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Publications de Bruxelles Culture (77)

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VIVA FRIDA KAHLO

EXPOSITION : VIVA FRIDA KAHLO13667567698?profile=RESIZE_710x

Elle avait déjà conquis les esprits et bouleversé les cœurs. Frida Kahlo, artiste inclassable, femme de feu et de douleurs, revient hanter Bruxelles avec son univers incandescent dans un lieu de 900 m2, servi par des projections à 360°. L’exposition immersive Viva Frida Kahlo revient pour un tour de piste, enrichie et repensée. Installée au cœur de la capitale, cette expérience unique ne ressemble à aucune autre exposition traditionnelle. Ici, point de cadres sages ou de cartons à lire à la hâte. Viva Frida Kahlo se veut une plongée totale dans la vie, l’œuvre, les blessures et les couleurs d’une artiste qui peignait non pas ce qu’elle voyait, mais ce qu’elle ressentait. Dès les premières minutes, le spectateur est happé. Les murs, le sol et les plafonds deviennent écrans géants. Les projections monumentales animent les autoportraits emblématiques et les motifs récurrents (cœurs saignants, singes câlins, colonnes brisées) dans un tourbillon visuel à la fois somptueux et troublant. Les images ne se contentent pas de leur apport esthétique. Elles racontent, crient et vibrent. La narration multilingue, disponible en français, néerlandais et anglais, accompagne ce voyage intérieur. Elle évoque, avec pudeur et sans détour, les épisodes clés de la vie de cette peintre inclassable. L’occasion de revenir sur son enfance au Mexique, son accident tragique à dix-huit ans, son mariage tumultueux avec Diego Rivera, ses engagements politiques et ses souffrances physiques autant que psychologiques.  Autre élément essentiel que le paysage sonore spatialisé. Véritable composition, il enveloppe le visiteur. Des sons de la nature mexicaine aux résonances intimes d’un cœur qui bat, tout éveille les sens, convoque les émotions et crée une connexion. Cette nouvelle mise en scène ne se contente pas de reprendre le succès passé. Elle va plus loin, avec des nouveautés, dont des extraits inédits du journal intime de cette plasticienne, récemment numérisés, qui viennent ponctuer le parcours.  Certains espaces ont été entièrement repensés, dont un dôme immersif qui accueille une séquence consacrée à la Casa Azul, la maison bleue de Coyoacán, sanctuaire devenu musée. Là, au milieu des objets personnels, des photos d’époque et des reconstitutions sonores, on touche du doigt l’intimité de l’artiste. L’exposition ne demande aucune connaissance préalable. Elle s’adresse aussi bien aux passionnés d’art qu’aux néophytes, sans oublier les enfants et les rêveurs. Chacun est invité à ressentir, à laisser parler ses émotions et à marcher dans les pas de Frida Kahlo sans injonctions.  Le parcours aborde aussi les engagements féministes et politiques de l’artiste, ses prises de position sans concession et son goût pour la provocation.  Le Mexique, omniprésent, y est célébré dans ses coutumes, ses couleurs et ses sons. Des motifs traditionnels, des musiques folkloriques et des références à la culture populaire nourrissent chaque étape.  On découvre également l’humour de Frida Kahlo, sa capacité à détourner les normes, à jouer avec son image, à rire de l’absurde et à cultiver l’autodérision. Cette facette méconnue se dévoile à travers des anecdotes, des lettres et des croquis. Alors, si vous ne savez pas quoi faire en août, n'hésitez pas à vous rendre au Viage pour découvrir cette créatrice de talent. Cela se passe jusqu’au 31 août 2025. Plus de détails sur le site www.vivafridakahlo.be

Boulevard Anspach, 30 à 1000 Bruxelles

Paul Huet

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BRUSSELS IN PINK

PARCOURS : BRUSSELS IN PINK

Bruxelles voit la vie en rose cet été ! La Ville invite à découvrir ses quartiers commerçants sous un nouvel angle grâce à l'exposition en plein air Brussels in Pink, une initiative aussi audacieuse qu’insolite, signée Philippe Katerine. De la Grand-Place à la rue Haute ; en passant par la Galerie Ravenstein, une dizaine de sculptures monumentales du célèbre Monsieur Rose envahissent l’espace public et bousculent le regard des passants. Derrière ce personnage déconcertant, à la silhouette nue et potelée, se cache un projet artistique d’envergure. A savoir, transformer le centre-ville en un vaste musée à ciel ouvert. Gratuit et accessible jour et nuit, le parcours vise autant à faire sourire qu’à faire réfléchir, en installant l’art au cœur de la ville, là où on ne l’attend pas forcément. Le Mignonisme, mouvement artistique imaginé par Philippe Katerine, se déploie ici à grande échelle. Il célèbre la douceur, l’absurde et l’étrangeté du quotidien à travers des formes rondes, des attitudes énigmatiques et un rose éclatant qui attire les regards comme un aimant. Ces Monsieur Rose, sortes de bonshommes étranges tout droit sortis d’un rêve éveillé, n’ont pas pour vocation de plaire à tous.  Cet événement s’inscrit dans l’opération Enjoy the City, portée par la Ville de Bruxelles pour revitaliser ses quartiers commerçants. Après les longues périodes d’isolement et de transformations urbaines, il était temps de redonner vie à ces rues où on flâne, où on achète et où on vit. En misant sur une forme d’art inattendue et populaire, l’organisateur affirme son intention de rendre la capitale plus attractive, plus ludique et plus humaine. Avec son slogan Shop local, discover art & enjoy the city, il propose une promenade artistique doublée d’un itinéraire commerçant. Chaque sculpture devient ainsi une halte, une invitation à entrer dans une boutique, à lever les yeux et à ralentir le pas. Le shopping prend ici une tournure inattendue comme un jeu de piste entre les œuvres et les vitrines bruxelloises. Si la Grand-Place, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, incarne l’histoire et la majesté de Bruxelles, les rues voisines méritaient elles aussi un moment de lumière. La Galerie Ravenstein, haut lieu du modernisme bruxellois, devient le théâtre d’un contraste saisissant entre architecture et fantaisie. La rue Haute, avec son identité populaire et ses boutiques de créateurs, accueille les sculptures avec naturel. Partout, Monsieur Rose détonne, dialogue et transforme les lieux en scènes ! Philippe Katerine, connu du grand public pour sa musique, ses films, et ses performances décalées, déploie ici tout son univers dans l’espace public. Le choix de Bruxelles pour accueillir cette déambulation artistique n’a rien d’anodin. La capitale européenne, cosmopolite et parfois chaotique, se veut également une terre fertile pour les expériences urbaines hybrides. Avec Brussels in Pink, elle s’inscrit dans une tendance européenne où l’art contemporain investit les centres-villes, à l’instar de ce qui se fait à Nantes, à Lille ou à Berlin. Pour les magasins, cette initiative tombe à point nommé. Nombre d’entre eux voient déjà revenir les clients avec plus de curiosité et portés par l’atmosphère singulière de ce musée à ciel ouvert. L’art crée du lien, attire les regards et offre une belle visibilité à ceux qui animent la ville au quotidien. Une signalétique dédiée et des outils en ligne guident le public à travers les différentes étapes du parcours artistique et les bonnes adresses du quartier. Cela se passe chez nous jusqu’au 30 septembre 2025. Les lieux exacts du parcours sont à découvrir sur https://www.instagram.com/enjoy.the.city.bxl/#

Sam Mas

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Nouvelles sculptures en plein air

EXPOSITION DE SCULPTURES EN PLEIN AIR

C’est une première ! Faisant suite à un appel lancé en 2021 par le Centre culturel Escale du Nord, le Parc des Etangs (Anderlecht) s’est transformé en écrin pour accueillir les œuvres monumentales de six sculpteurs, prouvant à quel point l’art ne doit pas se cantonner aux galeries et aux seuls musées. Il a pour vocation d’éduquer, de sensibiliser, d’émouvoir, de questionner et de générer des débats, tout en permettant aux riverains de découvrir des œuvres contemporaines dans leur environnement lors d’une promenade pédestre, en allant faire leurs courses ou en se déplaçant expressément pour venir à leur rencontre. Enfin, il s’agit de promouvoir le travail de celles et ceux qui pratiquent la sculpture en dilettante ou en professionnels, pour prouver la vitalité de notre royaume, ainsi que pour rendre la culture accessible gratuitement à tous. Une formule très éloignée des univers figés des académies et la présentation dans un espace public agréable et verdoyant de pièces faisant chacune plusieurs mètres pour une confrontation immédiate avec le public. La disposition des œuvres dans le parc offre plusieurs points de vue pour les contempler, sans ordre de visite nécessaire. On passe allègrement de l’une à l’autre pour un arrêt ou pour passer son chemin … si on n’a pas été séduit ! Une balade qui permet également de s’évader du bitume en côtoyant des canards et des oies, des joueurs de pétanque, des familles, des séniors et des jeunes s’échangeant le ballon.  Les artistes retenus sont José Sahagun, Hubert Verbruggen, Jean Boghossian, François Canart, Brigitte Danse et Isabelle Van Wylick Zazie. Des identités artistiques peu banales ! Cette exposition en plein air est à voir jusqu’au 22 avril 2024.

Avenue Marius Renard à 1070 Bruxelles

Daniel Bastié

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COURT-METRAGE : PAS MOI 

COURT-METRAGE : PAS MOI 

La Bruxelloise Farida Lehyan vient de signer son premier court-métrage de fiction. En voilà le pitch : L'histoire de Izza est un récit poignant et inspirant, mettant en avant la force et la résilience d'une femme qui a traversé de nombreuses épreuves dans sa vie. Après avoir surmonté un divorce difficile, elle a pris la responsabilité de ses enfants et a travaillé dur pour bâtir une vie meilleure. Son engagement et son acharnement l'ont amenée à réaliser son rêve en prenant la gérance d'un magasin de meubles et de décoration. Cependant, au moment où elle atteint ce succès professionnel tant mérité, la vie lui réserve un nouveau défi : elle est diagnostiquée avec un cancer du sein. Cette nouvelle brutale plonge Izza dans le déni initial, mais elle doit rapidement affronter la réalité de la maladie. Le film explore les émotions et le combat intérieur de Izza tandis qu'elle jongle entre son travail, ses responsabilités familiales et sa lutte contre la maladie. Ce parcours difficile mettra à l'épreuve la force et le courage de Izza, mais elle trouvera du soutien auprès de ses enfants, de ses amis et de ses collègues. Le court-métrage peut être visionné sur youtube  à l’adresse suivante :

https://youtube.com/watch?v=0WfqswBD7JE&feature=share

Daniel Bastié

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KATE MILIE - L'ASSASSIN AIME LA DÉCO

KATE MILIE - L'ASSASSIN AIME LA DÉCO

À l’occasion de l’année Art déco, 180°éditions réédite L’assassin aime l’Art déco, un polar ou plutôt un pol/art signé Kate Milie.

 

Si l’on en croit vos interviews, cet opus serait associé à vingt ans de votre vie ?

Oui, tout à fait, je n’exagère en rien. La grande ligne maîtresse du livre, à savoir des meurtres dans des lieux Art déco bruxellois est venue à moi en 2004 lors d’une visite guidée consacrée à ce mouvement artistique que je connaissais mal. J’ai eu comme un « flash » et j’ai visionné des meurtres dans 3 lieux emblématiques Art déco : La Basilique de Koekelberg, l’hôtel Espérance, Bozar.

 

Et vous avez aussitôt commencé à écrire ?

Absolument pas. J’ai rangé le « flash » dans un coin de ma tête et suis partie vivre une année en Angleterre. Je n’ai plus du tout pensé à ce début d’histoire.

 

Un autre déclic a eu lieu ?

Durant l’été 2009, je suis allée à Bozar voir une expo consacrée à Sophie Calle… Il y avait des travaux… On circulait d’une salle à l’autre via des couloirs, des escaliers de service…

Et je l’ai vu ! Un vieil ascenseur d’époque ! Le « flash » est revenu. J’ai visualisé le troisième meurtre comme si j’étais le témoin principal… Le soir-même, dans un état proche de la transe, j’ai entamé l’écriture du livre… Celui-ci est paru chez 180°éditions en 2012. 13 ans plus tard, vivre sa réédition est un pur bonheur.

 

Votre assassin tue en plein mois d’août chaque jeudi… et laisse à côté des cadavres une carte de jeu… à savoir un as…

Oui. Il y a quatre jeudis dans un mois, il y a quatre as dans un jeu de cartes… Mes personnages, une guide, un flic, un journaliste vont tout faire pour sauver l’as de cœur…et vont plonger dans la symbolique pour comprendre la psychologie de l’assassin, la symbolique de la ville, des cartes, des lieux… et de l’Art déco évidemment.

 

Vos personnages sont un peu stéréotypés, non ?

Tout à fait, mais au-delà de l’aspect archétypal de leur fonction, j’ai aimé les habiller de fêlures, lesquelles vont se réactiver lors de leur intense plongée dans les fantômes de l’entre-deux-guerres.

Vos personnages vont écumer tous les lieux Art déco bruxellois inimaginables ! Votre livre peut-il être vu comme une invitation à la promenade ?

On sait que l’assassin va tuer une quatrième fois, on sait quand mais on ne sait pas où. Une véritable course contre la montre va s’opérer… et maints lieux emblématiques vont être explorés à toute vitesse. De nombreux lecteurs et lectrices m’ont dit être partis se promener sur les lieux après avoir lu le livre… Oui, ce livre peut être vu comme une invitation à la promenade.

 

Vous nous emmenez de l’hôtel Plaza au Verschueren, de l’Archiduc aux maisons jardins, des Étangs d’Ixelles au bar d’un ancien palace, quel est votre lieu préféré ?

Je les aime tous mais j’ai une tendresse toute particulière pour l’hôtel Espérance, là où le « flash » a eu lieu il y a vingt ans.

 

Propos recueillis par Dominique Larzac

L'assassin aime la déco - 180°éditions 168 pages

 

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TOONE ; CARMEN

TOONE : CARMEN

Il fallait oser ! S’emparer de l’un des fleurons du répertoire lyrique pour en faire une version haute en couleur bruxelloise, délurée, burlesque et résolument populaire, voilà ce que propose le Théâtre royal de Toone pour cet été ! Avec José Géal, alias Toone VII, tout devient possible. Perchée sur les hauteurs des Marolles, la séduisante bohémienne, imaginée par Prosper Mérimée et mise en musique par Georges Bizet, adopte l’accent brusseleir et une gouaille irrésistible, sans rien perdre de sa fougue ni de la trame du roman imaginé il y a cent cinquante ans. Bienvenue donc dans Carmen, sauce ketje ! Le rideau se lève sur une Séville très librement revisitée. Les soldats de la caserne ne chantent plus Nous marchons la tête haute, mais entonnent fièrement Wâle zaan van Meulebeek. Des dragons qui, sans doute, n'ont jamais vu l'Andalousie et qui connaissent Catherine Moureaux ou qui ont fréquenté son poupa Flupke Moustache. À leurs côtés, les contrebandiers ne restent pas à la traîne, parce qu’ils lancent avec entrain: Lup, lup, lup, de garde-ville es doe. Un avertissement qui met en garde les malandrins de tous bords.  Dans cet univers de marionnettes à tringle et à fils, tout est permis, à la seule condition que le respect de l’œuvre soit saupoudré d’un humour généreux. Pari tenu ! Don José, interprété par le jeune premier Woltje, séduit avec son air de brave manneke dépassé par ses sentiments. Il pousse des airs connus remixés à la sauce locale, dont un La bloem que tu m’avais jetée, qui normalement ne doit pas laisser de marbre une mokke un brin romantique. Carmen, quant à elle, n’a rien perdu de son magnétisme. Cigarière sans tabac (puisqu’on ne peut plus fumer dans les lieux publics !) et jamais dépourvue de verve, sait faire jouer ses belles guiboles aussi bien qu’elle fait fonctionner ses castagnettes.  Elle enchaîne les répliques et les embrassades avec une fougue digne de Shakira. Quand elle lance à Don José : Allei ket, viens ici, je vais te donner une baise qui va te faire biberer jusqu’à ton dikken tien, elle prouve que son sex-appeal ne va pas pointer à Actiris. Les habitués de l’Opéra de la Monnaie reconnaissent le découpage de la partition et le reçoivent sur la caisse de manière espiègle, voire joyeusement irrévérencieuse. Escamillo, devenu ici Isidore le Toréador, profère pour devise : Quand y sait plus, y sait encore ! Une réplique qui résume à merveille l'esprit de ce spectacle qui jongle avec la parodie, la zwanze, le second degré et l’audace.  Comme à chacune des productions chez Toone, les voix, toutes interprétées par Nicols Géal himself, forcent le respect. Passant sans transition du baryton à la soprano, de la basse profonde au ténor léger, il incarne une galerie de personnages aux timbres aussi expressifs que Marianne James du temps où elle campait Maria Ulrika Von Glott. Un exploit vocal et technique renouvelé soir après soir pour cet ancien élève du Conservatoire de Bruxelles. Pour accompagner les grands airs, l’accordéon d’Alain Ricar remplace l’orchestre symphonique dans une véritable réinvention musicale. L’instrument fait corps avec la poechenel, il souligne les passions, amplifie les tensions et adoucit les transitions, sans jamais sombrer dans le cliché ou l’emphase. Mieux, il souligne volontiers le côté populaire du spectacle. Côté visuel, les décors signés Alexandre Obolensky, d’après les maquettes de Thierry Bosquet, participent à l’enchantement et évoquent une Séville onirique et stylisée, où les ombres et les couleurs dialoguent sans cesse. Lidia Gosamo, aux costumes, apporte aux protagonistes des tenues mêlant velours, dentelle et soie pour un résultat qui fait mouche.  Alors, faut-il aller voir Carmen chez Toone ? Mille fois oui ! Pour réentendre des mélodies archi-connues sous un jour décalé, frissonner un peu et s’émouvoir beaucoup. Enfin, dans le but de se rappeler qu’un chef-d’œuvre peut exister bien au-delà de son cadre d’origine, Carmen est à applaudir du 3 juillet au 30 août 2025. Voyez tous les détails pratiques sur le site www.toone.be

Impasse Sainte Pétronille – Rue du Marché-aux-Herbes, 66 à 1000 Bruxelles

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EXPOSITION : ALICJA POLECHONSKA -ILLUSTRATIONS DU NOUVEAU TESTAMENT

Intitulée Illustrations du Nouveau Testament, cette exposition temporaire offre un voyage en couleur dans le texte biblique. Fidèle, personnelle et émotive, cette relecture visuelle invite le visiteur à une réflexion spirituelle et esthétique. L'artiste Alicja Polechonska, d'origine polonaise et installée en Belgique depuis près de trente ans, explore avec sensibilité les liens entre foi et création artistique. Depuis longtemps, elle s'attache à traduire l'élan spirituel en images, avec une technique d'aquarelle raffinée, transparente et d'une grande maîtrise. Cette démarche picturale subtile sert un propos d'une intensité spirituelle remarquable. La palette se distingue par sa douceur et son apaisement. Loin des compositions dramatiques ou flamboyantes, elle préfère les tons pastel et les nuances subtiles, qui évoquent la paix, le silence et le recueillement. Cette esthétique contemporaine renouvelle le regard porté sur les sujets religieux et attire même les amateurs d'art profane. L'exposition ne s'adresse pas uniquement aux croyants. Elle invite chacun, croyant ou non, à contempler ces instants de grâce et de lumière. Son art parle de fragilité, de compassion, d'espérance et propose un cheminement intérieur du 1er août au 12 septembre 2025 à la Collégiale Sainte Gertrude.

Grand Place de Nivelles. Plus de détails : 0478 32 54 39 (Vie spirituelle)

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OMMEGANG 2025

L’OMMEGANG 2025

Il sera de retour le mercredi 2 et le vendredi 4 juillet 2025 à partir de 19 h 30. Avec ses 1 400 figurants, certains issus des familles de l’époque, le cortège spectaculaire de l’Ommegang circu-lera de nouveau dans nos rues joyeuses, sous le regard complice de la foule.

 

On reverra ses 47 groupes folkloriques, ses 300 drapeaux et étendards, ses 48 chevaux de la police fédérale et ses 8 géants, dont le fameux dragon de St-Georges, tous répartis sur deux kilomètres d’un long cortège qui descendra les rues de Bruxelles à partir de la place du Grand-Sablon.  Dans une ambiance festive et bon enfant.

Ce défilé commémore chaque année la venue de Charles Quint à Bruxelles en 1549 pour présenter son fils, l’infant d’Espagne Philippe II. Notre empereur était accompagné de ses deux sœurs, Marie de Hongrie et Eléonore de France, veuve de François Ier qui s’était éteint deux ans plus tôt.

Durant ces quatre jours de festivités, du 2 au 5 juillet, le Grand-Sablon célébrera l’Ommegang avec un retour au cœur de la Renaissance qui ravira petits et grands. Petits surtout. Ne manquez pas le spectacle des chevaliers qui s’affronteront au tournoi sur l’esplanade derrière l’église de Notre-Dame-du-Sablon. Ni la présence des artisans qui vous livreront les secrets de leur métier de chirurgiens, barbiers ou forgerons. La brasserie Haacht sera aussi de la partie en vous servant la bière de Charles Quint au goût floral épicé. Car l’empereur aimait la bière et la chasse dans nos régions.

 

Un cortège éblouissant

1 400 figurants en costumes d’époque vous feront ainsi revivre un moment historique dans nos rues de Bruxelles : musiciens, chanteurs, danseurs, cavaliers, gardes en uniforme, gonfaloniers, arbalétriers et archers recréeront l’atmosphère de la Renaissance dans la capitale des « Pays-d’en-Bas ». Le carrosse de Charles Quint démarrera vers 20 h 15 de l’ancien palais du Coudenberg, place Royale. Il s’arrêtera à l’église du Sablon. Les groupes historiques partiront, eux, du parc de Bruxelles pour rejoindre les deux Serments des arbalétriers, les archers, les arquebusiers et les escrimeurs au Sablon.

Le cortège historique ainsi formé, précédé du carrosse impérial, se mettra en route à 20 h 50 et passera par les rues de Bruxelles pour arriver à la Grand-Place où aura commencé le somptueux specta-cle offert par la cité, le 2 juin 1549, en l’honneur de Charles Quint et de sa famille. Deux mille places assises et payantes vous y atten-dent. Pourquoi donc un cortège en si grande pompe sous les feux du spectacle ?

 

L’origine de l’Ommegang

A l’origine, c’était la plus importante procession lustrale de Bruxelles qui se déroulait une fois par an, le dimanche précédant la Pentecôte. Depuis 1930, l’Ommegang est devenu une reconstitution historique qui témoigne de l’époque de Charles Quint. Le terme ommegang est la traduction flamande de la circumambulation qui désigne la procession des groupes depuis l’église du Sablon jusqu’à la Grand-Place et leur retour avec la Vierge debout sur la barque qui l’avait amenée. C’est sous son égide et en son honneur que se déroule chaque année l’Ommegang de Bruxelles.

On prétend que cette statuette de bois fut dérobée à la ville d’Anvers en 1348 à la suite du rêve d’une jeune femme pieuse « visitée » par la Vierge, et qu’elle fut transportée en barque jusqu’aux quais de Bruxelles, où elle fut accueillie par le duc de Brabant et par les arbalétriers chargés de la protéger. Déposée dans la nouvelle chapelle du Sablon, elle prit le nom de Notre Dame des Victoires. La Vierge miraculée du Sablon devint, avec saint Michel, la grande protectrice de Bruxelles. Elle fut placée sous la bonne garde des arbalétriers, des gens d’armes de la ville, du magistrat et des Lignages qui constituent le cœur de la procession de l’Ommegang. Chaque année au Sablon, les arbalétriers se disputent en son honneur le concours du papegai. Vous y serez peut-être pour acclamer le vainqueur qui fera triomphalement son entrée sur la Grand-Place en portant la Flèche d’Or.

 

Le Héraut de l’Ommegang

Cette année, l’histoire de l’Ommegang nous sera racontée par Philippe Boxho « qui fait parler les morts ». Une figure incontournable de la chronique belge. Professeur de médecine légale à l’Université de Liège, Philippe Boxho est connu du grand public pour ses ouvrages à succès qui dévoilent, avec pédagogie et pudeur, les coulisses de son métier. Dans Autopsie d’un crime, Ce que les morts racontent ou encore Les Experts du réel, il transmet des histoires vraies, parfois déroutantes, toujours profondément humaines. Il nous racontera bientôt la venue de Charles Quint à Bruxeles.

Philippe Boxho, c’est aussi une voix reconnaissable entre toutes, un passeur d’histoires capable de captiver une assemblée avec autant de rigueur que de malice. Il nous dira l’histoire de l’Ommegang dans son rôle de héraut, guide complice et éclairé du public, aux côtés de Bert Kruismans pour la version anglaise et de Jo Lemaire pour la version néerlandaise. Avec lui, cette édition 2025 sera retransmise avec panache et ce petit clin d’œil décalé qui fait toute la saveur de ses interventions dans les chroniques de la justice.

 

Une BD à l’honneur pour l’Ommegang

Thomas Liera, illustrateur belge de renom, sera présent lors des deux représentations de l’Ommegang sur la Grand-Place de Bruxelles, la plus belle des places pour rejouer la venue de Charles Quint. Carnet à la main, il dessinera en direct des scènes inspirées du spectacle. Il signe cette année la BD officielle de l’événement : Ommegang 1930, écrite par l’historien, scénariste, journaliste et auteur Patrick Weber.

Ce roman graphique entraîne le lecteur dans la capitale des années 1930, au moment où l’Ommegang renaît de ses cendres après plusieurs décennies d’interruption pour commémorer le centenaire de la naissance de la Belgique. Sur fond d’enquête policière digne des plus grands romans d’Agatha Christie, cette œuvre graphique mêle suspense, patrimoine et hommage vibrant aux traditions bruxelloises. Lire notre critique dans la rubrique livres de cette édition. 

 

Au programme encore, les joutes équestres

Une activité pratiquée à l’époque des Bourguignons, peu avant la Renaissance, était les joutes équestres. Il s’agit d’une des épreuves organisées lors des tournois de chevalerie, sans doute la plus célèbre. Elle consistait à faire charger l’un contre l’autre deux chevaliers, munis chacun d’une lance et lancés eux-mêmes au galop. Contrairement à l’idée que l’on se fait, il ne s’agissait pas de désarçonner l’adversaire mais de briser le plus de lances possible. En cas d’égalité, la longueur du bois brisé désignait le vainqueur.

Vous verrez ces chevaliers jouxter en brisant leurs lances les uns contre les autres du haut de leur destrier, sur l’esplanade située entre l’église et la place du Sablon. Vous verrez aussi des combats de chevaliers qui s’affronteront à pied. Un marché Renaissance vous y attendra, avec la représentation de la vie quotidienne d’une troupe de mercenaires du XVe siècle.

 

Le tir du papegai

A l’époque de Charles Quint, les armes à flèches sont détrônées par la poudre. Si l’arc et l’arbalète détiennent encore un prestige social, ils cèdent progressivement la place aux arquebuses sur les champs de bataille. Aussi ce sport devint-il avant tout un jeu d’adresse pratiqué dans les jardins privés. Dès la fin du Moyen Age, les villes organisaient chaque année, au printemps, une compétition visant à déterminer le meilleur tireur. Il s’agit des « tirs du papegai », un terme très répandu alors en Europe, où le vainqueur est désigné comme le Roi de la flèche pour un an, après avoir décroché un oiseau perché sur un mât, une tour ou une église. Le papegai était l’effigie d’un oiseau apparenté au perroquet pour servir de cible.

L’Ommegang de Bruxelles, qui avait lieu traditionnellement en mai, perpétue ce concours sur la place du Sablon. Vous y verrez les archers se disputer la palme. Ils vous y attendent les 2 et 4 juillet prochains à partir de 19 h 30.  Festivités gratuites au Sablon jusqu’au samedi 5 juillet de 12 h à 20 h. Spectacle Ommegang payant sur la Grand-Place les 2 et 4 juillet, avec Brel chanté par Olivier Laurent le jeudi 3 juillet à 21 heures. Plus d’informations et billets disponibles sur www.ommegang.be

Michel Lequeux 13642572261?profile=RESIZE_710x

 

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Exposition : FABRICIA LEPOUTRE

EXPOSITION : FABRICIA LEPOUTRE

Après un parcours de globe-trotter et de grands changements dans son existence, Fabricia Lepoutre renoue, après des années de silence artistique, avec la peinture. Elle façonne un univers chargé d'émotions, caractérisé par un style propre. A travers ses toiles, on voyage dans la Bretagne qui est devenue son environnement quotidien. Rencontre.


Qui êtes-vous ?

Je suis née à Quito en Équateur le 24 avril 1961 et je vis actuellement à Penmarch dans le Finistère, une belle région de Bretagne. Tout jeunes, mes frères et moi avons été initiés à la peinture par notre maman, qui était artiste peintre. Après mon bac, j’ai quitté l’Afrique du Sud, où j’ai vécu dix ans, pour suivre un cursus d’une année à Paris, puis de trois ans à la Ringling School of Art and Design en Floride, où j’ai décroché mon diplôme d’illustratrice en 1984. De retour en France, j’ai gagné ma vie dans une imprimerie durant une douzaine de mois, mais la peinture me manquait et je m’y suis mise à temps plein. Les expositions ont commencé à se succéder dans le Nord où je vivais alors en compagnie de mes quatre enfants, A l’époque, je peignais surtout des natures mortes, des intérieurs de maisons et des représentations de marchés africains très colorés, thèmes influencés par mes nombreux voyages.


Vous a-t-on soutenue dans votre parcours artistique ?

Mon grand-père et ma maman m’ont beaucoup aidée dans mon travail, ainsi que mes enfants. Ils étaient présents pour donner un avis, me conseiller et m’encourager à ne jamais baisser les bras. Sans eux, rien n’aurait été pareil !

 

Votre style a évolué en 2027. Que s’est-il passé ?

Chaque existence connaît des changements d’orientation. A vrai dire, je n’ai jamais réfléchi à un plan de carrière et j’ai toujours peint instinctivement ce qui me plaisait. Pourtant, je sentais que je devais évoluer. Je me suis mise à représenter ma Bretagne, avec ses maisons de pécheurs, la mer, ses places, ses ports, ses rochers, son ciel chargé ...

 

Quelle technique pratiquez-vous ?

Je travaille essentiellement à base d’acrylique, de craie, de pastel et de peinture caséine. Quant au support, il s’agit de lin épais. J’ai découvert la caséine grâce à mon compagnon, qui est décorateur d’intérieur.  Il l’utilise régulièrement et j’ai tout de suite eu un coup de foudre pour cette matière. Pour celles et ceux qui l’ignorent, la caséine est un mélange complexe de protéines obtenues à partir du lait ou de protéines végétales.  Depuis des centaines d'années elle est également employée comme liant des peintures et des colles.  Elle se présente sous la forme d’une poudre blanche, qu’il faut diluer avec de l'eau. Son traitement apporte un effet magnifique sur les surfaces mates.

 

De quelle manière êtes-vous entrée en contact avec Espace Art Gallery ?

J’ai eu la surprise de trouver un mail du patron de cette enseigne. Il me proposait un rendez-vous pour parler de mon travail et pour, éventuellement, organiser une exposition à Bruxelles. Sans trop réfléchir, j’ai répondu, en me répétant que cela ne m’engageait aucunement d’accepter un tête-à-tête avec ce monsieur. Sur place, j’ai découvert un professionnel attentionné et qui avait l’air de bien connaître les rouages du métier, avec un contrat clair, dans lequel tout était millimétré afin d’éviter les différent ultérieurs. Que dire de plus ?  J’ai emporté les documents chez moi, afin de les relire au calme et pour en discuter avec mon compagnon. Puis, je me suis lancée et j’ai signé !

 

Qu’allez-vous proposer dans le cadre de votre exposition ?

J’ai rassemblé des toiles qui correspondent à ce que je vis, à ce que je ressens et à ce que j’ai envie de montrer de mon travail. Le public aura l’occasion de découvrir tout un pan de ma Bretagne, qui bouge, qui chahute de partout et qui, paradoxalement, affiche un apaisement qui contraste avec ses turbulences.

 

Les œuvres de Fabricia Lepoutre sont à découvrir à Espace Art Gallery du 3 au 27juillet 2025. Référez-vous à tous les détails pratiques mis en ligne sur le site www.espaceartgallery.eu

 Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles

Propos recueillis par Daniel Bastié 

 

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RENCONTRE : FRANÇOISE VAN HERREWEGHE

RENCONTRE : FRANÇOISE VAN HERREWEGHE

Françoise Van Herreweghe a suivi un cursus artistique avant de s’installer à Paris. Depuis bientôt quarante ans, elle y réside, travaille dans un musée et rédige de la poésie, dont deux recueils ont fait l’objet d’une publication. Des livres qui nous invitent à regarder l’univers au travers de ses manifestations profondes, étranges et symboliques. Ce prisme sensible laisse percevoir une vision où des mondes sont créés, ceux que nous pouvons dans notre imaginaire baigner de forces vives. Rencontre.

 

Quelle est votre formation ?

J’ai terminé mes études dans l’apprentissage du dessin à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles au milieu des années 1980. Les cours généraux étaient assurés, notamment, par Pascal Vrebos, alors fort jeune professeur de sémantique et pas encore vedette à la télévision belge, ainsi que par Guy Gilsoul, critique pour l’hebdomadaire Le Vif/L’Express, chargé des cours d’histoire de l’art et d’esthétique. Les ateliers étaient assurés, entre autres, par les peintres Marianne Dock et Charles Szymkowicz. Une solide formation ! Ensuite, je suis montée à Paris pour suivre des cours d’art dramatique et vivre un nouveau chapitre.

 

Que lisiez-vous étant jeune ?

J’ai commencé par la Comtesse de Ségur avec Les mémoires d’un âne, auteure qui avait le don de mettre en place des histoires qui parlent aux enfants, avec des personnages attachants. On l’oublie aujourd’hui mais, à l’époque, tous les jeunes connaissaient et aimaient ses ouvrages, qui étaient régulièrement adaptés pour le cinéma et la télévision. Plus tard, je me suis nourrie de Balzac, Stendhal et Flaubert, des classiques qu’il faut lire au moins une fois dans son existence. Ensuite, il y a eu la découverte de Patrick Modiano, dont je peux dire que j’ai lu tous les livres. Pour moi, il est l’auteur du temps qui passe et ses romans dégagent un fort sentiment de mélancolie traversé de nostalgie. Je n’oublie pas de citer Françoise Sagan avec Bonjour Tristesse, une femme exceptionnelle au destin tragique, et une poignée d’écrivains dont l’importance reste majeure : François Mauriac. Georges Duhamel, Julien Green, Ernest Hemingway, Somerset Maughan et ses nouvelles, Henry James et Arthur Rimbaud, le voyant par excellence, le grand novateur dans le domaine de la poésie, celui à qui toutes celles et tous ceux qui font de la versification doivent énormément.

 

Jean Cocteau et Serge Gainsbourg vous ont toujours fascinée.  De quelle manière vous nour-rissent-ils ?

J’ai découvert Jean Cocteau très jeune avec le film La Belle et la Bête, un long métrage magique dont le succès doit énormément au jeu de Jean Marais et Josette Day. Une réalisation en noir et blanc de toute beauté, inventive, intemporelle et qui m’a marquée pour longtemps. Puis, sont venus ses livres.  Il s’est imposé à moi par son univers décalé, irrationnel et sa poésie qui ne fait jamais joli ou touchant, mais qui se révèle âpre. En cela, il rejoint les surréalistes, tout en demeurant une personnalité inclassable. Je l’ai toujours considéré comme faisant partie de ma famille. A part La Belle et la Bête, plusieurs de ses autres films m’ont fascinée par leur esthétique singulière et leur découpage. Je retiens particulièrement Orphée et Le Testament d’Orphée, ainsi que Les Enfants Terribles. Des créations portées par une liberté absolue de style. Admirer un artiste ne s’explique jamais ou presque jamais. Quant à Serge Gainsbourg, il m’a accompagnée au cours des années 80, durant lesquelles je découvrais ses chansons des années 70 que j’adore toujours, en passant aussi par ses musiques de film. Comment se lasser du mythique Melody Nelson, album concept à l’époque incompris, et de L’Homme à la Tête de Chou ? Son écriture m’a beaucoup influencée, lorsque j’ai commencé à écrire quelques chansons vers quatorze ans. Cela devenait comme une école. Son exemple m’a appris l’exigence, la musicalité et la combinaison des mots. Surtout la recherche du mot exact comme il disait et j’ai toujours eu cette volonté de cibler une exigence. Tous deux continuent de m’inspirer et font partie de ma vie. Ils seront toujours là ! Présents et distants. Ils ne m’envahissent pas, mais sont près de moi comme des ombres tutélaires.

 

Pourquoi avoir emménagé à Paris au milieu des années 80 ?

J’ai toujours su depuis l’enfance que je ne resterais pas en Belgique. Mystère de l’intuition. Et Paris apparaissait telle une évidence ! On y parle le français, puis cette ville se singularise par son côté paillette, son Histoire et ses promesses. Comme si je retrouvais quelque chose de familier là-bas ! Une ville, c’est une rencontre. Elle est aussi celle du cinéma, où tous les vieux films que j’ai vus avaient été tournés. Mes attentes n’ont pas été déçues et je suis encore éblouie par Paris ! Je passe et repasse par les mêmes endroits avec la même admiration intacte. Bruxelles est mon enfance, mes parents, ma famille. Un rivage lointain, des souvenirs !

 

Avez-vous quelques anecdotes sur votre arrivée à Paris ?

Le jour de mon départ, le 4 janvier 1987, tout était figé par la neige et les trains ne pouvaient pas assurer le transport des voyageurs. Il a fallu partir en car. Ma mère m’avait accompagnée et m’avait regardée partir. Je vivais beaucoup plus l’instant présent qu’aujourd’hui. Seulement plus tard, on mesure les actes. J’allais dormir chez un ami, colocation, études de théâtre au Cours Florent, jobs occasionnels et promenades sur les quais de la Seine avec les premiers walkmans à cassettes de l’époque.  Et j’écoutais quoi ? Serge Gainsbourg, Jane Birkin, Etienne Daho !

 

A l’époque, les Belges n’étaient pas encore des vedettes dans l’Hexagone. Quel regard les Parisiens portaient-ils sur eux ?

Oui, il y a une belle évolution des Belges à Paris ! Très tentant pour les acteurs francophones d’émigrer là-bas. Pour faire carrière, rien ne vaut cette capitale, qui peut ouvrir les portes du septième art, de la pop et des théâtres pour les gens talentueux. Ce qui représente la Belgique plaît maintenant beaucoup. Mes compatrio-tes possèdent une espèce de singularité presque exoti-que pour les Français, une sorte de surréalisme typique et un sens de l’autodérision qu’on rencontre fort peu ailleurs. Nous sommes voisins, si proches et, cepen-dant, tellement différents. En ce qui concerne les artistes qui ont réussi à Paris, ma préférence va à Benoît Poelvoorde et à Cécile de France.

 

Dans votre vie active, vous avez sans cesse cherché un rapport avec l’art. Quels métiers avez-vous exercés ?

J’ai beaucoup travaillé avec Virgin, grand distributeur dans le domaine des loisirs avec de la musique, du cinéma et des livres. Une émulation naît forcément dans ces lieux vibrants et énergiques, où l’on peut faire des rencontres étonnantes avec des artistes. Les mu-sées ont toujours été pour moi des lieux de prédilection où, parfois, on peut presque se recueillir comme on le fait dans une église. Actuellement, je travaille aux Archives Nationales, un endroit ayant appartenu à certaines grandes familles de la noblesse au XVIIIème siècle. Il s’agit d’un lieu à la fois de transmission et patrimonial, où l’on guide les gens vers une connaissance de l’archive depuis le début du XIXème siècle sous Napoléon 1er. Des grands salons baroques accueillent le public en plein centre du Marais, où ont vécu les princes de Rohan-Soubise.

 

A quel moment avez-vous cherché à vous faire publier ?

En 2013, je me suis lancée dans l’autoédition pour Opus Focus. Ensuite, en 2018, pour la seconde version de ce livre, j’ai été acceptée aux Editions Unicité. Ma poésie n’est pas en vers et, même si je conserve le principe des strophes, elle dégage une grande liberté dans les rimes, que je ne veux pas trop régulières ni répétitives. Disons, alors, de la poésie en prose ! J’aime aussi les sonorités heurtées et les associations incongrues. Je m’éloigne du lisse. Disons que je privilégie les aspérités !

 

A quel type de mouvements rattachez-vous votre poésie ?

Elle se trouve en résonance avec le symbolisme et le surréalisme, une frontière floue entre le visible et l’invisible, pour frôler le mystère autant que les jeux d’ombres et de lumières. L’inconscient y règne en maître, l’enfant chéri des surréalistes !

 

Cherchez-vous à faire passer des messa-ges ?

Non, surtout pas et je détesterais ça ! C’est toujours un peu présomptueux, les messa-ges. Je ne souhaite pas expliquer quoi que ce soit et chacun est libre de trouver telle ou telle signification à laquelle il peut s’amu-ser à faire référence. Une fois publié, mon recueil passe librement entre les mains de chacun, qu’il aime ou non.

 

En quelles circonstances, le comédien Jean-Claude Dreyfuss a-t-il déclamé votre recueil ?

Je l’ai rencontré lors d’une de ses représen-tations au Théâtre Rive-Gauche, où il jouait avec Francis Huster La trahison d’Einstein. J’ai trouvé un lieu qui s’appelait “Le Caba-ret du Néant“, l’ancêtre d’un cabaret du même nom fondé en 1892 sur le boulevard de Clichy, où ont trôné les célèbres cafés baptisés “L’Enfer“ et “Le Paradis“. Je me suis dit que cette adresse lui correspondrait bien et, pour ma part, il était dans la veine surréaliste. Jean-Claude Dreyfuss a dit les poèmes et ne les a pas déclamés. La déclamation est une expression du texte qui est forcée, emphatique et vue, aujourd’hui, comme péjorative. J’en garde un souvenir ébloui et, en même temps, ce moment ne m’a pas semblé réel. Je me sentais trop à distance de ce qui était en train de se passer. Sinon, je conserve une très grande reconnaissance pour le public qui est venu découvrir mon travail et envers Jean-Claude Dreyfuss qui s’est montré d’une belle générosité à mon égard.

 

De quoi parle Opus Focus ?

Opus Focus est un défilé de tout ce que j’ai écrit, avec des textes parfois très anciens, dont quelques-uns ont été retravaillés et corrigés. Ce livre parle énormément de la nature, la principale inspiratrice, et aussi de tous ces arrière-mondes qui habitent souvent l’écriture. Le titre signifie musique et image.

 

Il y a un autre ouvrage intitulé The Speed of the Horses. Pourquoi la langue de Shakespeare ?

The Speed of the Horses, que je traduis littéralement par La vitesse des chevaux, est à ce jour mon deuxième opus littéraire publié. Le cheval est un symbole d’énergie et de force dans la mythologie. Je crois qu’il fait partie des animaux psychopompes aussi, capables de conduire les âmes des morts vers leur destination. Petit clin d’œil aux Rolling Stone, ces textes en anglais sont des chansons inspirées par la pop anglaise des années 70 et 80, mais nés de leur musique et non de leurs lyrics, à l’exception de The Pink Floyd, David Bowie et Jim Morrison. Ces trois-là possèdent un univers très singulier, sombre et lumineux. Ils ont osé écrire des textes irrationnels, loin de toute histoire narrative. On trouve également dans ce recueil quelques adaptations de mes textes en français. Adapter et non traduit car, en poésie, il est pratiquement impossible de respecter le sens ou la sensation si on s’attache à traduire mot à mot. Surtout dans la langue de Shakespeare, qui est par nature plus abstraite que le français et donc plus évasive !

 

Entretenez-vous encore des liens avec Bruxelles ?

Evidemment, car elle reste la capitale de ma naissance, de mon enfance et de ma scolarité. Les racines restent très fortes même si j’ai rêvé de m’en éloigner. J’y possède encore un reste de famille et quelques connaissances. Quand j’y reviens, j’ai la sensation d’un retour en eau froide, parfois aussi ! La vitalité y est tellement différente de celle qui anime Paris et de ce que j’y vis !

 

Retrouvez Françoise Van Herreweghe sur le site www.editions-unicite.fr

Propos recueillis par Daniel Bastié (article publié dans Bruxelles Culture)

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JOSÉ DUCHANT, PROFESSION PICKPOCKET (livre)

Dans l’univers du spectacle, les artistes brillent par leur voix, leur gestuelle ou leur humour. Puis, il y a ceux qui étonnent par leur adresse. José Duchant fait partie de cette deuxième catégorie. Artiste belge singulier, il a débuté comme magicien, avant de devenir le roi des pickpockets de scène. Un art délicat qui mêle théâtre, prestidigitation, psychologie et sens aigu de l'observation. Fort vite remarqué, il développe une fascination pour cette technique et enthousiasme le public qui n’en revient pas.  Rien ne lui résiste. Bagues, colliers, pochettes, paquets de mouchoirs, portefeuilles ou lunettes, tout est subtilisé en une fraction de seconde ! Mieux, il comprend que pour captiver les spectateurs, il ne suffit pas d’être habile. Il importe aussi de faire preuve d’élégance, de drôlerie et de respect. Les producteurs se l’arrachent et le voilà parti pour un tour du monde des enseignes les plus prestigieuses. L’occasion de se lier d’amitié avec les vedettes de l’époque : Annie Cordy, Lucienne Boyer et bien d’autres. Ses exploits scéniques résident dans la manière, jamais brusque et toujours fluide, de s’emparer d’un objet comme s’il avait quitté son propriétaire de son plein gré. À la fin du numéro, tout est évidemment restitué sous les rires et les applaudissements. Sa recette tient dans l’art de tromper les gens tout en créant de la complicité. Là où le citoyen lambda se verrait condamné par la justice, notre artiste accueille les ovations de toutes parts. Parler de sa trajectoire consiste à cadrer le rétroviseur en direction de sa petite enfance, dans un milieu catholique assez strict qui ne voyait pas l’un d’entre eux embrasser le métier de saltimbanque et s’exhiber sur les planches. Tout cela allait bien sûr sans tenir compte de l’avis du principal intéressé. A savoir, le petit José qui se passionnait littéralement pour la magie et … les miracles des Evangiles ! A force d’obstination, il a tenu la barre en cherchant à se perfectionner davantage. Pour réussir, il devait être l’égal des meilleurs, voire les surpasser ! Michel-Guy retrace le cheminement d’un champion dans sa catégorie. L’un des trois pickpockets au monde à être capable de se produire sous les projecteurs sans l’aide d’un comparse. A travers ce récit renaît la vie nocturne de Bruxelles des années 60, 70 et 80, avec ses nombreux cabarets aujourd’hui disparus autant que leurs vedettes.

Ed. Servranx – 246 pages

Daniel Bastié

Article paru dans 13564153457?profile=RESIZE_180x180Bruxelles Culture de juin 25

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The world of Bansky

EXPOSITION : THE WORLD OF BANSKY

Banksy, l'artiste énigmatique dont l'identité demeure un mystère, a marqué le monde de l'art contemporain par son style distinctif et son engagement social. Ses œuvres, souvent politiquement chargées, se manifestent à travers des graffitis, des peintures murales et des installations provocantes. En dépit de son succès mondial, Banksy reste dans l'ombre, se cachant derrière le voile de l'anonymat. Son talent artistique transcende les frontières conventionnelles, fusionnant l'art de la rue avec une critique audacieuse de la société. Ses images emblé-matiques, telles que la fillette relâchant un ballon en forme de cœur ou le manifestant jetant un bouquet de fleurs, sont devenues des symboles de la contestation pacifique et de la quête de justice sociale. Banksy utilise l'art comme moyen de communication, mettant en lumière des questions cruciales telles que les inégalités sociales, les conflits politiques et les méfaits environnementaux. Ses œuvres transmettent souvent un message puissant, incitant le spectateur à réfléchir sur le monde qui l'entoure. L'artiste se sert de l'espace urbain comme supports, transformant des murs gris en toiles vibrantes qui suscitent la réflexion. Sa renommée mondiale n'a pas émoussé son engagement envers l'anonymat. Sa capacité à rester incognito malgré la célébrité témoigne de son désir de focaliser l'attention sur ses créations plutôt que sur sa personne. Cette mystérieuse aura entourant sa personne alimente le mystère et l'intrigue, renforçant l'impact de ses œuvres dans le monde entier. Bien que certaines critiques considèrent son travail comme purement subversif, d'autres louent son ingéniosité et son audace. Son influence sur le street art contemporain est indéniable, ouvrant la voie à de nouveaux dialogues sur la place de l'esthétique dans l'espace public et son pouvoir de provoquer des changements sociaux. The World of Banksy propose une exposition qui rassemble le plus grand nombre d’œuvres murales grandeur nature de cet artiste. Ces œuvres reconstituées à la perfection, ainsi que d’autres pièces relatant la riche carrière de Banksy, ont été installées dans les locaux mythiques d’une ancienne maison de tissus au cœur de la ville de Bruxelles. On le sait, la plupart des travaux exposés et reconstitués à l’identique d’après des photographies ont disparu. Une occasion unique de faire connaissance avec la figure la plus énigmatique du monde de l'art moderne ! Voyez tous les détails pratiques sur le site www.theworldofbanksy.be

Rue de Laeken, 28 à 1000 Bruxelles

Sam Mas (Article paru dans Bruxelles Culture de juin 25)

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Exposition/ Projection : ALICE GUY - PREMIÈRE CINÉASTE AU MONDE

Née en 1873, Alice Guy a marqué de son empreinte l’histoire du cinéma en devenant la première cinéaste au monde. Dès ses débuts chez Gaumont au début du XXe siècle, elle s’est illustrée par son audace et sa créativité. À une époque où le cinéma était encore balbutiant, elle a rapidement perçu le potentiel narratif de ce nouvel art, devenant une des premières à concevoir des films comme des œuvres de fiction plutôt que de simples captations de la réalité. Alors que le cinéma ne parlait pas encore, elle a réalisé plus de six cents films, couvrant une variété de genres et de styles. Ses œuvres allaient du court-métrage au format plus long, témoignage de son adaptabilité face aux contingences. Parmi ses créations marquantes, citons La Fée aux Choux (1896), souvent considéré comme le premier film de fiction, et Falling Leaves (1912), un drame qui illustre son talent pour raconter des histoires complexes avec une grande sensibilité. En 1910, Alice Guy franchit l’Atlantique pour s’installer aux États-Unis, où elle fonde sa propre société de production, Solax. Basée à Fort Lee, alors capitale du 7e art américain, sa compagnie lui permet de conserver une liberté artistique totale. Solax devient rapidement un acteur important de l’industrie cinématographique, produisant des films novateurs aussi bien sur le plan technique que narratif. Alice Guy n’était pas seulement une artiste, elle était également une pionnière du féminisme. En un temps où les femmes étaient rarement reconnues dans les métiers artistiques, elle a ouvert la voie en prouvant qu’une femme pouvait non seulement travailler, mais exceller dans ce domaine. Sa carrière est devenue un modèle d’indépendance et de détermination. Malgré ses accomplissements, Alice Guy a très vite été oubliée par l’histoire du cinéma, éclipsée par des figures masculines comme Georges Méliès ou les frères Lumière. Ce n’est qu’à partir des années 1970 que des chercheurs et des cinéphiles ont commencé à exhumer son travail. Depuis, elle a progressivement été reconnue comme une figure essentielle dans le domaine.  L’exposition au Centre Jules Verne propose un regard dans l’univers de cette cinéaste d’exception. Elle retrace son parcours, depuis ses débuts en France jusqu’à ses années aux Etats-Unis. Les visiteurs peuvent découvrir des affiches de films, des photographies, des extraits de ses œuvres et des documents d’archives rares. Cet événement reste accessible aux visiteurs du 26 mars au 29 juin 2025. Un rendez-vous incontournable pour les passionnés de cinéma et les curieux désireux de découvrir une figure méconnue mais essentielle. Alice Guy, bien qu’ayant traversé des décennies d’oubli, reprend enfin la place qui lui revient : celle d’une pionnière et d’une visionnaire ! Voyez les informations pratiques sur le site officiel de l’organisateur www.julesverne.brussels

Chaussée de Neerstalle, 63-67 à 1190 Bruxelles

Article paru dans Bruxelles Culture de juin 25

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Fête de la Musique

FÊTE DE LA MUSIQUE 2025

Organisée depuis 1985 et coordonnée par le Conseil de la Musique, la Fête de la Musique est un événement incontournable en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle est l'occasion pour des milliers de personnes de célébrer chaque année, aux quatre coins de notre communauté, le début de l'été et l'ouverture de la saison des festivals. Elle a pour vocation de mettre en valeur les nombreux artistes de la scène musicale belge et leur offrir une vitrine le temps d’un ou deux concerts. On le sait, les talents sont nombreux chez nous et, trop souvent, ils manquent de soutien tant du côté des médias que des politiques. Ne pas laisser se racornir les artistes et les aider à sortir de leur sphère pour toucher un vaste public, l’idée méritait d’être pensée ! Depuis trois décennies, chaque commune s’investit concrètement en dressant une scène ou un podium sur une place, dans un parc ou à un carrefour.  L’édition 2019 sera fêtée du jeudi 19 au dimanche 22 juin avec de quoi faire le plein de mélodies pour plusieurs semaines. Comme d’habitude l’accès à tous les événements est 100% gratuit. Découvrez la programmation complète, commune par commune, sur le site www.fetedelamusique.be

Sam Mas (Article paru dans Bruxelles Culture de juin 25)

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Aldina Mateus : rencontre

RENCONTRE : ALDINA MATEUS

Aldina Mateus confie peindre uniquement ce qui lui plait et avec un plaisir toujours renouvelé. Son univers pictural gravite autour des femmes, belles, mystérieuses et sensuelles, voire amoureuses ! Elle a choisi ce thème à mille autres, parce qu’il évoque à ses yeux un sentiment, une sensibilité et une attitude qui la confrontent à son tempérament d’artiste. Rencontre.

 

Qui êtes-vous ?

Je suis née en 1965. D’origine portugaise, je vis en France depuis l’âge de onze ans. J’ai suivi une forma-tion en secrétariat-comptabilité, cursus qui m’a amenée à travailler dans différents secteurs, allant de l’étude de notaire au monde bancaire, du secrétariat médical aux analyses de marché. Loin de moi, alors, l’idée que j’allais un jour embrasser une carrière artistique !

 

Quand vous êtes-vous intéressée à la peinture ?

J’ai découvert la peinture en 2012, suite à l’invitation d’une collègue qui peignait. Il s’agissait de venir assister à un cours d’initiation au sein de l'association La Palette d'Ecquevilly. Une extraordinaire découverte qui, depuis, ne me quitte plus. Je me suis investie de plus en plus dans cette activité en autodidacte, en observant et en m’appuyant sur divers tutoriels en ligne, ce qui m’a permis d’expérimenter, de chercher et de trouver. J’ai essayé diverses techniques avant de me fixer. L'encouragement de ma famille a été essentiel et m’a conduit à poster quelques clichés de mes créations sur les réseaux sociaux, me permettant ainsi de bénéficier du soutien d'une amie, responsable d'une agence de voyages, qui m’a proposé d’exposer quelques toiles dans ses locaux, puis de les renouveler régulièrement. De cette manière, j’ai fait la découverte du public. Stéphane Le Maner, jusqu'alors responsable des expositions du Musée de l'Hôtel Dieu de Mantes-la-Jolie, m’a suggéré de travailler par thèmes, de créer des séries et d'aborder le grand format. De la sorte, les expositions ont commencé à se succéder.

 

Vous pratiquez la technique de la peinture à l'huile essuyée. De quoi s’agit-il ?

La technique de la peinture à l’huile essuyée consiste à travailler sur le négatif et est tout l’inverse de ce que font les autres peintres. Je commence par poser une épaisse couche de peinture sur la totalité du support pour faire apparaitre mon sujet en retirant de la matière avec, par exemple, du papier absorbant, un chiffon ou mes doigts. Les lumières sont ensuite travaillées au coton tige. Puisque la fine couche de pigments restants ne permet pas un croquis ou des esquisses avant peinture, mes toiles sont exécutées à main levée. J’ai découvert ce procédé tout à fait par hasard, en cherchant à récupérer la surface sur laquelle je m’étais essayée à l’abstrait. En essuyant la toile, je me suis amusée à faire apparaitre des nus et des drapés. La patte du peintre était née !

Y a-t-il un artiste qui a influencé votre parcours ?

Pour moi, Tamara de Lempicka a été une véritable source d’inspiration. J’adore la transparence des étoffes qu’elle reproduit, ses personnages féminins coiffés de grands chapeaux, ainsi que sa palette qui passe du bleu au vert, en jonglant avec les jaunes et les rouges éclatants.  Grâce à une stylisation mêlant néo-cubisme et renaissance italienne, ses œuvres, principalement des portraits mondains et des nus monumentaux, se caractérisent par un modelé accentué. La composition très resserrée s'inspire du cadrage cinématographique. J’adore !

 

Pourquoi avez-vous fait de la féminité l’objet de votre créativité ?

J'ai fait de la féminité le centre de mon activité, car j'aime travailler le naturel des corps, surtout celui de la femme. De manière générale, je peins à partir d'une photographie qui m'émeut ou que je trouve esthétique. Je commence par éliminer ce qui ne m'intéresse pas pour garder l'atmosphère particulière qui en a fait l’objet de mon choix. Mon objectif consiste à transmettre une émotion. Il importe que mes toiles dégagent une part de mystère, un sentiment ou une attitude. Je m’évertue à faire en sorte que chacun puisse s'identifier à mes personnages. Mes compositions présentent l'aspect du sépia ou du fusain, parfois avec une touche de couleur, même si peintes en technique mixte, c’est-à-dire à l’acrylique et à l’huile. Quant à mon besoin de représenter essentiellement des personnages féminins, cela doit tenir au fait que, inconsciemment, j’éprouve une envie de me libérer d’une éducation trop stricte due à mes origines. Aussi, en ne cessant pas de songer à ma grand-mère maternelle, Rosa, qui était une femme très émancipée pour son époque, extraor-dinairement féminine et que j’admirais plus que tout au monde.

 

Quelle émotion ou message cherchez-vous à transmettre à travers vos œuvres ?

Je cherche à partager un enthousiasme qui va au-delà du tableau, une bulle de bien-être autant qu’une invitation au rêve. Le public témoigne souvent d’un effet thérapeutique et d’une sensation d’apaisement ressentis au travers de mes toiles. A cela, je n’ai pas de propos particuliers à véhiculer. Mes œuvres se veulent avant tout harmonieuses. Chacun peut donc les interpréter à sa guise, en y voyant des choses auxquelles je n’ai pas forcément songé ou en venant vers moi pour partager des appréciations.

 

Vos toiles ont participé à de nombreuses expositions. Pouvez-vous en parler ?

Sans aucun doute, l’événement qui m’a le plus marquée reste l’exposition-vente du Gouverneur Militaire de Paris en 2019 aux Invalides, au profit des blessés et des familles de mili-taires morts en service. L’art au profit du caritatif me tient particulièrement à cœur. Un autre événement marquant a été mon exposition personnelle au Jardin du Luxembourg en 2021, organisée par le Sénat. Je n’imaginais pas réussir à attirer autant de visiteurs. Mille cinq cents en deux semaines. Du bonheur pur ! Dans le cadre de cet accrochage, j’ai vécu une expérience intense, lorsque ma peinture a été expliquée, toile par toile, à une non-voyante par son accompagnatrice. Je n’imaginais pas à quel point cela pouvait me troubler positivement.


Quel a été le plus grand défi auquel vous avez été confrontée ?

Ma première exposition en 2014 s’est révélé un vrai challenge. Il fallait aller au contact des visiteurs, parler de moi, expliquer ma technique. Un exercice auquel je n’étais pas préparée et auquel je me suis aguerrie depuis. J’y ai décroché mon premier Prix du Public. Quelle fierté !


De quelle manière avez-vous fait la connaissance d’Espace Art Gallery ?

L’écrivain Manuel Verlange, qui a découvert et apprécié mon travail lors d’une exposition, a parlé de moi à Jerry Delfosse, directeur d’Espace Art Gallery. Lors de ma visite à Bruxelles en novembre 2023, j’ai immédiatement été séduite par cet endroit extrêmement lumineux et par l’accueil chaleureux qui m’a été réservé. J’y exposerai une partie du thème Féminité, ainsi que quelques toiles du thème Efflorescences.

 

Pourquoi les visiteurs doivent-il venir à découvrir votre travail ?

J’invite le public à venir à ma rencontre, à participer à mon voyage pictural, à entrer dans un univers de rêve… et à se laisser surprendre par ce qui singularise mes toiles.

 

Qu’attendez-vous de cet événement ?

Un magnifique moment de partage et de convivialité. Je sais qu’il y a toujours énormément de monde dans le cadre du vernissage et j’ai entendu dire que le public bruxellois est fort chaleureux. Puis, chaque exposition m’amène à rencontrer de nouvelles personnes, à échanger et à découvrir

  …
Quel conseil donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite se lancer dans l’aventure d’une exposition de ses œuvres ?

Je lui dirais de peindre essentiellement avec son cœur, de suivre ses envies, de se laisser guider par ce qu’il croit être bien et de faire confiance au public, car le regard des spectateurs est sincère et ne trompe pas !

 

Les œuvres d’Aldina Mateus sont à découvrir à Espace Art Gallery du 6 au 29 juin 2025. Référez-vous à tous les détails pratiques mis en ligne sur le site www.espaceartgallery.eu

 

Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles

Propos recueillis par Daniel Bastié (Article paru dans Bruxelles Culture de juin 2025)

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ANTONIETTA CORTI DI CURIO : EXPOSITION

ANTONIETTA CORTI DI CURIO : EXPOSITION
Antonietta Corti di Curio fait partie de ces artistes complets. Elle travaille avec la même aisance sur bois, papier ou toile. Sa technique, souvent mixte, lui permet d’allier les matières. Elle trouve son inspiration dans le monde qui l’environne ou dans le cadre de voyages à l’étranger. Tout la conditionne et rien ne l’endigue ! Rencontre.

Qui êtes-vous ?
Je suis originaire de Curio, un petit village pittoresque du Tessin en Suisse italienne. J’ai étudié à Berne, puis j’ai vécu et travaillé à Vevey en Suisse romande et à Londres. Les circonstances ne m’ont pas permis d’entamer des études d’art ou d’architecture comme je l’aurais souhaité. J’ai néanmoins utilisé toutes les opportunités pour explorer les aspects culturels et artistiques, là où je me trouvais. Depuis fort longtemps, je me suis installée à Bruxelles, où j’ai exercé diverses professions : journaliste, chercheuse pour ses multinationales, puis dirigeante de fédérations internationales et européennes. J’ai eu l’opportunité de visiter une cinquantaine de pays, autant en Europe, en Amérique du Nord et latine, qu’en Asie. Artistiquement, je suis autodidacte, même si j’ai eu, au cours des derniers trente-cinq ans, la chance d’apprendre une série de techniques en allant à la rencontre d’ateliers, d’artistes et d’académies en Belgique. À la Rhok Academie, je me suis initiée à la bijouterie, non pas pour créer des bagues et des colliers, mais pour maitriser la soudure pour mes fils de récits, dont certains sont exposés à Espace Art Gallery.

Qu'est-ce qui vous inspire le plus dans votre travail artistique ?
Ce qui me touche profondément devient source d’inspiration. Certaines personnes en particulier, l’opéra, les paysages de mes lieux d’origine et certaines œuvres d’art de toutes les époques confondues.

Comment décririez-vous votre style ?
Je ne m’attache à aucune étiquette. Je suis adepte d’une liberté totale et cette position se reflète dans mon travail, qui se veut à la fois éclectique et mû par la curiosité, autant que par le plaisir de la découverte permanente.

Y a-t-il un artiste ou un mouvement artistique qui a influencé votre parcours ?
Sans aucune hésitation, Pablo Picasso se situe au sommet de ceux que j’admire. Il ne s’est jamais installé dans un système. Il est toujours allé de l’avant pour tester, expérimenter et trouver, comme il le disait lui-même. Malgré tout ce qui a été raconté sur l’homme et son rapport aux femmes depuis quelques dizaines d’années, sa liberté, sa créativité et son assiduité au travail en ont fait un immense créateur. Vraisemblablement, le meilleur de tous ceux que le XXe siècle a engendré ! A huit ans, alors malade et alitée, mon père m’a offert un livre sur ce peintre et j’en suis tombée admirative au plus haut point. Quasiment amoureuse. Pour moi, il était clair que quelqu’un capable de créer ainsi des mondes sans barrières ne pouvait être qu’heureux. Je n’ai jamais cherché à l’imiter, parce que personne ne peut l’égaler. J’ai suivi ma propre voie, qui demeure une quête constante. Plus tard, j’ai découvert d’autres artistes, dont ceux de la Renaissance et les post- impressionnistes, inventeurs d’un nouveau langage. Comment taire aussi l’impact qu’ont eu sur moi les expressionnistes : Ernst Barlach, Käthe Kollwitz, August Macke, Egon Schiele, Emil Nolde, Chaïm Soutine, Léon Spilliaert, Lucian Freud, Jawlensky et bien d’autres, dont l’utilisation de la couleur ne peut que troubler. Enfin, l’art brut s’est avéré un nouveau choc esthétique, de même que le Street Art !

Quelle est votre technique ou médium préféré ?
Cela dépend du moment et il s’agit là d’une de mes faiblesses puisque, dès que j’ai expérimenté une méthode, je dois impérativement en tester une nouvelle. Je pense qu’un artiste devient plus lisible s’il balise sa route, se positionne avec un style pour devenir immédiatement reconnaissable et trouve sa signature. Mais, la vie me paraît trop courte pour résister à la tentation d’autres voies empiriques. J’ai donc commencé à travailler avec des pastels secs, pour passer à l’huile. Ensuite, j’ai embrassé l’acrylique et, en parallèle, je me suis mise à concevoir des œuvres en fil de cuivre.

Quelle émotion ou message cherchez-vous à transmettre ?
Je n’ai jamais eu la prétention de véhiculer quoi que ce soit et ne revendique rien. J’essaie d’apporter du bien-être à travers mes créations. Il suffit d’écouter les informations ou de les lire dans les journaux pour se rendre compte que notre monde souffre, que les gens sont angoissés et ne sont jamais satisfaits. Si je parviens à apporter de la sérénité et du réconfort, je suis déjà suffisamment comblée en tant qu’artiste.

De quelle manière êtes-vous entrée en contact avec Espace Art Gallery ?
José Duchant, conseiller artistique, a découvert une partie de mon travail lors d’une de mes nombreuses expositions et m’a conviée à pousser la porte d’Espace Art Gallery, pour discuter des modalités du contrat, Démarche précédée par une visite de mon atelier et suivie par un accord pour fixer une date d’installation de mes œuvres. Voilà !

Qu’y présentez-vous ?
J’expose des travaux faits de fils de cuivre soudés et appliqués sur un arrière-plan coloré, puis encadrés. Il y a aussi deux sujets en fil de cuivre à suspendre, installés à une certaine distance, pour qu’ils projettent leur double en ombre sur le mur. Les œuvres encadrées mesurent 60cm sur 60cm.

Qu’attendez-vous de cet accrochage ?
Je suis toujours curieuse de l’interprétation des visiteurs. Entendre ce que raconte le public est extrêmement constructif. Puis, il existe ce plaisir incomparable de détecter les petites lumières dans son regard, un sourire ou un enchantement sur ses lèvres.

Découvrez les œuvres d’Antonietta Corti di Curio à Espace Art Gallery du 1er au 31 mai 2025. Référez-vous à tous les détails pratiques mis en ligne sur le site www.espaceartgallery.eu

Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles
Propos recueillis par Daniel Bastié

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Christine Utri : rencontre

RENCONTRE : CHRISTINE UTRI
Dans notre entourage, nous connaissons toutes et tous un proche, victime d'une personnalité toxique, voire antisociale. Le livre Ajna retrace le parcours initiatique spirituel de Franje et de sa libération émotionnelle, autant que celui de son auteure, Christine Utri. Rencontre.

Pouvez-vous vous présenter succinctement ?
Après des études de traduction néerlandais-italien à l'École d’Interprètes Internationaux à Mons, j'ai obtenu un diplôme de Conseiller Social et Fiscal. Mon parcours professionnel a été très diversifié. J'ai eu l'opportunité de travailler plusieurs années au sein de l'Union Européenne et, également, dans le secteur financier et bancaire, notamment aux Pays-Bas et à Bruxelles.

 De quelle manière avez-vous été amenée à écrire Ajna ?
La crise sanitaire de la covid-19 en a été le déclencheur. J'ai décidé de mettre à profit cette période de confinement et je me suis inscrite à la Masterclass d'écriture en ligne organisée par messieurs Éric-Emmanuel Schmitt, Bernard Werber et Douglas Kennedy. Cette formation a fait jaillir en moi l'idée suivante : Et si j'écrivais ? Lors de séances quotidiennes de méditation personnelle, j'écoutais la chanson de Snatam Kaur Ong Namo. Ainsi, de fil en aiguille, l’histoire s’est concrétisée.

Que raconte Ajna, même si le personnage principal se prénomme Franje ?
Je voulais un titre qui soit à la fois mystérieux et accrocheur, puisque celui-ci est le visage de l’ouvrage. Considéré comme le troisième œil et le lieu du mental, Ajna correspond au sixième sens et à l'intuition. Ajna contrôle le mental. Ce centre d'énergie fait partie des sept chakras. Il symbolise l'intelligence, mais surtout l'intuition. Ce récit retrace le parcours initiatique et spirituel de l’héroïne prénommée Franje. Grâce à une thérapie hypnotique, elle témoigne de sa renaissance, de sa guérison et de sa réconciliation avec son enfant intérieur. Suite à des traumatismes familiaux et relationnels, elle refait confiance à son intuition et se remet à s’aimer.

Pourquoi le prénom Franje ?
Lors d'une intervention, Bernard Werber a pratiqué une séance d’hypnose régressive en ligne et le prénom Franje a surgi dans ma tête. Je l'ai trouvé en totale adéquation avec ma narration. Habitant Bruxelles, ce prénom rallie pour moi la communauté franco-phone, puisque Fran correspond au diminutif de France autant que de Françoise, et parce que le suffixe je évoque la communauté flamande. Un prénom donc typiquement de chez nous, même si plutôt utilisé au nord de notre royaume et aux Pays-Bas !

Ce livre est-il une autobiographie ?
Il a été conçu comme un témoignage romancé de ce que j’ai vécu. En pleine crise sanitaire, Franje découvre qu’elle a été dupée amoureusement. Différents thèmes sont abordés au cours des différents chapitres, dont le mariage gris ou, encore, les cinq blessures de l'âme que sont le rejet, l'abandon, la trahison, l'humiliation et l'injustice. Le burnout, résultant d'un mobbing professionnel et familial, est aussi évoqué. L'art thérapie la délivre de ses béquilles médicamenteuses et lui fait découvrir un talent caché enfoui au plus profond d'elle-même. En l’occurrence, le don de l'écriture !

Pour revenir à vous, de quelle manière avez-vous découvert la double vie de votre époux ?
J'ai été victime d'une escroquerie aux sentiments, qui a duré plus de vingt années. Nous formions un couple mixte traditionnel, sans aucuns soucis, avec respect mutuel des croyances et des convictions. Je n'ai jamais été effleurée par le doute qu’il me manipulait et avait tissé sa toile patiemment pour mieux m'arnaquer. J'ai découvert son stratagème via un ami, notaire de profession. Ce dernier m'a annoncé que cette personne était mariée dans son pays d’origine depuis de nombreuses années et était père de famille, alors qu'il vivait maritalement avec moi à Bruxelles.

Quelle définition donnez-vous d’une personnalité toxique ?
Une personnalité toxique est une personne manipulatrice, impulsive et dépourvue de remords. Elle enfreint les normes sociales et exploite les autres pour son propre intérêt.

De quelle manière vous êtes-vous libérée et quels bénéfices en avez-vous retirés ?
Se défaire de certains liens est extrêmement difficile sans aide extérieure. Qu’elle soit juridique et/ou psychologique. Cela nous amène à une totale libération émotionnelle et nous replace face à nous-mêmes pour transmuter cette épreuve en réussite personnelle.

Aujourd’hui, vous semblez parfaitement épanouie. A quoi devez-vous cette sérénité ?
En coupant ces liens toxiques, qu'ils soient familiaux, relationnels ou professionnels et en changeant de cercle social, on reprend conscience de sa valeur personnelle. Des séances de méditation quotidienne et des lectures sur le développement personnel aident également à se reconstruire et à se recentrer sur les priorités de l’existence. Dans mon cas, cela a parfaitement fonctionné !

Quel message souhaitez-vous transmettre à travers ces pages ?
J'ai appris la réelle définition du mot résilience. Arriver à se pardonner de s'être laissé manipuler et emprisonner dans un tourbillon de mensonges et d'illusions représente la plus belle victoire pour moi, afin de parvenir à se réaligner, à s'ancrer et à rebondir plus fort et plus épanouie dans le quotidien. Et comme l'a écrit Anthony Robbins que je cite dans mon livre : "Pour s'en sortir, il ne faut pas sortir. Il faut monter plus haut, se dépasser, grandir et aller au-dessus de soi-même. Changer de niveau de conscience !". Mon message est clair. On peut toujours se relever à force de volonté, quoi qu’il puisse arriver ! Mon livre a été écrit principalement pour aider l’un ou l’autre lecteur qui, à un moment donné de son parcours, se retrouve à genoux et pense que jamais il ne s’en sortira. Il faut répéter que tout un chacun est capable de déplacer des montagnes, s’il accepte de se refaire confiance. Et l’art thérapie est l’une des clés qui ouvre la porte vers la guérison. Je voulais également souligner l’importance de dénoncer cette pratique de mariage gris trop souvent d’actualité mais malheureusement encore incomprise et impunie par la législation, en Belgique notamment.

Comment vous êtes-vous prise pour être publiée ?
Le chemin vers le monde de l'édition s’avère complexe pour un néo-auteur. La majorité des grandes maisons d'édition ayant pignon sur rue n'osent pas parier sur un inconnu. Mais à force de volonté et de détermination, trois maisons d’édition m'ont contactée. Et toutes les trois travaillent en France ! Aucune maison d'édition belge n'a daigné répondre à mon courrier, que ce soit par mail ou par voie postale ! J'ai finalement opté pour Vérone Éditions à Paris. Une collaboration très cordiale et professionnelle s'en est suivie. Et encore aujourd'hui, Vérone Éditions fait un excellent travail de pub et de communication, et ce aux niveaux local et international. Je ne regrette pas d’avoir signé avec elle.

Vous êtes souvent en contact avec vos lecteurs, quelles réactions vous transmettent-ils ?
J'ai régulièrement des retours positifs et constructifs concernant la lecture de mon livre, notamment des lectrices et des lecteurs qui ont vécu des situations similaires. Echanger et partager leur expérience avec moi les a réconfortés et stimulés à se reprendre en main, notamment via l'art thérapie qui regroupe écriture, dessin, peinture et danse. Un retour inattendu et très chaleureux a été celui d’Amélie Nothomb, qui représente pour moi une reconnaissance fantastique. Cela me conforte à continuer à m'épanouir dans ce domaine qu’est l’écriture. J'ai transmuté cette expérience négative et, grâce à elle, j'en ressors finalement grandie, apaisée et confiante en l'avenir. Merci la vie, puisque le hasard n'existe pas !

A quels événements littéraires avez-vous participé ?
Depuis la publication du livre, j'ai participé à deux Foires du livre de Bruxelles et à plusieurs autres salons, que ce soit à Mons, à Feluy, à Gosselies, à Dour, à Wavre et bien ailleurs encore ! L'ambiance qui se dégage de ces événements littéraires est vraiment unique. Faire découvrir mon univers, rencontrer des lecteurs potentiels et des écrivains de renom partageant la même passion demeure féerique. Pour moi, il s’agit d’un rêve d'enfance qui se concrétise, autant qu’un accomplissement personnel gratifiant.

Vous êtes Bruxelloise, quel regard portez-vous sur la capitale ?
Je réside à Bruxelles depuis plus de trois décennies et j’adore y habiter Pour moi, la capitale de l'Europe est the place to be !, la ville cosmopolite par excellence et des rencontres culturelles à foison. Bref, j’adore !

Quelle est votre actualité ?
J'ai intégré le réseau Rencontre des Auteurs Francophones basé à New-York et dirigé par Sandrine Mehrez Kukurudz. J'ai été sélectionnée pour participer à deux ouvrages collectifs. Il s’agit d’un recueil de poèmes en hommage à Colette et ses chats et d’un ouvrage de nouvelles ayant pour thème la Méditerranée. Je fais enfin partie de L'AREAW depuis peu.

Retrouvez Christine Utri sur le site www.editions-verone.com
Propos recueillis par Daniel Bastié pour Bruxelles Culture (Ed. de mai 2025)

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EXPOSITION : LES FLEURS DU MAL

EXPOSITION : LES FLEURS DU MAL
L’illustrateur et peintre Olivier Ledroit revient sur la scène bruxelloise avec une exposition exceptionnelle intitulée Les fleurs du mal, qui imaugure une rencontre inédite entre l’univers gothique et flamboyant de Ledroit et le talent sculptural d’Eric Vanel. Ensemble, ils plongent dans l’essence du chef-d’œuvre de Charles Baudelaire, lui offrant une réinterprétation visuelle et émotionnelle saisissante. Olivier Ledroit, connu pour son travail sur Requiem, Chevalier Vampire, Les Chroniques de la Lune Noire ou encore Wika, ne se contente pas de mettre en images les poèmes de Baudelaire. Il s’attaque plutôt à l’âme de l’auteur et à l’époque qui l’a façonné. « Je ne souhaitais pas me contenter d’illustrer les poèmes de Baudelaire. D’autres l’ont fait avant moi. L’objectif est plutôt de reproduire le bain culturel dans lequel a trempé Baudelaire : ses visions, ses angoisses, ses inspirations, son monde, son Paris du XIXe siècle », confie-t-il. Dans un style flamboyant et foisonnant, il parvient à recréer un Paris sombre et onirique, où les figures féminines énigmatiques côtoient les gargouilles et les têtes de mort. Chaque œuvre semble résonner avec les thèmes chers au poète : l’amour, la mélancolie, la décadence et l’évasion. L’apport d’Eric Vanel à cet événement se veut tout aussi essentiel. Sculpteur figuratif de renom, il a su transposer en volume la poésie torturée de Baudelaire. Ses sculptures en bronze, à la fois sensuelles et spectrales, dialoguent avec les illustrations de Ledroit pour donner naissance à un univers d’une cohérence saisissante. Le visiteur est invité à une immersion sensorielle où la matière et la couleur se répondent dans une atmosphère tantôt éclatante, tantôt ténébreuse. Les femmes splendides côtoient ici les monuments parisiens, les chats, les têtes de mort et les dragons. Tantôt éclatant de couleur, tantôt célébrant l’amour, tantôt mélancolique… Cet accrochage ne se contente pas de juxtaposer peinture et sculpture. Il propose une mise en scène immersive où les œuvres sont mises en valeur par un éclairage subtil et une scénographie pensée pour évoquer les états d’âme de l’écrivain maudit. La galerie Huberty & Breyne sert d’écrin à cette manifestation jusqu’au 19 avril 2025. Voyez tous les détails pratiques sur le site www.hubertybreyne.com
Pl ace du Châtelain, 33 à 1050 Bruxelles

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EXPOSITION : EXTASE

EXPOSITION : EXTASE
Notre capitale, ville d’art et de culture, accueille une exposition envoûtante au cœur de son prestigieux Musée de l’Érotisme et de la Mythologie (MEM). L’artiste Pascale de Bruxelles y présente son dernier cycle de peintures intitulé Extase, une plongée sensorielle dans les mystères du désir et de la volupté. À travers cette collection, l’artiste explore la fine frontière entre plaisir et tentations charnelles, offrant au spectateur une vision renouvelée de l’extase dans l’histoire de l’art. Cet événement rassemble une série d’œuvres inédites où le corps devient le théâtre d’émotions intenses. Pascale de Bruxelles, connue pour son approche picturale vibrante et expressive, tisse ici un dialogue entre la représentation classique du plaisir corporel et tout ce qui lui fait cortège. Ses toiles, baignées de couleurs profondes et de jeux de lumière subtils, évoquent à la fois les maîtres de la Renaissance et l’exubérance du symbolisme du XIXe siècle. Les silhouettes se fondent dans des décors oniriques où la chair semble effleurer le sacré. Chaque coup de pinceau traduit une tension entre l’érotisme explicite et la suggestion poétique. Ce flou artistique est volontaire, car l’artiste cherche à dépasser les représentations figées du plaisir pour en faire une expérience universelle.
Le Musée de l’Érotisme et de la Mythologie est l’écrin parfait pour cette manifestation, car il célèbre depuis des années le lien profond entre désir, spiritualité et mythes anciens. Pascale de Bruxelles puise largement dans la mythologie gréco-romaine et orientale pour enrichir son propos. On y retrouve ainsi des figures comme Aphrodite, Éros ou encore Dionysos, mais revisités avec une touche contemporaine qui interpelle. Certaines toiles se nourrissent directement des mystiques chrétiennes, telles que Sainte Thérèse d’Avila ou les extases des saints dans l’art baroque. D’autres rappellent les bacchanales païennes ou les représentations tantriques de l’Inde ancienne. Ce mélange d’influences confère à l’exposition une richesse thématique et iconographique rare, où chaque visiteur peut projeter sa propre interprétation. L’artiste revendique aussi une influence plus contemporaine, en n’oubliant pas les plasticiens du XXe siècle.
Depuis son ouverture, l’exposition attire un public varié, des amateurs d’art classique aux passionnés de créations contemporaines. Les critiques saluent unanimement la force expressive des travaux exposés et la cohérence du parcours, qu’ils qualifient d’événement d’une puissance rare, où la jouissance est abordée sous toutes ses facettes et sans aucune vulgarité. Certains visiteurs reviennent plusieurs fois, captivés par les différentes strates de lecture qu’offre chaque toile. On découvre à chaque visite une nouvelle nuance, un détail qui avait échappé la première fois. Cet engouement s’explique aussi par la rareté des expositions consacrées à cette thématique. Extase est accessible jusqu’au 27 avril 2025 au MEM. Voyez tous les détails pratiques sur le site www.m-e-m.be


Rue Sainte-Anne, 32 à 1000 Bruxelles
Sam Mas

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FESTIVAL DU KINOLATINO 2025

FESTIVAL DU KINOLATINO 2025
La troisième édition du festival du cinéma latino-américain sera à l’honneur du 11 au 19 avril au Palace de Bruxelles. Kinolatino sera également présent à Anvers (De Cinema), à Liège (cinéma Churchill), à Namur (cinéma Caméo), à Nivelles (Ciné4) et à l’UCL de Louvain-la-Neuve. Seul festival qui se tient dans les trois régions du pays et le seul organisé par des cinéastes.

Cette troisième édition nous amène un éventail de films qui jettent le pont entre l’Amérique latine et l’Europe : depuis le mur de Donald Trump jusqu’à la Terre de feu, en passant par l’Argentine, le Brésil et le Mexique. En Argentine, le cinéma est menacé par l’Etat qui s’en prend à la culture et à son budget. Regarder un film argentin aujourd’hui a donc tout son sens. C’est une des raisons de ce festival. Comme de défendre le cinéma indigène qui nous parle de l’identité des peuples et de leurs racines à la terre mère dans un continent métissé.
Kinolatino mobilise la diaspora latino-américaine vivant en Belgique : leurs familles, leurs amis et leurs voisins. Il attire aussi les hispanophones, ceux qui parlent ou veulent apprendre le portugais, les amoureux de la culture latino-américaine et, bien sûr, les cinéphiles qui y trouveront leurs dadas.
Des longs-métrages, des courts-métrages de fiction et des documentaires seront en compétition. Avec des rencontres, une masterclass avec Virginie Surdej, Magritte de la Meilleure image en 2018 (Une famille syrienne) et preneuse d’images pour Mexico 86, avec des débats et, bien sûr, avec la fiesta sud-américaine. En venant voir un film au festival, vous pourrez même gagner deux billets aller-retour pour une destination en Amérique latine grâce au parrainage d’Air Europa. Pour gagner, vous devrez être présent en personne à la cérémonie de clôture du samedi 19 avril, où aura lieu un tirage au sort, suivi d’un drink festif offert par le Cartagena Salsa Bar.

Mexico 86
En ouverture au festival, ce sera Mexico 86 de César Diaz, réalisateur, scénariste et monteur belgo-guatémaltèque qui avait remporté le prix Magritte 2020 du Meilleur premier film pour Nuestras madres. Dans ce second film, le réalisateur revient sur le destin d’une militante guatémaltèque exilée à Mexico en 1986. Entre son fils de 10 ans qui débarque dans sa vie et son rôle d’activiste contre la dictature militaire du Guatemala, Maria devra faire un choix cornélien. Bérénice Bejo, actrice franco-argentine, incarne ce rôle avec force et conviction. Elle se souvient qu’elle fut, elle aussi, une exilée. Et le réalisateur, qu’il fut le fils d’une exilée. La boucle est ainsi bouclée. Voir notre critique du film dans la rubrique cinéma.
Fraise et chocolat de Tomas Gutierrez Alea (1993) refermera le festival le samedi 19 avril dans une version restaurée. On y suit la rencontre à La Havane d’un homosexuel avec un jeune étudiant universitaire hétéro, militant des Jeunesses communistes qui voit d’abord en l’autre un dissident. Ils devront apprendre à dépasser leurs préjugés respectifs avant que ne s’établisse entre eux une réelle et poignante amitié.
Au programme du festival
Les 13 films et les 8 courts-métrages en compétition officielle représentent ce que le continent sud-américain a produit de mieux en 2024. C’est du tout neuf.
Motel Destino et Pacto Da Viola nous montrent le Brésil d’aujourd’hui : un motel où s’affirme la violence face aux croyances locales. Avec La Piel en primavera, la Colombie noue une relation entre une agente de sécurité et un chauffeur de bus. A Panama, une immigrée colombienne se lie d’amitié avec une femme d’affaires qui lutte contre un début de démence sénile.
Grand Prix du festival de Lima 2024, Kinra suit un frère et sa sœur sur la tombe de leur mère. Le chaos social à Lima encore, en 1992, sert de thème à Reinas de Klaudia Reynicke. Voler le chien de son meilleur client sera le sujet d’El Ladron de Perros, film bolivien en coproduction avec le Mexique, le Chili et la France. Enfin, dans Una cancion para mi tierra, un professeur de musique découvre que des avions pulvérisent des pesticides près des écoles où la vie des élèves est ainsi mise en danger. Pour se faire entendre, les enfants et leur enseignant composent des chansons, puis passent à la vitesse supérieure. D’autres films encore pour illustrer l’Amérique latine d’aujourd’hui.
Les prix seront décernés sous la forme d’une sculpture en bronze, El Caminante, « le Marcheur », conçue par Frans Wuytack (90 ans), artiste flamand de renommée internationale et militant pour la paix, qui a mené plusieurs vies dans différents pays (notamment au Venezuela) en tant qu’ouvrier, prêtre, guérillero et sculpteur. Son fils Fabio fait partie du Jury du long-métrage. Le Marcheur couronnera les prix du Meilleur court-métrage, du Meilleur long-métrage, le prix du Public et celui de la Meilleure coproduction avec l’Europe.

Du 11 au 19 avril au Palace de Bruxelles, près de la Bourse. Plus d’informations et tout le programme sur le site du festival : www.kinolatino.be.
Michel Lequeux

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