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Publications de Bruxelles Culture (69)

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Exposition : FABRICIA LEPOUTRE

EXPOSITION : FABRICIA LEPOUTRE

Après un parcours de globe-trotter et de grands changements dans son existence, Fabricia Lepoutre renoue, après des années de silence artistique, avec la peinture. Elle façonne un univers chargé d'émotions, caractérisé par un style propre. A travers ses toiles, on voyage dans la Bretagne qui est devenue son environnement quotidien. Rencontre.


Qui êtes-vous ?

Je suis née à Quito en Équateur le 24 avril 1961 et je vis actuellement à Penmarch dans le Finistère, une belle région de Bretagne. Tout jeunes, mes frères et moi avons été initiés à la peinture par notre maman, qui était artiste peintre. Après mon bac, j’ai quitté l’Afrique du Sud, où j’ai vécu dix ans, pour suivre un cursus d’une année à Paris, puis de trois ans à la Ringling School of Art and Design en Floride, où j’ai décroché mon diplôme d’illustratrice en 1984. De retour en France, j’ai gagné ma vie dans une imprimerie durant une douzaine de mois, mais la peinture me manquait et je m’y suis mise à temps plein. Les expositions ont commencé à se succéder dans le Nord où je vivais alors en compagnie de mes quatre enfants, A l’époque, je peignais surtout des natures mortes, des intérieurs de maisons et des représentations de marchés africains très colorés, thèmes influencés par mes nombreux voyages.


Vous a-t-on soutenue dans votre parcours artistique ?

Mon grand-père et ma maman m’ont beaucoup aidée dans mon travail, ainsi que mes enfants. Ils étaient présents pour donner un avis, me conseiller et m’encourager à ne jamais baisser les bras. Sans eux, rien n’aurait été pareil !

 

Votre style a évolué en 2027. Que s’est-il passé ?

Chaque existence connaît des changements d’orientation. A vrai dire, je n’ai jamais réfléchi à un plan de carrière et j’ai toujours peint instinctivement ce qui me plaisait. Pourtant, je sentais que je devais évoluer. Je me suis mise à représenter ma Bretagne, avec ses maisons de pécheurs, la mer, ses places, ses ports, ses rochers, son ciel chargé ...

 

Quelle technique pratiquez-vous ?

Je travaille essentiellement à base d’acrylique, de craie, de pastel et de peinture caséine. Quant au support, il s’agit de lin épais. J’ai découvert la caséine grâce à mon compagnon, qui est décorateur d’intérieur.  Il l’utilise régulièrement et j’ai tout de suite eu un coup de foudre pour cette matière. Pour celles et ceux qui l’ignorent, la caséine est un mélange complexe de protéines obtenues à partir du lait ou de protéines végétales.  Depuis des centaines d'années elle est également employée comme liant des peintures et des colles.  Elle se présente sous la forme d’une poudre blanche, qu’il faut diluer avec de l'eau. Son traitement apporte un effet magnifique sur les surfaces mates.

 

De quelle manière êtes-vous entrée en contact avec Espace Art Gallery ?

J’ai eu la surprise de trouver un mail du patron de cette enseigne. Il me proposait un rendez-vous pour parler de mon travail et pour, éventuellement, organiser une exposition à Bruxelles. Sans trop réfléchir, j’ai répondu, en me répétant que cela ne m’engageait aucunement d’accepter un tête-à-tête avec ce monsieur. Sur place, j’ai découvert un professionnel attentionné et qui avait l’air de bien connaître les rouages du métier, avec un contrat clair, dans lequel tout était millimétré afin d’éviter les différent ultérieurs. Que dire de plus ?  J’ai emporté les documents chez moi, afin de les relire au calme et pour en discuter avec mon compagnon. Puis, je me suis lancée et j’ai signé !

 

Qu’allez-vous proposer dans le cadre de votre exposition ?

J’ai rassemblé des toiles qui correspondent à ce que je vis, à ce que je ressens et à ce que j’ai envie de montrer de mon travail. Le public aura l’occasion de découvrir tout un pan de ma Bretagne, qui bouge, qui chahute de partout et qui, paradoxalement, affiche un apaisement qui contraste avec ses turbulences.

 

Les œuvres de Fabricia Lepoutre sont à découvrir à Espace Art Gallery du 3 au 27juillet 2025. Référez-vous à tous les détails pratiques mis en ligne sur le site www.espaceartgallery.eu

 Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles

Propos recueillis par Daniel Bastié 

 

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RENCONTRE : FRANÇOISE VAN HERREWEGHE

RENCONTRE : FRANÇOISE VAN HERREWEGHE

Françoise Van Herreweghe a suivi un cursus artistique avant de s’installer à Paris. Depuis bientôt quarante ans, elle y réside, travaille dans un musée et rédige de la poésie, dont deux recueils ont fait l’objet d’une publication. Des livres qui nous invitent à regarder l’univers au travers de ses manifestations profondes, étranges et symboliques. Ce prisme sensible laisse percevoir une vision où des mondes sont créés, ceux que nous pouvons dans notre imaginaire baigner de forces vives. Rencontre.

 

Quelle est votre formation ?

J’ai terminé mes études dans l’apprentissage du dessin à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles au milieu des années 1980. Les cours généraux étaient assurés, notamment, par Pascal Vrebos, alors fort jeune professeur de sémantique et pas encore vedette à la télévision belge, ainsi que par Guy Gilsoul, critique pour l’hebdomadaire Le Vif/L’Express, chargé des cours d’histoire de l’art et d’esthétique. Les ateliers étaient assurés, entre autres, par les peintres Marianne Dock et Charles Szymkowicz. Une solide formation ! Ensuite, je suis montée à Paris pour suivre des cours d’art dramatique et vivre un nouveau chapitre.

 

Que lisiez-vous étant jeune ?

J’ai commencé par la Comtesse de Ségur avec Les mémoires d’un âne, auteure qui avait le don de mettre en place des histoires qui parlent aux enfants, avec des personnages attachants. On l’oublie aujourd’hui mais, à l’époque, tous les jeunes connaissaient et aimaient ses ouvrages, qui étaient régulièrement adaptés pour le cinéma et la télévision. Plus tard, je me suis nourrie de Balzac, Stendhal et Flaubert, des classiques qu’il faut lire au moins une fois dans son existence. Ensuite, il y a eu la découverte de Patrick Modiano, dont je peux dire que j’ai lu tous les livres. Pour moi, il est l’auteur du temps qui passe et ses romans dégagent un fort sentiment de mélancolie traversé de nostalgie. Je n’oublie pas de citer Françoise Sagan avec Bonjour Tristesse, une femme exceptionnelle au destin tragique, et une poignée d’écrivains dont l’importance reste majeure : François Mauriac. Georges Duhamel, Julien Green, Ernest Hemingway, Somerset Maughan et ses nouvelles, Henry James et Arthur Rimbaud, le voyant par excellence, le grand novateur dans le domaine de la poésie, celui à qui toutes celles et tous ceux qui font de la versification doivent énormément.

 

Jean Cocteau et Serge Gainsbourg vous ont toujours fascinée.  De quelle manière vous nour-rissent-ils ?

J’ai découvert Jean Cocteau très jeune avec le film La Belle et la Bête, un long métrage magique dont le succès doit énormément au jeu de Jean Marais et Josette Day. Une réalisation en noir et blanc de toute beauté, inventive, intemporelle et qui m’a marquée pour longtemps. Puis, sont venus ses livres.  Il s’est imposé à moi par son univers décalé, irrationnel et sa poésie qui ne fait jamais joli ou touchant, mais qui se révèle âpre. En cela, il rejoint les surréalistes, tout en demeurant une personnalité inclassable. Je l’ai toujours considéré comme faisant partie de ma famille. A part La Belle et la Bête, plusieurs de ses autres films m’ont fascinée par leur esthétique singulière et leur découpage. Je retiens particulièrement Orphée et Le Testament d’Orphée, ainsi que Les Enfants Terribles. Des créations portées par une liberté absolue de style. Admirer un artiste ne s’explique jamais ou presque jamais. Quant à Serge Gainsbourg, il m’a accompagnée au cours des années 80, durant lesquelles je découvrais ses chansons des années 70 que j’adore toujours, en passant aussi par ses musiques de film. Comment se lasser du mythique Melody Nelson, album concept à l’époque incompris, et de L’Homme à la Tête de Chou ? Son écriture m’a beaucoup influencée, lorsque j’ai commencé à écrire quelques chansons vers quatorze ans. Cela devenait comme une école. Son exemple m’a appris l’exigence, la musicalité et la combinaison des mots. Surtout la recherche du mot exact comme il disait et j’ai toujours eu cette volonté de cibler une exigence. Tous deux continuent de m’inspirer et font partie de ma vie. Ils seront toujours là ! Présents et distants. Ils ne m’envahissent pas, mais sont près de moi comme des ombres tutélaires.

 

Pourquoi avoir emménagé à Paris au milieu des années 80 ?

J’ai toujours su depuis l’enfance que je ne resterais pas en Belgique. Mystère de l’intuition. Et Paris apparaissait telle une évidence ! On y parle le français, puis cette ville se singularise par son côté paillette, son Histoire et ses promesses. Comme si je retrouvais quelque chose de familier là-bas ! Une ville, c’est une rencontre. Elle est aussi celle du cinéma, où tous les vieux films que j’ai vus avaient été tournés. Mes attentes n’ont pas été déçues et je suis encore éblouie par Paris ! Je passe et repasse par les mêmes endroits avec la même admiration intacte. Bruxelles est mon enfance, mes parents, ma famille. Un rivage lointain, des souvenirs !

 

Avez-vous quelques anecdotes sur votre arrivée à Paris ?

Le jour de mon départ, le 4 janvier 1987, tout était figé par la neige et les trains ne pouvaient pas assurer le transport des voyageurs. Il a fallu partir en car. Ma mère m’avait accompagnée et m’avait regardée partir. Je vivais beaucoup plus l’instant présent qu’aujourd’hui. Seulement plus tard, on mesure les actes. J’allais dormir chez un ami, colocation, études de théâtre au Cours Florent, jobs occasionnels et promenades sur les quais de la Seine avec les premiers walkmans à cassettes de l’époque.  Et j’écoutais quoi ? Serge Gainsbourg, Jane Birkin, Etienne Daho !

 

A l’époque, les Belges n’étaient pas encore des vedettes dans l’Hexagone. Quel regard les Parisiens portaient-ils sur eux ?

Oui, il y a une belle évolution des Belges à Paris ! Très tentant pour les acteurs francophones d’émigrer là-bas. Pour faire carrière, rien ne vaut cette capitale, qui peut ouvrir les portes du septième art, de la pop et des théâtres pour les gens talentueux. Ce qui représente la Belgique plaît maintenant beaucoup. Mes compatrio-tes possèdent une espèce de singularité presque exoti-que pour les Français, une sorte de surréalisme typique et un sens de l’autodérision qu’on rencontre fort peu ailleurs. Nous sommes voisins, si proches et, cepen-dant, tellement différents. En ce qui concerne les artistes qui ont réussi à Paris, ma préférence va à Benoît Poelvoorde et à Cécile de France.

 

Dans votre vie active, vous avez sans cesse cherché un rapport avec l’art. Quels métiers avez-vous exercés ?

J’ai beaucoup travaillé avec Virgin, grand distributeur dans le domaine des loisirs avec de la musique, du cinéma et des livres. Une émulation naît forcément dans ces lieux vibrants et énergiques, où l’on peut faire des rencontres étonnantes avec des artistes. Les mu-sées ont toujours été pour moi des lieux de prédilection où, parfois, on peut presque se recueillir comme on le fait dans une église. Actuellement, je travaille aux Archives Nationales, un endroit ayant appartenu à certaines grandes familles de la noblesse au XVIIIème siècle. Il s’agit d’un lieu à la fois de transmission et patrimonial, où l’on guide les gens vers une connaissance de l’archive depuis le début du XIXème siècle sous Napoléon 1er. Des grands salons baroques accueillent le public en plein centre du Marais, où ont vécu les princes de Rohan-Soubise.

 

A quel moment avez-vous cherché à vous faire publier ?

En 2013, je me suis lancée dans l’autoédition pour Opus Focus. Ensuite, en 2018, pour la seconde version de ce livre, j’ai été acceptée aux Editions Unicité. Ma poésie n’est pas en vers et, même si je conserve le principe des strophes, elle dégage une grande liberté dans les rimes, que je ne veux pas trop régulières ni répétitives. Disons, alors, de la poésie en prose ! J’aime aussi les sonorités heurtées et les associations incongrues. Je m’éloigne du lisse. Disons que je privilégie les aspérités !

 

A quel type de mouvements rattachez-vous votre poésie ?

Elle se trouve en résonance avec le symbolisme et le surréalisme, une frontière floue entre le visible et l’invisible, pour frôler le mystère autant que les jeux d’ombres et de lumières. L’inconscient y règne en maître, l’enfant chéri des surréalistes !

 

Cherchez-vous à faire passer des messa-ges ?

Non, surtout pas et je détesterais ça ! C’est toujours un peu présomptueux, les messa-ges. Je ne souhaite pas expliquer quoi que ce soit et chacun est libre de trouver telle ou telle signification à laquelle il peut s’amu-ser à faire référence. Une fois publié, mon recueil passe librement entre les mains de chacun, qu’il aime ou non.

 

En quelles circonstances, le comédien Jean-Claude Dreyfuss a-t-il déclamé votre recueil ?

Je l’ai rencontré lors d’une de ses représen-tations au Théâtre Rive-Gauche, où il jouait avec Francis Huster La trahison d’Einstein. J’ai trouvé un lieu qui s’appelait “Le Caba-ret du Néant“, l’ancêtre d’un cabaret du même nom fondé en 1892 sur le boulevard de Clichy, où ont trôné les célèbres cafés baptisés “L’Enfer“ et “Le Paradis“. Je me suis dit que cette adresse lui correspondrait bien et, pour ma part, il était dans la veine surréaliste. Jean-Claude Dreyfuss a dit les poèmes et ne les a pas déclamés. La déclamation est une expression du texte qui est forcée, emphatique et vue, aujourd’hui, comme péjorative. J’en garde un souvenir ébloui et, en même temps, ce moment ne m’a pas semblé réel. Je me sentais trop à distance de ce qui était en train de se passer. Sinon, je conserve une très grande reconnaissance pour le public qui est venu découvrir mon travail et envers Jean-Claude Dreyfuss qui s’est montré d’une belle générosité à mon égard.

 

De quoi parle Opus Focus ?

Opus Focus est un défilé de tout ce que j’ai écrit, avec des textes parfois très anciens, dont quelques-uns ont été retravaillés et corrigés. Ce livre parle énormément de la nature, la principale inspiratrice, et aussi de tous ces arrière-mondes qui habitent souvent l’écriture. Le titre signifie musique et image.

 

Il y a un autre ouvrage intitulé The Speed of the Horses. Pourquoi la langue de Shakespeare ?

The Speed of the Horses, que je traduis littéralement par La vitesse des chevaux, est à ce jour mon deuxième opus littéraire publié. Le cheval est un symbole d’énergie et de force dans la mythologie. Je crois qu’il fait partie des animaux psychopompes aussi, capables de conduire les âmes des morts vers leur destination. Petit clin d’œil aux Rolling Stone, ces textes en anglais sont des chansons inspirées par la pop anglaise des années 70 et 80, mais nés de leur musique et non de leurs lyrics, à l’exception de The Pink Floyd, David Bowie et Jim Morrison. Ces trois-là possèdent un univers très singulier, sombre et lumineux. Ils ont osé écrire des textes irrationnels, loin de toute histoire narrative. On trouve également dans ce recueil quelques adaptations de mes textes en français. Adapter et non traduit car, en poésie, il est pratiquement impossible de respecter le sens ou la sensation si on s’attache à traduire mot à mot. Surtout dans la langue de Shakespeare, qui est par nature plus abstraite que le français et donc plus évasive !

 

Entretenez-vous encore des liens avec Bruxelles ?

Evidemment, car elle reste la capitale de ma naissance, de mon enfance et de ma scolarité. Les racines restent très fortes même si j’ai rêvé de m’en éloigner. J’y possède encore un reste de famille et quelques connaissances. Quand j’y reviens, j’ai la sensation d’un retour en eau froide, parfois aussi ! La vitalité y est tellement différente de celle qui anime Paris et de ce que j’y vis !

 

Retrouvez Françoise Van Herreweghe sur le site www.editions-unicite.fr

Propos recueillis par Daniel Bastié (article publié dans Bruxelles Culture)

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JOSÉ DUCHANT, PROFESSION PICKPOCKET (livre)

Dans l’univers du spectacle, les artistes brillent par leur voix, leur gestuelle ou leur humour. Puis, il y a ceux qui étonnent par leur adresse. José Duchant fait partie de cette deuxième catégorie. Artiste belge singulier, il a débuté comme magicien, avant de devenir le roi des pickpockets de scène. Un art délicat qui mêle théâtre, prestidigitation, psychologie et sens aigu de l'observation. Fort vite remarqué, il développe une fascination pour cette technique et enthousiasme le public qui n’en revient pas.  Rien ne lui résiste. Bagues, colliers, pochettes, paquets de mouchoirs, portefeuilles ou lunettes, tout est subtilisé en une fraction de seconde ! Mieux, il comprend que pour captiver les spectateurs, il ne suffit pas d’être habile. Il importe aussi de faire preuve d’élégance, de drôlerie et de respect. Les producteurs se l’arrachent et le voilà parti pour un tour du monde des enseignes les plus prestigieuses. L’occasion de se lier d’amitié avec les vedettes de l’époque : Annie Cordy, Lucienne Boyer et bien d’autres. Ses exploits scéniques résident dans la manière, jamais brusque et toujours fluide, de s’emparer d’un objet comme s’il avait quitté son propriétaire de son plein gré. À la fin du numéro, tout est évidemment restitué sous les rires et les applaudissements. Sa recette tient dans l’art de tromper les gens tout en créant de la complicité. Là où le citoyen lambda se verrait condamné par la justice, notre artiste accueille les ovations de toutes parts. Parler de sa trajectoire consiste à cadrer le rétroviseur en direction de sa petite enfance, dans un milieu catholique assez strict qui ne voyait pas l’un d’entre eux embrasser le métier de saltimbanque et s’exhiber sur les planches. Tout cela allait bien sûr sans tenir compte de l’avis du principal intéressé. A savoir, le petit José qui se passionnait littéralement pour la magie et … les miracles des Evangiles ! A force d’obstination, il a tenu la barre en cherchant à se perfectionner davantage. Pour réussir, il devait être l’égal des meilleurs, voire les surpasser ! Michel-Guy retrace le cheminement d’un champion dans sa catégorie. L’un des trois pickpockets au monde à être capable de se produire sous les projecteurs sans l’aide d’un comparse. A travers ce récit renaît la vie nocturne de Bruxelles des années 60, 70 et 80, avec ses nombreux cabarets aujourd’hui disparus autant que leurs vedettes.

Ed. Servranx – 246 pages

Daniel Bastié

Article paru dans 13564153457?profile=RESIZE_180x180Bruxelles Culture de juin 25

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The world of Bansky

EXPOSITION : THE WORLD OF BANSKY

Banksy, l'artiste énigmatique dont l'identité demeure un mystère, a marqué le monde de l'art contemporain par son style distinctif et son engagement social. Ses œuvres, souvent politiquement chargées, se manifestent à travers des graffitis, des peintures murales et des installations provocantes. En dépit de son succès mondial, Banksy reste dans l'ombre, se cachant derrière le voile de l'anonymat. Son talent artistique transcende les frontières conventionnelles, fusionnant l'art de la rue avec une critique audacieuse de la société. Ses images emblé-matiques, telles que la fillette relâchant un ballon en forme de cœur ou le manifestant jetant un bouquet de fleurs, sont devenues des symboles de la contestation pacifique et de la quête de justice sociale. Banksy utilise l'art comme moyen de communication, mettant en lumière des questions cruciales telles que les inégalités sociales, les conflits politiques et les méfaits environnementaux. Ses œuvres transmettent souvent un message puissant, incitant le spectateur à réfléchir sur le monde qui l'entoure. L'artiste se sert de l'espace urbain comme supports, transformant des murs gris en toiles vibrantes qui suscitent la réflexion. Sa renommée mondiale n'a pas émoussé son engagement envers l'anonymat. Sa capacité à rester incognito malgré la célébrité témoigne de son désir de focaliser l'attention sur ses créations plutôt que sur sa personne. Cette mystérieuse aura entourant sa personne alimente le mystère et l'intrigue, renforçant l'impact de ses œuvres dans le monde entier. Bien que certaines critiques considèrent son travail comme purement subversif, d'autres louent son ingéniosité et son audace. Son influence sur le street art contemporain est indéniable, ouvrant la voie à de nouveaux dialogues sur la place de l'esthétique dans l'espace public et son pouvoir de provoquer des changements sociaux. The World of Banksy propose une exposition qui rassemble le plus grand nombre d’œuvres murales grandeur nature de cet artiste. Ces œuvres reconstituées à la perfection, ainsi que d’autres pièces relatant la riche carrière de Banksy, ont été installées dans les locaux mythiques d’une ancienne maison de tissus au cœur de la ville de Bruxelles. On le sait, la plupart des travaux exposés et reconstitués à l’identique d’après des photographies ont disparu. Une occasion unique de faire connaissance avec la figure la plus énigmatique du monde de l'art moderne ! Voyez tous les détails pratiques sur le site www.theworldofbanksy.be

Rue de Laeken, 28 à 1000 Bruxelles

Sam Mas (Article paru dans Bruxelles Culture de juin 25)

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Exposition/ Projection : ALICE GUY - PREMIÈRE CINÉASTE AU MONDE

Née en 1873, Alice Guy a marqué de son empreinte l’histoire du cinéma en devenant la première cinéaste au monde. Dès ses débuts chez Gaumont au début du XXe siècle, elle s’est illustrée par son audace et sa créativité. À une époque où le cinéma était encore balbutiant, elle a rapidement perçu le potentiel narratif de ce nouvel art, devenant une des premières à concevoir des films comme des œuvres de fiction plutôt que de simples captations de la réalité. Alors que le cinéma ne parlait pas encore, elle a réalisé plus de six cents films, couvrant une variété de genres et de styles. Ses œuvres allaient du court-métrage au format plus long, témoignage de son adaptabilité face aux contingences. Parmi ses créations marquantes, citons La Fée aux Choux (1896), souvent considéré comme le premier film de fiction, et Falling Leaves (1912), un drame qui illustre son talent pour raconter des histoires complexes avec une grande sensibilité. En 1910, Alice Guy franchit l’Atlantique pour s’installer aux États-Unis, où elle fonde sa propre société de production, Solax. Basée à Fort Lee, alors capitale du 7e art américain, sa compagnie lui permet de conserver une liberté artistique totale. Solax devient rapidement un acteur important de l’industrie cinématographique, produisant des films novateurs aussi bien sur le plan technique que narratif. Alice Guy n’était pas seulement une artiste, elle était également une pionnière du féminisme. En un temps où les femmes étaient rarement reconnues dans les métiers artistiques, elle a ouvert la voie en prouvant qu’une femme pouvait non seulement travailler, mais exceller dans ce domaine. Sa carrière est devenue un modèle d’indépendance et de détermination. Malgré ses accomplissements, Alice Guy a très vite été oubliée par l’histoire du cinéma, éclipsée par des figures masculines comme Georges Méliès ou les frères Lumière. Ce n’est qu’à partir des années 1970 que des chercheurs et des cinéphiles ont commencé à exhumer son travail. Depuis, elle a progressivement été reconnue comme une figure essentielle dans le domaine.  L’exposition au Centre Jules Verne propose un regard dans l’univers de cette cinéaste d’exception. Elle retrace son parcours, depuis ses débuts en France jusqu’à ses années aux Etats-Unis. Les visiteurs peuvent découvrir des affiches de films, des photographies, des extraits de ses œuvres et des documents d’archives rares. Cet événement reste accessible aux visiteurs du 26 mars au 29 juin 2025. Un rendez-vous incontournable pour les passionnés de cinéma et les curieux désireux de découvrir une figure méconnue mais essentielle. Alice Guy, bien qu’ayant traversé des décennies d’oubli, reprend enfin la place qui lui revient : celle d’une pionnière et d’une visionnaire ! Voyez les informations pratiques sur le site officiel de l’organisateur www.julesverne.brussels

Chaussée de Neerstalle, 63-67 à 1190 Bruxelles

Article paru dans Bruxelles Culture de juin 25

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Fête de la Musique

FÊTE DE LA MUSIQUE 2025

Organisée depuis 1985 et coordonnée par le Conseil de la Musique, la Fête de la Musique est un événement incontournable en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle est l'occasion pour des milliers de personnes de célébrer chaque année, aux quatre coins de notre communauté, le début de l'été et l'ouverture de la saison des festivals. Elle a pour vocation de mettre en valeur les nombreux artistes de la scène musicale belge et leur offrir une vitrine le temps d’un ou deux concerts. On le sait, les talents sont nombreux chez nous et, trop souvent, ils manquent de soutien tant du côté des médias que des politiques. Ne pas laisser se racornir les artistes et les aider à sortir de leur sphère pour toucher un vaste public, l’idée méritait d’être pensée ! Depuis trois décennies, chaque commune s’investit concrètement en dressant une scène ou un podium sur une place, dans un parc ou à un carrefour.  L’édition 2019 sera fêtée du jeudi 19 au dimanche 22 juin avec de quoi faire le plein de mélodies pour plusieurs semaines. Comme d’habitude l’accès à tous les événements est 100% gratuit. Découvrez la programmation complète, commune par commune, sur le site www.fetedelamusique.be

Sam Mas (Article paru dans Bruxelles Culture de juin 25)

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Aldina Mateus : rencontre

RENCONTRE : ALDINA MATEUS

Aldina Mateus confie peindre uniquement ce qui lui plait et avec un plaisir toujours renouvelé. Son univers pictural gravite autour des femmes, belles, mystérieuses et sensuelles, voire amoureuses ! Elle a choisi ce thème à mille autres, parce qu’il évoque à ses yeux un sentiment, une sensibilité et une attitude qui la confrontent à son tempérament d’artiste. Rencontre.

 

Qui êtes-vous ?

Je suis née en 1965. D’origine portugaise, je vis en France depuis l’âge de onze ans. J’ai suivi une forma-tion en secrétariat-comptabilité, cursus qui m’a amenée à travailler dans différents secteurs, allant de l’étude de notaire au monde bancaire, du secrétariat médical aux analyses de marché. Loin de moi, alors, l’idée que j’allais un jour embrasser une carrière artistique !

 

Quand vous êtes-vous intéressée à la peinture ?

J’ai découvert la peinture en 2012, suite à l’invitation d’une collègue qui peignait. Il s’agissait de venir assister à un cours d’initiation au sein de l'association La Palette d'Ecquevilly. Une extraordinaire découverte qui, depuis, ne me quitte plus. Je me suis investie de plus en plus dans cette activité en autodidacte, en observant et en m’appuyant sur divers tutoriels en ligne, ce qui m’a permis d’expérimenter, de chercher et de trouver. J’ai essayé diverses techniques avant de me fixer. L'encouragement de ma famille a été essentiel et m’a conduit à poster quelques clichés de mes créations sur les réseaux sociaux, me permettant ainsi de bénéficier du soutien d'une amie, responsable d'une agence de voyages, qui m’a proposé d’exposer quelques toiles dans ses locaux, puis de les renouveler régulièrement. De cette manière, j’ai fait la découverte du public. Stéphane Le Maner, jusqu'alors responsable des expositions du Musée de l'Hôtel Dieu de Mantes-la-Jolie, m’a suggéré de travailler par thèmes, de créer des séries et d'aborder le grand format. De la sorte, les expositions ont commencé à se succéder.

 

Vous pratiquez la technique de la peinture à l'huile essuyée. De quoi s’agit-il ?

La technique de la peinture à l’huile essuyée consiste à travailler sur le négatif et est tout l’inverse de ce que font les autres peintres. Je commence par poser une épaisse couche de peinture sur la totalité du support pour faire apparaitre mon sujet en retirant de la matière avec, par exemple, du papier absorbant, un chiffon ou mes doigts. Les lumières sont ensuite travaillées au coton tige. Puisque la fine couche de pigments restants ne permet pas un croquis ou des esquisses avant peinture, mes toiles sont exécutées à main levée. J’ai découvert ce procédé tout à fait par hasard, en cherchant à récupérer la surface sur laquelle je m’étais essayée à l’abstrait. En essuyant la toile, je me suis amusée à faire apparaitre des nus et des drapés. La patte du peintre était née !

Y a-t-il un artiste qui a influencé votre parcours ?

Pour moi, Tamara de Lempicka a été une véritable source d’inspiration. J’adore la transparence des étoffes qu’elle reproduit, ses personnages féminins coiffés de grands chapeaux, ainsi que sa palette qui passe du bleu au vert, en jonglant avec les jaunes et les rouges éclatants.  Grâce à une stylisation mêlant néo-cubisme et renaissance italienne, ses œuvres, principalement des portraits mondains et des nus monumentaux, se caractérisent par un modelé accentué. La composition très resserrée s'inspire du cadrage cinématographique. J’adore !

 

Pourquoi avez-vous fait de la féminité l’objet de votre créativité ?

J'ai fait de la féminité le centre de mon activité, car j'aime travailler le naturel des corps, surtout celui de la femme. De manière générale, je peins à partir d'une photographie qui m'émeut ou que je trouve esthétique. Je commence par éliminer ce qui ne m'intéresse pas pour garder l'atmosphère particulière qui en a fait l’objet de mon choix. Mon objectif consiste à transmettre une émotion. Il importe que mes toiles dégagent une part de mystère, un sentiment ou une attitude. Je m’évertue à faire en sorte que chacun puisse s'identifier à mes personnages. Mes compositions présentent l'aspect du sépia ou du fusain, parfois avec une touche de couleur, même si peintes en technique mixte, c’est-à-dire à l’acrylique et à l’huile. Quant à mon besoin de représenter essentiellement des personnages féminins, cela doit tenir au fait que, inconsciemment, j’éprouve une envie de me libérer d’une éducation trop stricte due à mes origines. Aussi, en ne cessant pas de songer à ma grand-mère maternelle, Rosa, qui était une femme très émancipée pour son époque, extraor-dinairement féminine et que j’admirais plus que tout au monde.

 

Quelle émotion ou message cherchez-vous à transmettre à travers vos œuvres ?

Je cherche à partager un enthousiasme qui va au-delà du tableau, une bulle de bien-être autant qu’une invitation au rêve. Le public témoigne souvent d’un effet thérapeutique et d’une sensation d’apaisement ressentis au travers de mes toiles. A cela, je n’ai pas de propos particuliers à véhiculer. Mes œuvres se veulent avant tout harmonieuses. Chacun peut donc les interpréter à sa guise, en y voyant des choses auxquelles je n’ai pas forcément songé ou en venant vers moi pour partager des appréciations.

 

Vos toiles ont participé à de nombreuses expositions. Pouvez-vous en parler ?

Sans aucun doute, l’événement qui m’a le plus marquée reste l’exposition-vente du Gouverneur Militaire de Paris en 2019 aux Invalides, au profit des blessés et des familles de mili-taires morts en service. L’art au profit du caritatif me tient particulièrement à cœur. Un autre événement marquant a été mon exposition personnelle au Jardin du Luxembourg en 2021, organisée par le Sénat. Je n’imaginais pas réussir à attirer autant de visiteurs. Mille cinq cents en deux semaines. Du bonheur pur ! Dans le cadre de cet accrochage, j’ai vécu une expérience intense, lorsque ma peinture a été expliquée, toile par toile, à une non-voyante par son accompagnatrice. Je n’imaginais pas à quel point cela pouvait me troubler positivement.


Quel a été le plus grand défi auquel vous avez été confrontée ?

Ma première exposition en 2014 s’est révélé un vrai challenge. Il fallait aller au contact des visiteurs, parler de moi, expliquer ma technique. Un exercice auquel je n’étais pas préparée et auquel je me suis aguerrie depuis. J’y ai décroché mon premier Prix du Public. Quelle fierté !


De quelle manière avez-vous fait la connaissance d’Espace Art Gallery ?

L’écrivain Manuel Verlange, qui a découvert et apprécié mon travail lors d’une exposition, a parlé de moi à Jerry Delfosse, directeur d’Espace Art Gallery. Lors de ma visite à Bruxelles en novembre 2023, j’ai immédiatement été séduite par cet endroit extrêmement lumineux et par l’accueil chaleureux qui m’a été réservé. J’y exposerai une partie du thème Féminité, ainsi que quelques toiles du thème Efflorescences.

 

Pourquoi les visiteurs doivent-il venir à découvrir votre travail ?

J’invite le public à venir à ma rencontre, à participer à mon voyage pictural, à entrer dans un univers de rêve… et à se laisser surprendre par ce qui singularise mes toiles.

 

Qu’attendez-vous de cet événement ?

Un magnifique moment de partage et de convivialité. Je sais qu’il y a toujours énormément de monde dans le cadre du vernissage et j’ai entendu dire que le public bruxellois est fort chaleureux. Puis, chaque exposition m’amène à rencontrer de nouvelles personnes, à échanger et à découvrir

  …
Quel conseil donneriez-vous à un jeune artiste qui souhaite se lancer dans l’aventure d’une exposition de ses œuvres ?

Je lui dirais de peindre essentiellement avec son cœur, de suivre ses envies, de se laisser guider par ce qu’il croit être bien et de faire confiance au public, car le regard des spectateurs est sincère et ne trompe pas !

 

Les œuvres d’Aldina Mateus sont à découvrir à Espace Art Gallery du 6 au 29 juin 2025. Référez-vous à tous les détails pratiques mis en ligne sur le site www.espaceartgallery.eu

 

Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles

Propos recueillis par Daniel Bastié (Article paru dans Bruxelles Culture de juin 2025)

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ANTONIETTA CORTI DI CURIO : EXPOSITION

ANTONIETTA CORTI DI CURIO : EXPOSITION
Antonietta Corti di Curio fait partie de ces artistes complets. Elle travaille avec la même aisance sur bois, papier ou toile. Sa technique, souvent mixte, lui permet d’allier les matières. Elle trouve son inspiration dans le monde qui l’environne ou dans le cadre de voyages à l’étranger. Tout la conditionne et rien ne l’endigue ! Rencontre.

Qui êtes-vous ?
Je suis originaire de Curio, un petit village pittoresque du Tessin en Suisse italienne. J’ai étudié à Berne, puis j’ai vécu et travaillé à Vevey en Suisse romande et à Londres. Les circonstances ne m’ont pas permis d’entamer des études d’art ou d’architecture comme je l’aurais souhaité. J’ai néanmoins utilisé toutes les opportunités pour explorer les aspects culturels et artistiques, là où je me trouvais. Depuis fort longtemps, je me suis installée à Bruxelles, où j’ai exercé diverses professions : journaliste, chercheuse pour ses multinationales, puis dirigeante de fédérations internationales et européennes. J’ai eu l’opportunité de visiter une cinquantaine de pays, autant en Europe, en Amérique du Nord et latine, qu’en Asie. Artistiquement, je suis autodidacte, même si j’ai eu, au cours des derniers trente-cinq ans, la chance d’apprendre une série de techniques en allant à la rencontre d’ateliers, d’artistes et d’académies en Belgique. À la Rhok Academie, je me suis initiée à la bijouterie, non pas pour créer des bagues et des colliers, mais pour maitriser la soudure pour mes fils de récits, dont certains sont exposés à Espace Art Gallery.

Qu'est-ce qui vous inspire le plus dans votre travail artistique ?
Ce qui me touche profondément devient source d’inspiration. Certaines personnes en particulier, l’opéra, les paysages de mes lieux d’origine et certaines œuvres d’art de toutes les époques confondues.

Comment décririez-vous votre style ?
Je ne m’attache à aucune étiquette. Je suis adepte d’une liberté totale et cette position se reflète dans mon travail, qui se veut à la fois éclectique et mû par la curiosité, autant que par le plaisir de la découverte permanente.

Y a-t-il un artiste ou un mouvement artistique qui a influencé votre parcours ?
Sans aucune hésitation, Pablo Picasso se situe au sommet de ceux que j’admire. Il ne s’est jamais installé dans un système. Il est toujours allé de l’avant pour tester, expérimenter et trouver, comme il le disait lui-même. Malgré tout ce qui a été raconté sur l’homme et son rapport aux femmes depuis quelques dizaines d’années, sa liberté, sa créativité et son assiduité au travail en ont fait un immense créateur. Vraisemblablement, le meilleur de tous ceux que le XXe siècle a engendré ! A huit ans, alors malade et alitée, mon père m’a offert un livre sur ce peintre et j’en suis tombée admirative au plus haut point. Quasiment amoureuse. Pour moi, il était clair que quelqu’un capable de créer ainsi des mondes sans barrières ne pouvait être qu’heureux. Je n’ai jamais cherché à l’imiter, parce que personne ne peut l’égaler. J’ai suivi ma propre voie, qui demeure une quête constante. Plus tard, j’ai découvert d’autres artistes, dont ceux de la Renaissance et les post- impressionnistes, inventeurs d’un nouveau langage. Comment taire aussi l’impact qu’ont eu sur moi les expressionnistes : Ernst Barlach, Käthe Kollwitz, August Macke, Egon Schiele, Emil Nolde, Chaïm Soutine, Léon Spilliaert, Lucian Freud, Jawlensky et bien d’autres, dont l’utilisation de la couleur ne peut que troubler. Enfin, l’art brut s’est avéré un nouveau choc esthétique, de même que le Street Art !

Quelle est votre technique ou médium préféré ?
Cela dépend du moment et il s’agit là d’une de mes faiblesses puisque, dès que j’ai expérimenté une méthode, je dois impérativement en tester une nouvelle. Je pense qu’un artiste devient plus lisible s’il balise sa route, se positionne avec un style pour devenir immédiatement reconnaissable et trouve sa signature. Mais, la vie me paraît trop courte pour résister à la tentation d’autres voies empiriques. J’ai donc commencé à travailler avec des pastels secs, pour passer à l’huile. Ensuite, j’ai embrassé l’acrylique et, en parallèle, je me suis mise à concevoir des œuvres en fil de cuivre.

Quelle émotion ou message cherchez-vous à transmettre ?
Je n’ai jamais eu la prétention de véhiculer quoi que ce soit et ne revendique rien. J’essaie d’apporter du bien-être à travers mes créations. Il suffit d’écouter les informations ou de les lire dans les journaux pour se rendre compte que notre monde souffre, que les gens sont angoissés et ne sont jamais satisfaits. Si je parviens à apporter de la sérénité et du réconfort, je suis déjà suffisamment comblée en tant qu’artiste.

De quelle manière êtes-vous entrée en contact avec Espace Art Gallery ?
José Duchant, conseiller artistique, a découvert une partie de mon travail lors d’une de mes nombreuses expositions et m’a conviée à pousser la porte d’Espace Art Gallery, pour discuter des modalités du contrat, Démarche précédée par une visite de mon atelier et suivie par un accord pour fixer une date d’installation de mes œuvres. Voilà !

Qu’y présentez-vous ?
J’expose des travaux faits de fils de cuivre soudés et appliqués sur un arrière-plan coloré, puis encadrés. Il y a aussi deux sujets en fil de cuivre à suspendre, installés à une certaine distance, pour qu’ils projettent leur double en ombre sur le mur. Les œuvres encadrées mesurent 60cm sur 60cm.

Qu’attendez-vous de cet accrochage ?
Je suis toujours curieuse de l’interprétation des visiteurs. Entendre ce que raconte le public est extrêmement constructif. Puis, il existe ce plaisir incomparable de détecter les petites lumières dans son regard, un sourire ou un enchantement sur ses lèvres.

Découvrez les œuvres d’Antonietta Corti di Curio à Espace Art Gallery du 1er au 31 mai 2025. Référez-vous à tous les détails pratiques mis en ligne sur le site www.espaceartgallery.eu

Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles
Propos recueillis par Daniel Bastié

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Christine Utri : rencontre

RENCONTRE : CHRISTINE UTRI
Dans notre entourage, nous connaissons toutes et tous un proche, victime d'une personnalité toxique, voire antisociale. Le livre Ajna retrace le parcours initiatique spirituel de Franje et de sa libération émotionnelle, autant que celui de son auteure, Christine Utri. Rencontre.

Pouvez-vous vous présenter succinctement ?
Après des études de traduction néerlandais-italien à l'École d’Interprètes Internationaux à Mons, j'ai obtenu un diplôme de Conseiller Social et Fiscal. Mon parcours professionnel a été très diversifié. J'ai eu l'opportunité de travailler plusieurs années au sein de l'Union Européenne et, également, dans le secteur financier et bancaire, notamment aux Pays-Bas et à Bruxelles.

 De quelle manière avez-vous été amenée à écrire Ajna ?
La crise sanitaire de la covid-19 en a été le déclencheur. J'ai décidé de mettre à profit cette période de confinement et je me suis inscrite à la Masterclass d'écriture en ligne organisée par messieurs Éric-Emmanuel Schmitt, Bernard Werber et Douglas Kennedy. Cette formation a fait jaillir en moi l'idée suivante : Et si j'écrivais ? Lors de séances quotidiennes de méditation personnelle, j'écoutais la chanson de Snatam Kaur Ong Namo. Ainsi, de fil en aiguille, l’histoire s’est concrétisée.

Que raconte Ajna, même si le personnage principal se prénomme Franje ?
Je voulais un titre qui soit à la fois mystérieux et accrocheur, puisque celui-ci est le visage de l’ouvrage. Considéré comme le troisième œil et le lieu du mental, Ajna correspond au sixième sens et à l'intuition. Ajna contrôle le mental. Ce centre d'énergie fait partie des sept chakras. Il symbolise l'intelligence, mais surtout l'intuition. Ce récit retrace le parcours initiatique et spirituel de l’héroïne prénommée Franje. Grâce à une thérapie hypnotique, elle témoigne de sa renaissance, de sa guérison et de sa réconciliation avec son enfant intérieur. Suite à des traumatismes familiaux et relationnels, elle refait confiance à son intuition et se remet à s’aimer.

Pourquoi le prénom Franje ?
Lors d'une intervention, Bernard Werber a pratiqué une séance d’hypnose régressive en ligne et le prénom Franje a surgi dans ma tête. Je l'ai trouvé en totale adéquation avec ma narration. Habitant Bruxelles, ce prénom rallie pour moi la communauté franco-phone, puisque Fran correspond au diminutif de France autant que de Françoise, et parce que le suffixe je évoque la communauté flamande. Un prénom donc typiquement de chez nous, même si plutôt utilisé au nord de notre royaume et aux Pays-Bas !

Ce livre est-il une autobiographie ?
Il a été conçu comme un témoignage romancé de ce que j’ai vécu. En pleine crise sanitaire, Franje découvre qu’elle a été dupée amoureusement. Différents thèmes sont abordés au cours des différents chapitres, dont le mariage gris ou, encore, les cinq blessures de l'âme que sont le rejet, l'abandon, la trahison, l'humiliation et l'injustice. Le burnout, résultant d'un mobbing professionnel et familial, est aussi évoqué. L'art thérapie la délivre de ses béquilles médicamenteuses et lui fait découvrir un talent caché enfoui au plus profond d'elle-même. En l’occurrence, le don de l'écriture !

Pour revenir à vous, de quelle manière avez-vous découvert la double vie de votre époux ?
J'ai été victime d'une escroquerie aux sentiments, qui a duré plus de vingt années. Nous formions un couple mixte traditionnel, sans aucuns soucis, avec respect mutuel des croyances et des convictions. Je n'ai jamais été effleurée par le doute qu’il me manipulait et avait tissé sa toile patiemment pour mieux m'arnaquer. J'ai découvert son stratagème via un ami, notaire de profession. Ce dernier m'a annoncé que cette personne était mariée dans son pays d’origine depuis de nombreuses années et était père de famille, alors qu'il vivait maritalement avec moi à Bruxelles.

Quelle définition donnez-vous d’une personnalité toxique ?
Une personnalité toxique est une personne manipulatrice, impulsive et dépourvue de remords. Elle enfreint les normes sociales et exploite les autres pour son propre intérêt.

De quelle manière vous êtes-vous libérée et quels bénéfices en avez-vous retirés ?
Se défaire de certains liens est extrêmement difficile sans aide extérieure. Qu’elle soit juridique et/ou psychologique. Cela nous amène à une totale libération émotionnelle et nous replace face à nous-mêmes pour transmuter cette épreuve en réussite personnelle.

Aujourd’hui, vous semblez parfaitement épanouie. A quoi devez-vous cette sérénité ?
En coupant ces liens toxiques, qu'ils soient familiaux, relationnels ou professionnels et en changeant de cercle social, on reprend conscience de sa valeur personnelle. Des séances de méditation quotidienne et des lectures sur le développement personnel aident également à se reconstruire et à se recentrer sur les priorités de l’existence. Dans mon cas, cela a parfaitement fonctionné !

Quel message souhaitez-vous transmettre à travers ces pages ?
J'ai appris la réelle définition du mot résilience. Arriver à se pardonner de s'être laissé manipuler et emprisonner dans un tourbillon de mensonges et d'illusions représente la plus belle victoire pour moi, afin de parvenir à se réaligner, à s'ancrer et à rebondir plus fort et plus épanouie dans le quotidien. Et comme l'a écrit Anthony Robbins que je cite dans mon livre : "Pour s'en sortir, il ne faut pas sortir. Il faut monter plus haut, se dépasser, grandir et aller au-dessus de soi-même. Changer de niveau de conscience !". Mon message est clair. On peut toujours se relever à force de volonté, quoi qu’il puisse arriver ! Mon livre a été écrit principalement pour aider l’un ou l’autre lecteur qui, à un moment donné de son parcours, se retrouve à genoux et pense que jamais il ne s’en sortira. Il faut répéter que tout un chacun est capable de déplacer des montagnes, s’il accepte de se refaire confiance. Et l’art thérapie est l’une des clés qui ouvre la porte vers la guérison. Je voulais également souligner l’importance de dénoncer cette pratique de mariage gris trop souvent d’actualité mais malheureusement encore incomprise et impunie par la législation, en Belgique notamment.

Comment vous êtes-vous prise pour être publiée ?
Le chemin vers le monde de l'édition s’avère complexe pour un néo-auteur. La majorité des grandes maisons d'édition ayant pignon sur rue n'osent pas parier sur un inconnu. Mais à force de volonté et de détermination, trois maisons d’édition m'ont contactée. Et toutes les trois travaillent en France ! Aucune maison d'édition belge n'a daigné répondre à mon courrier, que ce soit par mail ou par voie postale ! J'ai finalement opté pour Vérone Éditions à Paris. Une collaboration très cordiale et professionnelle s'en est suivie. Et encore aujourd'hui, Vérone Éditions fait un excellent travail de pub et de communication, et ce aux niveaux local et international. Je ne regrette pas d’avoir signé avec elle.

Vous êtes souvent en contact avec vos lecteurs, quelles réactions vous transmettent-ils ?
J'ai régulièrement des retours positifs et constructifs concernant la lecture de mon livre, notamment des lectrices et des lecteurs qui ont vécu des situations similaires. Echanger et partager leur expérience avec moi les a réconfortés et stimulés à se reprendre en main, notamment via l'art thérapie qui regroupe écriture, dessin, peinture et danse. Un retour inattendu et très chaleureux a été celui d’Amélie Nothomb, qui représente pour moi une reconnaissance fantastique. Cela me conforte à continuer à m'épanouir dans ce domaine qu’est l’écriture. J'ai transmuté cette expérience négative et, grâce à elle, j'en ressors finalement grandie, apaisée et confiante en l'avenir. Merci la vie, puisque le hasard n'existe pas !

A quels événements littéraires avez-vous participé ?
Depuis la publication du livre, j'ai participé à deux Foires du livre de Bruxelles et à plusieurs autres salons, que ce soit à Mons, à Feluy, à Gosselies, à Dour, à Wavre et bien ailleurs encore ! L'ambiance qui se dégage de ces événements littéraires est vraiment unique. Faire découvrir mon univers, rencontrer des lecteurs potentiels et des écrivains de renom partageant la même passion demeure féerique. Pour moi, il s’agit d’un rêve d'enfance qui se concrétise, autant qu’un accomplissement personnel gratifiant.

Vous êtes Bruxelloise, quel regard portez-vous sur la capitale ?
Je réside à Bruxelles depuis plus de trois décennies et j’adore y habiter Pour moi, la capitale de l'Europe est the place to be !, la ville cosmopolite par excellence et des rencontres culturelles à foison. Bref, j’adore !

Quelle est votre actualité ?
J'ai intégré le réseau Rencontre des Auteurs Francophones basé à New-York et dirigé par Sandrine Mehrez Kukurudz. J'ai été sélectionnée pour participer à deux ouvrages collectifs. Il s’agit d’un recueil de poèmes en hommage à Colette et ses chats et d’un ouvrage de nouvelles ayant pour thème la Méditerranée. Je fais enfin partie de L'AREAW depuis peu.

Retrouvez Christine Utri sur le site www.editions-verone.com
Propos recueillis par Daniel Bastié pour Bruxelles Culture (Ed. de mai 2025)

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EXPOSITION : LES FLEURS DU MAL

EXPOSITION : LES FLEURS DU MAL
L’illustrateur et peintre Olivier Ledroit revient sur la scène bruxelloise avec une exposition exceptionnelle intitulée Les fleurs du mal, qui imaugure une rencontre inédite entre l’univers gothique et flamboyant de Ledroit et le talent sculptural d’Eric Vanel. Ensemble, ils plongent dans l’essence du chef-d’œuvre de Charles Baudelaire, lui offrant une réinterprétation visuelle et émotionnelle saisissante. Olivier Ledroit, connu pour son travail sur Requiem, Chevalier Vampire, Les Chroniques de la Lune Noire ou encore Wika, ne se contente pas de mettre en images les poèmes de Baudelaire. Il s’attaque plutôt à l’âme de l’auteur et à l’époque qui l’a façonné. « Je ne souhaitais pas me contenter d’illustrer les poèmes de Baudelaire. D’autres l’ont fait avant moi. L’objectif est plutôt de reproduire le bain culturel dans lequel a trempé Baudelaire : ses visions, ses angoisses, ses inspirations, son monde, son Paris du XIXe siècle », confie-t-il. Dans un style flamboyant et foisonnant, il parvient à recréer un Paris sombre et onirique, où les figures féminines énigmatiques côtoient les gargouilles et les têtes de mort. Chaque œuvre semble résonner avec les thèmes chers au poète : l’amour, la mélancolie, la décadence et l’évasion. L’apport d’Eric Vanel à cet événement se veut tout aussi essentiel. Sculpteur figuratif de renom, il a su transposer en volume la poésie torturée de Baudelaire. Ses sculptures en bronze, à la fois sensuelles et spectrales, dialoguent avec les illustrations de Ledroit pour donner naissance à un univers d’une cohérence saisissante. Le visiteur est invité à une immersion sensorielle où la matière et la couleur se répondent dans une atmosphère tantôt éclatante, tantôt ténébreuse. Les femmes splendides côtoient ici les monuments parisiens, les chats, les têtes de mort et les dragons. Tantôt éclatant de couleur, tantôt célébrant l’amour, tantôt mélancolique… Cet accrochage ne se contente pas de juxtaposer peinture et sculpture. Il propose une mise en scène immersive où les œuvres sont mises en valeur par un éclairage subtil et une scénographie pensée pour évoquer les états d’âme de l’écrivain maudit. La galerie Huberty & Breyne sert d’écrin à cette manifestation jusqu’au 19 avril 2025. Voyez tous les détails pratiques sur le site www.hubertybreyne.com
Pl ace du Châtelain, 33 à 1050 Bruxelles

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EXPOSITION : EXTASE

EXPOSITION : EXTASE
Notre capitale, ville d’art et de culture, accueille une exposition envoûtante au cœur de son prestigieux Musée de l’Érotisme et de la Mythologie (MEM). L’artiste Pascale de Bruxelles y présente son dernier cycle de peintures intitulé Extase, une plongée sensorielle dans les mystères du désir et de la volupté. À travers cette collection, l’artiste explore la fine frontière entre plaisir et tentations charnelles, offrant au spectateur une vision renouvelée de l’extase dans l’histoire de l’art. Cet événement rassemble une série d’œuvres inédites où le corps devient le théâtre d’émotions intenses. Pascale de Bruxelles, connue pour son approche picturale vibrante et expressive, tisse ici un dialogue entre la représentation classique du plaisir corporel et tout ce qui lui fait cortège. Ses toiles, baignées de couleurs profondes et de jeux de lumière subtils, évoquent à la fois les maîtres de la Renaissance et l’exubérance du symbolisme du XIXe siècle. Les silhouettes se fondent dans des décors oniriques où la chair semble effleurer le sacré. Chaque coup de pinceau traduit une tension entre l’érotisme explicite et la suggestion poétique. Ce flou artistique est volontaire, car l’artiste cherche à dépasser les représentations figées du plaisir pour en faire une expérience universelle.
Le Musée de l’Érotisme et de la Mythologie est l’écrin parfait pour cette manifestation, car il célèbre depuis des années le lien profond entre désir, spiritualité et mythes anciens. Pascale de Bruxelles puise largement dans la mythologie gréco-romaine et orientale pour enrichir son propos. On y retrouve ainsi des figures comme Aphrodite, Éros ou encore Dionysos, mais revisités avec une touche contemporaine qui interpelle. Certaines toiles se nourrissent directement des mystiques chrétiennes, telles que Sainte Thérèse d’Avila ou les extases des saints dans l’art baroque. D’autres rappellent les bacchanales païennes ou les représentations tantriques de l’Inde ancienne. Ce mélange d’influences confère à l’exposition une richesse thématique et iconographique rare, où chaque visiteur peut projeter sa propre interprétation. L’artiste revendique aussi une influence plus contemporaine, en n’oubliant pas les plasticiens du XXe siècle.
Depuis son ouverture, l’exposition attire un public varié, des amateurs d’art classique aux passionnés de créations contemporaines. Les critiques saluent unanimement la force expressive des travaux exposés et la cohérence du parcours, qu’ils qualifient d’événement d’une puissance rare, où la jouissance est abordée sous toutes ses facettes et sans aucune vulgarité. Certains visiteurs reviennent plusieurs fois, captivés par les différentes strates de lecture qu’offre chaque toile. On découvre à chaque visite une nouvelle nuance, un détail qui avait échappé la première fois. Cet engouement s’explique aussi par la rareté des expositions consacrées à cette thématique. Extase est accessible jusqu’au 27 avril 2025 au MEM. Voyez tous les détails pratiques sur le site www.m-e-m.be


Rue Sainte-Anne, 32 à 1000 Bruxelles
Sam Mas

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FESTIVAL DU KINOLATINO 2025

FESTIVAL DU KINOLATINO 2025
La troisième édition du festival du cinéma latino-américain sera à l’honneur du 11 au 19 avril au Palace de Bruxelles. Kinolatino sera également présent à Anvers (De Cinema), à Liège (cinéma Churchill), à Namur (cinéma Caméo), à Nivelles (Ciné4) et à l’UCL de Louvain-la-Neuve. Seul festival qui se tient dans les trois régions du pays et le seul organisé par des cinéastes.

Cette troisième édition nous amène un éventail de films qui jettent le pont entre l’Amérique latine et l’Europe : depuis le mur de Donald Trump jusqu’à la Terre de feu, en passant par l’Argentine, le Brésil et le Mexique. En Argentine, le cinéma est menacé par l’Etat qui s’en prend à la culture et à son budget. Regarder un film argentin aujourd’hui a donc tout son sens. C’est une des raisons de ce festival. Comme de défendre le cinéma indigène qui nous parle de l’identité des peuples et de leurs racines à la terre mère dans un continent métissé.
Kinolatino mobilise la diaspora latino-américaine vivant en Belgique : leurs familles, leurs amis et leurs voisins. Il attire aussi les hispanophones, ceux qui parlent ou veulent apprendre le portugais, les amoureux de la culture latino-américaine et, bien sûr, les cinéphiles qui y trouveront leurs dadas.
Des longs-métrages, des courts-métrages de fiction et des documentaires seront en compétition. Avec des rencontres, une masterclass avec Virginie Surdej, Magritte de la Meilleure image en 2018 (Une famille syrienne) et preneuse d’images pour Mexico 86, avec des débats et, bien sûr, avec la fiesta sud-américaine. En venant voir un film au festival, vous pourrez même gagner deux billets aller-retour pour une destination en Amérique latine grâce au parrainage d’Air Europa. Pour gagner, vous devrez être présent en personne à la cérémonie de clôture du samedi 19 avril, où aura lieu un tirage au sort, suivi d’un drink festif offert par le Cartagena Salsa Bar.

Mexico 86
En ouverture au festival, ce sera Mexico 86 de César Diaz, réalisateur, scénariste et monteur belgo-guatémaltèque qui avait remporté le prix Magritte 2020 du Meilleur premier film pour Nuestras madres. Dans ce second film, le réalisateur revient sur le destin d’une militante guatémaltèque exilée à Mexico en 1986. Entre son fils de 10 ans qui débarque dans sa vie et son rôle d’activiste contre la dictature militaire du Guatemala, Maria devra faire un choix cornélien. Bérénice Bejo, actrice franco-argentine, incarne ce rôle avec force et conviction. Elle se souvient qu’elle fut, elle aussi, une exilée. Et le réalisateur, qu’il fut le fils d’une exilée. La boucle est ainsi bouclée. Voir notre critique du film dans la rubrique cinéma.
Fraise et chocolat de Tomas Gutierrez Alea (1993) refermera le festival le samedi 19 avril dans une version restaurée. On y suit la rencontre à La Havane d’un homosexuel avec un jeune étudiant universitaire hétéro, militant des Jeunesses communistes qui voit d’abord en l’autre un dissident. Ils devront apprendre à dépasser leurs préjugés respectifs avant que ne s’établisse entre eux une réelle et poignante amitié.
Au programme du festival
Les 13 films et les 8 courts-métrages en compétition officielle représentent ce que le continent sud-américain a produit de mieux en 2024. C’est du tout neuf.
Motel Destino et Pacto Da Viola nous montrent le Brésil d’aujourd’hui : un motel où s’affirme la violence face aux croyances locales. Avec La Piel en primavera, la Colombie noue une relation entre une agente de sécurité et un chauffeur de bus. A Panama, une immigrée colombienne se lie d’amitié avec une femme d’affaires qui lutte contre un début de démence sénile.
Grand Prix du festival de Lima 2024, Kinra suit un frère et sa sœur sur la tombe de leur mère. Le chaos social à Lima encore, en 1992, sert de thème à Reinas de Klaudia Reynicke. Voler le chien de son meilleur client sera le sujet d’El Ladron de Perros, film bolivien en coproduction avec le Mexique, le Chili et la France. Enfin, dans Una cancion para mi tierra, un professeur de musique découvre que des avions pulvérisent des pesticides près des écoles où la vie des élèves est ainsi mise en danger. Pour se faire entendre, les enfants et leur enseignant composent des chansons, puis passent à la vitesse supérieure. D’autres films encore pour illustrer l’Amérique latine d’aujourd’hui.
Les prix seront décernés sous la forme d’une sculpture en bronze, El Caminante, « le Marcheur », conçue par Frans Wuytack (90 ans), artiste flamand de renommée internationale et militant pour la paix, qui a mené plusieurs vies dans différents pays (notamment au Venezuela) en tant qu’ouvrier, prêtre, guérillero et sculpteur. Son fils Fabio fait partie du Jury du long-métrage. Le Marcheur couronnera les prix du Meilleur court-métrage, du Meilleur long-métrage, le prix du Public et celui de la Meilleure coproduction avec l’Europe.

Du 11 au 19 avril au Palace de Bruxelles, près de la Bourse. Plus d’informations et tout le programme sur le site du festival : www.kinolatino.be.
Michel Lequeux

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Palmarès des Magritte 2025

PALMARÈS DES MAGRITTE 2025
Carton plein pour La Nuit se traîne du jeune cinéaste belge Michiel Blanchard, qui a remporté toutes les nominations annoncées. Ce thriller policier a reçu 10 statuettes à l’occasion de la 14e édition des Magritte du Cinéma qui s’est tenue à Flagey, le 22 février dernier, sous la houlette de Charline Vanhoenacker, maîtresse de la Cérémonie. Un score qui bat le record de Duelles d’Olivier Masset-Depasse, qui avait obtenu 9 prix en 2020.

La Nuit se traîne a remporté ainsi le Magritte du Meilleur film, mais aussi ceux de la Meilleure réalisation, du Meilleur scénario et du meilleur premier film, venant couronner un jeune auteur à la carrière plus que prometteuse. Le film a dépassé les 40 000 entrées en Belgique. Polar sous haute tension se déroulant le temps d’une nuit de manifestation à Bruxelles, capitale magnifiquement filmée (encore un prix), La Nuit se traîne met en scène un cinéma de genre social en prise avec les problématiques de la société contemporaine et nourri de la cinéphilie éclectique de son auteur. Le film a reçu aussi les Magritte techniques et artistiques pour le son, l’image, les décors, les costumes et le montage.
Notons également le joli triplé de l’interprétation pour Il pleut dans la maison, premier long-métrage de fiction de la jeune cinéaste belge Paloma Sermon-Daï, qui a valu à Makenzy et Purdey Lombet, frère et sœur à la ville comme à l’écran, les prix des Meilleurs espoirs masculin et féminin. Louise Marteau, dans ce film, décroche la palme de la Meilleure actrice dans un second rôle.
Arieh Worthalter et Lubna Azabal réalisent, eux, l’exploit de remporter pour la seconde fois le titre du Meilleur acteur et de la Meilleur actrice : Arieh pour Chiennes de vie de Xavier Seron, Lubna pour sa prestation magistrale dans Amal de Jawad Rhalib sur une classe d’élèves radicalisés.
Le Magritte de la Meilleure musique a été remis ex-aequo au chevronné Frédéric Vercheval (qui l’avait déjà reçu en 2020 pour Duelles) pour Green Border, et au duo formé par Charles De Ville et Nelly Tungang pour Sauvages de Claude Barras.
Le Meilleur film flamand a été attribué cette année à Julie zwijgt, premier long-métrage du jeune cinéaste Leonardo van Dijl, tandis que le Meilleur film étranger en coproduction avec la Belgique est revenu à La plus précieuse des marchandises de Michel Hazanavicius, déjà primé dans plusieurs concours.
Enfin, le Magritte d’honneur a été remis à Gilles Lellouche, réalisateur français bien connu de L’amour ouf. Acteur aussi, faut-il le dire.
Dommage que la cérémonie fût entachée par une prise de position politique d’une certaine partie des spectateurs, position qui n’avait rien à voir avec le cinéma et dont l’Académie André Delvaux s’est ensuite désolidarisée.

Michel Lequeux13528493893?profile=RESIZE_710x

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RENCONTRE : ALEXANDRA TORRES HERRERO

RENCONTRE : ALEXANDRA TORRES HERRERO

Révélé par la lumière, l'animal apparaît, émergeant de l'obscurité, entre rêve et réalité. Les œuvres de l’artiste française Alexandra Torres Herrero sont exposées à Bruxelles durant tout le mois d’avril. Rencontre.

Qui êtes-vous ?
Aujourd’hui âgée de trente-huit ans, mes origines sont espa-gnoles. Je suis née en France et j’y ai effectué toutes mes études. Depuis plus de deux décennies, je réside dans le Pays basque, même si ma formation s’est effectuée à Bordeaux. Le Pays basque représente à mes yeux une frontière entre deux cultures et fait aussi partie de mon équilibre. J’ai toujours été créative. Depuis toute petite, je pratique le dessin. Mon père également dessinait. A l’époque, mon objectif était de faire mieux que lui. Puis, peu à peu, je me suis engagée dans la voie de l’art en suivant des études dans ce domaine, qui se sont concrétisées par un Bac Arts Appliqués, une Licence en Histoire de l’Art et Archéologie et un Master d’Ingénierie Muséale.

Avez-vous été encouragée à développer votre don ?
Je me souviendrai toujours que, avec le temps et en grandissant, mes dessins ont commencé à ressembler de plus en plus à ceux que je prenais pour modèles. Je m’empressais de les montrer à mon père, qui s’exclamait : Mais, tu as décalqué ! Même si cette phrase est longtemps restée gravée en moi avec un peu de colère, loin de me décourager, elle prouvait que je faisais déjà du bon travail. Je n’avais que sept ans ! Oui, j’ai été encouragée et mes parents m’ont permis de concrétiser mon rêve par le choix d’études qui me convenaient. A travers celles-ci, j’ai appris à améliorer ma pratique, à observer et à me familiariser avec de nouvelles techniques en veillant à trouver celle qui me correspond le mieux. Puis, humblement, l’histoire de l’art apprend à saisir l’essence des grands maîtres et des classiques. Au cours de mon cursus scolaire, je me suis entichée de la période antique et, par extension, de la Renaissance italienne avec deux écoles : celle du dessin et celle de la couleur. Une bataille où deux clans se répondent. Ceux qui estiment que le dessin est l’essence de la peinture et les avocats de la couleur. Ma passion pour le dessin ne laisse aucun doute sur mon choix, s’inscrivant ainsi dans la logique de ma démarche artistique avec l’intervention de très peu de couleurs. Les croquis et les ébauches préparatoires de ces merveilleux artistes me fascinent toujours. Je parle des croquis au fusain et à la sanguine si développés et si parfaits. Ils continuent à me pousser dans la pratique du dessin. L’étude du clair/obscur à travers ma licence d’Histoire de l’Art a également eu un impact sur mes créations.

Quand avez-vous commencé à exposer ?
En 2019, j’ai franchi le pas pour montrer mes travaux à un public qui m’était inconnu. J’ai réalisé ma première exposition à Hendaye, la ville où je réside. J’y ai présenté quelques créations, dont des portraits animaux réalisés avec un mélange de fusain, de fond bombé, de noir et de blanc, ainsi qu’un élément végétal. Un bestiaire qui a séduit le regard et les avis des visiteurs.

D’où vient votre passion pour le monde animal ?
Tous les enfants adorent les animaux. Petite, je collectionnais des images qui les représentaient, autant que tout ce que je pouvais rassembler les concernant. J’en possédais des classeurs entiers, triés par catégories. Je dévorais également les documentaires animaliers et les dessins animés qui les mettaient en scène. De la sorte, ils sont devenus mon sujet de prédilection. Mon seul sujet même !

Quel support utilisez-vous ?
A mes débuts, je travaillais sur une simple feuille blanche avec un fusain ou sur un fond préalablement bombé de couleur. La feuille noire s’est rapidement imposée, car le noir m’inspire. Pour moi, il est essentiel à tout début de création. Mes œuvres se déclinent donc majoritairement sur un papier noir, teinté dans la masse et créé sur mesure. Dernièrement, la toile a fait son apparition, préalablement préparée en noir bien évidemment, avec des dimensions précises. surtout plus grandes et demandées par les Galeries, qui m’y ont en quelque sorte poussée.

Quelles sont les clés de votre technique ?
Elles me viennent de ma formation académique et de l’étude scientifique des œuvres de mes prédécesseurs. Leur composition et l’usage de tels et tels pigments m’orientent et me guident pour trouver mon identité artistique. Je travaille énormément le Bleu de Prusse d’une manière particulière. Les animaux bleus ont d’ailleurs acquis une énorme importance dans ma démarche, au point de faire l’objet de séries. Le support noir m’est indispensable. Sans lui, pas de création ni d’inspiration ! L’encre blanche est aussi la base de l’œuvre. Elle sert pour l’élaboration du croquis, plus ou moins poussé, et peut demeurer l’unique intervenante. Les pigments et encres de couleur reposent nécessairement sur cette base. L’encre apporte de nombreux reflets en fonction de la lumière.

De quelle manière avez-vous découvert Espace Art Gallery ?
C’est plutôt Espace Art Gallery qui m’a découverte ! Il y a environ deux ans, j’ai reçu un mail de monsieur Delfosse, me proposant un rendez-vous en galerie. Je m’y suis rendue avec quelques toiles, afin de présenter mon travail, et une proposition d’exposition en a découlé.

Qu’allez-vous y présenter ?
Pour cette exposition, le choix s’est orienté exclusivement sur des toiles, principalement mon travail à l’encre blanche et quelques œuvres incluant des pigments à l’or. Un peu de couleur également ! Je présenterai au moins une œuvre de ma dernière série intitulée The One. Une toile préalablement préparée en noir, avec quelques reliefs visibles. Une seule couleur, un seul pigment, un même pinceau et une seule technique ! Une heure de temps. Une sorte d’aboutissement de ma technique pour ce travail. Evidemment, la sélection n’a rien d’une sinécure lorsqu’on prépare un accrochage. Même si les animaux bleus représentent une grande partie de mon travail, je souhaite présenter à Bruxelles un panel plus large de mes réalisations. Une sorte d’éventail de ce que je fais.

Qu’espérez-vous de cet événement ?
J’attends de découvrir le ressenti et l’accueil d’un nouveau public, le public Belge ! A cela, il est toujours satisfaisant de constater que mes créations s’exportent à l’étranger. Que vont susciter mes animaux et ma manière de leur donner vie en peinture ? Peut-être trouveront-ils une nouvelle famille d’adoption à travers un acheteur ?

Les travaux d’Alexandra Torres Herrero sont à découvrir à Espace Art Gallery du 4 au 27 avril 2025. Plus de détails sur le site www.espaceartgallery.eu
Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles
Propos recueillis par Daniel Bastié pour Bruxelles Culture

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EXPOSITION : CHRISTINE BONNET

EXPOSITION : CHRISTINE BONNET
L’artiste Christine Bonnet peint, grave, photographie et écrit. Ses créations s'élaborent autour de trois éléments que sont l'eau, l'air et la terre, auxquels elle ajoute la chaleur et la lumière.

De quelle région venez-vous ?
Je vis et travaille dans le nord-est de la France, précisément en Alsace. Résidant dans un village situé en altitude dans le massif des Vosges, en pleine nature et entouré de forêts, j’ai la chance de passer mes jours dans un endroit propice à ma recherche artistique.
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Quelle est votre formation ?
J’ai suivi trois formations dans des ateliers situés à Paris et dans ses environs. J’y ai acquis maintes pratiques, qu’il s’agit du dessin, de la peinture ou de la gravure. Je suis autodidacte en photographie, tant pour la prise de vue que pour l’impression. Je possède en moi l’envie et la nécessité de marier ces techniques avec une exigence de perfection et de précision.

A quel âge vous êtes-vous laissé séduire par les arts ?
Depuis l’enfance j’ai toujours dessiné et peint. J’y consacrais de longues heures. Je possède des souvenirs précis du plaisir que j’éprouvais à être seule face à ce qui s’élaborait sur le papier ou sur la toile. Les aléas de la vie ont fait que ma formation artistique ait vraiment débuté vers vingt-quatre ans. Dès cette période, l’art a occupé une place prépondérante dans mon existence. ll était l’évidence, la voie à suivre !

Avez-vous bénéficié d’encouragements ?
J’ai eu cette chance d’être bien entourée et d’avoir de la reconnaissance de la part de mes proches, mais aussi des critiques franches qui m’ont aidée à progresser. J’ai surtout apprécié de ne pas avoir à me battre pour vivre ce que je souhaitais. Puis, les prix artistiques se sont succédé.

Quels thèmes abordez-vous dans le cadre de vos expositions ?
En peinture, l’esprit du paysage reste extrêmement porteur depuis toujours. Je précise esprit, car c’est uniquement en suivant la voie de l’abstraction que je me relie à lui. Je peux ainsi ouvrir un espace dans lequel je me retrouve totalement, en laissant libre cours à mon imagination et à l’écoute du sensible, de l’intime et de l’émotionnel. Goûter le plaisir de peindre, dans le jeu des couleurs et des matériaux, portée par l’esprit du paysage, là réside ma véritable démarche picturale ! Mon regard de peintre oriente ma vision photographique. Actuellement, je travaille essentiellement des œuvres tournées vers le monde primitif, qui sous-entend des liens profonds avec le milieu naturel et ses nœuds intrinsèques, dépouillé de toutes traces humaines. En tant que photographe, ma motivation repose sur ce qu’il dit de lui dans la puissance des formes qu’il génère. Le second thème qui m’occupe se nourrit de la nature. J’entends par là le monde du végétal. Ces deux voies pour aborder Notre Milieu sont l’occasion d’oser plusieurs questions. Qu’est ce qui, devant moi, s’impose avec tant de force ? Quelle est donc la nature, l’essence profonde de ce qui se donne ici et maintenant ? Pourquoi suis-je tant impactée et ébranlée ? Bien entendu, les réponses demeurent personnelles, voire partielles, même si j’invite chaque visiteur à y réfléchir !
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Retrouvez les œuvrées de Christine Bonnet du 7 au 30 mars 2025 à Espace Art Gallery. Plus de détails sur le site www.espaceartgallery.eu
Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles
Propos recueillis par Daniel Bastié pour "Bruxelles Culture"

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Exposition : Alicja Polechonska (Illustrations du Nouveau Testament)

  1. Dates : 3 mars au 14 avril 2025
  2. Lieu : Basilique Notre-Dame de Basse-Wavre
  3. Rue du calvaire à 1300 Wavre

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Dans l'univers de l'art sacré contemporain, le nom d'Alicja Polechonska résonne avec une intensité particulière. Cette artiste passionnée par l’illustration du Nouveau Testament propose une exposition exceptionnelle où aquarelle et acrylique se conjuguent pour donner naissance à des œuvres uniques. Son style, immédiatement reconnaissable, repose sur un dessin épuré, où les silhouettes essentielles émergent avec une simplicité saisissante. Loin de l'hyperréalisme, elle privilégie une représentation stylisée qui met l’accent sur le mouvement et la couleur. Cette dynamique picturale insuffle aux scènes bibliques une vitalité nouvelle, tout en leur conservant une dimension méditative.

Sa démarche dépasse la simple démonstration artistique. À travers cette série d’expositions en Wallonie dans des églises (les suivantes se dérouleront à Nivelles et à Ottignies), elle souhaite initier un dialogue entre passé et présent, tradition et modernité. Son approche se veut une actualisation des récits évangéliques, où la simplicité du trait devient un pont entre l’histoire et la sensibilité contemporaine.

La force de son travail réside dans cette capacité à rendre accessibles les scènes de la vie du Christ. Loin des représentations figées qui peuvent paraître désuètes aux yeux du public d’aujourd’hui, ses œuvres renouvellent l’imaginaire chrétien en l’ouvrant à une lecture plus intuitive et universelle.

Qu’il s’agisse de la Nativité, du Baptême ou encore de la Passion, chaque illustration capte une essence intemporelle et invite le spectateur, croyant ou non, à une redécouverte des textes bibliques sous un angle inédit. Les figures esquissées dans une économie de traits traduisent une expressivité immédiate, presque instinctive, rendant chaque scène d’une limpidité frappante.

L’exposition ne s’adresse pas uniquement aux fidèles. Elle interpelle également ceux qui, sans référence religieuse particulière, restent sensibles à la force des récits et à l’universalité des émotions qu’ils véhiculent. L’usage des couleurs, tantôt éclatantes tantôt feutrées, confère à l’ensemble une atmosphère où sérénité et mouvement cohabitent harmonieusement.

Au fil de ses réalisations, Alicja Polechonska nous convie à un voyage où le sacré s’invite dans le quotidien. Elle transforme des scènes connues en moments d’introspection, en suspendant le regard sur l’essentiel. En cela, son travail s’inscrit pleinement dans la tradition de l’art religieux, tout en renouvelant ses codes.

Cet événement se veut une opportunité unique de découvrir une approche sensible et novatrice du Nouveau Testament. En conjuguant modernité du dessin et profondeur du message christique,

Contacts : Service de la vie spirituelle

010/23 52 86

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TOONE : LES TROIS MOUSQUETAIRES

TOONE : LES TROIS MOUSQUETAIRES
Avec leur habit brodé d’or, leur chapeau au panache blanc et leur épée (ici pas de mousquet !), Athos, Porthos, Aramis et le fougueux d’Artagnan s’apprêtent à enflammer à nouveau la scène du Théâtre de Toone. Mais attention, ici, les héros du roman d’Alexandre Dumas prennent des accents bruxellois et s’expriment en usant d’expressions bien locales, grâce à une adaptation malicieuse, fidèle à l’esprit iconoclaste de la maison. Écrit en 1844 par Alexandre Dumas, en collaboration avec Auguste Maquet, Les Trois Mousquetaires fait partie des romans les plus populaires de la littérature française. Les aventures de ces quatre inséparables compagnons au service de Louis XIII se veulent un savant mixage d’action, d’humour et de romance. Dans cette adaptation bien de chez nous, les personnages prennent vie sous forme de marionnettes à tige, véritables icônes du folklore local.
L’histoire commence avec l’arrivée de d’Artagnan à Paris. Jeune Gascon au tempérament de feu, il débarque sur son célèbre bidet jaune, muni d’une lettre de recommandation pour M. de Tréville, capitaine des gardes. Mais avant de porter la casaque des mousquetaires, il doit faire ses preuves. Et quoi de mieux qu’une série de duels ? Ces affrontements, loin de semer l’animosité, cimentent une amitié indéfectible entre d’Artagnan et ses futurs compagnons d’armes. Sur scène, ces duels sont autant de prétextes à des dialogues croustillants, où l’humour bruxellois fait mouche à chaque réplique. Athos devient un vieux sage à la gouaille acerbe, Porthos un bon vivant un peu fanfaron et Aramis un séducteur qui n’a pas peur des sermons. L’un des épisodes les plus mémorables du roman, celui des ferrets de la reine, prend ici une saveur toute particulière. Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, a offert ces précieux ferrets (ornés de diamants) à son amant anglais, le duc de Buckingham. Une maladresse qui pourrait bien lui coûter sa réputation, surtout lorsque le cardinal de Richelieu pousse le roi à demander à son épouse de les porter lors du prochain bal. D’Artagnan et ses amis se lancent alors dans une mission périlleuse : récupérer les ferrets avant que l’opprobre n’éclate. Chez Toone, ces ferrets deviennent un collier, clin d’œil à un autre roman de Dumas, Le Collier de la Reine et à l’affaire du collier de 1785, célèbre scandale qui avait éclaboussé Marie-Antoinette. Dans cette version, qui joue la carte des anachronismes, on ne s’embarrasse pas de cohérence historique. Les saynètes se succèdent joyeusement sans temps mort, les mots truculents s’invitent dans les répliques et les dialogues regorgent de clins d’œil à la culture populaire belge. Une recette qui fait tout le piment de cette transposition, nourrie d’un profond respect pour l’œuvre originale, tout en demeurant convaincu qu’Alexandre Dumas ne se fâcherait pas pour quelques irrévérences.
Fondé au XIXᵉ siècle, le Théâtre de Toone reste une des plus anciennes institutions bruxelloises, où l’art de la marionnette se mêle à la satire et à la swanze. Alors, prêts à crier : Tous pour un, un pour tous ! avec les protagonistes de cette histoire ? Une chose est sûre, avec les marionnettes, l’épopée de Dumas ne s’est jamais avérée aussi vivante … et aussi bruxelloise ! Une pièce à découvrir tout au long du mois de février 2025. Voyez la programmation détaillée sur le site www.toone.be
Impasse Sainte Pétronille - Rue du Marché-aux-Herbes, 66 à 1000 Bruxelles
Sam Mas (copyright : Bruxelles Culture février 2025)

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EXPOSITION : L’ART AU CROISEMENT DES CULTURES

EXPOSITION : L’ART AU CROISEMENT DES CULTURES
L'art, selon Alicja Polechonska, joue un rôle fondamental dans les liens qui fédèrent les citoyens. Un moyen de dialoguer entre voisins, souvent issus de cultures différentes et amenés à cohabiter avec l’espoir de bâtir une société meilleure. Ce message se retrouve au cœur de cette exposition, qui invite le public à une réflexion sur la diversité culturelle et l’interconnexion humaine.

La couleur comme langage émotionnel
Pour Alicja Polechonska, la couleur fait office de langage et fonctionne davantage qu’un simple élément d’élaboration. Elle se métamorphose sous son pinceau pour devenir une extension de sa personne. Chaque teinte, chaque nuance traduit une émotion profonde, un fragment de son inspiration. Ses toiles captent le regard par leur dynamisme et leur richesse chromatique, tissant une interaction immédiate entre le spectateur et l’œuvre. La première impression est décisive !, affirme l’artiste. Cet échange visuel amorce un tutoiement unique, intime et universel à la fois.

Une inspiration ancrée dans le réel
Les créations d’Alicja Polechonska sont nourries par son environnement et ses expériences. Elle s’inspire des scènes du quotidien, des luttes sociales mais, aussi, des beautés discrètes qui façonnent son entourage. Chaque création devient alors un témoignage vivant de son regard sur la société.


Un art porteur de messages positifs
Au-delà de l’esthétique, Alicja Polechonska place l’humain au centre de son travail. Les théma-tiques qu’elle aborde sont vastes et profondément ancrées dans les préoccupations contemporaines : l’immigration, la mondialisation, la foi, l’éduca-tion et le métissage. Sa démarche ne se contente pas d’illustrer ces thèmes. Elle les interroge, les sublime et les partage avec le public. En contemplant ses toiles, on ressent une invitation à explorer ces enjeux avec empathie et ouverture.

Jeter un pont entre les cultures
Dans une époque où les tensions et les incom-préhensions peuvent diviser, Alicja Polechonska milite pour un art qui rapproche les citoyens. Ses tableaux jettent des ponts entre les cultures et célèbrent la diversité ainsi que l’humanité com-mune. Chacune de ses expositions représente une opportunité de briser les barrières et de susciter une réflexion sur notre manière de coexister.

Un rendez-vous à ne pas manquer
Alicja Polechonska propose une quinzaine de ses œuvres à Escales du Nord (Centre culturel d’An-derlecht) du 15 au 22 février 2025 L’occasion de regarder notre monde avec une autre lunette. Une exposition à découvrir, pour mieux comprendre, ressentir et s’émerveiller 13 au 22 février 2025 à l’EDN Bar / Salle Maurice Carême. Voyez tous les détails pratiques, ainsi que les jours et heures d’ouverture via le site www.escaledunord.brussels

Centre culturel d’Anderlecht
Rue du Chapelain, 3 à 1070 Bruxelles
Paul Huet (copyright : Bruxelles  Culture fébrier 2025)

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DÉCÈS DE BERTRAND BLIER

DÉCÈS DE BERTRAND BLIER
Bertrand Blier, fils du célèbre comédien Bernard Blier, s’est imposé comme l’un des réalisateurs les plus singuliers du cinéma français. Avec son ton provocateur, son humour grinçant et sa vision acerbe des relations humaines, il a marqué des générations de spectateurs et a influencé nombre de cinéastes. Dès ses débuts, il a imposé un style reconnaissable. Les Valseuses (1974), film culte qui révéla Gérard Depardieu, Patrick Dewaere et Miou-Miou, a choqué autant qu'il a séduit. Véritable ode à l'insouciance et à l'anticonformisme, ce road-movie anarchique est devenu un phénomène social, même s'il a suscité des controverses pour son audace et ses thèmes dérangeants. Bertrand Blier a poursuivi sa croisade contre tous les pisse-froid avec Calmos (1975), histoire misogyne en pleine année de la femme, lui-même suivi par Préparez vos mouchoirs (1978), qui lui a permis de renouer avec le duo masculin de Les valseuses et de révéler au public le tout adolescent Riton Liebman. L’année suivante, il a accouché de Buffet froid (1979), une œuvre d’un humour noir glaçant, qui explore l'absurdité de l'existence et les zones d’ombre de ses contemporains. Ce film lui a valu le César du meilleur scénario, récompensant son écriture subtile, même si déroutante pour une partie du public. Que dire de Beau-père (1981), long métrage dans lequel Patrick Dewaere s’amourache de la toute jeune Ariel Besse et que personne n’oserait produire aujourd’hui ? Jamais à court de provocation, il a opposé Isabelle Huppert à Coluche dans La femme de mon pote (1983), fait jouer à Alain Delon le rôle d’un alcoolique invétéré dans Notre histoire (1984) et a imposé Josiane Balasko en maîtresse de Gérard Depardieu au grand dam de Carole Bouquet dans Trop belle pour toi (1989). Même si le rythme n’a plus été aussi soutenu, les titres ont continué à s’enchaîner, avec toujours une verve acide et des sujets qui font hurler les âmes prudes. Avec Tenue de soirée (1986), il a signé son grand retour en allongeant dans le même lit Michel Blanc et Gérard Depardieu, laissant végéter Miou-Miou dans le corridor. Les années 90 et la première décennie des années 2000 l’ont impacté, au point de l’amener à diluer le vinaigre de sa plume dans beaucoup d’eau. Les mœurs ont évolué et certains thèmes ne sont plus tolérés. On en est arrivé même à lui reprocher plusieurs séquences de Les valseuses, l’incriminant d’incitation au viol et aux gestes déplacés à l’encontre de la gent féminine. Loin de se repentir, Bertrand Blier a continué de filmer, sachant fort bien qu’une page venait de se tourner. Sa carrière se jalonne d’œuvres où le verbe se dresse tel un poing. Servi par un ton grinçant et paradoxalement poétique, il n’a jamais cessé d’explorer des sujets comme la sexualité, la solitude, la stupidité, la vanité et la violence. Bertrand Blier portait également sur ses épaules la réputation d’un formidable directeur d’acteurs. Il avait permis à des comédiens comme Alain Delon, Jean-Pierre Marielle, Brigitte Fossey, Carole Bouquet ou, encore, Anouk Grinberg des prestations mémorables, souvent à contre-emploi. Si certains critiques le fustigent toujours pour son style provocateur et parfois hermétique, ses fans saluent son audace créatrice et sa capacité à mêler profondeur philosophique et comédie subversive. Peu de réalisateurs osent, comme lui, bousculer les conventions et affronter les contradictions de la nature humaine avec pareille sincérité. Son décès survenu le 20 janvier dernier laisse la sphère cinématographique dans un désarroi complet. Il avait quatre-vingt-cinq ans !
Daniel Bastié

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LES ZOUAVES PONTIFICAUX

LES ZOUAVES PONTIFICAUX
Le régiment des zouaves pontificaux demeure une page méconnue de l’histoire européenne du XIXe siècle. Créé en 1861, il avait pour vocation de défendre les États pontificaux contre les menaces pesant sur le pouvoir temporel du pape. La création de ce corps armé a commencé dans un contexte de bouleversements politiques et religieux. En 1860, l’unification italienne menée par le royaume de Piémont-Sardaigne, sous l’impulsion de Victor-Emmanuel II et de son ministre Cavour, a ébranlé l’équilibre entretenu jusqu’alors. Ces territoires, gouvernés par le pontife en tant que souverain, se sont trouvés précipités dans la tourmente. Pie IX a alors décidé de renforcer sa défense et de fonder officiellement cette troupe d’élite, inspirée des unités de zouaves de l’armée française, afin de rassembler des volontaires issus de différents pays, tous fervents catholiques et généralement nés dans le giron de la noblesse ou de la bourgeoisie, chacun en étant animé par une dévotion profonde et un désir de protéger l’Église face à ce qu’elle percevait comme des attaques anticléricales. Sa mission principale consistait à protéger Rome contre les incursions des forces italiennes. Sans fléchir, ces hommes ont mené plusieurs batailles, avant d’être renvoyés dans leurs pénates ou incorporés dans d’autres bataillons. Bien que leur existence ait été brève, ils laissent un héritage significatif et incarnent un temps lointain, au cours duquel le clergé et la politique se liaient intimement. Aujourd’hui, leur souvenir suscite encore l’intérêt des historiens et des passionnés de faits militaires. Leur exemple rappelle que notre continent a longtemps été marqué par des conflits où se mêlaient aspirations nationales et luttes spirituelles. .Jean-François Vivier au scénario et Emmanuel Cerisier pour le dessin reviennent sur ce corps d’élite, dont ne parlent pas ou peu les manuels scolaires. Un oubli ici réparé !
Ed. Plein Vent – 48 pages
Daniel Bastié

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