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Publications de Deashelle (982)

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La nuit de l'audience (théâtre Royal du Parc)

La nuit de L’audience

De Jean-Claude Idée & Jean des Cars

Année 1900. On s’attend à un piano à queue caché sous le drap, et on découvre un empilement de chaises dorées au milieu d’une pièce fastueuse et vide ! Empilement de barreaux dorés , car la pièce qui se joue est une prison. Des colonnes grises comme la pluie belge rendent l’endroit encore plus sinistre. Loin des palmeraies du Mexique… Au pied du balcon, les douves glacées du château de Bouchout, sont nettement plus carcérales que les jardins français du château de Tervuren qui vient de brûler ! Charlotte, impératrice du Mexique y est enfermée avec sa folie ou non, soumise à la volonté de son frère Léopold II qui l’a dépouillée de ses biens, de ses droits de son identité et même de sa filiation. Avec sa dot il a acheté le Congo et la sœur se meurt, par raison d’état, pour raison de folie. Qui eût cru que de si sombres desseins puissent se tramer au nez et à la barbe de l’Europe entière ? Camille Claudel revisitée. La visite : l’autre femme, Agnès de Salm-Salm, femme d’extérieur, aventurière hors du commun, n’ayant peur de rien, entreprenante, guerrière même, qui s’est « battue contre la guerre », belle, par ce que c’est Brigitte Fossey, vient la délivrer et peut-être l’aider à fuir. Armée, elle a balayé les geôliers, le docteur et sa seringue calmante et la gouvernante allemande.

Les deux femmes qui ne se connaissaient que sur dossier détaillé se rencontrent enfin, se mesurent, se jaugent, se scrutent, s’auditionnent, s’esquivent, et tombent dans la connivence des secrets partagés. Le duo de femmes devient alors musique de cœur, un peu de tequila - Mexique oblige. Agnès a quitté son chapeau de voyage et la coiffe de folle de Charlotte tombe après avoir revêtu sa dérisoire couronne. Elles sont devenues « sœurs d’orgueil !». Emergeant par dessus la camisole de forcenée, le cheveu vivant, brouillon, blanc et court apparaît, une vie volée renait. La vérité aussi…. se dévoile, petit à petit. Carlotta est femme victime, Agnès est femme protectrice. La condition de la femme ? Comment s’advenir ? Comment refaire surface dans la réalité après 25 ans d’internement ? « Vous avez peur de la réalité ! … C’est que j’en ai perdu l’habitude ! » Comment s’extirper de la machination machiste, des serres de l’avidité qui méprise superbement la vie ? Léopold a enterré sa sœur vivante. La pièce réhabilite sa mémoire, fait revivre un pan de l’histoire belge très peu glorieuse et soigneusement dissimulée dans nos cours d’histoire.

Le seul refuge pour Carlotta sera dans les chimères du monde intérieur, la magie de la folie, feinte ou non, loin de la « volupté des fonctions végétatives ! ».

Expression du talent féminin : Ce duo de femmes, Brigitte Fossey et Frédérique Tirmont, totalement opposées tant par la voix que le langage corporel, les postures et la photogénie jouent chacune dans leurs registre, superbement. « Le jour où je cesserai d’être neuve je serai morte ! » Maîtrise totale et nuancée de l’élocution et de la théâtralité…Jeu comparable à une orchestration de musique faite de contrebasse et violoncelle…Emouvant et beau.

http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2010_2011_001 Mise en scène: Patrice KERBRAT.
Décor: Edouard LAUG. avec: Brigitte Fossey (Agnès) Frédérique Tirmont (Charlotte) Nathalie Stas (La suivante) Olivier Cuvellier (le médecin)

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Histoires Comme ça ( au théâtre des Martyrs)

Un gâteau, dans un gâteau, dans un gâteau...

Comment le Rhinocéros acquit sa peau,

Comment le Léopard acquit ses taches,

Comment la Baleine acquit son gosier,

L'Enfant Éléphant,

La rengaine du père Kangourou,

Comment naquit la première lettre,

Drôle et poétique, ce spectacle réveille les histoires comme ça de Kipling. Nostalgique aussi, car Best Beloved , sa fille Joséphine, est morte de pleurésie à huit ans…

Elle n’a plus de regard pour s’émouvoir des couleurs, la lumière lui a été ravie… mais elle entend toujours la voix du cœur paternel qui bat pour elle. Son père lui parle inlassablement, à peine s’il fait face au public… Il brandit un atlas pour témoigner de la véracité des histoires à prendre au sérieux. Tout ça s’est passé quelque part, dans des temps lointains, une réalité contée, pour taire l’immensité du chagrin. Fataliste mais tendre, comique à dessein, il commente les vraies estampes de l'écrivain projetées sur les cartons, et, à force de détails répétés, il ponctue les histoires si vivantes avec des accents d’incantation: ...Best beloved !

La scène est jonchée de caisses de déménagement, il est entre deux. La voix sauve, qu’importent le décor ou la réalité. « Un jour, les hommes appelleront ça l’écriture… »

Elle n’est plus, il est Orphée et ressuscite les mots avec attendrissement, pour la faire rire et la surprendre encore, recréant l’amour….un monologue sans fin. Langue loufoque par moments, mime théâtral passionné, les silences aussi sont éloquents. Chemin faisant, un mystérieux gâteau se prépare, voici des miettes de bonheur pour la petite fille. Là-bas, à gauche sur la scène derrière le rideau, qu’y a t- il ? On imagine, sans doute un gouffre béant et vide vers où se tourne inlassablement le visage du père illuminé du sourire de la tendresse pour l'absente…

Pour qui est le gâteau ? Et voici des broderies musicales enthousiastes sur piano à queue Hanley… qui scandent joyeusement la vigueur des histoires et la blancheur des falaises d’Albion. Quelques chansons anglaises farcies d’humour. La salle acquiesce, rit et murmure, l’émotion est palpable. Comme un refrain toujours renouvelé de la dernière histoire, voici le crescendo : les variations de Mozart sur « Ah vous dirais-je maman» et en point d’orgue, l’adagio. Que d’amour dans cette musique qui, plus que les mots encore, enlace et découvre l’invisible…

Nous avons reçu en plein cœur cette interprétation très fine du comédien et artiste Bernard Cogniaux, on a redécouvert des histoires très touchantes….

Un gâteau, dans un gâteau, dans un gâteau…

http://www.theatredesmartyrs.be/pages%20-%20saison/atelier/piece1.html

…Très originale, la mise en scène signée Marie-Paule Kumps

Du 21/09 au 30/10/2009

Dim : 26.09 et 03.10

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Il est où l'incendie?

L’INCENDIE DE LA VILLE DE FLORENCE

Texte de : OLIVIER COYETTE

Joué avec brio au THÉÂTRE DE LA BALSAMINE

21/09/2010 >> 02/10/2010

avenue Félix Marchal - 1030 Bruxelles – Belgique Site Web : http://www.balsamine.be

Le public est sous le livre qui égrène les images de merveilles humaines, époques et horizons confondus. Brouhaha étourdissant, tant il y en a. Quand la page blanche se meut, la page est pliée en deux, au creux du pli, quatre femmes, de chair, de cheveux, de rires, d’humeurs et de voix surgissent et s’élancent au plus près du public, comme la voile dans le vent. Qui souffle ? Pour aller loin, au près serré, à travers les déferlantes…. Nouvelles Euménides ? Leur chaleur caresse le premier rang, facettes dévoilées, elles Vivent. Leurs voix émeuvent, leurs gestes captivent, parlent les yeux… Ecoutez-les respirer, faites de même, voyez battre leur col plein de vie, vous sentirez la vie déferler. C’est ce qu’elles font tout au long du spectacle, une ode à la vie.

Quatre voix de femmes qui ne font qu’une, qu’un chant réveillant la torpeur moderne. A la bouche un poème d’élan juvénile, de ravages, d’existence. J’aime donc j’existe… Elles racontent, en faisant tout autre chose - qu’on se gardera bien de vous dire, pour ménager l’effet de surprise. Ne sont-elles pas toutes multi-tâches… ? Elles racontent, en feuilletant une encyclopédie. Mais sous ce réel récité, il y a l’à venir qui va éclore des bouches vivantes…

Le poème a été écrit pour elles, par elles ? Par un homme qui veut percer leur mystère, les connaître enfin, les dévoiler, qui a lâché ses balises pour traverser l’océan. Il y a tant de culture, de tissu complexe fabriqué par l’humanité, tant à découvrir, à apprendre, à faire connaître. Où est l’essentiel ? Wikipedia s’en mêle… recherche: la ville de Florence est passée au peigne fin…. L’histoire, l’actualité, peintures d’une époque, d’une réalité ? L’art, peinture d’une réalité plus haute ? Jamais vue ?

Voici une pièce de théâtre audacieuse et innovante… Las, voici l’avenir, une page blanche, lieu de tous les possibles, angoisses gommées, tant la vie peut être présente et vive, si on le veut. Que sommes-nous maintenant, une cacophonie ? Alors que tout se joue à l’intérieur. Et qu’il faut oser dire, atteindre le vrai et le senti, faire péter les nœuds, se mettre en colère, pleurer et trouver et pincer cette corde ou cela vibre et où cela vit… la femme ose, la vie déferle. Nous ne sommes pas des cellules virtuelles ou mortes…

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Le duo pataphonique… au théâtre de la Samaritaine

Pataphonie, euphorie....Le duo pataphonique… à la Samaritaine

Max Vandervorst en direct de la maison de la Pataphonie, entendez un atelier d’objets abandonnés métamorphosés en instruments de musique aussi insolites qu’harmonieux, s’est arrêté quelques soirs à LA SAMARITAINE pour nous servir de la musique bien trempée. Marc Herouet, pianiste génial lui donne le ton et le tempo.

Que la fête commence : Daydream des Wallace Collection nous éclabousse de bonheur. Plus que la réminiscence, la cascade de diamants du clavier et les gouttes de musiques échappées du scoutophone, un ensemble de gourdes de métal suspendues dans un râtelier spectaculaire, égrènent du pur bonheur. Et le gong des plats de service. Pari gagné, c’est beau et étrange, et on se laissera guider dans ce voyage autour de ma cuisine.

Un balai de rue rouge se transforme mystérieusement en contrebasse vibrante sous la caresse d’un archet, le détecteur à métaux imite le bagpipe, les pattes d’une chaise sont autant de flûtes pour jouer un quadrille. Voici une sorte de trombone à coulisse en tubes de plastique blancs emmanché d’un socle de bouteille de plastique et d’un moule à tartelettes. Ca marche et c’est juste ! Public ébahi, salle comble. Histoire de souffler un peu voici les sons séraphiques et inconnus d’une valise mystérieuse, et le savatophone qui s’emballe sur l’air de Leila, toujours guidé par le piano sans queue… Des sons de flûte indienne dans les bouteilles d’un casier de bière pour conter à petites gorgées What a Wonderful World. Merci Louis ! Une salsa boliviana au chanrango et lapin mécanique. Un des clous de l’harmonie est une armée de vieux fers à repasser… Il ne faut pas tout énumérer, secrets de composition obligent, mais c’était un spectacle de pure prestidigitation musicale. La magie dans ces objets hétéroclites faisait soudain frissonner leur âme sauvage sous les doigts et le souffle de Max Vandervorst, un prince de la musique des origines.

www.lasamaritaine.be/

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Festival de Jazz: Le projet Cordes et percussions de André Klenes

Moonly Delights

Dans la vallée…. Ils ont fait un très beau parking souterrain, inondable et inutilisable. Donc l’accès du Marni est plus que problématique pour les visiteurs de la périphérie…. à moins de faire à pied le chemin depuis l’abbaye de la Cambre, parapluie sous le bras pour le retour! Mais nous avons été récompensés. C’est un ancien cinéma au confort exceptionnel, de la place, de l’air et des airs de jazz romantique ce soir là en clôture d’un festival de quatre jours.

Le projet Cordes et percussions de André Klenes, nous a présenté une croisière musicale de grand talent, qui devient spectacle poétique alternant les odes à la lune et à la nature et des créations musicales très inspirées, Orient-Occident. Des pointes de Vivaldi. Des accents hispaniques. Réminiscences dans tous les sens. Une suite celtique, La mer et ses cinq sens, violoncelle et contrebasse vibrantes d’émotion, bleu lunaire, vagues de bonheur musical. Ajoutez le gémissement des oiseaux de mer, le fracas du baiser de la mer sur les rochers, la voix des vents, le goût du sel et la rose des vents. En suite, un hommage senti, aux musiciens du Titanic. Aux percussions Etienne l’Asiatique aux baguettes fascinantes et pleines d’humour. De la délectation. Le dernier morceau, Amalia, nous arrête devant un bar méditerranéen, amples mouvements de jupes à volants, œillades, talons intarissables. Olé! La reprise, Flying Angel raconte un foxtrot aérien… Dans la vallée, quelle découverte !

Sébastien Walnier : violoncelle
Etienne Plumer : percussions
Jacques Pirotton : guitares

André Klenes : contrebasse,
compositions.

rue de Vergnies 25 - 1050 Bruxelles . t +32 2 639 09 80 . f +32 2 639 09 81 info@theatremarni.com

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Face à face...

Une pièce bouleversante, un texte magnifique et fort : L’hiver de la cigale de Pietro Pizzuti

Eclairage sur la trame : il s’agit de Laura Welter, maintenue en détention préventive, hors de son pays natal, … le Chili sans doute, accusée d'avoir tué le général Oscar Antonio Roederer, ancien dictateur de son pays. Elle risque l’extradition et ses conséquences innommables. L'avocate de la défense, Maître Nathalie Franchi, va avoir du mal à arracher des aveux à sa cliente qui ne veut rien moins à travers son procès obtenir une révision au niveau international de l’immunité parlementaire. Extrait : « …Un vieux Monsieur dont la mauvaise santé était le plus efficace des passeports diplomatiques..»

Prenez deux personnages féminins, quarante ans, aussi contrastés que possible : une avocate très élégante, bourrée de féminité, coupe garçonne et voix de tragédienne, femme protectrice ... et une terroriste comédienne, feignant l’autisme, les cheveux mi-longs cachant le visage, la démarche mince et hésitante, en tenue de prisonnière kaki, bottines aux pieds, femme victime courageuse.

Mettez-les face-à-face et que la joute commence. Le combat singulier s’engage avec subtilité. Il y a un mystère à découvrir, une question fondamentale à comprendre. Rien ne progresserait sans cette interrogation et sans cet interrogatoire, minutieux, presque socratique. Qui des deux est la fourmi ou la cigale, on ne cesse de se poser la question.

L’empathie est le tiers personnage. On découvre qu’elles ont en effet la capacité de se mettre à la place l’une de l’autre, elles possèdent une qualité d’écoute profonde et ces deux femmes vont mutuellement se métamorphoser peu à peu au contact de l’autre, de révélations en révélations, les émotions devenant de plus en plus palpables et partagées. Le sujet est grave, le texte de la loi inflexible. Le texte de Pizzutti est saisissant et fourmillant de nuances. Tout les sépare et tout va les faire se rejoindre dans un même combat, celui de la vie ! Peu à peu, on assiste à un crescendo de révélations de plus en plus violentes au fur et à mesure que le meurtre semble devenir justifiable. Quel tour de passe-passe, ce combat verbal féroce et obstiné de filles d’Hercule, aussi fortes l’une que l’autre, où les rôles finissent par se renverser ! Et voilà le transfert du pouvoir absolu de l’une ... vers le pouvoir de l’autre, car on l’aura reconnu : c’est la liberté et le pouvoir de la vie qui doivent émerger ! C’est qu’elles ont en commun une confiance éperdue dans le progrès humain et la victoire du Bien sur le Mal. Et en secret, la nécessité d’une certaine rédemption.

Pourtant tout les séparait. Cigale et fourmi se rejoignent dans une nouvelle Antigone qui ne mourra pas, ni l’été, ni l’hiver. Pièce admirable servie par des comédiennes de haut vol…

du 09/09/2010 au 30/10/2010 - Théâtre Le Public - 1210 Bruxelles
Salle des Voûtes - Création mondiale -

Avec Nathalie Cornet et Laurence Vielle, Mise en scène Magali Pinglaut

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Un beau salaud ( théâtre Royal des Galeries)

S’offrir une coupe de bonheur théâtral et voir - Un beau salaud -

Voyageur impénitent des cœurs, il est dans la transhumance et l’impermanence. Pénélopes impénitentes elles sont dans la permanence et veillent dans l’attente. Il sera le narrateur débraillé, sans costume d’acteur, électron libre entre le public et la scène des scènes… de ménages. Il prend le public à témoin, se gausse avec lui du théâtre qui se joue à côté de lui, comme si ce qu’il allait dire, n’était pas dans la pièce. Double imposture, déjà. Ce n’est qu’après "l’entre-acte" qu’il quittera " l’entre-deux " et se fera cerner par sa meute féminine.

On irait jusqu’à le plaindre, tant son discours a savamment distillé ses bonnes excuses. Il est égoïste, hypocrite, menteur invétéré et tout cela passe….malgré sa carrière d’imposteur. Le public penche de son côté, François a réussi la gageure d’emberlificoter les cœurs, une fois de plus. Les femmes réunies sur le plateau sont belles, attachantes, sensibles, élégantes, on comprend à peine pourquoi elles ont été plaquées….et ne peuvent que devenir complices et réunir leurs foudres bien qu’elles se détestent avec classe. François est un beau salaud! Qu’elles tricotent, brodent ou fassent de la tapisserie, elles ne feront pas dans la dentelle pour le confondre dans sa duplicité à tiroirs et lui donner quelques fils à retordre!

Le décor unique est splendide: un magnifique appartement design à Neuilly avec grandes terrasses, raffinement phare de ces dames. Une salle à manger télescopique avec des couleurs de paradis…c’est bien le but! Mais l’oiseau n’a qu’une envie, c’est quitter l’enfer doré pour des contrées improbables et des îles aphrodisiaques! Avec ses enchaînements de bons mots coulissants, de répliques à double sens, de situations cocasses, de quiproquos et de cachotteries, cette comédie moderne fait rire aux larmes et s’esclaffer la salle de tellement bon cœur que parfois les répliques en deviennent inaudibles! Et le Don Juan d’attirer une dernière fois la pitié : " Même lorsqu’il souffre beaucoup, on ne voit jamais les larmes du poisson qui pleure." , comble de mauvaise foi. 'On ne peut pas condamner les gens sur les intentions quand même!' … Sommet de la fourberie! Du comique, et de qualité, c’est rare et beau.

Une interprétation savoureuse et très parisienne! Une mise scène sublime de Pierre Pigeolet.

Avec : Pascal Racan, Marie-Paule Kumps, Martine Willequet, Marie-Hélène Remacle, Fanny Jandrain, Gaston Richard, Catherine Claeys.

Théâtre Royal des Galeries 32, Galerie du Roi, 1000, Bruxelles http://www.trg.

08/09/2010 >> 03/10/2010

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Etats de couple (théâtre Argan 42)

 

 

Etats de couple : tu m’aimes, pour... quoi ?

Voici une composition fantaisiste de scènes de couple, tantôt acerbe, tantôt tendre, toujours humoristique à travers leur grandeur et leur décadence. L’absurde et le surréalisme plantent le décor dès la première scène … dérapage immédiat pour s’être fiés à un livre de savoir vivre plutôt qu’au savoir être. La toile de fond est faite de pure mauvaise foi. Les nuances de cette toile lumineuse revêtent les couleurs pastel de l’arc en ciel, au propre et au figuré, pour faire le tour de toutes les situations et en voir de toutes les couleurs ! Savants jeux de projecteurs, sensibles et épicés. Les liens musicaux légers et discrets sont de vrais morceaux choisis. Les scènes éclair se succèdent, les mimes, les mimiques, les rires, les pleurs, les crises et quelques abandons. On se reconnait par flash soudains d’une phrase que l’on a sûrement déjà prononcée un jour et cela chatouille le cœur.

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Tout est une question d’optique et de ses illusions. Les changements de lumières, ceux des costumes nous emmènent dans le kaléidoscope amoureux, fracturé par les tâches domestiques, la télé, le boulot, les mille et une incompatibilités et hostilités rentrées. Scènes d’heurs et malheurs domestiques, puis comme un refrain de Zazie dans le Métro on se retrouve soudain avec la même scène, déjà vue, jouée de dix manières différentes, à la Raymond Queneau…. C’est comme dans la vie: ces nœuds sur lesquels on bute sans jamais vouloir changer une ligne du dialogue. Survient alors une magnifique scène de solistes - couple oblige - qui commence tout en douceur, chacun sa partition, et se termine en apothéose cacophonique aussi hilarante que brillante. Qu’ils sont beaux quand ils sont en colère, lorsque homme et femme orchestre se déchaînent! Les deux comédiens se lâchent complètement dans le pastiche de la scène d’ouverture de la Jalousie de Sacha Guitry. Bonheur d’interprétation! Colette Sodoyez est exquise ! La fin ressemble comme deux gouttes d’eau à du Guillaume Musso. Au milieu de toutes les scènes turbulentes dans la mosaïque de ce chaos organisé, on découvre… un couple enlacé dans le vitrail !

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Une comédie de Marc Pheline et Odile Clair

Avec Colette Sodoyez et Michel Hinderyckx

Mise en scène: Laurent Renard

 

Photos LucTourlouse 2010, festival Bruxellons

Une production de Argan42, la comédie de Bruxelles, Au Théâtre des Martyrs pour la saison 2010-2011

Au Théâtre de la Place des Martyrs

Atelier

Du 27 avril au 29 mai 2011

 

 

 

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souvenir musical à la galerie...

De la vraie musique dans une salle ‘ceci n’est pas une salle’ dont on aurait voulu repousser les murs tant les invités étaient nombreux. Notre violoncelliste japonaise prend la parole et explique le programme. Elle a la détermination tranquille du mélange réussi avec l’occident et va nous livrer avec bonheur toute sa sensibilité asiatique à travers une première œuvre de Mozart. Le bonheur est dans l’écoute. Le Duo pour violoncelle est soutenu par basse continue très profonde et sensible. Puis on s’embarque dans les replis italiens de Vivaldi. ♪♫•*¨*•.¸¸¸¸.•*¨*•♫♪♪♫•*¨*•.¸¸¸¸.•*¨*•♫♪ ♪♫•*¨*• Surprises de mélancolie et facéties joyeuses, danse et soleil. La fête perle sur les cordes, les sourires, l’entente et l’écoute mutuelle. Crescendo : nous voilà dans un feu d’artifices, avec Rossini et son humour. Les auditeurs vont faire éclater leur joie pour ce merveilleux temps de partage, puisque la musique c’est du temps, gratuit, artiste et rêvé. Merci pour ces premières couleurs d’automne dans la très belle galerie d’art. Encore : l’air des pêcheurs de perles de Bizet. Tout à fait à propos.

Shiho NISHIMURA (Jp) au Violoncelle et
Svetoslav DIMITRIEV (Be) à la Contrebasse

C'était le samedi 04 septembre de 20 h à 21 h.
Lieu : Espace Art Gallery 35, rue Lesbroussart à 1050 Bruxelles.

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Le trio Animus (théâtre de la Samaritaine)


Tous Trois Talentueux et Très applaudis : le Trio Animus Triomphant sur la scène de la SamariTaine

… hier soir et encore jusque samedi soir ! Oh Happy Days !

Le pianiste Jean Jadin est le «master of ceremonies» et, tout cool et tout rythme, présente les gospels avec cœur et humour. Le saxophoniste Tom François joue de la musique angélique sur sa flûte traversière, caresse des percussions, glousse et rit dans son saxo. Déjà le duo vaut la peine. Composition duelle, entente, registre, variété, inventivité, virtuosité. L’interprétation de Amazing Grace est saisissante de beauté, d’esprit et de profondeur. La salle est muette d’admiration. Est-on dans une église ou dans des catacombes ?

Et nous découvrons la soprano Myriam Gilson. Sa voix généreuse partagée entre le cuivre, l’or et le velours se répand dans les cœurs, fuse vers les cimes, redescend dans les gorges profondes, le regard brille, les sons sont magiques, palpitants, donnent des frissons et pourtant il n’y a pas de courants d’air. Beau comme une prière d’action de grâce, le Deep in the Water. Motherless child : un comble de profondeur et d’intériorité. Avides, nous recevons cette beauté vocale et ces musiques afro-américaines en plein cœur. Le courant magnétique de l’émotion saisit tous les participants, il y a ce silence révélateur de la chose partagée. On est tellement ému que l’on ose à peine applaudir en rythme, muser et se joindre à la joie des musiciens. On marche délicatement sur de la perfection : du jamais vu, cette rencontre de trois âmes si différentes par leur tessiture, leur couleur, leur rondeur… Puis on nous autorise et la salle entière chante Hey Man ou A-men, c’est la liesse. On ressort les larmes aux yeux. Oh Happpy Days…. Une soirée de note bleue. Qui voudrait durer jusqu’à l’aube…

Et pourquoi pas continuer l’ivresse ? « THE WILD PARTY » vous sera présenté à la Samaritaine du

Du mardi 7 au samedi 11 septembre 2010 à 20h30

D'après l'œuvre de Joseph Moncure March
Mise en scène et adaptation scénique
de Frederik Haùgness
Avec Benoît Verhaert (paroles), Laurent Delchambre (batterie), Samuel Gerstmans (basse), Grégory Houben (trompette) et Mathieu Vandenabeele (piano)

The Wild Party nous plonge au cœur du New York des années 30, en pleine prohibition, quand les Blancs ont découvert le Jazz... Celui des Noirs. Chez Queenie et Burrs, la fête bat son plein, jusqu'à l'arrivée fracassante du ténébreux Mister Black qui fait chavirer le cœur de la maîtresse des lieux.

Comme un cri de rage des années folles, ce long poème écrit en 1928 et censuré dès sa sortie à Boston, raconte sans pudeur aucune, une nuit de débauche, un amour tragique, une fête sans lendemain: ça chante, ça danse, ça boit, ça sniffe, ça hurle, ça pleure, ça touche... ça transpire le jazz. Sur scène, un acteur et quatre jazzmen se fondent en un formidable quintet pour nous raconter cette histoire avec autant de mots que de notes, c'est du
Jazz-Théâtre!

http://www.lasamaritaine.be/topic/index.html

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Candide (théâtre de la Clarencière)


Candide ou l'optimisme, version ludique et féérique

Dès l'âge de 7 ans, bientôt, du 26 au 29 octobre 2010 - Bruxelles : Théâtre Littéraire de la Clarencière Réservations : 02/640.46.76 info.laclarenciere@skynet.be, le site www.laclarenciere.be

J’ai eu la chance d’assister aux répétitions d’un petit spectacle croquignolet joué sur la scène minuscule du théâtre de la Clarencière, avec beaucoup d’élégance et de vivacité. Ce spectacle a été présenté en Avignon cet été !

« Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin, si vous n'aviez pas été chassé d'un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l'amour de Mlle Cunégonde, si vous n'aviez pas été mis à l'Inquisition, si vous n'aviez pas couru l'Amérique à pied, si vous n'aviez pas donné un bon coup d'épée au baron, si vous n'aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d'Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. -- Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »
Candide est désarmant, les yeux que l’on voit de près sont limpides et sans fard. Cunégonde, la mèche folle, le regard jeune et assuré, le costume ravissant, charmante, fraiche, malgré son histoire, est attendrissante. …. Pangloss, le tiers philosophique, rassurant, chaleureux et bouillant d’optimisme. Mais voilà que Cunégonde contrefait sa voix et sa personne, vieille édentée, elle conte à Candide ses aventures extraordinaires…Une pièce très dynamique pleine de mouvements, la scène sur le navire est magnifique, cela tangue jusque dans la salle ! L’eldorado est saisissant, on se croirait au Carnaval de Venise. Prestance, rythme, beau parler, que demander de plus ? Pour Candide, en fin de compte, le bonheur est dans le jardin : il faut le cultiver. Et Cunégonde d’étendre le linge au soleil des collines méditerranéennes…
Pour nous réchauffer cet hiver à Bruxelles !

Cette création couronne les 10 ans de collaboration artistique du Théâtre d'Une Pièce et du Théâtre de la Clarencière. Bernard lefrancq et Fabienne Govaerts souhaitant continuer dans leur volonté de faire aimer au plus grand nombre les grands auteurs et les belles Lettres. Dans ce cadre Bernard lefrancq, dans un souci de respect de l'esprit de Jean Vilar, a tenu à accrocher le public avec un texte d'auteur souvent présenté comme trop obscur, intellectuel ou élitiste. Dans sa démarche de vulgarisateur au sens noble du terme, il crée pour ce Festival 2010 un spectacle féérique et poétique autour de Candide qui habitant dans le château de son oncle, le baron de Thunder-ten-Tronckh est renvoyé à cause d'un baiser donné à sa cousine Cunégonde... Venez rire des péripéties de l'attachant Candide et découvrir en sa compagnie sa nouvelle devise selon laquelle " il faut cultiver son jardin !"

Avec : Jean-Louis Leclercq, Antoine Motte dit Falisse et Lola Pauwels
Affiche : Lionel Pinchetti
Mise en scène de : Bernard lefrancq
Co-production : Théâtres d'Une Pièce, Verbe Fou/Clarencière

Avec le soutien de la COCOF – Commission communautaire française de Belgique

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Michaël P i a n g e r e l l i…dit « le P i e n g »

Attention, ils sont presque connus, ils viennent de gagner à l'Alhambra de Paris la finale 2010 de Zickmeup, le portail accélérateur de talents ! Ils sont tombés sur la scène de la Samaritaine pour ouvrir la nouvelle saison avec la joie des saltimbanques et nous offrir un magnifique bouquet de chansons françaises décapantes, nostalgiques ou rebelles. . . « Et Dieu créa le saltimbanque et vit que ce fut le bordel, mais le plus beau bordel qui soit… »

Cela démarre souvent en douceur, puis les décibels s’emportent, mais qu’importe ! Le talent est là, nerveux, fougueux plein de feu. Le jazz est là, l’artiste touche à peine terre au milieu de ses acrobatiques pas de charleston, sur guitares aux accents manouche! Cela sautille de toutes parts. Cela pétille dans les cœurs. Fascinant ! Et l’orchestre enchaîne, impassible comme une rivière de rythmes.« Fais-moi confiance, c'est pour toi que mon cœur danse... »

Tout charisme et chaleur humaine, Michaël Piangerelli, dit le Pieng, dialogue joyeusement avec le public qui exulte, ravi d’être convié au jeu de la fête… Les textes ont du fond, de la poésie, de l’humour, de la dérision, de la musicalité. De jolis titres de chansons : Ma gitane, Je cherche ce mot, Il y a des nuits, Pieuse brebis, … Son employeur : Le monde, son école : les ghettos de Mouscron paraît-il! Ses muses, toutes les femmes, et la sincérité comme étendard. Sa présence en scène vous coupe le souffle et arrache des larmes de rire. « Piangere » en italien. Sa troupe l’entoure de bonheur, de chœurs et vibre sous sa magie. Le public est saturé de plaisir, mordu par le diable, enivré de vie. Vivent les bateleurs!

Chant: Michaël Piangerelli
Guitare, choeurs:
David Caporaso
Guitare, choeurs:
Paul Guernier
Basse:
Dimitri Evers
Batterie:
Benoît Derycke

http://www.lasamaritaine.be/informationsprat/index.html

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administrateur théâtres

L'art musical et l'esthétique des jardins à Beloeil


C’est l’heure où les oiseaux se taisent - pas de perruches bruyantes à Beloeil - c’est l’heure bleue de l’empire des lumières de Magritte… Cette fois, pas de maison, mais tout un château princier aux couleurs changeantes, tout au bout du canal qui mène jusqu’à la fontaine de Neptune. La féerie du soir est partout dans le parc, même le bruissement des feuilles se fige; les théâtres de verdure accueillent une foule silencieuse qui glisse respectueusement entre les morceaux de musique. On s’attarde - arrêt sur musique - les arbres majestueux écoutent, et le cloître de charmes résonne des scènes de chasse de Mozart. Fusant derrière les fourrés des applaudissements nous guident vers la scène suivante….. La voûte céleste et la lune pour accueillir les notes et les émotions.

La nuit musicale de Beloeil n’attire pas que les amoureux de la musique classique, c’est une très belle façon d’initier les timides et les frileux, la merveille du cadre et de l’organisation parfaite de cette nuit musicale aura semé ce nouveau plaisir au cœur des plus récalcitrants. C’est aussi une fête populaire : on pique-nique sur la pelouse à côté de la musique avec nappe à carreaux et vin italien ou avec des huîtres et du champagne sur de hautes tables de cocktail.

Sur notre parcours semé de milliers de bougies posées au sol, les arbres se sont travestis de lumières vertes et dorées. Arrêtons-nous à Neptune. Voici le kiosque qui accueille des extraits de « La création » de Haydn. Velours des voix, bruissement du chœur de Clerlande, concert d’instruments qui jouent aux oiseaux du ciel, au tonnerre, à la lumière et aux anges. C’est magnifique. Jasmine Daoud, soprano « Gabriel » en brocart de soie bordeaux nous interprète l’archange « Gabriel », Patrick Kabongo , ténor « Uriel »,Charles Dekeyser, basse « Raphael ». C’est l’avènement du monde, la séparation des eaux et de la terre, celle des créatures vivantes. Le chaos originel contraste avec l’éclatement aveuglant de la Lumière et le chœur de louer le Créateur….

Changement de scène : voici le vol fauve d’une pipistrelle par-dessus un piano qui nous régale des célèbres sonates de Robert Schumann, « Waldszenen » par Olivier de Spiegeleir, au piano…..C’est l’été.

Un détour au champ des roses pour scruter le firmament et entendre les deux sœurs Ouziel qui jouent Ludwig van Beethoven et sa Symphonie Pastorale à quatre mains…

Plus tard, suivant les accents profonds d’un violoncelle, on tombe sur une muse dans un hamac, tel un cocon déchiré. Suspendue à un arbre de lumière, elle nous conte en gestes et musique comment elle a apprivoisé son violoncelle et se relie au mystère de la nature. Une intimité dévoilée. Une compagnie, de si de la, de Montpellier…

Un immense hululement de hibou ponctue la soirée. Ou est-ce un commencement ? Les bords du canal sont noirs de monde joyeux et bavard. Musiques enregistrées et lumières pétaradantes fondent les cœurs dans un feu d’artifice superbe dans son extravagance, sa composition et ses éblouissements… Chaque année, tout est plus beau.

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administrateur théâtres

Sainte Fatima de Molem par Ben Hamidou, très beau spectacle

Petit billet de Molem.... rive gauche!

Molem : « Le seul pays arabe qui ne soit pas en guerre ! » Tout est humour et amour dans ce texte bienveillant pour tout le monde. Nous découvrons dans ce seul en scène la véritable sein-biose d’un kid de Molem qui a tout compris... avec sa grand-mère. Il est le petit prince, à jamais. Cette femme battante porte encore ses vêtements du désert, elle est tatouée de haut en bas pour dire son appartenance, son visage de sphinx tyrannique est tout amour jaloux et exclusif. Avec elle il a appris l’art de scène depuis la plus jeune enfance…. Ce plaisir de l’imaginaire le transcende et lui forge peu à peu une identité, une dignité, des choses à dire. « Une fois les rôles attribués, on coupait le son de la télé et on jouait ensemble les westerns façon berbère ! ».Ensuite il se laissait enivrer par les parfums d’une cuisine faite de recettes d’amour fou et de citrons confits.

Adolescent, il rêve d’embarquement pour les grands élans, recherche éperdument ce qui le rapprocherait de l’amour, mais les murs protecteurs dressés par l’auguste ancêtre sont presque infranchissables. Voici un chapelet savoureux de souvenirs d’enfance, tendres, très émouvants…et drôles, loin des errances des barons désœuvrés arpentant superbement les pavés de la rive gauche du canal!

Un premier mensonge, à 19 ans, lui ouvre enfin la porte de la liberté : l’école d’art dramatique. Il est doué, pour le mime, les imitations, le jeu corporel, il fait rire….il déborde de sensibilité. La vie et le spectacle se mêlent dans l’écriture, le voilà celui qui sur 300.0000 immigrants va saisir sa chance, toujours aussi tendre avec sa vieille Hanna mythique, son égérie, sa patrie, et il va réussir -pas - à la grâce de Dieu, mais par son assiduité, sa ténacité et le rêve qui l’habite.

Point de discours hostiles ou agressifs, c’est un bonheur pour l’occidental sans cesse culpabilisé… le jeu de l’humour fait mouche, la salle n’en peut plus d’applaudir et de rire, et l’acteur s’envole dans l’univers plein d’étoiles du plaisir de dire, de conter, de séduire et d’enchanter. Tandis que veille là-haut, la grand-mère, éternelle, pareille à elle-même, brillante sentinelle du bonheur. Un conte ?

-le 20 août à 20h -Festival des Théâtres Nomades - Grand Chapiteau -Parc de Bruxelles
http://www.festivaldetheatredebruxelles.be/

Réservations :

-le 25 septembre à 20h - Festival du Rire d'Anderlecht - Café Théâtre des 2 Gares 124b rue des deux gares 1070 Anderlecht
-du 30 novembre au 5 décembre à la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek-St-Jean
-du 7 au 18 décembre, au Théâtre Varia

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administrateur théâtres

l'art de la fête foraine...

Les Baladins du Miroir, théâtre forain musical et poétique, nous présentent des contes et légendes délectables : « Le chant de la source »

L’arbre aux trésors de Henri Gougaud nous chuchotte : "Non point changer la vie, mais l’aider à éclore. Voilà pourquoi sont au monde ces récits parfois millénaires qui ont atteint à la gloire insurpassable des œuvres : l’anonymat. Car je ne suis pas l’auteur de ceux qui sont dans ce livre. Je n’ai fait que les raviver, les ranimer, les restaurer, comme d’autres restaurent de vieux châteaux. J’ignore qui en sont les premiers auteurs. D’ailleurs, qu’importe ? Ils sont au monde parce qu’ils sont nécessaires, comme l’air, comme la lumière du jour, comme les arbres. "

Et l’arbre à soleils de renchérir :"Les légendes sont ce que nous avons de plus précieux en ce monde. Elles ne sont pas une pâture puérile. Elles ne sont pas une manière d’oublier le réel, mais de le nourrir. S’insinuer tendrement en elles c’est apprendre la liberté, éprouver le bonheur parfois douloureux de vivre".

Après des cascades de rires et une ovation générale digne de nos concours royaux de musique, le public quitte à regrets le chapiteau, ruisselant d’émotion, applaudissant encore la fanfare de bonheur des comédiens qui se sont remis à chanter et jouer sur leurs instruments de musique !.... Tous les cœurs sont à l'unisson, on a apprivoisé le murmure de la source. Ce murmure fait d’humour, de rires, de musique, de poésie, de danse, de supplément d’âme.

Grâce à une fabuleuse distribution et une metteuse en scène divine, ces 12 contes et légendes du monde se sont emboîtés comme les pièces d’une pyramide, toujours plus stupéfiants, tendres, philosophiques, et drôles. Les costumes, pastels de ciel et de terre, semblaient moulés sur chaque personnage, et vivre, vibrants eux aussi, de tous les possibles. Et voilà entre les bribes d’histoires contées, dans une atmosphère de moyen âge doré, les chants ancestraux, polyphonies aux accents slaves, turcs, napolitains qui mobilisent l’harmonie, et c’est le silence ému dans toute la salle.

L’universalité de ces contes qui ont traversé les âges, les contrées, les mers, sans papiers, dans l’oralité et la tradition ancestrale nous chatouille le ventre, nous met des paillettes dans les yeux et force notre écoute sans partage ! Les personnages bien campés dans leurs accents et leur parler parlent vrai. Sortent-elles des mille et une nuits ou des contes de Canterbury? Ces histoires racontent, la terre, la femme, la mère, l’enfant, la vie, la mort, Dieu, l’esprit, l’âme et la bonté… et plein d’autres filigranes intimes que seuls nous pouvons entendre ou percevoir. La Joie, peut-être.

La musique, la danse et poésie virevoltent, personnifiées devant nous par enchantement et nous bercent notre essence originelle, sensible aux histoires mythiques qui ravissent le corps et l’âme. Question de chant et de source.

Et la violoniste n’a rient dit, mais a tout dit.

http://www.festivaldetheatredebruxelles.be/

Du jeudi 19 au dimanche 22 août 2010 au Parc Royal de Bruxelles 4ème édition

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administrateur théâtres

Bientôt l'Espace Art Gallery II au restaurant Yen...

Les honneurs de la cimaise et l’appel des papilles au Yen

49 rue Lesbroussart 1050 Ixelles

Au sortir de l’admirable exposition aux Beaux Arts « a Passage to Asia » nous nous sommes réfugiés, l’esprit vibrant encore des trésors racontés, dans ce lieu quasi introuvable mais très connu des asiatiques. Ils y réservent un an d’avance leur nouvel an et y investissent la moindre table depuis 20 ans. Aucune chance pour les occidentaux d’y mettre les pieds ce jour-là. Le maître du lieu, Hanh Nguyen nous a conté son arrivée en Belgique, ses études d’ingénieur à Mons, sa séparation d’avec sa famille pendant 14 ans alors que les boat people cherchaient tous à accoster quelque part. La cuisine, c’est le rayon de sa femme, Mme Nguyen Thi Thu Hong, elle nous a préparé des choses délicieuses, nous qui sommes sans cesse à la recherche de L’Asie perdue de notre expatriation. Retrouvé ici, une cuisine loin des sentiers foulés par les amateurs de pseudo-exotisme. Un visage souriant et noble, des manières délicates, une cuisine exquise et rare. Des prix doux. La fraîcheur des produits ? La rue du Cygne est juste à côté…Nous lui avons demandé s’il savait préparer le canard farci de Saïgon, que l’on cuit à la vapeur pendant 10 heures. Un asiatique ne dit jamais non, mais cette fois c’était un vrai oui…. Pour notre prochaine visite, en plat unique car c’est copieux. Une splendeur pour les papilles, ce bœuf sauté à la citronnelle et aux arachides hachées, cuit sous nos yeux dans un bol fermé serti d’une écharpe dansante de flammes bleues.

Le logo, le ‘yen’ en forme d’oiseau signifie hirondelle. Une courbe de vol splendide, un dépouillement savoureux! Mais les saveurs tellement fines et parfumées se mélangeront bientôt aux œuvres d’art de L'Espace Art Gallery II exposées en bas et dans la mezzanine. La question des "correspondances" entre les sons, les parfums, les couleurs et les mots, de notre cher Baudelaire nous est revenue à la mémoire, vaste champ d’explorations futures, nous avons fait un plein panier d’émotions présentes …

Surprise, à la sortie, on découvre que ce resto si effacé dans sa façade est dans le GaultMillau et dans le Michelin !

téléphone: 02 649 95 89

http://www.diningcity.com/brussels/restaurantyen/index_fr.jsp

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administrateur théâtres

P comme "A Passage to Asia"

Le Dialogue politico-économique Asie-Europe ou ASEM (Asia-Europe Meeting) a été créé en 1996 au sommet de Bangkok. ASEM est un forum interrégional qui regroupe d'une part les 27 membres de l'Union européenne, et d'autre part les 13 membres de l'ASEAN Plus Trois, c'est-à-dire le secrétariat de l'ASEAN ainsi que la Chine, le Japon, la Corée du Sud, la Mongolie, l'Inde et le Pakistan. En 2010 c’est Bruxelles qui accueille les huitièmes rencontres les 4 et 5 octobre prochains. C’est dire si la prodigieuse exposition « A Passage to Asia » organisée à l’occasion par les commissaires Dr Jan Van Alphen et Dr Kenson Kwok nous promet un voyage extraordinaire à travers le temps et à travers les contrées les plus diverses. En marge de cette réunion internationale, cette exposition ambitieuse met donc en scène pas moins de 25 siècles d’échanges commerciaux, artistiques, philosophiques et religieux entre l’Asie et L’Europe. « A labor of love ! » comme le souligne Dr K. Wok.

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Des trésors prestigieux, en provenance d’une quarantaine de musées à travers l’Eur-Asie ont repris la route pour nous raconter l’invisible derrière le visible. Trois cents objets mythiques, magnifiquement choisis par les curateurs évoquent le commerce phénoménal, les merveilleux voyages porteurs de promesses de profits fabuleux qui se qui se firent pendant deux mille cinq cents ans entre les Philippins, les Indiens, les Indonésiens, les Scythes, les Dong, les Chinois et les Occidentaux. Particulièrement actifs, les Portugais - puisque le pape avait donné aux Espagnols le côté ouest d’un méridien de partage du monde en deux- purent se saisir impunément de toute nouvelle terre ou comptoir du côté est, pourvu qu’on y répandît la parole évangélique. Une aubaine pour les jésuites parlant, certains, jusqu’à 17 langues, acceptés par le grand empereur moghol Akbar contrairement aux pratiquants du bouddhisme, pour leur savoir, leur intelligence et leur sens commercial. Circulation intense des biens et des idées, essor des religions et de leurs arts respectifs. Production intensive d’ivoires, de manuscrits d’objets liturgiques que l’on revendait en Europe.

Conquêtes militaires. Un armement mongol invincible de l’époque de Dzjenghis Khan évoque des images de la Route de la Soie et des conquêtes du monde. Ce fut ce même empereur Akbar qui rejoignit tous les tronçons de la route de la soie. On y circulait porteur d’une plaque de métal richement décorée, sorte de preuve en métal certifiant l’acquittement de taxes de voyage et transports…au bénéfice de toutes les contrées traversées.

On troquait de la soie, des chevaux, des chameaux, des armes, du lapis lazuli, des épices, du thé, de l’ivoire, des bijoux, des céramiques, le verre, si précieux pour les Orientaux, sur une route qui menait des Balkans au Japon. Quant aux routes maritimes, typhons, pirates, ouragans, rien n’arrêtait les marchands intrépides et aventureux. Arrivés à Goa, on traversait la péninsule Malaise par la terre, pour rejoindre d’autres navires, les attendant en mer de Chine. Les marins qui arrivaient ensuite dans l’Extrême Asie du Sud-est, s’installaient là pendant trois mois, attendant les vents favorables du retour. Mais ils ne restaient pas inactifs, amenant avec eux des matières premières précieuses, ils faisaient réaliser des objets localement qu’ils revendaient au retour! La main d’œuvre était experte et bon marché ! Le développement local d’accueil florissait !

Les jarres exposées - dont une des Philippines pesant 3 tonnes - les tambours de pluie rituels, la céramique tant domestique que funéraire, toutes deux, réceptacles de vie, matérielle ou spirituelle; la statuaire, les textiles - monnaie d’échange de choix, les bijoux et même des trésors retravaillés par la mer et repêchés dans des cargaisons de caravelles disparues lors d’affrontements ennemis, attendent le visiteur pour lui conter des histoires fascinantes…

Commerce et religion firent toujours bon ménage ! Une salle est consacrée à l’animisme. Une autre nous montre les premiers bouddhas, … de facture hellénique! Cette vitrine au cœur de l’Europe témoigne d’un immense foisonnement de cultures et d’influences… On en ressort étourdi! Et on voudrait y retourner et rêver encore…

Informations pratiques A Passage to Asia
25 Centuries of Exchange between Asia and Europe

Palais des Beaux-Arts Rue Ravenstein 23 1000 Bruxelles du 25.06 > 10.10.2010 Heures d’ouverture De mardi à dimanche, 10:00 > 18:00 Jeudi, 10:00 > 21:00 Fermé le lundi BOZAR Info & tickets +32 2 507 82 00 – www.bozar.be

http://www.bozar.be/activity.php?id=10213&

A S I A O N S T A G E : les magnifiques spectacles de danse et de musiques

www.bozar.be
info@bozar.be

PALAIS DES BEAUX-ARTS
23 rue Ravenstein,
1000 Bruxelles
T. +32 (0) 2 507 84 27
F. + 32 (0)2 507 85 15

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administrateur théâtres

L'Art du Rire selon Les Souffleurs aux gradins

OYEZ! OYEZ! L’oreille en coin …

Si vous voulez les revoir….
Si vous ne les avez pas encore vus ….

Nous y étions …

Sur le bateau ivre du Bouche à Oreille pour entendre les « Souffleurs aux gradins », spectacle survitaminé - 592 représentations de 1996 à 2009- avec Thierry Decoster, le sympathique brasseur Jef de la Kriek Belle-Vue qui est comédien et clown hors pair, alerte, jovial, à l’imagination débordante et aux accents tous pays, d’une variété époustouflante. On l’imagine bien bambin ou ado farceur en train de chahuter dans une classe, il a un goût inné du spectacle! Ses profs devaient être morts de rire ! Ses comparses ne valent pas mieux, Odile Matthieu est d’un dynamisme breughélien, nous sommes en pleine fête populaire, gouailleuse, et paillarde, jamais en mal d’inspiration. Belle palette d’émotions rendues par Marc De Decker et Gaétan Bayot, charme et élégance. Quatre équilibristes de l’allégresse et de la jubilation.

Le tirage au sort donne un thème d’improvisation dans une ambiance surexcitée de Club Med dès l’ouverture du spectacle. Musique fracassante, le quatuor noir et blanc se fige quelques instants et c’est parti pour un collier de perles d’improvisations, toutes plus chahutantes les unes que les autres ! Si le bateau n’était pas ivre… on se gondolerait de rire! Mais là c’est pire on est dans l’ivresse du rire, on nage dans la bonne humeur. Les quatre comédiens rivalisent d’inventivité, de postures comiques, d’accents d’une variété époustouflante, de gestuelles imagées, et de bruits non moins évocateurs. Les constructions tiennent les planches, avec comme seuls accessoires quatre chaises, comme celles des spectateurs. Le spectacle se corse, à l’aide d’une cloche, d’un nom, d’un mot : des contraintes supplémentaires pleuvent sur les artistes qui ne se démontent pas… une course à l’exploit, tels des trapézistes dans les haubans du navire qui vogue dans l’hilarité générale. Verve, humour, audace, tout est bon pour nous ravir dans cette création mondiale qui nait tous les vendredis soir de l’été au Bouche à Oreille par les champions du monde de l’impro !

http://www.bao.be/

Et en première partie il y avait une chanteuse exquise….

T-Fanny n’est qu’émouvance ! Elle lâche son cœur du jour pour saisir sa guitare et nous proposer ses émotions de nuit ! Un chapeau aux reflets rouges l’abrite pour qu’elle ne soit pas trop nue…. Mais elle se donne, entière. J'adore l'accent Canadien de Grenoble! Ses rimes en ‘use’… ses hululements de clair de lune, le petit voile sur les cordes vocales, l’imitation de Barbara la légendaire du bout des lèvres… et des accents 68 si ce n’est les cheveux de Joan Baez. Elle termine avec brio par une bise de Bizet : Carmen a capella ! Elle est vaillante, libre comme Max, elle rit franchement sur scène une fois ses larmes essuyées, se révolte et nous envoûte. Elle mérite tout un spectacle à elle toute seule ! Vive le Dauphiné !

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administrateur théâtres

"Le malade imaginaire" (théâtre Argan 42)

"Les anciens, monsieur, sont les anciens, et nous sommes les gens de maintenant" Toinette

Rêver d’Avignon , être à Bruxellons

Festival de théâtre populaireavec Le Malade Imaginaire

On se prend à rêver qu’on est à Avignon, non c’est la première de Bruxellons. Le Château du Karreveld a revêtu des habits de fête, des lampions de 14 juillet illuminent le cadre grandiose, le public attend avec bonheur dans la sérénité d’un pur soir d’été… cependant que s’élancent au- dessus de nos têtes, des vols de perruches en liesse.

Un trône majestueux grandeur géant annonce en grand la dictature familiale du grand malade, celle des puissants et surtout celle des médecins honnis par Molière. Mais aussi celle de la maladie et de la mort. Daniel Hanssens qui interprète Argan le plus bel hypocondriaque de tous les temps, règne avec noblesse sur ses proches presque tous prosternés. Pas de chandelles, pourtant il en faudrait des brassées pour le jeu magnifique de la troupe Argan 42 qui nous ravit ce soir. Argan? Ce nom nous dit quelque chose,… le personnage favori de Molière et de l’illustre Daniel. Les éclairages sont magnifiques et la scène d’ouverture où se réveille notre personnage est exquise de mise en scène, au bord de la féerie. On ne vous en dira rien de plus pour laisser le charme agir et vous promener à travers les multiples trouvailles scéniques de cette production.

L’acoustique est excellente… les voix grandissent sur fond de murailles patinées, les costumes rivalisent de fantaisie, les rires fusent, le verbe s’amuse. Les gestes et accessoires anachroniques virevoltent se moquant des uns et des autres laissant la partie libre aux mélanges de musiques et tintamarres de tout poil. Les tirades résonnent et rappellent avec bonheur nos souvenirs scolaires enfouis par le temps. Et les correspondances éveillent en nous des battements de cœur selon l’histoire de chacun. Il s’agit donc d’une certaine magie…

Toinette exquise et déterminée, Marie-Hélène Remacle est d’une vivacité débordante, elle se joue avec virtuosité de son bougon de maître tout occupé que de lui-même, lui servant certaines leçons avec finesse et humour. Valérie Marchant, plus vile et monstrueuse que Cruella élève l’amour de l’argent à l’idolâtrie et nous donne une image de sorcière de Saint Trop tout à fait réussie. Quant à Angélique, elle est si tendre, si aimable, si aimante dans sa robe tilleul de chez Courrèges, plantée sur les planches du même camaïeu vert. De tous ses cheveux, elle fait face à la vie et à son père adoré, à chaque instant, épouvantée, elle tape du pied et éparpille ses moues boudeuses comme Alice au pays des merveilles. Et Louison, aussi farceuse que son père ! Les autres comédiens, tous plus artistes, polichinelles, facétieux, les uns que les autres nous gratifient de tranches de rire dorées sur tranche. Le public -tout public- bourdonne d’aise: ce Molière revisité nous offre sagesse, beauté de la langue, et rêves aboutis.

http://www.bruxellons.net/index.html Une distribution éblouissante : Daniel Hanssens, Marie-Hélène Remacle, Michel Hinderyckx, Alexandre Von Sivers,Jean-Paul Dermont, Valérie Marchant, Pierre Geranio, Simon Wauters, Alice Moons, Julien De Visscher, Maud Hanssens

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administrateur théâtres

Au jardin de ma soeur

Damien Valère et 14-18. Petites Séquelles d'une Grande Guerre.

Arthème, le fils de François Champdeblés, l’auteur de 27 pièces décoiffantes, nous attend ce soir au Jardin de ma sœur. Esprit de famille ? L’estaminet est charmant et témoigne par son exiguïté, ses tables usées et ses éclairages dorés, de l’ancienne vie de village du quartier du Vismet ! Pompon L’ancien chat noir y répandit ses grâces et ses maléfices pendant 17 ans de connivence avec les artistes, jusqu’en mars dernier. Et son âme nous hante encore toujours lorsque l’on caresse les jeunes minets Mariette et Gaspard… de la nuit , les nouveaux maîtres des lieux !

Le spectacle commence : Jean Champdeblés, un grand-père placide assis à une table qui recèle un tiroir secret se redit une lettre d’amour. Est-ce la magie des chats qui réveille le personnage ou une pompeuse ouverture musicale qui fait apparaître sur la cheminée les tranchées, les soldats, toute la misère de la grande guerre. Et l’homme se transforme en jeune enfant de village qui pose ses questions innocentes sur la guerre, la patrie, son père disparu. Tout s’enchaine, ponctué de fragments musicaux de Prokofiev. Pour l’époque, pour l’enchantement qu’est l’enfance, pour la peur du loup… et la victoire sur la déraison des dictatures ? Pourtant Damien, nom d’emprunt, le père aux cheveux d’or, ne revient pas. Le drame s’installe. L’enfant devient otage. Il se console avec un chat roux débordant d’amour qui vient de quelque part. La suite du spectacle est magnifique… allez écouter avec ravissement un conteur vrai, un auteur, une histoire vraie. Celle de son grand-père. Ce n’est pas Bruges mais Ypres avec son cortège d’atrocités… au cœur de laquelle, un amour splendide est né, plus beau que tous les châteaux et les bijoux de la vicomtesse, marraine de guerre.

Tout est dit, du début jusqu’à la fin avec une immense tendresse, des silences éloquents, et un regard dans lequel brille le bonheur. Les silences lourds et le mépris ont perdu la partie, le jeune Jean a tout compris même s’il n’a jamais défié ses parents avec la moindre question embarrassante. Du vrai, passé par le filtre de la création pour en extraire un élixir de vérité émouvante. Et la voix de Maria Callas pour l’amour fou.

Au Jardin de ma sœur jusqu’au 10 juillet, les vendredis et samedis soirs

A l'angle du Quai au Bois à Brûler et de la Rue du Grand Hospice, à 1000 Bruxelles
(Marché au Poisson,
Métro Sainte Catherine
)
Tel: +32.2.217. 65.82
E-mail:
info@leJardindemaSoeur.be

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