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Publications de Bruxelles Culture (76)

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Hommage à QUEEN !

CONCERT : CANDLELIGHT – QUEEN 

Formule musicale particulière, Candlelight mise sur autre chose que les salles traditionnels de concert. Ici pas de rideau ni de projecteurs ! Une petite formation sur scène, des arrangements musicaux pour mettre à l’honneur le squelette des mélodies originales et une ambiance tamisée par des centaines de bougies. À Bruxelles, ces concerts se tiennent dans des lieux prestigieux. L’ambiance privilégie le calme et l’intimité, loin des lieux qui attirent des milliers de fans venus acclamer une vedette. La lumière est douce et le public découvre la programmation dans le silence. Le présent concert rend hommage à Queen, groupe majeur du rock britannique, fondé au cours des seventies par Freddie Mercury, qui en a été la figure centrale. Une voix unique autant qu’une présence fédératrice ! Qu’on le veuille ou non, Queen a marqué l’histoire de la musique de la seconde moitié du XXe siècle. Son répertoire continue d’être écouté par différentes générations, avec des titres qui mélangent rock, opéra et ballades. Ils parlent d’amour, de liberté, de puissance et d’émotion.  Bien entendu, la formule Candlelight dépouille ces morceaux de leur orchestration connue pour les faire découvrir autrement. La version quatuor à cordes, sans guitare électrique et sans batterie, met tout l’accent sur le jeu des violons, de l’alto et du violoncelle, faisant que les arrangements deviennent plus sobres afin de laisser émerger la seule beauté des mélodies Le programme comprend Bohemian Rhapsody, Somebody To Love, Under Pressure, I Want To Break Free, We Will Rock You, Who Wants To Live Forever, Another One Bites The Dust, Don’t Stop Me Now, The Show Must Go On, Killer Queen, Love Of My Life, Radio Ga Ga et Crazy Little Thing Called Love. Chaque chanson conserve son identité, même s’elle change de couleur. Les harmonies ressortent différemment et le génie de la composition devient plus visible.  Candlelight propose ainsi une autre lecture de Queen, avec une écoute plus lente et plus sensible. Une expérience immersive qui redonne à ces chansons une nouvelle intensité. Une performance musicale à découvrir le 29 août 2026 au Concert Noble. Voyez plus de détails sur le site officiel  www.candlelightexperience.com

Rue d'Arlon, 82 à1000 Bruxelles

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THÉÂTRE : LE SONGE D’UNE NUIT  D’ÉTÉ

Ecrite vers 1595 par William Shakespeare, cette comédie a traversé un demi-millénaire sans perdre une once de sa fraîcheur ni de son pouvoir d’enchantement. Située entre la ville d’Athènes et une forêt mystérieuse, l’action raconte l’entrelacement de plusieurs destins, où se mêlent amours contrariées, quiproquos savoureux et interventions surnaturelles. Tout commence avec Hermia, que son père veut marier à Démétrius, alors qu’elle aime Lysandre. Refusant cet hymen imposé, les deux amants s’enfuient dans la forêt, bientôt rejoints par Démétrius et Héléna, cette dernière étant éperdument amoureuse de lui. Le quatuor se retrouve alors plongé dans un univers où les lois humaines s’effacent au profit de forces invisibles et capricieuses. Dans ce monde nocturne règnent Obéron et Titania, souverains des fées, dont la dispute perturbe l’ordre naturel. Pour se venger de son épouse, Obéron demande à Puck, esprit espiègle et imprévisible, d’utiliser une fleur magique dont le suc fait tomber amoureux de la première créature aperçue au réveil. Toutefois, l’intervention de Puck, maladroite ou volontairement chaotique, entraîne une cascade d’erreurs. Les sentiments se déplacent, se déforment et se contredisent, transformant les relations en une sorte de dédale complexe où chacun poursuit un amour qui lui échappe. À cette confusion s’ajoute une troupe d’artisans venus répéter une pièce de théâtre. Leur naïveté et leur maladresse dotent l’intrigue principale d’un contrepoint burlesque, notamment lorsque Bottom, l’un d’entre eux, se voit affublé d’une tête d’âne et devient malgré lui l’objet de la passion de Titania ensorcelée. Par le truchement de cette mécanique parfaitement orchestrée, William Shakespeare explore la nature instable du désir. L’amour y apparaît irrationnel, presque arbitraire et soumis à des influences extérieures qui en révèlent le caractère fragile et fluctuant. Loin de verser dans le cynisme, la pièce célèbre cette instabilité en tant que décalage et  poésie. La forêt se mue de fait en une zone de mutation, une ère où les identités se brouillent, où les hiérarchies sociales se dissolvent et où chacun se confronte à ses propres illusions. Créée probablement à l’occasion d’un mariage aristocratique, la pièce porte en elle une dimension festive et harmonieuse. Après le tumulte de la nuit, l’ordre reprend ses droits et les couples se reforment, les conflits s’apaisent et la société retrouve sa symétrie, même si cette résolution n’efface pas complètement le trouble engendré par l’expérience nocturne et laisse subsister l’idée que la réalité elle-même pourrait s’assimiler à un songe. La singularité  de Le Songe d’une nuit d’été a immédiatement connu une consécration. Depuis plus de cinq cents ans, l’œuvre se trouve régulièrement montée, adaptée et réinventée à travers le monde et continue de séduire par sa capacité à toucher tous les publics, mêlant légèreté et profondeur, humour et réflexion. Aujourd’hui, toujours, elle incarne une forme de théâtre total, où le texte, la musique, le mouvement et la scénographie participent à une expérience immersive. Plus encore, elle rappelle que le théâtre demeure un des derniers lieux de liberté, où on peut suspendre les règles du réel pour mieux explorer les contradictions humaines. La mise en scène de Thierry Debroux s’inscrit dans cette volonté de tradition et de réinvention. Denis Carpentier, Mathilde Daffe, Charlotte De Halleux, Emmanuel Dell’Erba, Perrine Delers, Thierry Janssen, Mathilde Laulier, Antoine Minne Jean-François Rossion, Lili Sorgeloos et une poignée d’autres comédiens donnent vie aux personnages jusqu’au 15 août 2026 dans les ruines de Villers-la-Ville. Ce spectacle sera également joué à la rentrée au Théâtre royal du Parc. Autre lieu, autre ambiance ! Plus de détails sur le site www.villers.be

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Kate Milie : rencontre

RENCONTRE KATE MILIE

Brux-Elles, 50 femmes – 50 lieux de balades, le nouveau guide de Kate Milie, paru chez 180°éditions s’articule autour de la découverte de femmes liées à Bruxelles et de lieux leur étant associés. L’opus se glisse facilement dans sacs, besaces et poches. Allons-nous donc nous promener en compagnie d’une autrice qui n’hésite pas à s’offrir des expériences d’écriture diversifiées. Rencontre avec une autrice prolifique !

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Dans quel contexte est né cet opus très original ?

Cela fait des années que je m’interroge sur l’espace public, les noms des rues, la représentation des femmes, la statuaire exaltant des allégories à moitié nues, la quasi invisibilité des femmes dans les musées, les livres d’histoire, etc. J’ai présenté un projet un peu flou à mon éditeur qui m’a aidé à y voir un peu plus clair.

 

Qui a choisi ce titre Brux-Elles ?

J’ai donc contacté mon éditeur en croisant les doigts (Oh, j’aimerais tant écrire ce livre, oh pourvu qu’il accepte !)… Son mail de retour fut sans équivoque : « Génial, Kate, ce livre, on va l’appeler  Brux-Elles.

 

Quelles ont été les coulisses de l’écriture de Brux-Elles? La découverte de ces cinquante femmes est-elle liée à des balades ou des recherches en bibliothèque ?

Il y a un peu de tout, des balades-recherches dans la ville, faites en solo ou en compagnie d’associations féministes (« L’Architecture qui dégenre », « Noms peut-être ») que je continue à fréquenter, des recherches menées sur internet et en bibliothèque. Le hasard des rencontres a également joué un rôle non négligeable … Je songe à l’écrivaine Marie-Thérèse Bodart, finaliste du prix Femina en 1938 (republiée chez Samsa) découverte grâce à sa petite-fille, l’autrice Florence Richter, rencontrée à un lunch organisé par une amie commune…

 

A qui ce guide s'adresse-t-il particulièrement ?

Aux lectrices et lecteurs aimant se promener dans la ville, livre en main et re/découvrir la ville sous un angle différent. Aux personnes s’intéressant à l’espace public, la représentation du genre, l’histoire de femmes, leur immense apport à la société, à la culture, à la vie de tous les jours…

 

Comment s’est opéré le choix des cinquante femmes ?

Je voulais des femmes avec des profils différents associées à des lieux aussi différents les uns des autres. C’est ainsi que l’on croise dans le livre la militante LGBTQ+ Suzan Daniel, des féministes de la première vague, Marie et Louise Popelin, Léonie Lafontaine, mais aussi la peintresse Louise De Hem, Lina Cauchie qui a longtemps été éclipsée par la renommée de son mari, Josyne Von Beethoven, une femme accusée de sorcellerie, morte sur un bûcher dressé sur la Grand-Place de Bruxelles, Fernande Volral, une résistante 40-45 assassinée à l’âge de 24 ans dans un camp de concentration en Allemagne…

 

Beaucoup ne savent pas qu'Audrey Hepburn a vécu à Bru-xelles…

Elle est née à Ixelles et y a vécu les 5 premières années de sa vie. La maison où elle a vécu est ornée d’une plaque mémoire et un petit square à proximité porte son nom. Dans mon livre, elle est située entre la résistante Andrée Gueulen qui a sauvé beaucoup d’enfants juifs et la dessinatrice Gabrielle Vincent. Comme je voulais des femmes avec des profils très diversifiés, l’hollywoodienne Audrey Hepburn (qui fut ambassadrice de l’Unesco) avait toute sa place.

Quels  lieux  t’ont le plus marquée ?

Spontanément, je songe au monument rendant hommage aux femmes victime de féminicides (Saint-Gilles), le monument aux femmes déportées à Ravensbrück (Woluwe-Saint-Lambert), l’extraordinaire maison-atelier Art nouveau de Louise De Hem (Forest)… L’atelier de Lina Cauchie (Etterbeek) qui se visite de temps en temps (lors des journées du Matrimoine...).

 

Ton livre est préfacé par l’écrivaine féministe Laurence Rosier…

Cette préface est un magnifique cadeau ! Laurence Rosier est linguiste et professeure à l’Université libre de Bruxelles. Dans cette préface elle rappelle que « Marcher dans la ville, pour les femmes, n’a jamais été un geste anodin. Dans des espaces encore marqués par l’inégalité et parfois l’hostilité, occuper la rue est déjà un acte culturel et politique ».

 

Te considères-tu féministe ?

Si l’on entend par féminisme la volonté de promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes que ce soit dans les domaines politiques, économiques, culturels et autres, de lutter contre les stéréotypes, le sexisme, etc., oui, je le suis, profondément même. Petit scoop, je parle peu de ma vie parallèle, mais j’ai dans le passé travaillé pour un grand mouvement féministe.

 

Peux-évoquer tes autres livres, ceux qui te tiennent à cœur ?

Je suis l’autrice d’une dizaine d’opus dont L’assassin aime l’Art déco, un pol/art mettant en scène des meurtres dans des lieux Art déco bruxellois, le livre paru en 2012 a été réédité en 2025 à l’occasion des 100 ans de l’Art déco. Le mystère Spilliaert, dans un jeu passé-présent, rend hommage au peintre Léon Spilliaert et emmène lectrices et lecteurs sur les plages d’Ostende, Femme vue de dos suit une même dynamique (sauf que l’histoire se déroule à Paris) et s’enracine autour des femmes ayant fait partie de l’univers de Toulouse-Lautrec. Bruxelles Love, mon précédent guide de balades, proposant 60 lieux de rendez-vous à Bruxelles va connaître son cinquième tirage à la fin de l’année 2026 et va être complètement relooké.

 

Une cinquième édition pour Bruxelles Love ? L’ancrage est totalement local … Comment com-prendre ce succès ?

Je ne sais pas. Le livre allie insolite, glamour, romantisme, de l’arpentage urbain, la découverte de petits musées insolites, des bars cozy, des hôtels fastueux… La thématique du rendez-vous touche aussi bien à l’intime qu’au collectif.


Retrouvez Kate Milie sur www.180editions.ch

Propos recueillis par Dominique Larzac.

 

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ALICJA POLECHONSKA : SUMMER FLOWERS (expo)

EXPOSITION : SUMMER FLOWERS

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Originaire de Pologne, Alicja Polechonska a choisi la Belgique comme terre d’ancrage, après avoir construit les bases de sa formation artistique au Lycée des Beaux-Arts Plastiques de Koszalin. Cette première étape lui a permis d’acquérir une solide maîtrise du dessin et de la composition, avant qu’elle ne poursuive son parcours à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, où son langage pictural s’est progressivement affirmé. Son œuvre se distingue par une approche sensible du monde qui l’entoure. Les paysages, les architectures, les fleurs et les formes inspirées de la nature dialoguent dans des compositions où l’imaginaire conserve toujours une place essentielle. L’artiste ne cherche pas à reproduire fidèlement le réel et préfère en retenir l’atmosphère, la vibration et les émotions. De la sorte, ses toiles invitent le regard à circuler librement entre éléments figuratifs et interprétations plus personnelles. La couleur occupe une place primordiale dans sa démarche. Qu’elle travaille à l’acrylique ou à l’aquarelle, les teintes lumineuses insufflent de l’énergie à ses élaborations, tandis que les harmonies plus délicates sculptent des espaces de contemplation. Chaque œuvre semble raconter une histoire silencieuse, où les formes et les couleurs remplacent les mots. Cette liberté créative s’accompagne d’un véritable sens de la construction. Derrière l’apparente spontanéité du geste se tient une réflexion attentive sur les équilibres visuels. Les lignes, les masses colorées et les motifs s’organisent pour donner naissance à des images à la fois dynamiques et apaisantes. Cette dualité constitue l’une des signatures de son travail. Au fil des années, elle a animé plusieurs ateliers artistiques. Cette expérience a nourri sa conviction que l’art reste avant tout un moyen de rencontre et de partage. Créer ne consiste pas seulement à produire des images et encourage les échanges, tout en ouvrant des perspectives. Pour ce mois d’août, Alicja Polechonska présente une série intitulée Summer Flowers, qui s’inspire du monde végétal et, plus particulièrement, des fleurs sauvages qui peuplent les prairies et les forêts. L’artiste y explore la richesse des formes, la diversité des couleurs naturelles et la fragilité de leur présence souvent discrète au fil des saisons. À travers cet ensemble, les fleurs deviennent des symboles de vitalité et d’émerveillement. Sans céder à la simple illustration botanique, cette exposition propose une interprétation personnelle, où l’observation attentive se mêle à la rêverie. Summer Flowers est à décou-vrir à Espace Art Gallery du 7 au 30 août 2026. Référez-vous à tous les détails pratiques sur le site www.espaceartgallery.eu

Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles

Sam Mas

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Jean-Jacques Detiège : rencontre

RENCONTRE JEAN-JACQUES DETIÈGE

Vêtu de sa salopette bleue, Jean-Jacques Detiège, né il y a bien longtemps, sillonne les écoles de la région bruxelloise et du Brabant wallon pour aller raconter des histoires aux enfants. Avec un répertoire riche de plus de quatre cents récits, ce conteur aime émerveiller, étonner et inviter ses auditrices ainsi que ses auditeurs à ouvrir les yeux sur le monde. Rencontre.

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Qu’est-ce qui vous a poussé à quitter la médecine pour vous consacrer pleinement à l’art du conte ?

J’ai toujours porté en moi le désir de devenir comédien. C’était une envie profonde, presque instinctive, qui m’accompagne depuis l’adolescence. Mais, il y a cinquante ans, envisager une carrière artistique n’était pas chose aisée. Surtout dans certains milieux où la sécurité et la stabilité primaient sur la vocation. Pour mes parents, comme pour beaucoup à l’époque, devenir médecin représentait une voie noble, rassurante et socialement reconnue. Être comédien, en revanche, semblait incertain, fragile et presque marginal. J’ai donc choisi la médecine ou, peut-être devrais-je dire, que je me suis laissé convaincre qu’il s’agissait du choix le plus raisonnable.

 

Quelle est la place d’un conteur au XXIe siècle ?

Plus que jamais, les gens ont besoin de rêves. Nous vivons dans un monde saturé d’informations, d’écrans et d’urgences permanentes. Tout va trop vite. Le conteur, lui, invite à ralentir. Il propose un temps suspendu, un espace où l’imaginaire peut respirer. Sa place n’est pas marginale et reste essentielle. Il ne concurrence ni les technologies ni les médias modernes, il offre autre chose. Une présence, une voix et un partage. Le conte répond à un besoin universel. Les enfants, bien sûr, y trouvent des portes ouvertes sur l’imaginaire et des repères symboliques pour comprendre leurs peurs, leurs désirs, autant que leurs questionnements. Les adultes, et plus encore les aînés, ont tout autant soif d’histoires. On l’oublie trop souvent que raconter consiste à relier. Cela rappelle que nous faisons partie d’une même humanité, traversée par les mêmes émotions depuis la nuit des temps.

 

À quel moment avez-vous compris que le conte deviendrait bien plus qu’un loisir, mais

une véritable vocation ?

Très vite, en réalité. Au départ, je racontais par plaisir, presque en marge de ma vie professionnelle. Il s’agissait d’un espace de respiration, un territoire de liberté où je pouvais laisser parler mon moi intérieur. Je ne pensais pas encore en termes de vocation. Je racontais parce que j’en avais besoin, parce que cela me faisait vibrer. Pourtant, très rapidement, j’ai senti que quelque chose se passait. La demande était au fond de moi comme un appel. À l’âge de la retraite, j’ai enfin pu me consacrer entièrement à cette passion.

 

Vous avez créé environ quatre cents histoires. Comment naissent vos récits ?

L’histoire peut naître à n’importe quel instant. Il n’y a pas de rituel immuable ni de méthode rigide. Parfois, tout commence par un mot entendu au détour d’une conversation. D’autres fois, un lieu déclenche une étincelle. Il arrive aussi qu’une simple odeur ravive un souvenir et fasse surgir tout un univers. L’inspiration se veut capricieuse, même elle se trouve partout, pour peu qu’on reste attentif. Quand cette étincelle surgit, je ne la laisse pas s’échapper. Je griffonne quelques notes, souvent très brèves. Une phrase, une idée ou une image forte. Il s’agit de fragments, presque des balises. À ce stade, je ne parle pas encore d’un récit ! Ensuite vient le temps du développement. Je reprends ces notes, je les relis et je les laisse mûrir. Peu à peu, les personnages prennent forme, une intrigue se dessine et une cohérence apparaît. Construire une histoire revient à tisser une toile. Il faut trouver le fil conducteur, le rythme et les silences. Je veille à ce que le récit ait une respiration, qu’il avance naturellement et qu’il puisse être porté par la voix sans perdre sa fluidité. Le conte doit être vivant, souple et toujours prêt à être incarné. Puis vient l’étape essentielle de l’adaptation. Une histoire n’est jamais figée. Je l’ajuste en fonction du public auquel je la destine. Devant des enfants, je vais accentuer l’image, le merveilleux et le tempo. Face à des adolescents, je peux creuser davantage la symbolique ou la profondeur émotionnelle. Je dois juste m’adapter. Le conteur ne se trouve jamais seul avec son texte. Il se connecte avec ceux qui l’écoutent. Cette interaction rend chaque récit unique, même s’il a déjà été raconté cent fois.

 

Vos histoires sont-elles plutôt inspirées de votre vie personnelle ou de votre imagination pure ?

Elles proviennent avant tout de mon imagination. C’est elle qui représente la source principale, le moteur intime de mes récits. J’aime inventer des univers, créer des personnages qui n’ont jamais existé et explorer des situations improbables ou poétiques. L’imaginaire me fournit une liberté totale qui déplace les frontières du réel, transforme le quotidien en merveilleux ou fait surgir l’extraordinaire au détour d’un détail ordinaire. Ma vie personnelle, en réalité, intervient très peu de manière directe. Ce monde-là appartient à une autre sphère de mon existence. En revanche, même si je n’y puise pas des intrigues, elle m’a sans doute apporté une connaissance plus fine de l’humain. L’écoute, l’attention aux fragilités

et la compréhension des peurs ou des espoirs nourrissent indirectement mon regard de conteur. Mais cela ne va jamais au-delà d’influences souterraines qui mériteraient d’être transposées. J’aime la distance qui permet d’embrayer pour la création et le plaisir d’inventer m’anime plus que tout.

 

Pour vous, quelle est la force d’un bon conte ?

Un bon conte se résume d’abord à un bon script. Tout commence là ! On ne peut pas se reposer uniquement sur le talent d’orateur ou sur une belle voix. S’il n’y a rien de solide derrière, le récit sonne creux. Il ne faut pas conter si l’on n’a rien à dire. La force d’un bon conte réside dans sa construction. Il doit avoir une ossature claire, un fil conducteur et une progression qui tient l’auditeur en haleine. Chaque mot compte. Chaque silence aussi ! Un bon récit ne tient pas seulement dans une suite d’événements. Il emmène le public quelque part et il faut savoir où l’on va. Sa force tient également à sa capacité de résonance. Une bonne histoire touche quelque chose d’universel. Elle parle d’amour, de peur, de perte, de courage ou de solitude. Bref, des émotions que chacun connaît. Même si le décor est imaginaire et même si les personnages sont fantastiques, le tout doit demeurer profondément humain. À quoi sert-il ? Il sert à éclairer, parfois à questionner. Il permet de dire des vérités sans les asséner. À travers la métaphore, il ouvre un espace de réflexion. Il propose aussi un moment de communion. Pendant quelques minutes, nous sommes réunis autour d’une même histoire, d’un même souffle.

 

Après plus de vingt ans auprès des enfants, quel est selon vous le secret pour captiver un auditoire ?

Avec l’expérience accumulée au fil des ans, je peux affirmer qu’un bon texte ne suffit pas. Il ne faut pas lire les contes. Il faut les raconter ! La différence est fondamentale. Lire revient à garder les yeux sur un livre. Raconter consiste à lever les yeux, à regarder le public, à sentir ses réactions et à ajuster son rythme en fonction de son attention. Le regard crée le lien. Beaucoup de gens confondent lecteur et conteur. Le lecteur transmet un texte écrit, alors que le conteur incarne une histoire. Il la porte avec sa voix et son corps. Il se trouve en interaction permanente avec son auditoire. S’il sent que l’attention faiblit, il modifie l’intonation, il accélère ou il marque une pause. Le récit devient vivant, presque improvisé, même s’il est parfaitement préparé. Captiver un auditoire, surtout avec des enfants, implique de croire à ce qu’on raconte. Les enfants perçoivent immédiatement l’authenticité. Si le conteur s’ennuie ou récite mécaniquement, ils décrochent. En revanche, s’il est habité par son histoire, ils entrent avec lui dans l’univers proposé. Le secret, finalement, tient en trois mots : préparation, adaptation et présence. Une histoire bien écrite, pensée pour son public et racontée avec un regard vivant et sincère, fait naître l’attention et, avec elle, la magie du conte.

 

À quatre-vingts ans, vous continuez d’inventer de nouvelles histoires. Qu’est-ce qui vous pousse à créer toujours ?

Pour être honnête, je ne crée plus tant que cela. Avec le temps, j’ai accumulé près de quatre cents histoires et il arrive souvent que, lorsqu’une nouvelle idée germe, je me rends compte que je l’ai déjà exploitée sous une autre forme ou dans un autre récit. Cela signifie peut-être que j’ai exploré, au fil des années, les territoires qui m’habitaient. On tourne toujours autour de quelques grandes questions que sont la peur, l’amour, la solitude, le courage et le temps qui passe. À force de raconter, j’en a déjà décliné bien des variations !

 

Le public a-t-il changé au fil des décennies ?

Etonnamment, l’écoute est restée la même qu’il y a vingt ans. On pourrait penser que les écrans, la rapidité des images et les réseaux sociaux auraient profondément modifié la capacité d’attention. Pourtant, lorsque l’histoire est bonne et que le conteur est présent, le silence se fait toujours de la même manière. Les regards se posent, les corps se calment et l’intérêt qu’on porte au récit fait son office. Les bons textes restent et traversent les générations sans perdre leur force. Les contes des Frères Grimm, par exemple, plaisent toujours autant. Ils parlent de peurs ancestrales, de courage, d’épreuves et de justice. Ces thèmes ne vieillissent pas, parce qu’ils touchent à quelque chose d’universel. Les enfants d’aujourd’hui frissonnent et rêvent comme ceux d’hier, même si la société a changé !

 

Quel a été le plus beau compliment qu’une auditrice, un auditeur, puisse vous faire à la fin d’un conte ?

Le plus beau compliment, ce ne sont pas forcément les applaudissements, ni les félicitations prononcées à chaud. Ce sont les lettres que des enfants m’ont écrites. Recevoir un courrier représente autre chose ! Cela signifie que l’histoire a continué à vivre après la rencontre, qu’elle a laissé une trace suffisamment forte pour donner envie de prendre un crayon, de choisir des mots et de raconter ce que l’on a ressenti. Quand un enfant écrit : J’ai rêvé de votre histoire ou J’aimerais qu’elle continue, voilà une preuve que le conte a trouvé sa place en lui. Ces lettres sont souvent simples, parfois maladroites, mais d’une sincérité bouleversante. Elles parlent d’un personnage aimé, d’un moment qui a fait peur ou d’une phrase qui a marqué. Elles montrent que l’imaginaire a été touché et, pour un conteur, voilà l’essentiel !

 

Si vous deviez choisir un seul de vos contes pour vous représenter, lequel serait-ce ?

Sans hésiter, je choisirais Les aventures de Joël et Plume Bleue dans l’Ouest américain.  Ce récit me ressemble profondément. Joël est un garçon curieux, courageux, plein de rêves et d’enthousiasme. Plume Bleue l’accompagne dans des aventures qui défient les limites du réel. J’aurais voulu être à la place de ce garçon pour ressentir la liberté, l’excitation de l’inconnu, la découverte de territoires sauvages et vivre pleinement chaque péripétie avec un regard émerveillé. Ce récit reflète ma propre soif de découvertes et mon désir de faire voyager ceux qui m’écoutent. Il incarne aussi ce que je considère comme l’essence du conte. A savoir, mêler l’aventure et l’émotion, éveiller l’imaginaire tout en donnant à réfléchir et, surtout, jeter un pont entre l’histoire et l’auditeur. Pour toutes ces raisons, si je devais me résumer en une seule de mes histoires, ce serait celle-ci !

 

Retrouvez Jean-Jacques Detiège et ses histoires sur le site www.isabelle-et-ses-amis.com

Propos recueillis par Daniel Bastié

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Alicja Polechonska - Summer Flowers

ALICJA POLECHONSKA - SUMMER FLOWERS

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Au fil des toiles, coquelicots, marguerites, bleuets et autres fleurs des champs se déploient dans des compositions baignées de lumière. Les couleurs éclatantes dialoguent avec des nuances plus délicates, créant une atmosphère chaleureuse qui évoque les longues journées estivales et les paysages en pleine floraison. La diversité des techniques enrichit cette recherche plastique. La peinture à l'huile apporte profondeur, subtilité et richesse aux matières, tandis que l'acrylique confère aux œuvres une énergie spontanée et un souffle de modernité. Les jeux de textures, les contrastes et la liberté du geste donnent à chaque tableau une personnalité singulière. Inspirée par les paysages naturels, Alicja Polechonska ne cherche pas à reproduire fidèlement la réalité. Elle en retient l'essentiel : le mouvement des fleurs sous le vent, la vibration de la lumière, la poésie des couleurs et l'impression de liberté qui émane des prairies sauvages. Chaque œuvre invite le spectateur à renouer avec une nature à la fois familière et précieuse. Summer Flowers est une célébration de la beauté éphémère du monde végétal. L'exposition rappelle que les fleurs sauvages, souvent modestes et discrètes, possèdent une grâce universelle qui traverse les saisons et les frontières. À travers son regard lumineux et sa palette généreuse, Alicja Polechonska transforme ces fleurs en véritables symboles de vitalité, de liberté et d'espoir.

 

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Alicja Polechonska, Andrée Clément, Jeannine Vandensande

et Norbert Consalvo

exposent à Espace Art Gallery

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Quatre sensibilités distinctes se répondent sans se confondre. Au centre de cette proposition, la couleur occupe une place structurante dans le travail d’Alicja Polechonska. Ses toiles, marquées par une énergie chromatique assumée, explorent des tensions entre éclats vifs et zones plus sourdes. Rien n’y apparaît décoratif  et la couleur agit d’une matière autonome, parfois presque instable, et semble déborder du cadre pour interroger la perception même de l’espace pictural. Le regard est constamment sollicité, obligé de se déplacer et de recomposer ce qu’il voit. Bien que peintre figurative, Alicja Polechonska reste avant tout une coloriste. Dans un autre registre, l’abstraction de Jeannine Vandensande suggère une
expression plus silencieuse et tout aussi dense. Ses compositions jouent sur des équilibres fragiles, où les formes se dissolvent au profit du rythme et de la respiration. Ici, l’abstraction ne tient jamais du retrait de la réalité et la reconfigure par glissements successifs.  Le travail de Norbert Consalvo s’inscrit, quant à lui, dans une logique de détournement de l’image photographique. Ses œuvres retravaillées brouillent volontairement les frontières entre capture du réel et intervention plastique. Les images semblent suspendues entre plusieurs états qui habitent documentation, mémoire altérée et fiction visuelle. Cette instabilité confère à son élaboration une dimension presque narrative, sans jamais imposer un récit
unique. Enfin, les dessins d’André Clément introduisent une dimension plus archaïque et imaginaire. Ses chimères et créatures, reproductions fidèles des statues qui ornent la balustrade de la galerie supérieure de Notre-Dame de Paris, convoquent un bestiaire à la fois inquiétant et familier. Le trait  précis et libre donne naissance à des monstres hybrides qui semblent émerger d’un interstice entre histoire et invention. On y retrouve une fascination pour les marges du visible et ce qui échappe aux classifications banales. L’intérêt de ce salon d’été réside dans la cohabitation de langages plastiques. Aucun des quatre artistes ne cherche à illustrer un thème commun et chacun, à sa manière, travaille la question de la perception et de ses décalages.

Une exposition à découvrir du 3 au 26 juillet 2026


Adresse :Rue de Laeken 83 à 1000 Bruxelles

Site www.espaceartgallery.eu

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Darkness, censure & cinéma,

LIVRE :

Darkness, censure & cinéma

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Interdictions totales, versions mutilées, classements X, procès retentissants, coupes imposées, scandales politiques ou moraux… Depuis plus d’un siècle, le cinéma avance sous surveillance. Chaque image jugée excessive – trop violente, trop sexuelle, trop politique – déclenche son lot d’indignations et de sanctions.

Darkness, censure & cinéma, la collection explore les territoires les plus inflammables du septième art. Des polémiques autour du porno chic à l’occultation du cinéma pornographique gay, des déferlements gore du cinéma italien aux tourments judiciaires de films comme Cannibal Holocaust, des batailles autour de Mad Max aux listes noires britanniques des Video Nasties, jusqu’aux nouvelles formes de régulation imposées par les plateformes de streaming, l’ouvrage met au jour les mécanismes d’une censure en perpétuelle mutation.

Car la censure ne disparaît jamais : elle change de visage. Tantôt morale, tantôt religieuse, tantôt politique ou économique, elle s’adapte à l’air du temps. Hier, commissions et ministères décidaient ; aujourd’hui, algorithmes, réseaux sociaux et pressions communautaires redessinent les frontières du visible. À mesure que la “sensibilité” se transforme en “susceptibilité”, la liberté artistique se retrouve plus que jamais interrogée.
Un ouvrage essentiel pour comprendre ce que nos sociétés tolèrent ou refusent de voir. Un livre qui rappelle que derrière chaque image censurée se joue toujours un débat sur la liberté.

Ce volume a pour ambition de vous faire découvrir le ton et l’esprit de la collection à travers une sélection d’articles tirés des précédents volumes, avec un inédit dans lequel Mathieu Jaborska revient sur le dispositif de classification des œuvres cinématographiques en France après l’interdiction aux –18 ans du film Terrifier 3.

Un ouvrage collectif :

  • Le cinéma autrement
    Jean-François Jeunet et Christophe Triollet
  • La classification des films en France
    Qui décide de ce que vous pouvez voir ?
    Mathieu Jaborska
  • Les films de cannibales
    Au-delà des tabous !
    Daniel Bastié
  • Fulci, le gore et la censure
    Lionel Grenier
  • Renvoyez la censure !
    Anastasie, tes foudres m’anesthésient
    Jean-Pierre Putters
  • Mises en cène sacrilèges au cinéma et leurs scandales et censures
    Albert Montagne
  • Video Nasties
    Une incroyable chasse aux sorcières !
    Christophe Triollet
  • Censuré par omission
    Boys in the Sand ou la naissance du porno chic
    Eric Peretti
  • Mad Max
    Le plein de censure
    Fernand Garcia
  • Les plateformes de streaming américaines à la conquête du Moyen-Orient
    S’adapter, mais jusqu’à quel point ?
    Benjamin Campion

Darkness, censure & cinéma, la collection - éditions LettMotif

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José Duchant : rencontre

RENCONTRE : JOSÉ DUCHANT (Texte publié dans Bruxelles Culture / novembre 2025)

Il faut le voir subtiliser des montres et des portefeuilles, défaire des cravates et des bretelles ou vider des poches avec une incroyable dextérité, à l’insu de leur propriétaire, pour y croire. Avec des acclamations un peu partout dans le monde et plus de six cents passages dans des émissions de télévision, le Ucclois José Duchant reste un phénomène dans l’univers du show-business.

 Vous êtes réputé pour avoir les mains baladeuses. Concrètement, de quoi s’agit-il ?

On me surnomme le roi des pickpockets. Tout un art qui consiste à délester autrui du contenu de ses poches. J’en ai fait une discipline scénique.

 

Qu’est-ce qu’un pickpocket professionnel ?

Tout simplement quelqu’un qui vit de cette technique. Depuis l’âge de la pierre, certains ont développé de la dextérité pour acquérir le bien d’un tiers sans violence, avec psychologie, par rapidité et par habileté digitale. Au Moyen-âge, on les appelait les trousse-gousset. Le mot allemand taschendieb exprime parfaitement de quoi il s’agit. En l’occurrence : le voleur de poche ! Devenir un bon pickpocket exige un long apprentissage. Généralement, il fractionne son mode opératoire. La première étape consiste à repérer une victime potentielle. Cela implique un temps d’observation. Ensuite, il faut la tester en la bousculant sans violence ou en lui portant un coup léger, question de voir ses réactions. Si le sujet demeure amorphe ou presque, il devient parfait pour la phase de substitution. Souvent, les pickpockets travaillent avec un ou plusieurs comparses. L’objet dérobé passe alors de main en main, de manière à ce que le chapardeur ne se trouve jamais en possession de celui-ci. Naturellement, lorsqu’on n’opère pas seul, il faut partager le butin.

 

Quelle est votre formation ?

Je suis un pur autodidacte. Il n’existe pas d’école pour devenir pickpocket. Néanmoins, les techniques s’apprennent au sein de groupes mafieux dans le but de former des individus au vol. On peut voir des gamins à l’œuvre dans le film Oliver Twist. Il est assurément question de fiction, mais la reconstitution est assez réaliste. Il faut savoir que le pickpocket des pays de l’Est n’est pas celui du Maghreb. Pour ma part, je me suis formé sur le tas. Lorsque j’étais tout jeune, j’ai été humilié par des camarades de classe qui trichaient honteusement aux billes. Comme ils étaient beaucoup plus costauds que moi, l’affrontement physique aurait été suicidaire. Je me suis donc entraîné pour récupérer ce qui m’avait été injustement confisqué. Peu à peu, j’ai acquis de la vélocité et j’ai repris ce qui m’appartenait. Pas toujours avec succès, mais en m’améliorant chaque jour. Voilà comment naît, non pas une vocation, mais un certain savoir-faire !

 

A quoi doit-on s’attendre lorsqu’on vient vous voir en spectacle ?

Sans surprise, le ton est donné dès le départ. Le public sait à quoi s’en tenir lorsqu’il achète un ticket pour venir voir un pickpocket. Je fais toujours monter des gens sur scène et ils pensent que je ne les aurai pas. Ils gardent parfois une main sur le portefeuille ou la montre, bien décidés à se montrer plus malins que moi. En fin de compte, j’arrive toujours à leur subtiliser quelque chose en un clin d’œil. Généralement, l’improvisation est totale, car tout dépend de la personne. On ne dérobe pas un objet chez un chatouilleux comme chez un sanguin.

 

Combien êtes-vous dans la profession ?

Une poignée. Il ne s’agit pas d’une discipline très courue dans le monde du show-business et rares sont ceux qui s’y engagent. Soit, ils ne possèdent pas les capacités requises. Soit, ils n’y songent pas. Je suis même persuadé que la majorité de vos lecteurs ignore que des artistes sont payés pour faire ce boulot et amuser la galerie !

 

Pourquoi êtes-vous passé professionnel ?

Fort jeune, la magie me passionnait et je me suis mis à aller voir les artistes du cirque et ceux qui se produisaient sur la foire du Midi. Du haut de mes huit ans, je cherchais à deviner le truc qui permettait de créer l’illusion. J’ai progressivement monté des petits numéros et je me produisais devant des amis ou lors de fêtes scolaires. Au moment de devoir gagner ma vie, j’ai couru les cabarets et les salles diverses avec mon matériel de prestidigitateur. Un soir, Georges Mony, directeur du Vaudeville, m’a attrapé dans les coulisses et m’a intimé d’imaginer des interventions comme pickpocket. Il avait entendu parler de moi par d’autres artistes à qui je chipais plusieurs objets pour rire entre deux tableaux. C’était changer de numéro ou être viré. Je me suis donc appliqué à concocter vingt minutes de prestation pour répondre à cette injonction Le succès a été rapide. Voilà comment tout a débuté !

 

Votre réputation est internationale. Quel pays vous a laissé le meilleur souvenir ?

Les Etats-Unis sont le summum de la réussite pour un artiste européen. J’ai été ébloui par les fastes de Las Vegas, une ville qui ne dort jamais. Elle est peuplée de souvenirs mythiques et du nom des stars qui y sont venues. Toutefois, je reste extrêmement attaché à la Belgique. Je suis né dans la capitale et je ne peux pas m’empêcher de vibrer pour ses quartiers populaires et sa diversité. Je suis de ceux qui tiennent à leurs racines. J’ai refusé la nationalité américaine, car je m’accroche trop à mes origines. Elles font ce que je suis. Les renier serait me renier moi-même.

 

Quel type d’objet ne subtilisez-vous jamais ?

Je n’ai aucune limite. Tout est bon à prendre pour que le show soit total. Comme je ne sais jamais à l’avance ce que je vais trouver dans une poche, je puise à fond. Montre, portefeuille, documents éclectiques … rien ne me résiste ! Avec le temps, j’ai appris à anticiper. Je me suis même fabriqué un crochet pour défaire les poches éventuellement cousues. Sur les planches, on n’a pas droit à l’erreur. Il faut y aller franco !

 

Parallèlement, vous consacrez une partie de votre temps à effectuer des conférences sur le sujet auprès des polices belges, françaises, suisses, allemandes, etc. En quoi consistent-elles ?

Il s’agit d’expliquer, démonstrations à l’appui, les techniques employées par les pickpockets. Les policiers ne sont généralement pas formés pour lutter contre ce type de criminalité. Il est essentiel de prendre le fautif sur le fait, la main dans la poche d’un tiers ou avec l’objet du délit dans la sienne. Autrement, il pourra toujours clamer qu’il n’a rien fait ou que l’objet est tombé du sac de la victime.

 

Vous êtes également passionné par l’univers de la parapsychologie. D’où vient cet engouement ?

Tout jeune, je pensais que la magie existait réellement. J’ai ensuite été fortement déçu lorsque j’ai été amené à constater que les artistes usaient de trucs. Puis, peu à peu, je me suis mis à penser que d’autres explications étaient plausibles et j’ai voulu les explorer pour tirer mes propres hypothèses. Je ne vous détaillerai pas le résultat de mes recherches.

 

Un livre raconte votre parcours …

Michel-Guy m’a fait l’honneur de rédiger un ouvrage sur ma vie. Il relate mon enfance, ma scolarité et mon entrée dans le métier du show-business. De simple magicien, j’ai gravi les échelons pour, assez vite, me produire hors de Belgique. Dans les années 50 et 60, Bruxelles n’avait pas le visage qu’il affiche aujourd’hui. Le centre de la ville possédait un nombre incalculable de cabarets. Des lieux où on venait se divertir en compagnie de chanteurs, d’imitateurs, de jongleurs, de magiciens et de danseuses. La place De Brouckère possédait son propre Moulin Rouge. Un endroit apprécié par les touristes et qui ne fermait jamais les portes avant l’aube. Evidemment, toute une frange de la population actuelle n’a jamais entendu parler de cette époque. C’était un peu celle que Jacques Brel chantait dans Bruxelles, une période où les quartiers brusselaient encore. Plus que de la nostalgie, ce livre déplie tout un pan de la capitale que seuls les aînés ont connu. Le monde de la nuit n’avait rien d’interlope. Il était plutôt bon enfant et on ne parlait pas du sentiment d’insécurité actuel qui galope dans nos rues une fois que le repas du soir a été servi. Je garde de ces années mille souvenirs, dont plusieurs sont racontés à travers onze chapitres bien documentés. Ah oui, Annie Cordy, une grande amie, m’a fait l’honneur de préfacer ce livre ! Une artiste précieuse et dont la disparition laisse un grand vide dans le monde des arts !

 

Aujourd’hui, de quelle manière passez-vous vos jour-nées ?

Après de nombreuses décennies à courir le monde, je profite d’une retraite bien méritée, même si je n’ai pas complètement abandonné le métier. Je me rends toujours à l’étranger pour apporter mon expérience aux forces de l’ordre confrontées à des voleurs à la tire, je monte encore de temps en temps sur une scène et je fonctionne comme consultant artistique pour une galerie d’art bien connue chez nous. Je ne regarde jamais le passé en soupirant. Tout doit se vivre au présent !

 

Retrouvez José Duchant sur le site www.joseduchant.be

Propos recueillis par Daniel Bastié

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Alicja Polechonska expose à la bibliothèque de Saint-Josse

La Bibliothèque de Saint-Josse ouvre l’année 2026 sous le signe de la couleur et du dialogue interculturel avec l’exposition Les couleurs et les formes d’Alicja Polechonska. Ce premier rendez-vous artistique de l’année invite le public à découvrir un univers pictural sensible, généreux et profondément humain. Née en Pologne et installée à Bruxelles depuis plusieurs années, Alicja Polechonska a construit son parcours entre formation artistique et engagement pédagogique. Son travail plastique, nourri par l’expérience du déplacement et de l’adaptation, interroge les notions de territoire, de mémoire et de transmission. À travers des paysages imaginés, des motifs architecturaux stylisés, des compositions florales ou des formes ludiques, elle compose un langage visuel accessible à tous. L’acrylique et l’aquarelle lui permettent une grande liberté d’expression. Les couleurs, franches ou délicates, structurent l’espace et instaurent un rythme qui guide le regard. Les formes se répondent, se répètent ou se transforment, créant une atmosphère à la fois apaisante et dynamique, propice à la contemplation comme à l’échange. Enseignante de polonais et animatrice d’ateliers créatifs, Alicja Polechonska place la transmission au cœur de sa démarche. Son travail trouve ainsi naturellement sa place dans une bibliothèque, lieu de savoir, de rencontre et d’ouverture. Cette exposition inaugure l’année 2026 en affirmant le rôle de la culture comme pont entre les langues, les origines et les sensibilités.

Ses travaux sont à découvrir à la Bibliothèque de Saint-Josse-ten-Noode du 12 janvier au 12 février 2026.

Rue de la limite, 2 à 1210 Bruxelles

Infos  via le 02/218 82 42 ou  bibliotheque@sjtn.brussels

Horaire :
Lundi 15h-18h
Mardi 11h-17h
Mercredi 12h-19h
Jeudi 11h-17h
Samedi 9h-13h
Fermé vendredi et dimanche

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Alicja Polechonska expose au centre Jules Verne

ALICJA POLECHONSKA expose au centre Jules Verne

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Alicja Polechonska participe cette année au “Parcours 1190”, un rendez-vous artistique incontournable qui met en lumière la richesse et la diversité de la création contemporaine à Forest. Ses toiles, présentées au centre Jules Verne, s’inscrivent dans une démarche picturale à la fois intime et ouverte sur le monde. L’univers de l’artiste se distingue par une palette subtile, où les contrastes de tons et de matières traduisent une quête de profondeur. Alicja Polechonska travaille la couleur comme une respiration, oscillant entre éclats lumineux et zones d’ombre, comme si chaque tableau cherchait à traduire l’ambivalence des émotions humaines. Ses compositions ne se livrent pas immédiatement. Elles invitent le spectateur à ralentir, à observer les détails et à se laisser happer par une atmosphère presque méditative. Dans le cadre de cet événement, vous pourrez également découvrir les travaux photographiques de Declic Photography et Alain Forthomme, les dessins de Lisette Delooz, Magali Bonniol, David P et H. Arthur H, ainsi que les travaux de Ronald Beurms, Xlib et Daub-o-graphic. Un événement à découvrir du 2 au 5 octobre 2025.

Plus de détails sur le site https://www.julesverne.brussels/

Chaussée de Neesrtalle, 63-65 à 1190 Forest

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ALICJA POLECHONSKA : ILLUSTRATIONS DU NOUVEAU TESTAMENT (Jodoigne)

Alicja Polechonska crée un langage pictural qui parle à tous, en faisant référence à nos racines chrétiennes et qui ravive à travers ses œuvres la vie de Jésus. Elle s’inspire du Nouveau Testament pour donner corps aux Evangiles et rappeler la pérennité de son message. En sa compagnie, on apprend à aimer mieux les autres en passant par le Christ, porte grande ouverture vers le Salut du Père. Avec ses aquarelles, elle opte pour un langage de lumière qui se fait guide. Non pas une lumière qui écrase ou éclabousse, mais une clarté douce qui accompagne, baigne, rassure et étreint doucement. La présente exposition touche par cette justesse et prouve que l’art, lorsqu’il se met au service de la spiritualité, peut encore surprendre. Surtout, elle montre que la foi, loin d’être une faiblesse, peut se métamorphoser en œuvres d’art pour témoigner de rappeler des paroles essentielles. Pour faire en sorte que les visiteurs puissent reconnaître les passages de la vie du Messie, l’artiste a recours à certains symboles, dont les auréoles qui illuminent certains visages. Il ne s’agit pourtant jamais d’expliquer. Chacun se laisse guider par ses émotions et remémore le chapitre avec les versets qu’il a reconnu en fonction de ce qu’il a ressenti ou compris.  En quittant l’église, il devrait se sentir baigné par la force tranquille qui mène discrètement  au recueillement ou à la formulation d’une prière. Une exposition à voir du 10 octobre au 8 décembre 2025 à l’église Saint-Médard de Jodoigne. Plus d’informations au  0478 32 54 39 (Vie spirituelle)

Rue Saint-Médard à 1370 Jodoigne

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Serge Dehaes expose

EXPOSITION : SERGE DEHAES – LUX

Serge Dehaes, diplômé en communication visuelle, illustrateur, auteur de livres jeunesse, dessinateur de presse et bédéiste, endosse ici la casquette de flâneur graphique. Celle de l’urban sketcher. Comprenez : dessinateur urbain. Avec LUX, exposition et livre à l’unisson, il invite à redécouvrir quatre villes qu’il embrasse de son œil curieux, libre et lumineux. Définissons d’abord ce qu’est l’urban sketching ? Il s’agit d’un art à part entière, né du désir de capter la quotidienneté en direct, sans studio ni retouche. Au demeurant, un dessin saisi sur le vif, en public, dans la rue, dans les transports en commun, dans les cafés ou dans les parcs. Le créateur sort son carnet, ses crayons, ses aquarelles ou son marqueur et s’attaque à ce que l’endroit lui offre à cet instant précis. Il peut s’agir d’une scène de marché, d’un arrêt de tram, d’une façade décrépie ou, simplement, d’un banc délaissé. Chacun agit avec son style et sa sensibilité, en ne s’astreignant à aucun filtre, ni à aucune règle. Bref, en saisissant le monde tel qu’il vient ! Le présent accrochage met en valeur quatre métropoles. A savoir, Paris, New York, Londres et Tokyo, toutes capitales de la mode, de la vitesse et du béton. Pourtant, ici, elles prennent l’allure d’instants suspendus et des tableaux vivants habités par les silhouettes autant que par les clameurs du moment. Par exemple, on peut y voir un terrain de basket à New York, déserté et vibrant en son centre. Le regard pourrait croire à une saynète urbaine banale. Néanmoins, cet instantané contient un fragment d’Histoire. Ce croquis a été réalisé deux jours après les attentats du 11 septembre 2001, alors que la ville s’était figée, que les commerces avaient tiré leur volet et que le ciel, sans avions, affichait un silence oppressant. Manhattan venait de prendre un double uppercut avec la perte des Twin Towers du World Trade Center. Puis, quatre jeunes Afro-Américains sont venus jouer au basket. Leurs voix crevaient l’air et, avec eux, la vie reprenait ses droits. Ce dessin illustre parfaitement l’esprit de LUX, qui refuse de jouer la carte de l’inventaire touristique et s’oriente vers une quête de lumière tirée de l’ombre, de souffle extrait de l’immobile et d’humanité sortie de l’anonymat. Serge Dehaes ne cherche pas la perfection technique. Son trait, souvent vif et parfois flou, correspond à son attention qui se déplace et scrute la minute propice. Son travail s’inscrit dans la lignée des carnettistes de voyage du XIXe siècle. Ces dessinateurs curieux qui œuvraient avant la création de la photographie. Là où ils s’adonnaient à l’exotisme et aux clichés coloniaux, Serge Dehaes explore le proche, le banal et l’évident. Il ne voyage pas pour faire voir l’ailleurs. Il relie l’ailleurs au chez-soi. Ses croquis de Tokyo rejoignent de la sorte ceux de Belleville ou de Camden. Tous traitent de passage, d’amour et de vie. L’exposition, pensée comme une traversée, invite le public ne jamais se presser et à s’arrêter pour contempler, se poser des questions, voire trouver des réponses. Une exposition à découvrir du 16 septembre au 16 octobre 2025 à la Maison de la Francité. Voyez tous les détails pratiques sur le site www.maisondelafrancite.be

Rue Joseph II, 18 à 1000 Bruxelles

Daniel Bastié

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EXPOSITION : JENNY LEROY

EXPOSITION : GENNY LEROY

Genny Leroy est une artiste peintre dont le parcours, profondément marqué par la sensibilité et l’intuition, l’a menée bien au-delà des frontières. Très tôt, sa passion pour la peinture l’a conduite en Italie, puis sur les terres lumineuses de Venise, où elle a exposé au Lido. Pour la rentrée artistique, elle exposera ses œuvres à Bruxelles.

 

Quel est votre parcours ?

Je suis une Bruxelloise de cœur autant que d'âme et fière de ma ville. J'ai étudié la psychologie, la criminologie et la philosophie. Des domaines qui m'ont permis d'explorer en profondeur la complexité de l'être humain, du comportement et de la pensée. Depuis ma jeunesse, j’ai toujours été animée par une grande curiosité pour la vie et la connaissance. Cette soif d’apprentissage m’a naturellement dirigée vers des disciplines riches en questionnements et en découvertes comme la peinture.


A quel moment vous êtes-vous intéressée à la peinture ?

Je me suis intéressée à la peinture à un moment où je cherchais un autre langage que celui des mots pour exprimer mes émotions et ma perception du monde. Cet intérêt s’est intensifié avec le temps, nourri par ma curiosité et mon goût pour le Beau sous toutes ses formes. J’ai été particulièrement touchée par la beauté silencieuse des tableaux de Pierre Bonnard. La lumière douce et parfois obscure qu’il fait vibrer dans ses scènes du quotidien capte l’intime avec une délicatesse rare et sa palette semble porter une mémoire affective, presque secrète. Son art m’inspire une forme de contemplation poétique du réel.

 

Quelle technique pratiquez-vous ?

Actuellement, je travaille principalement à l’acrylique, une matière que j’apprécie pour sa spontanéité, sa rapidité de séchage et la liberté qu’elle légitimise dans l’expérimentation. Elle me permet de peindre dans un rythme plus instinctif, en lien direct avec l’émotion du moment. Toutefois, j’ai également pratiqué la peinture à l’huile, notamment lors de mon passage à l’Académie d’Uccle. Cette technique m’a enseigné la patience, la richesse des superpositions et la profondeur des nuances. Chaque médium m’apporte quelque chose de différent et j’aime alterner, selon l’énergie du projet ou l’atmosphère que je souhaite créer.

Comment avez-vous découvert Espace Art Gallery ?

J’ai découvert Espace Art Gallery, grâce à un ami, qui m’a parlé avec enthousiasme de cette adresse. J’ai été immédiatement impressionnée par la qualité de l’espace qui présente une superficie de 250 m², avec six emplacements distincts qui laissent à chaque œuvre l’occasion de respirer et d’exister pleinement. Ce qui m’a séduite tient dans cette alliance entre élégance, clarté et diversité des ambiances, propice à une vraie rencontre entre l’art et le spectateur.

Qu’allez-vous exposer en septembre 2025 ?

J’exposerai une série de peintures qui sont avant tout des émotions mises en couleur. Chaque toile naît d’une sensation, d’un souvenir et d’un instant suspendu. Une partie de cette série est inspirée par la ville de Venise, dont la beauté mélancolique, la lumière changeante et l’âme intemporelle m’ont profondément marquée. Pour cet accrochage, j’espère créer un moment de partage authentique, où mes œuvres pourront toucher ou interroger, voire simplement offrir une pause contemplative. J’attends aussi les échanges, les impressions et les regards croisés. Il faut venir voir cette exposition pour découvrir la richesse des univers présentés et vivre une expérience sensible, où la peinture devient langage et mémoire.

 

Quels sont vos liens avec Bruxelles ? 

Bruxelles occupe une place particulière dans mon parcours de vie et de création. il s’agit d’une ville qui m’inspire par sa richesse culturelle, sa diversité humaine et son atmosphère à la fois intime et cosmopolite. J’y ai étudié, j’y ai fréquenté des lieux d’art et j’y ai tissé des liens précieux avec d’autres plasticiens. Pour moi, Bruxelles représente avant tout un nœud de rencontres, de réflexion et d’épanouissement artistique. Elle m’offre un cadre vivant et stimulant pour créer, tout en restant profondément humaine et accessible.

 

Les œuvres de Genny Leroy sont à découvrir du 5 au 28 Septembre 2025 à Espace Art Gallery.
Retrouvez l’artiste sur le site www.espaceartgallery.eu

Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles

Propos recueillis par Sam Mas

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Harwan Red expose à Espace Art Gallery

EXPOSITION : HARWAN RED

Dans une société où les images se galvaudent, Harwan Red invite à la sincérité. De retour à Bruxelles pour une nouvelle exposition, il propulse le public dans un univers pictural où chaque toile devient un miroir tendu vers notre humanité fragmentée. Cet artiste en pleine ascension se distingue par une approche radicalement sensible, où l’émotion brute s’infiltre dans les moindres recoins. D’un tableau à l’autre, il ne s’agit pas simplement de visages qu’il peint, mais d’âmes qu’il dévoile et de vérités qu’il effleure. Loin de s’apparenter à un masque, les traits faciaux deviennent une fenêtre, parfois embuée ou fissurée, sur ce qui palpite à l’intérieur de chacun. Ses œuvres ne se contemplent pas, elles se ressentent. La forme y devient langage, la couleur émotion. Rouge, bleu, ocre, vert, jaune, les teintes éclatent ou se confondent dans une danse viscérale qui évoque aussi bien la confusion identitaire que la quête de sens. La texture, souvent épaisse, ajoute à la densité du propos. On y ressent le geste, l’urgence de dire et l’élan d’un plasticien qui cherche moins à séduire qu’à révéler. Ce qui frappe tient dans sa volonté de créer un lien organique avec le public. Il ne peint pas pour lui, ni pour flatter un marché de l’art parfois hermétique. Il créé avec une intention de partage. Ses toiles agissent comme des révélateurs. Elles décapent le vernis social, le ronron du quotidien et laissent affleurer l’ensemble de ce que nous dissimulons. A savoir, la douleur, la joie, l’échec, le doute ou l’amour. La force de son geste artistique réside dans cette capacité à rendre l’abstraction profondément humaine. Il ne s’agit pas ici de formes froides et d’exercices conceptuels. Tout devient profondément vivant, incarné et vibrant. Ses visages, bien qu’informels, nous fixent et nous interrogent. Ils se déconstruisent devant nous pour mieux rebâtir quelque chose de plus essentiel. À l’heure où l’on célèbre souvent l’art pour sa technicité ou son potentiel de spéculation, Harwan Red nous ramène à la fonction première de tout plasticien, qui consiste à éveiller, à troubler ou à émouvoir. Chaque toile s’inscrit dans cette tentative d’exprimer l’indicible, chaque trait se métamorphose de facto en une phrase non formulée et chaque couleur se charge d’une pulsion retenue trop longtemps. Il serait facile de cataloguer cet artiste parmi les peintres expressionnistes contemporains. Son travail ne s’ancre dans aucun carcan et va à contre-sens des écoles actuelles, des influences et des courants. Sa pratique relève à la fois de l’intime et de l’universel, du personnel et du collectif, du sensible et du réfléchi. Voilà sans doute les raisons de son impact ! Cet accrochage est à découvrir du 5 au 28 Septembre 2025 à Espace Art Gallery. Voyez les détails pratiques sur le site www.espaceartgallery.eu

Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles

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Marguerite Matisse : Livre

MARGUERITE MATISSE

Certaines existences se déploient dans la pénombre des projecteurs, à la lisière du génie et du silence. Marguerite Matisse, fille aînée d’Henri Matisse, appartient à cette constellation discrète et méconnue dont l’influence, pourtant essentielle, demeure souvent reléguée aux marges des histoires officielles de l’art. Muse, assistante et héritière, elle demeu-re l’exemple même de ces femmes invisibilisées par leur proximité avec un nom illustre. Pourtant, sa vie, tissée de dévouement, de culture et de blessures, mérite toute notre attention critique. Née en 1894, elle vient au monde lorsque son père se réinvente peintre. Enfant mélancolique à la chevelure sombre, elle apparaît dans de nombreux portraits, souvent grave, presque hiératique. Au-delà du rôle de modèle, une relation rare s’installe entre l’artiste et sa fille. Marguerite devient son regard, sa mémoire et son archiviste. Dans les années 1920, alors que son papa s’impose comme un maître du fauvisme, Marguerite participe de plus en plus activement dans la gestion de son patrimoine. Elle transcrit, organise et inventorie. Ce rôle d’assistante d’atelier ne se cantonne pas à cette fonction fille de. En 1943, dans la France occupée, elle entre dans la Résistance et rejoint le réseau Combat, sert d’agent de liaison et participe à plusieurs missions à haut risque. Arrêtée par la Gestapo en 1944, elle subit de tortures atroces et ne parle pas. Libérée in extremis, elle doit la vie sauve à ses compagnons d’armes. L'armistice la voit revenir aux affaires artistiques. Elle continue à veiller sur l’œuvre de Matisse, particulièrement après sa mort en 1954. Grâce à elle, de nombreux projets d’exposition voient le jour. Marguerite n’a jamais cherché la gloire, n’a jamais publié de mémoires et n’a jamais rien revendiqué. Isabelle Monod-Fontaine et Hélène de Talhouët dressent une biographie qui lui rend hommage. Un ouvrage qui contribue surtout à une meilleure compréhension de l’œuvre de son père.

Ed. Grasset – 384 pages

Paul Huet

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les secrets de la Mer Rouge : livre

LES SECRETS DE LA MER ROUGE

Réédité avec une préface éclairante de Loïc Finaz, ce texte emblématique retrouve sa vigueur et son pouvoir d’évocation. À la fois témoignage, roman d’apprentissage et chronique des marges, il relate le parcours d’un homme qui, à trente-deux ans, quitte une existence terne à Djibouti pour embrasser le tumulte d’une vie vouée aux flots, aux trafics et aux mystères d’une époque trouble. Il faut saluer cette initiative qui redonne souffle à une œuvre fondatrice de la mythologie maritime française. Henri de Monfreid n’écrit pas pour plaire. Il raconte, confesse et partage sans fioritures l’étrange destinée qui a été la sienne. Son style, sans être littéraire au sens académique, s’anime d’une sincérité brute, presque féroce, d’où en découle toute la force. La mer Rouge, personnage à part entière, impose sa loi. Elle se révèle tour à tour amante, ennemie et confidente. Elle accueille tempêtes, chasses à l’homme, marchés interlopes et trahisons.  Empreint d’une ambivalence permanente, le récit fait de l’auteur à la fois un hors-la-loi et un homme d’honneur, un contrebandier et un poète. Il se faufile dans des territoires où l’éthique vacille, sans toutefois verser dans le cynisme. Au contraire, une forme d’humanisme parcourt son écriture. Il observe, écoute et comprend.  À ce titre, son regard, bien que forgé dans un contexte colonial, échappe souvent à l’ethnocentrisme ambiant. Il ne s’agit pas ici d’un Occidental qui décrit les indigènes, mais l’homme qui vit avec d’autres hommes, dans une fraternité de circonstance née de l’aventure partagée. Constat qui modifie grandement les rapports ! Certains se souviennent encore de la série télévisée adaptée de son ouvrage, avec Pierre Massimi dans le rôle principal et soutenue par la partition du regretté François de Roubaix, disparu à trente-six ans.

Ed. Grasset – 400 pages

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COMMENT J’AI RÉSOLU L’ÉPINEUX PROBLÈME DU CHANGEMENT CLIMATIQUE (ET TROUVÉ L’AMOUR)

Dans son troisième roman publié aux Éditions Jouvence, Sofia Giovanditti réussit un pari audacieux : mêler humour, romance et écologie dans un récit à la fois lucide et pétillant.

Avec Comment j’ai résolu l’épineux problème du changement climatique (et trouvé l’amour), Sofia Giovanditti livre un roman tendre, drôle et résolument optimiste. On y suit Valentina, 35 ans, prof de français, qui s’évanouit devant le gâteau d’anniversaire de sa nièce. Un malaise de trop qui la conduit à consulter : le diagnostic est inattendu : Valentina souffre d’éco-anxiété. Trop de rapports alarmants, trop de catastrophes naturelles, et un mal bien réel qui l’envahit. Sa thérapeute lui propose un unique remède pour lutter contre ses angoisses : passer à l’action. Mais entre un ami adepte des barbecues, sa passion pour les bains chauds et son envie des voyages en avion, changer de mode de vie relève du parcours du combattant. Comment peut-on être heureux tout en renonçant à ce qui paraît essentiel ou du moins confortable ? Et peut-on trouver l’amour quand chaque rayon de supermarché déclenche une crise de panique ?

Avec une plume fluide et pleine d’humour, Sofia Giovanditti aborde des thèmes on ne peut plus actuels : réchauffement climatique, anxiété moderne, quête de sens et célibat post-trentenaire. Le tout sans jamais sombrer dans le moralisme ou la culpabilité, la grande force du roman. Son héroïne est imparfaite, humaine, et profondément attachante. Ce livre s’inspire d’ailleurs du propre vécu de l’autrice, allant de l’éco-anxiété à la sobriété heureuse. Un site internet dédié www.sobrieteheureuse.com a également été créé, afin de partager son expérience et des astuces pour réduire notre impact carbone.Une lecture qui fait du bien, et qui donne envie – en douceur – de cheminer vers la sobriété heureuse.

Ed. JouVence – 256 pages

Catherine Gilson

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ALICJA POLECHONSKA : OEUVRES ABSTRAITES (EXPO)

ALICJA POLECHONSKA : ŒUVRES ABSTRAITES

Récemment, Alicja Polechonska exposait à Basse-Wavre et plusieurs de ses toiles se trouvent actuellement à Nivelles dans le cadre d’une grande exposition qui lui est consacrée. Pour les familiers d’Espace Art Gallery, elle était présente dans les locaux de cette enseigne bruxelloise l’été dernier, afin d’y défendre plusieurs grands formats qui se caractérisent par un chatoiement de couleurs. Cette année, pour son deuxième accrochage au même endroit, changement radical de registre avec des oeuvres abstraites. Rencontre.

 

A quoi ressemble votre parcours ?

Je suis née le 6 juin 1965 à Szczecinek, en Pologne. Je vis et travaille depuis 1990 à Bruxelles, ville d’accueil où mes racines et mes inspirations se croisent.  Ma passion pour l’art est née très tôt. À l’âge de douze ans, j’ai obtenu une mention lors d’un concours national de dessin destiné aux enfants. Le thème en était Notre patrie et notre enfance sont peintes en belles couleurs. Cela a été un moment décisif dans mon parcours. Cette distinction, modeste en apparence, a eu une portée immense pour moi et m’a ouvert les yeux sur ma vocation. Je me suis alors promis de suivre la voie de l’art et de l’expression plastique. Après l’école primaire, j’ai poursuivi mes études au Lycée des Beaux-Arts Plastiques de Koszalin. Là, j’ai affiné mon regard et appris plusieurs techniques. Plus tard, mes études m’ont amenée à l’Université Adam-Mickiewicz de Poznań, où j’ai obtenu une licence en langue et littérature slaves. Mon amour pour les langues et les cultures s’est tissé en parallèle de ma passion artistique. Lorsque j’ai quitté la Pologne, j’ai rejoint la Belgique, où j’ai trouvé un nouveau foyer, une nouvelle terre d’ancrage. Dans la capitale, j’ai suivi une formation en didactique du fran-çais langue étrangère à l’Alliance Française. Ce cursus m’a permis de donner des cours de polonais et de français à des professionnels ve-nus d’horizons divers. Enseigner revient également à jeter un pont entre les cultures, à peindre avec des mots et des gestes. Parallè-lement, je me suis inscrite aux cours du soir à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Puis, assez rapidement, j’ai commencé à exposer.

 

D’où vient votre inspiration ?

Je puise mon inspiration avant tout dans ce qui m'entoure, dans les visages, les gestes, les silences et les voix de mon quotidien. Mon vécu et mes expériences alimentent également ma créativité. Chaque rencontre, joyeuse, douloureuse ou inattendue, me nourrit. Je ne cherche pas à fuir le réel. Il m’enseigne la complexité du monde et me pousse à en capter l'essence avec sincérité. Quand je dessine ou peins, je laisse parler les couleurs autant que les formes. J’aime qu’elles soient chaudes, vibrantes et enveloppantes. Elles traduisent la proximité et la vie sous toutes leurs coutures. Ce choix esthétique n’est pas exclusivement visuel. Il contient surtout un message que j’essaie de transmettre. Il parle de luttes, d’espoirs et de contradictions. J’accorde une importance capitale aux dimensions sociales et culturelles. A côté de thèmes récurrents, tels que l’immigration et le vivre ensemble, je pratique l’abstraction pour ne retenir que le chromatisme et le rythme.

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Quelles techniques utilisez-vous ?

Depuis que j’ai commencé à créer, je n’ai jamais pu me résoudre à choisir une seule technique. Pour moi, chaque médium témoigne d’une force particulière, d’une humeur et d’une manière de dialoguer avec le papier ou la toile. Voilà pourquoi, j’ai progressivement adopté une approche mixte, dans laquelle se croisent le pastel, le fusain, l’aquarelle et l’acrylique.  Le pastel me permet d’explorer la douceur, la matière presque tactile de la couleur. J’adore la façon dont il glisse sur le support et laisse derrière lui une trace presque vivante. Le fusain force le trait et la tension. Il me sert à structurer, à donner un squelette à mes compositions et à poser des ombres profondes ou des lignes brisées. Quant à l’aquarelle, elle souligne la transparence. Elle se mêle à l’eau, fuit et s’étend là où je ne l’attends pas toujours. Elle m’enseigne le lâcher-prise, et l’acceptation que tout ne soit pas contrôlable. Enfin, l’acrylique permet de superposer des couches, d’aller à rebours et de recouvrir une zone. Elle sèche beaucoup plus vite que la peinture à l’huile et ne souffre pas d’un vernis. Avec elle, je construis et je fixe. Loin de tout académisme, malgré ma formation, je mélange ces textures. Je ne les oppose jamais et les fais cohabiter, se répondre et se compléter. Ainsi, un fond à l’aquarelle peut recevoir quelques éléments au fusain ou au pastel. Je veille toujours à chercher un équilibre, voire une émotion. En travaillant de cette manière, je m’affranchis de tout. Pas besoin de choisir un camp ni de m’enfermer dans une seule pratique. Je progresse au gré de ce que j’ai à exprimer ou en suivant le fil de mon humeur. Pour moi, dessiner ou peindre consiste à combiner. Je trouve précisément mon épanouissement dans ce mélange jubilatoire.

 

Parlez-nous de vos influences ?

Comme ancienne étudiant des Beaux-Arts, les musées ont profondément laissé des traces dans mon travail. Je ne prétends rien inventer, même si je sais que je fonctionne sans m’inspirer de personne. Evidemment, j’admire plusieurs artistes. Parmi ceux-là, Stanisław Wyspiański occupe une place importance, peut-être à cause de mes racines polonaises. J’admire la finesse de son travail et la richesse de sa palette. Vassily Kandyński m’intéresse énormément pour ses vibrations colorées et Marc Chagall pour son univers onirique. Comme vous le constatez, je suis résolument moderne dans mes goûts, même si j’accorde beaucoup d’importance à la peinture classique et aux maîtres qui ont précédé le XXe siècle.

 

Vous travaillez par thèmes …

Au fil des années, j’ai développé différentes séries. J’y mets chaque fois beaucoup de sincérité et de conviction. L’an dernier à Espace At Gallery, j’ai exposé des toiles figuratives, voire porteuses d’un message. Cette fois, j’ai sélectionné des œuvres abstraites, qui se singularisent par le rythme et la couleur. Chacun pourra y découvrir ce qu’il souhaite. Je ne fournis aucun mode d’emploi. Il s’agit de peinture pure, sans carcan et qui plaira ou non. Comme toujours, le public sera juge et formulera un avis personnel. Pour moi, l’art abstrait tente de restituer une contraction du réel ou, encore, contribue à en souligner les aspects invisibles à l’œil, autant qu’à percevoir derrière les choses avec une lunette singulière. L’intérêt vise ici à pratiquer une rupture avec ce que tout un chacun peut observer dans la vie de tous les jours. Je parle volontiers d’ambiance, d’atmosphère et d’instants suspendus, que j’invite à découvrir.

 

De quelle manière avez-vous trouvé Espace Art Gallery ?

Je suis familière de ses vernissages et je m’y rends chaque fois que mon agenda le permet. J’ai connu le patron à l’époque où il occupait ses anciens locaux dans le quartier Flagey. J’ai bien vite compris que mes créations pourraient y trouver leur place. De fil en aiguille, j’ai introduit un dossier, nous avons discuté des conditions et je me suis lancée.


Qu’allez-vous présenter cet été ?

Pour ne pas effectuer une redite et ne pas donner l’impression de proposer le même genre d’œuvres que celles exposées en 2024, je me suis concentrée sur plusieurs aquarelles de facture non-figurative et des peintures mixtes. A savoir, des réalisations qui mélangent plusieurs techniques. Elles expriment ma joie de vivre, mes états d’âme, ainsi que quelques souvenirs dont je ne dévoilerai pas le contenu. Je les ai créées sans injonctions, bien au calme chez moi et en prenant un vrai plaisir à les réaliser. Ce genre de peinture reste avant tout ludique et récréatif. Je ne m’impose rien. Je laisse voyager mon pinceau et lui fais entièrement confiance. L’aquarelle représente à mes yeux l’équilibre parfait entre le côté diaphane de l’eau et les pigments. L’un complète l’autre et ne va pas sans lui. Enfin, l’aquarelle reste un excellent médium pour les émotions, la sensibilité et une fragilité qui se transforme en force.

 

Alicja Polechonska expose à Espace Art Gallery du 8 au 31 août 2025. Vous trouverez tous les détails pratiques sur le site www.espaceartgallery.eu

Rue de Laeken, 83 à 1000 Bruxelles

Propos recueillis par Daniel Bastié

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VIVA FRIDA KAHLO

EXPOSITION : VIVA FRIDA KAHLO13667567698?profile=RESIZE_710x

Elle avait déjà conquis les esprits et bouleversé les cœurs. Frida Kahlo, artiste inclassable, femme de feu et de douleurs, revient hanter Bruxelles avec son univers incandescent dans un lieu de 900 m2, servi par des projections à 360°. L’exposition immersive Viva Frida Kahlo revient pour un tour de piste, enrichie et repensée. Installée au cœur de la capitale, cette expérience unique ne ressemble à aucune autre exposition traditionnelle. Ici, point de cadres sages ou de cartons à lire à la hâte. Viva Frida Kahlo se veut une plongée totale dans la vie, l’œuvre, les blessures et les couleurs d’une artiste qui peignait non pas ce qu’elle voyait, mais ce qu’elle ressentait. Dès les premières minutes, le spectateur est happé. Les murs, le sol et les plafonds deviennent écrans géants. Les projections monumentales animent les autoportraits emblématiques et les motifs récurrents (cœurs saignants, singes câlins, colonnes brisées) dans un tourbillon visuel à la fois somptueux et troublant. Les images ne se contentent pas de leur apport esthétique. Elles racontent, crient et vibrent. La narration multilingue, disponible en français, néerlandais et anglais, accompagne ce voyage intérieur. Elle évoque, avec pudeur et sans détour, les épisodes clés de la vie de cette peintre inclassable. L’occasion de revenir sur son enfance au Mexique, son accident tragique à dix-huit ans, son mariage tumultueux avec Diego Rivera, ses engagements politiques et ses souffrances physiques autant que psychologiques.  Autre élément essentiel que le paysage sonore spatialisé. Véritable composition, il enveloppe le visiteur. Des sons de la nature mexicaine aux résonances intimes d’un cœur qui bat, tout éveille les sens, convoque les émotions et crée une connexion. Cette nouvelle mise en scène ne se contente pas de reprendre le succès passé. Elle va plus loin, avec des nouveautés, dont des extraits inédits du journal intime de cette plasticienne, récemment numérisés, qui viennent ponctuer le parcours.  Certains espaces ont été entièrement repensés, dont un dôme immersif qui accueille une séquence consacrée à la Casa Azul, la maison bleue de Coyoacán, sanctuaire devenu musée. Là, au milieu des objets personnels, des photos d’époque et des reconstitutions sonores, on touche du doigt l’intimité de l’artiste. L’exposition ne demande aucune connaissance préalable. Elle s’adresse aussi bien aux passionnés d’art qu’aux néophytes, sans oublier les enfants et les rêveurs. Chacun est invité à ressentir, à laisser parler ses émotions et à marcher dans les pas de Frida Kahlo sans injonctions.  Le parcours aborde aussi les engagements féministes et politiques de l’artiste, ses prises de position sans concession et son goût pour la provocation.  Le Mexique, omniprésent, y est célébré dans ses coutumes, ses couleurs et ses sons. Des motifs traditionnels, des musiques folkloriques et des références à la culture populaire nourrissent chaque étape.  On découvre également l’humour de Frida Kahlo, sa capacité à détourner les normes, à jouer avec son image, à rire de l’absurde et à cultiver l’autodérision. Cette facette méconnue se dévoile à travers des anecdotes, des lettres et des croquis. Alors, si vous ne savez pas quoi faire en août, n'hésitez pas à vous rendre au Viage pour découvrir cette créatrice de talent. Cela se passe jusqu’au 31 août 2025. Plus de détails sur le site www.vivafridakahlo.be

Boulevard Anspach, 30 à 1000 Bruxelles

Paul Huet

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