne tarisse jamais.  Je veille aussi sur la forêt environnante qui la protège. Les racines des arbres empêchent la dégradation des berges. Par ailleurs, pour répondre à ta question, tu es près du but! Continue à chercher et tu trouveras. »

 

La jeune fille lui dit au revoir et poursuivit son chemin. À la fin de l’après-midi, elle s'assit sous un arbre pour se reposer. Comme elle s'apprêtait à manger quelques fruits qu'elle avait ramassés en chemin, elle entendit de faibles gémissements qui provenaient des buissons environnants. Elle courut dans cette direction, et là, elle vit une vieille femme affaiblie, mourant de faim et proche de l’agonie. Sans y penser une seconde de plus, elle lui offrit les aliments qu'elle avait avec elle.

 

Continuant sa route, elle se sentait remplie de satisfaction d’avoir rendu ce service, arrachant ainsi la vieille femme à une mort certaine. C'était une valeur que sa grand-mère lui avait transmise : « Fais toujours le bien sans regarder à qui tu le fais. Si tu respectes cela, tu seras toujours protégée par les anges du ciel et tu vivras dans la paix. »

 

Sur le chemin, elle rencontra beaucoup de papillons avec de si belles couleurs qu'elle se mit à les compter en dansant et en chantant. Elle s'imaginait qu’elle-même était le plus grand des papillons et que les plus petits qui l'entouraient étaient ses filles.

 

Le soir venant, sous les derniers rayons de soleil, elle grimpa sur un arbre de néfliers et mangea quelques fruits. Du haut de l'arbre, elle parvint à apercevoir le royaume qui était de l'autre côté de la montagne. Ce royaume était connu sous le vocable de « Inde ». On le nommait ainsi parce que ses anciens habitants étaient d'origine indienne.

 

À l'aube, Kimberly poursuivit son voyage vers ce royaume inconnu, voyage qui dura tout le jour. Quand elle y arriva, il faisait déjà noir.

 

« Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer dans ce royaume? », se demanda-t-elle. Kimberly remarqua que tous ses habitants étaient des adultes et semblaient très tristes. « Quel est le motif de cette tristesse? », se demanda encore Kimberly. Pour le savoir, elle parla avec quelques personnes. Un vieillard la prit par le bras et l'amena dans un beau salon du palais en présence d’un jeune prince à la peau foncée. Ce dernier était habillé d’un magnifique habit bleu avec des broderies faites de jolis fils d'or. Ses yeux noirs brillaient comme les étoiles dans la nuit. C'était le Prince César, fils du roi Anderson.

 

« S'il vous plaît, jeune fille, ne posez plus de questions, vous nous rappelez notre malheur! », lui disait le prince d’une voix imposante.

 

« S'il vous plaît, euh!... Pardonnez-moi, jeune prince. Je souhaite seulement savoir en quoi je peux vous aider. », répondit Kimberly.

 

« Personne ne peut nous aider! », fit le prince sur un ton de désespoir. Il enchaîna : « Mon père est le roi de ce royaume et une malédiction appelée – mille odeurs et mille pestes – s’est attachée à lui. C'est un sortilège que Néron lui a jeté. Tous les enfants de notre royaume doivent être enfermés parce qu'autrement ils subiraient eux aussi cette malédiction. »

 

Kimberly s'exclama de surprise : « Que vous voulez dire? »

 

Le prince précisa : « Le roi est enfermé dans son château parce que ceux qui l'approchent ne peuvent supporter son odeur fétide, pas plus d’ailleurs que l’aspect horrible de son visage, de ses bras et de sa peau en état de putréfaction. Et cela va en empirant, chaque jour qui passe. »

 

« Et pour quelle raison Néron aurait-il jeté ce sort à votre père? », demanda Kimberly.

 

Le prince lui expliqua alors les circonstances de ce malheur : « Néron s'est servi d'un vieux sorcier pour jeter ce sortilège à mon père afin de prendre le contrôle de notre royaume. Pourtant, Néron était auparavant un des meilleurs amis du roi. Mais un jour, l’épouse de Néron s'enfuit avec un autre homme et amena ses enfants avec elle. Ces enfants étaient la raison d'être de Néron. De surcroît, Néron fut affecté par une tragédie : la mort de tous les membres de sa proche famille.  Ne pouvant se consoler de tous ces malheurs, la douleur et la peine laissèrent place à un sentiment amer. Se sentant trahi par la vie, il s'est transformé en l’homme le plus cruel de la Terre et en scélérat. Son ombre prit le dessus sur lui et c’est ainsi qu’il en est arrivé là, à jeter ce vilain sort sur le roi. Or, s'il parvient un jour à devenir notre roi, il imposera les travaux les plus durs aux femmes. Aux enfants, il leur interdira l’accès à l'éducation pour mieux les asservir quand ils seront adultes. Aujourd’hui, Néron attend avec impatience la mort de mon père pour réaliser son cruel dessein. »

 

Kimberly voulut en savoir plus : « Quel genre d’homme est le roi? »

 

« Le plus honnête et le plus noble des rois qui puisse exister! », s’exclama le prince.  Pour appuyer ses dires, il ajouta : « La loi la plus importante que mon père a adoptée peut se formuler comme suit : Les femmes et les enfants ont le droit de mener une vie sûre et libre de toute menace, que ce soit la guerre, les mauvais traitements, l'exploitation ou, enfin, la discrimination basée sur la race, le sexe ou la croyance religieuse. En respectant les droits des enfants et des femmes, nous étions ainsi un royaume qui prônait l'égalité et la justice sociale. De ce fait, nous vivions dans une paix durable.

 

« Ne perdez jamais la foi! Beau prince, la beauté spirituelle doit toujours être vraie et elle se doit de se révéler toujours plus précieuse que le matériel. La méchanceté ne pourra jamais vaincre le bien! », lui dit affectueusement Kimberly.

 

« Notre royaume donnera toute sa richesse à celui qui parviendra à délivrer notre roi », promit le prince.

 

Kimberly se hâta de demander : « Y aurait-il une manière de l’arracher à l’emprise du sortilège? »

 

« Oui! », répondit le prince César. Il précisa : « Seul, celui qui pourra regarder le roi sans ressentir de la nausée et qui pourra embrasser les plaies de son visage et de ses bras pourra le délivrer. »

 

« Peux-tu me guider jusqu'à ton roi? », supplia Kimberly.

 

D’un air abattu, le prince César lui répondit : « Non! C'est inutile. Plusieurs ont tenté de conjurer ce mauvais sort. Mais tous ressortent du palais en courant et en vomissant. », dit le prince.

 

Avec abnégation, Kimberly dit : « Ayez confiance en moi! Je veux voir votre roi et père, et ce ne sera pas pour la récompense promise, mais uniquement pour le voir guérir. »

 

Demeurant perplexe, le prince César guida tout de même Kimberly vers le palais de Sa Majesté, le roi Anderson.  Pour s’y rendre, ils parcoururent une assez longue distance en traversant nombre de passages et de couloirs formés par la végétation. Enfin, ils aperçurent un beau et imposant château. Une rivière abondante avec des crocodiles féroces les empêchait toutefois d'accéder au château.

 

Kimberly rompit le silence, en disant : « Pourquoi y a-t-il des crocodiles dans la rivière? »  Et le prince répondit : « Pour que les ennemis ne puissent pas arriver au palais. »

 

Les soldats de la garde royale, en reconnaissant le prince, firent sonner leurs trompettes en son honneur. Ils abaissèrent ensuite le pont-levis qui donnait accès à la porte principale. Les gardes royaux suivirent les ordres que le prince leur donna sur un ton de voix plus qu’impératif : « Mademoiselle Kimberly est notre hôte d'honneur. Elle vient d'un village éloigné et inconnu. »

 

Kimberly se sentit flattée de cette présentation, elle qui n'avait jamais pensé être digne d'un si grand hommage. Elle redressa sa taille et marcha en imitant le pas du prince César. Ensemble, ils passèrent par des jardins, des salons somptueux et des couloirs pour enfin parvenir aux chambres élégantes du palais.

 

Une fois arrivé à l'une des plus grandes pièces, le prince pointa du doigt la porte de la chambre et lui dit avant de s'éloigner : « Il est là! Si tu en as le pouvoir, sauve notre roi bien aimé »!

 

Kimberly s'approcha et frappa à la porte. Elle perçut aussitôt la terrible odeur qui émanait de l’autre côté. Puis, elle entendit une voix qui lui disait en se lamentant : « Pitié pour mon royaume! Si seulement ma mort pouvait empêcher les habitants de tomber dans les griffes du méchant Néron... Mais ma mort ne servirait à rien! Même de mon vivant, dans l’état où je suis, je ne peux rien faire pour l’empêcher. J’ai bien peur pour ce royaume et je crains pour son avenir.» Des sanglots s’ajoutèrent à ces lamentations.

 

Alors, la jeune fille ouvrit la porte. Surmontant son dégoût, elle avança à pas silencieux pour ne pas être entendue dans la chambre du roi. Ce dernier était là, plongé dans une obscurité presque complète. Kimberly marcha jusqu'à se retrouver en face du noble roi allongé sur son lit et tiraillé par la douleur.

 

En présentant sa révérence, Kimberly dit au roi : « Pardonnez-moi, Votre Majesté. Dans mon cœur, il n'y a ni geste ni pensée qui puissent vous offenser. »

 

Surpris, le roi Anderson l’examina et lui demanda : « Jeune fille, qui es tu donc? »

 

Kimberly répondit tout simplement : « Je ne vais pas m’enfuir comme les autres à la vue de Votre Majesté. Qui plus est, donnez-moi vos mains ».

 

Le roi lui tendit ses mains sans dire un mot. Et c'est avec un grand respect et une profonde tendresse qu'elle les prit et les embrassa, ainsi que son front et ses joues. Après cela, elle tira de son sac à dos d'agave, ce petit morceau de roche blanche que sa grand-mère lui avait offert avant de mourir.

 

Tout à coup, au contact de la roche magique, le roi retrouva la vie. Si bien que son corps laissa émaner une lumière assez forte pour éclairer complètement la chambre qui, jusque-là, était obscure.

 

Le roi Anderson observa ses bras et, quittant son lit, il commença à sauter et à crier : « Je suis guéri! Tu as sauvé mon royaume! Toi, jeune fille, tu es la Fleur de la Paix que j'attendais si fébrilement. »

 

C'est seulement à cet instant que Kimberly comprit que la Fleur de la Paix était, en fait, une métaphore. « La paix est en chacun d'entre nous et, comme une fleur, il faut la laisser fleurir dans son cœur. », se disait-elle. Et elle conclut : « Ma grand-mère voulait que je l'apprenne et que je le comprenne par l’expérience, et ce, par un parcours initiatique ».

 

Réintégrant ses tâches de souverain, le roi nomma Kimberly « Ambassadrice de la Paix » et aussi « Conseillère du prince César ». Depuis, le royaume et ses habitants vécurent une nouvelle ère de paix et de justice. Les femmes et les enfants retrouvèrent à nouveau leurs droits humains les plus fondamentaux. Toutes les mesures nécessaires pour restaurer leur dignité furent prises. Un peu plus tard, le prince César et Kimberly, la « Fleur de la Paix », unirent leurs vies pour toujours, et tous dans ce royaume furent heureux.

 

 

Auteure: Gladys Carrillo Garcia

 

Ce conte est une propriété intellectuelle et matérielle de l’auteure Gladys Carrillo Garcia Interdit sa reproduction totale ou partielle. Es déjà  enregistre dans le registre de droits d'auteure.

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Commentaire de Gilbert Czuly-Msczanowski le 13 mars 2015 à 10:02

Ces "fleurs de la paix " sont souvent infirmières. Elles approchent toutes les souffrances. Capables de nous apporter le réconfort  rien que par le métier qu'elles ont choisi. Leur courage face à la douleur et à la mort n'a pas de mot. Notre dernière lecture est dans leur regard. Votre belle histoire m'y fait penser. Ni l'odeur, ni la laideur, ni la vieillesse n'est un repoussoir pour ces admirables personnes. Merci pour ce partage.
Amicalement
gilbert czuly-msczanowski

Commentaire de Yvonne Oter le 8 mars 2012 à 19:10

Merveilleuse histoire d'amour !

Il faudrait la faire lire dans toutes les écoles du monde. Et même si seuls quelques-uns des enfants étaient touchés par sa sagesse, ce serait déjà un grand pas vers la paix et le bonheur pour tous.

Merci Gladys.

Commentaire de Raymond MARTIN le 16 janvier 2012 à 17:16

Quel beau message (  La paix est en chacun d'entre nous,comme une fleur,il faut la laisser fleurir   dans  notre coeur !)

Enfin un réseau social modéré!!!

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