Le poète

Il restera toujours l'éternel incompris
Et s'en ira la nuit sonder le clair de lune,
Car il aura toujours pour unique fortune
Le silence étoilé de l'azur assombri.

Il aimera sans fin l'espace inhabité
Où son ombre argentée constellera les âmes ;
Loin des villes du bruit, des discours et des blâmes,
Il viendra se confondre avec l'immensité.

Quels que soient son pays son époque son dieu,
Il reprendra le soir les routes de Bohème,
Et seul il cueillera pour orner ses poèmes
Les petites lueurs dispersées dans les cieux.

 Isabelle CALLIS-SABOT