Arts et Lettres

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À vin nouveau outres neuves ! Questions et propos sur la peinture, la littérature et la modernité


Suite à un échange de mails avec Robert PAUL, je me suis décidé aujourd’hui à ouvrir ce forum sur la modernité en art, particulièrement en peinture et en littérature. J’aimerais y penser avec vous les permanences et les transformations de la modernité, à partir de ce couple peinture-modernité né de l’histoire, en France, au XIXème siècle. 

 

En décembre dernier, nous avons pu voir dans la série des grands peintres une vidéo sur la peinture d’Henri Gervex. Cela m’a amené à repréciser ma pensée sur ce contemporain des impressionnistes, sur sa position dans le conflit fondamental qui divise la peinture depuis près de 150 ans et dont il est une figure exemplaire par son aller-retour constant entre la modernité naissante et l’académisme néo-classique.

 

Né en 1852, copain de Manet et contemporain de Van Gogh, Gervex m’apparaît en effet comme le type même du peintre qui a académisé la modernité des impressionnistes en l’utilisant comme simple éclaircissement de sa palette. La peinture de Gervex enthousiasmait Zola, parce que, à l’opposé de celle de son ancien ami Cézanne traité de « grand peintre avorté », elle conservait l’exacte facture illusionniste sous les couleurs de l’impressionnisme. Après s’être fait refusé au Salon de 1878 suite au conseil pervers de Degas de peindre les vêtements abandonnés par la belle Marion au pied de son lit, Gervex remporte en 1882 le concours ouvert pour la décoration de la Mairie du 19ème arrondissement de Paris et met au service de la culture républicaine tout un académisme de bons sentiments sociaux qu’on va retrouver tel quel dans l’art fasciste ou nazi du 20ème siècle. Or, c’est précisément cette 3ème République qui fera preuve d’un ostracisme sans faille contre les peintres indociles et posera les bases de la répression des artistes entrés en dissidence.

 

La peinture de Gervex est donc loin d’être neutre ou inoffensive. Elle témoigne d’un choix qui trahit les artistes de la modernité passés dans leur quasi totalité de la rupture avec les institutions d’art à la dissidence sociale. Artiste reconnu promu officier de la Légion d’honneur en 1889, se faisant ainsi le héraut de la bonne conscience de son temps, Gervex pose dès lors dans sa réussite même un problème esthétique, éthique et politique autant qu’économique qui fait contraste avec la « misère qui ne finira jamais » de Van Gogh et de Pissarro, l’emprisonnement de Courbet ou l’exil de Gauguin.

 

Ce qui est en jeu à travers ce cas exemplaire, c’est tout simplement l’intelligibilité du présent et l’accès difficile à une logique de l’altérité. Depuis Manet, en effet, la question de l’art ne me semble plus être la question du beau mais celle de sa propre historicité. L’art est devenu une notion paradoxale, faite de deux parts radicalement inégales et contradictoires : l’une étant tout ce qui a été accompli jusqu’à ce jour, l’autre celle qui n’est pas encore et reste à faire. Et pour dire les choses banalement, la première part a pour effet d’écraser la deuxième. Le peintre n’est donc « artiste » que s’il a devant lui une peinture qui n’existe pas encore. Debout devant sa toile vierge comme au pied d’un mur, isolé et démuni, il est de facto le seul qui n’a pas d’art. En ce sens précis, il me semble que le talentueux Henri Gervex ne peut être considéré comme un « grand artiste » au même titre que Manet, Van Gogh et Cézanne, pour ne citer que les plus « grands ».

 

Il y a dans l’art une nécessité dont il est toujours difficile de rendre compte a priori. Matisse parle du peintre qui sait tout mais oublie ce qu’il sait au moment de peindre. Le peintre et le poète ne peuvent que laisser leur exploration faire son chemin en eux, sans savoir ce vers quoi ils vont. Ils n’ont pas l’outillage mental qui leur permettrait de penser ou de mesurer ce qu’ils font vraiment, et les prises de conscience sont presque toujours ultérieures à l’action elle-même. Peintures et poèmes seront nécessairement le fruit de longs et incertains combats dont personne, à commencer par l’artiste, ne connaît ni le sens ni l’issue. J’insiste sur cet aspect inaccompli des œuvres. Depuis Manet, la peinture est arrachement et égarement dans un monde en mutation. Depuis Baudelaire, le poème est une aventure de la pensée. A vin nouveau outres neuves ! Sauf qu’il n’y a ici aucune différence entre le vin et les outres. Rien n’est jamais gagné d’avance, et plus que jamais l’art reste le lieu des conflits fondamentaux qui secouent le monde depuis 150 ans.

 

Daniel Moline

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Réponses à cette discussion

Bonjour Jean Marie,

 

"L'Imagination, oui, voilà un paramètre essentiel de la création - à mettre en premier lieu dans l'outre de Daniel… Maintenant, je reviens à mon dada chéri, l'huile pour alimenter cette petite flamme, c'est la Connaissance.En tous les domaines, pour moi l'imagination est d'autant plus féconde, d'autant plus fourmillante,plus riche en connexions  que l'on a rempli son réservoir de tout ce qu'il était capable d'absorber quitte à oublier son contenu."


 

 

Est-ce que l’imagination et la connaissance sont essentielles à la création ?

Non. L’homme ne peut pas créer du neuf avec son imagination ou avec sa connaissance. Nous ne pouvons penser qu’a ce que l’on connaît, qu’au contenu de l’outre, comme vous dites. L’homme peut bâtir, construire, assembler avec son imagination… mais il ne peut pas créer une chose nouvelle (qu’il ne connaissait pas avant).

Si je vous dit : imaginez un cheval bleu. Il est facile d’imaginer une telle créature, parce que nous savons ce qu’est un cheval, et nous connaissons la couleur bleue. On peut donc "assembler" par l’imagination une image à partir d’éléments connus.

Mais si je vous dit : imaginez un cheval "plus blanc que blanc" (pour reprendre le sketch de Coluche). Là il y a un soucis : "Moins blanc que blanc", se devrait être gris clair. Mais, "plus blanc que blanc"… qu’est que c’est comme couleur ???

On ne peut pas l’imaginer… parce que nous ne la connaissons pas.

On ne peut pas imaginer une chose que l’on ne connaît pas.

Donc on ne peut pas créer du nouveau avec son imagination… avec sa connaissance… avec sa pensée.

L’homme créer avec sa perception sensorielle. Le compositeur crée sa mélodie en écoutant la musique qu’il est en train de jouer. Newton découvre la gravité en constatant la chute de la pomme, le chef cuisinier compose ses mets en les goûtant…

L’homme crée, en réagissant dans l’instant, à ce qu’il perçoit avec ses sens. La connaissance (c'est-à-dire son passé) et l’imagination n’y participent pas, elles interviennent après coup, pour interpréter, expliquer, et transmettre.

 

Amicalement,

Gil.

 

 

Je remercie Dominique Dumont et Jean-Marie Cambier pour leurs interventions dans le forum sur la modernité. Ils m’ont donné l’occasion de réfléchir et l’envie de préciser ce que j’entends par «transformation indéfinie» et «altérité changeante». S’il est vrai que le monde et les temps changent, au nom de quoi est-il absolument nécessaire d’aller toujours plus loin ? En quoi le connaissance est-elle impliquée dans ce changement ? Si la signification des mots est issue de l'expérience des corps, de tous les mots de tous les corps, - sans eux les mots n'auraient aucun sens - comment penser ce lien permanent entre le langage et le corps ? entre l’huile de tête et l’huile de coude ? entre le désir et la connaissance ?

Dans Physique VII, 3, 247b, Aristote fait des choix qui vont être lourds de conséquences pour notre histoire de la pensée. Considérant par exemple la couleur grise, il répète imperturbablement que le gris est noir par rapport au blanc et blanc par rapport au noir. Le gris n’est donc pas gris, c’est à dire une couleur indécise où l’un vire à l’autre et qui n’est plus ni l’un ni l’autre. Redoutant l’absurde, Aristote bute sur ce qui serait en train de s’engendrer et déjà engendré sans pourtant l’être encore. Il est déstabilisé. Sa pensée s’affole devant le clair-obscur et sa phrase vacille. Il décide alors que « c’est par le repos et l’arrêt que la raison sait et pense. » Ce jour-là, il accroche pour toujours l’«epistemé », la science, à la racine « stenai », s’arrêter ! En d’autres mots, pour Aristote, si je ne stabilise pas, si je ne définis pas, je dois renoncer à la connaissance. Chose impossible, vu la force de cet affect en nous.

Qu’a-t-on perdu irrémédiablement ce jour-là, sinon ce que nous continuons à pressentir s’écouler en nous et autour de nous, cette fluidité des choses de la vie impossible à arrêter, à isoler, à fragmenter, mais qui est aussi la plus immédiate et la plus vraie ? La définition caractérise les choses, mais elle les saisit au dernier moment ( le blanc ou le noir) et les tue en les coupant de leur émergence (le gris). Prenons un vif exemple de cette précieuse fluidité dans un sonnet de Mallarmé intitulé « Le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui » :

Il s’immobilise au songe froid de mépris

On peut lire cet alexandrin selon un découpage qui suit l’articulation logico-syntaxique d’un énoncé : « Il s’immobilise / au songe / froid de mépris ». Mais cette réduction du rythme à un schéma logico-syntaxique unique efface l’ambiguïté sémantique indissociable ici d’une incertitude accentuelle qui fait précisément la spécificité de l’écriture fluide de Mallarmé. Quand l’hésitation qu’on peut avoir devant la réalité rythmique d’un texte appartient à la poétique de ce texte, c’est au titre d’une ambiguïté qui est une forme de sa valeur.

Lisons un autre exemple de cette ambiguïté dans la version non ponctuée du « Pont Mirabeau » d’Apollinaire :

L’amour s’en va comme cette eau courante
L ‘amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

L’indécision frappant la valeur des deux derniers « comme » partagés entre les valeurs comparative et exclamative fait clignoter non seulement la logique syntaxique mais également le phrasé du poème. On sent alors une légère suspension, comme s’il y avait une sorte de double fond.

Pour moi, la qualité des œuvres (peintures, poèmes…) est à considérer de la même manière au plus loin de ses marques exposables. Elle ne se réduit pas aux caractéristiques par lesquelles elle s’est vue finalement reconnaître. Le beau reconnu par tous en tant que beau, sans plus de doute ou d’inquiétude, est aussi ce contre quoi un nouveau beau est déjà en train de s’inventer. Cette situation peut aussi se lire à l’envers. L’effectivement beau, n’offrant pas assez de marque de beauté, paraît en manquer. Il demeure en retrait. Le génie créateur paraît d’abord décevant. N’ayant vendu que peu d’exemplaires de Murphy, Bordas considère que Beckett lui coûte trop cher et refuse de publier ses autres romans qui sont parmi les plus personnels qu’il ait jamais écrits. Pour revenir à l’art de l’image, quelle leçon pouvons-nous aujourd’hui encore tirer de cet aspect maladroit et balbutiant de la peinture moderne affranchie des codes de l’art classique et canons du beau, se fiant à sa seule inspiration et n’ayant cure des règles du « bien peindre » , comme si la nouvelle beauté se moquait de…la beauté ! Cela me rappelle ces incertaines et fragiles maisons japonaises où j’ai habité, ces espaces qui se reconfigurent et se modulent au gré, dans lesquelles on peut vivre sans subir la contrainte d’une fonction déterminée ou d’une affectation de principe, demeurant indéfiniment disponibles à d’autres usages.

Continuant notre réflexion sur l’imagination, la connaissance et la création, et pour me situer par rapport à l’intervention toute récente de Gil, j’aimerais revenir à cette proposition de Jean-Marie sur l’enfant sauvage autodidacte. Cette expérience a déjà été faite au milieu du XVIIIe siècle par le roi de Prusse, Frédéric II le Grand, qui voulait connaître la voix primitive utilisée par le premier homme. Il fit élever quelques jeunes nourrissons de ses paysans par des gens de son palais déguisés en loups, sans qu’aucune information acoustique humaine ne soit perçue par le système auditif des bébés. Le résultat fut impressionnant. Ils pouvaient marcher, mais la voix en tant que telle n’existait pas. Tous moururent aux alentours de la puberté. Même chose avec deux fillettes retrouvées en 1920 au fond d’une forêt en Inde. Elles pouvaient seulement grogner, râler et pousser quelques cris plaintifs. Leur comportement était totalement conditionné par la peur de l’autre et de l’inconnu. On est bien loin de la légende de Tarzan.

Conclusion du Dr Jean Itard : « L ‘homme n’est pas né homme, mais construit homme.» S’il ne parlait pas, il ne serait qu’un grand singe. Sa créativité prend naissance dans la voix de l’autre. Emile Benveniste dit que «le langage sert à vivre». Il est ce dans quoi on pense et on vit une vie humaine. Le langage, c’est être des sujets les uns pour les autres. C’est se réinventer à chaque instant soi-même et les autres. C’est vivre cette invention pour vivre une vie humaine. Sinon, pour reprendre les mots du génial Henri Meschonnic, on ne sait pas qu’on ne pense pas, on vaque à ses occupations, on n’est que de la viande en mouvement … bonne à abattre !

Bonsoir Gil,

Pour avoir lu plusieurs de vos interventions  et avoir échangé quelques propos avec vous , je sais que sous les mots "perceptions sensorielles" , vous voulez voir de la transcendance dans l’inspiration artistique  tandis que je m’obstine à n’y voir que de l’immanence. Pas d’yeux, pas de peinture .  pas d’oreille pas de musique  (Beethoven n’était pas sourd de naissance, il l’a été vers 50 ans) Toute création vient de l’intérieur de notre cerveau.

Je comprends parfaitement votre point de vue ; comme je l’ai déjà dit par ailleurs, une partie de moi-même aimerait que cette relation avec un au-delà des idées soit effective et  je me dois faire violence pour adopter cette position matérialiste mais c’est la position qui me paraît la plus raisonnable aujourd’hui pour ne pas être déçu.

Qui croit encore au lever et au coucher du soleil selon les mots que nous utilisons tous les jours pour cela ? Il en sera bientôt de même pour la dualité de l’esprit.

Pourquoi aurions nous besoin de plus de merveilleux, de mystère alors que l’évolution  a attribué aux Hommes un instrument qui n’est même pas encore exploité au maximum de ses capacités et qui  a déjà permis des créations artistiques et scientifiques superbes.

Participer  aux activités spirituelles de ce monde de plus en plus créatif et complexe  devrait suffire  à  notre  enchantement .

L’homme n’est rien d’autre que son projet ; il n’existe que dans la mesure où il se réalise dit Sartre

Pour peindre un cheval plus blanc que blanc, que pensez vous d’un Pégase en train de sécher , les ailes attachées au fil par des pinces à linge. A travers, la fenêtre sur la machine à laver , une boîte de poudre à l’effigie du cheval ailé avec l'inscription Pégase, super white ;-). Ce n'est pas super génial mais je viens d'associer un animal mythologique évoquant la blancheur, les ailes appuyant cette pureté à la pub actuelle pour produire quelque chose que je crois relativement nouveau. Il s'agit d'une oeuvre concrète et plutôt une idée qui devrait être interprétée par Gilles Thévenin, le dessinateur humoristique sur ce site.

Me vient déjà deux nouvelles idées avec "immaculée conception" et "neige immaculée"  !  

Cordialement,

Jean-Marie Cambier

Gil a dit :

Bonjour Jean Marie,

 

"L'Imagination, oui, voilà un paramètre essentiel de la création - à mettre en premier lieu dans l'outre de Daniel… Maintenant, je reviens à mon dada chéri, l'huile pour alimenter cette petite flamme, c'est la Connaissance.En tous les domaines, pour moi l'imagination est d'autant plus féconde, d'autant plus fourmillante,plus riche en connexions  que l'on a rempli son réservoir de tout ce qu'il était capable d'absorber quitte à oublier son contenu."


 

 

Est-ce que l’imagination et la connaissance sont essentielles à la création ?

Non. L’homme ne peut pas créer du neuf avec son imagination ou avec sa connaissance. Nous ne pouvons penser qu’a ce que l’on connaît, qu’au contenu de l’outre, comme vous dites. L’homme peut bâtir, construire, assembler avec son imagination… mais il ne peut pas créer une chose nouvelle (qu’il ne connaissait pas avant).

Si je vous dit : imaginez un cheval bleu. Il est facile d’imaginer une telle créature, parce que nous savons ce qu’est un cheval, et nous connaissons la couleur bleue. On peut donc "assembler" par l’imagination une image à partir d’éléments connus.

Mais si je vous dit : imaginez un cheval "plus blanc que blanc" (pour reprendre le sketch de Coluche). Là il y a un soucis : "Moins blanc que blanc", se devrait être gris clair. Mais, "plus blanc que blanc"… qu’est que c’est comme couleur ???

On ne peut pas l’imaginer… parce que nous ne la connaissons pas.

On ne peut pas imaginer une chose que l’on ne connaît pas.

Donc on ne peut pas créer du nouveau avec son imagination… avec sa connaissance… avec sa pensée.

L’homme créer avec sa perception sensorielle. Le compositeur crée sa mélodie en écoutant la musique qu’il est en train de jouer. Newton découvre la gravité en constatant la chute de la pomme, le chef cuisinier compose ses mets en les goûtant…

L’homme crée, en réagissant dans l’instant, à ce qu’il perçoit avec ses sens. La connaissance (c'est-à-dire son passé) et l’imagination n’y participent pas, elles interviennent après coup, pour interpréter, expliquer, et transmettre.

 

Amicalement,

Gil.

 

 

Bonsoir Daniel,

Quelques idées à propos de la modernité.

Je pense, qu'avec le développement des sciences et des techniques,la grande question a été de comprendre le comment, matérialisme opposé au courant spiritualiste qui cherchait jusqu'à plus soif le pourquoi. Pour savoir comment "ça marche", il faut aller voir et vérifier si ce qu'on nous a appris est correct.

Hé non, il ne l'est pas! Ex. en littérature mais adaptable aux arts.

 -le narrateur omniscient : mensonge car l'homme n'est pas un dieu qui sait tout et lit dans les pensées des personnes (en l'occurrence des personnages : dans un roman, marionnettes dans les mains de l'auteur)

 -l'espace et le temps : on ne choisit que des lieux où l'action peut se dérouler et uniquement les moments pendant lesquelles elle se déroule. Le temps et l'espace sont soumis au récit : ils ne sont donc pas vrais, l'espace et le temps ne se laissent pas capter comme cela!

-les personnages ont un caractère bien défini qui va les mener à poser tel acte parce que j'en ai besoin pour mon récit. Mais les gens ne sont pas des machines tournant toujours au même régime !

-la notion du beau, de l'esthétique : ça ne sert qu'à enjoliver le décor. Regardez la nature comme elle est belle dans les déserts du Dakkar. Et puis regardez comment elle est en Australie !

-et la logique? On a cru qu'une action A entaînait toujours une action B par relation de cause à effet. Cela est vrai pour des phénomènes physiques (mais allez voir la physique quantique et le phénomène des trous noirs).

 

La modernité, c'est vouloir montrer que rien n'est acquis. Je pense qu'il y aura toujours des "anciens" (on sait ce qu'on a, on ne sait pas ce qu'on aura) et des "modernes"(les explications que l'on me donne ne me satisfont pas, je veux aller voir plus loin).

Bonjour Jean-Marie,

 

Vous dites : "Vous voulez voir de la transcendance dans l’inspiration artistique  tandis que je m’obstine à n’y voir que de l’immanence."

 

C’est tout simplement le contraire, Jean-Marie.

 

L’œuvre que vous me proposez, n’a rien d’immanente. Vous y voyez la blancheur d’un animal mythique, et une pureté symbolisée par les ailes…

Je n’y vois que l’image d’un animal blanc suspendu.

 

Etre matérialiste est effectivement la bonne position pour ne pas être déçu, mais les idées, les concepts, les images… n’ont rien de matériel.

 

Bonjour Daniel,

 

Effectivement, si l’homme ne parlait pas il serait probablement un grand singe… "mais il continuerait à pressentir s’écouler en lui et autour de lui, cette fluidité des choses de la vie impossible à arrêter, à isoler, à fragmenter, mais qui est aussi la plus immédiate et la plus vraie."

Sa créativité ne prendrait pas naissance dans la voix de l’autre… mais dans ses actes.

 

Si l’homme ne stabilise pas, ne définit pas, il renonce à la connaissance… mais pas à la "compréhension".

 

A quoi cela sert il de définir une modernité opposée à un académisme ancien, ou tous autre courant sensé guidé l’artiste et le spectateur… puisque, comme vous le dites :  "Matisse parle du peintre qui sait tout mais oublie ce qu’il sait au moment de peindre. Le peintre et le poète ne peuvent que laisser leur exploration faire son chemin en eux, sans savoir ce vers quoi ils vont. Ils n’ont pas l’outillage mental qui leur permettrait de penser ou de mesurer ce qu’ils font vraiment, et les prises de conscience sont presque toujours ultérieures à l’action elle-même."

 

Si l’homme avait moins peur de devenir de la viande en mouvement, en s’illusionnant  avec une connaissance qui l’aveugle… il y aurait moins de viande abattue. J

 

Loin de moi l’idée de redevenir un singe, mais juste d’arriver à faire la distinction entre l’imaginaire et la réalité, entre la connaissance (images figées) et le vécu (sensation, impression, intuition), entre les images projetées sur la paroi de la caverne (modernité, académisme…) et la vérité éprouvée à l’extérieur.

 

La beauté est l’apparence du vrai disait Platon, elle est liée à cette fluidité de la vie, elle est donc impossible à arrêter, isoler, fragmenter…

Toutes nouvelles beauté ou canons de beauté, toutes règles du bien peindre, ou tout autre code de l’art… ne sont que des images figées, de la connaissance, de la culture… elles ne participent en rien à la création, qui est mouvement.

 

La vraie modernité serait de comprendre que la recherche de la vérité nous empêche de la trouver.

 

Amicalement,

Gil.


 

 Bonjour Gil,

Vous me dites :"Vous voulez voir de la transcendance dans l’inspiration artistique  tandis que je m’obstine à n’y voir que de l’immanence."

 C’est tout simplement le contraire, Jean-Marie."

 

On pourrait ainsi se renvoyer la balle à l'infini si vous le voulez entre ce qui est transcendant et ce qui est immanent.

Cependant , je vous renvoie la balle quand même une fois car vous usez d'une technique bien connue dans les débats : vous prenez un exemple que je vous donne, et de cet exemple - arbre que vous analysez selon vos critères,vous en déduisez la forêt.

En vous donnant cet exemple humoristique du cheval plus blanc que blanc, je ne faisais qu'une tentative de démonstration (que vous n'estimez pas réussie, je vous le concède ) de la capacité d'invention de notre cerveau dans sa plus plate matérialité et complexité neuronale : il est possible (du moins , je le crois ) à notre cerveau neuronal ( du titre de l'ouvrage de Jean-pierre Changeux ) de créer de la nouveauté, de la modernité  en puisant dans son bagage culturel appris (dans mon exemple ,de la mythologie sans y voir le surnaturel d'un ancien grec mais  simplement les images désacralisées qu'en a encore un homme  cultivé du 21 ème siècle, images de médias, publicité, etc...) en constante évolution et revision par balayage de son environnement par ses sens (sans puiser dans l'essence... calembour facile, je vous le concède, mais j'ai voulu me faire plaisir) et un jeu d'association d'idées entièrement issu de l'intérieur de notre boîte cranienne. 

Donc d'un côté, un esprit (le mien)  qui se veut matérialiste au nom d'une certaine modernité car il sait qu'il est emprisonné dans sa boîte cranienne et qu'il s'en contente joyeusement en constatant que les parois de cette prison sont si éloigées qu'il a l'impression d'être libre...de créer entr'autre.

De l'autre, un esprit ( le vôtre) qui je crois (mais vous pouvez me renvoyer la balle;-) croit en l'Esprit (âme?) d'où seraient issues les Idées (c'est une vieille idée, allez voir chez les grecs) puisque vous dites dans votre intervention dans ce forum "les idées, les concepts, les images… n’ont rien de matériel" et que ,par ailleurs, j'ai lu d'autres de vos interventions sur Arts et Lettres allant dans ce sens.

De mon côté, des sensations sensorielles qui apportent de l'information et partant de l'inspiration  à l'esprit; du vôtre,des sensations sensorielles allant chercher l'inspiration dans l'Esprit (la majuscule a ici toute son importance, faut-il le souligner)

Je pourrais dire, pour faire bref et comme j'aurais pu le faire dès le début, vous êtes ,et je respecte leurs idées, de ceux qui croient que "l'essence précède l'existence " tandis que pour moi, " l'existence précède l'essence"me ralliant  ainsi à la pensée de Sartre dont j'ai fait de sa citation " l'homme n'est que son projet ; il n'existe que dans la mesure où il se réalise" mon leitmotiv.

 

Et l'essence ...c'est pas de la "sans plomb" comme dirait Fabienne !  

 

Bien cordialement,

Jean-Marie Cambier 

 



Gil a dit :

Bonjour Jean-Marie,

 

Vous dites : "Vous voulez voir de la transcendance dans l’inspiration artistique  tandis que je m’obstine à n’y voir que de l’immanence."

 

C’est tout simplement le contraire, Jean-Marie.

 

L’œuvre que vous me proposez, n’a rien d’immanente. Vous y voyez la blancheur d’un animal mythique, et une pureté symbolisée par les ailes…

Je n’y vois que l’image d’un animal blanc suspendu.

 

Etre matérialiste est effectivement la bonne position pour ne pas être déçu, mais les idées, les concepts, les images… n’ont rien de matériel.

 

Bonjour Daniel,

 

Effectivement, si l’homme ne parlait pas il serait probablement un grand singe… "mais il continuerait à pressentir s’écouler en lui et autour de lui, cette fluidité des choses de la vie impossible à arrêter, à isoler, à fragmenter, mais qui est aussi la plus immédiate et la plus vraie."

Sa créativité ne prendrait pas naissance dans la voix de l’autre… mais dans ses actes.

 

Si l’homme ne stabilise pas, ne définit pas, il renonce à la connaissance… mais pas à la "compréhension".

 

A quoi cela sert il de définir une modernité opposée à un académisme ancien, ou tous autre courant sensé guidé l’artiste et le spectateur… puisque, comme vous le dites :  "Matisse parle du peintre qui sait tout mais oublie ce qu’il sait au moment de peindre. Le peintre et le poète ne peuvent que laisser leur exploration faire son chemin en eux, sans savoir ce vers quoi ils vont. Ils n’ont pas l’outillage mental qui leur permettrait de penser ou de mesurer ce qu’ils font vraiment, et les prises de conscience sont presque toujours ultérieures à l’action elle-même."

 

Si l’homme avait moins peur de devenir de la viande en mouvement, en s’illusionnant  avec une connaissance qui l’aveugle… il y aurait moins de viande abattue. J

 

Loin de moi l’idée de redevenir un singe, mais juste d’arriver à faire la distinction entre l’imaginaire et la réalité, entre la connaissance (images figées) et le vécu (sensation, impression, intuition), entre les images projetées sur la paroi de la caverne (modernité, académisme…) et la vérité éprouvée à l’extérieur.

 

La beauté est l’apparence du vrai disait Platon, elle est liée à cette fluidité de la vie, elle est donc impossible à arrêter, isoler, fragmenter…

Toutes nouvelles beauté ou canons de beauté, toutes règles du bien peindre, ou tout autre code de l’art… ne sont que des images figées, de la connaissance, de la culture… elles ne participent en rien à la création, qui est mouvement.

 

La vraie modernité serait de comprendre que la recherche de la vérité nous empêche de la trouver.

 

Amicalement,

Gil.


 

Bonjour Jean-Marie,

 

Nous sommes à peu prés d'accord, mais vous me comprennez mal. (Les mots sont un obstacles à la comprehension...)

Il n'y a pas plus matérialiste que moi.

Une idée, un concept... nous ne pouvons pas le sentir, gouter, toucher, entendre, voir.

Donc il n'existe pas matériellement, ce n'est qu'un "rêve"... dans notre esprit.

 

L'essence est une interprétation, un concept... pour le "matérialiste", l'essence c'est de la "sans plomb.  ;-)

 

Amicalement,

Gil. 

Bonjour Gil,

Vous dites "Les mots sont un obstacles à la compréhension..." Tout à fait exact !

Ouf ! merci pour cette vraie rencontre, cette communion de nos pensées comme de vrais amis , vous m'en voyez sincèrement et simplement ravi. C'est tellement rare sur ces forums où l'on dit souvent la même chose mais avec des mots à soi, des couleurs à soi , des notes à soi. Evidemment, c'est ce qui fait la richesse de la poésie, de la peinture, de la musique...mais pour ce qui est de l'efficacité?!...on repassera! Heureusement que les artistes ont le devoir de ne pas être efficaces mais de faire rêver!  

Imaginez - je le prends au hasard,puisqu'il se présente le premier à mon (e;-)sprit- Pagnol racontant Manon des sources comme ceci:

 - Manon se venge du mal que l'on a fait à son père, à sa famille, en bouchant la source qui alimente le village, point.

Ce serait oublier la Provence, ces odeurs,les sentiments en demi teinte de ces héros, etc...      

Aussi, conscient des limites et de mes limites de /dans ce système d'expression bien que Dicorob ( voir ci-dessous, ma personnalisation du Robert;-) soit mon ami, je me propose dans un avenir assez rapproché - certes ,cela fait un peu prétentieux, mais je n'ai plus l'âge d'avoir honte -  d'user du CRO(quis)(é)CRIT comme moyen d'expression dans un forum ,déjà annoncé sur le forum "plume ou clavier" en ces termes:

" Quant à moi , je ne me séparerai pour rien au monde de ce formidable porte-plume Pilot (publicité gratuite!) au départ instrument de caligraphie mais qui est devenu pour moi instrument de "survie" me permettant d'explorer le quotidien en composant mes CRO(quis)(é)CRITS."

... Et ce que nous venons de faire,n'est ce pas un petit pas de deux ;-) vers la modernité?

 Bien cordialement,

 Jean-Marie


Gil a dit :

Bonjour Jean-Marie,

 

Nous sommes à peu prés d'accord, mais vous me comprennez mal. (Les mots sont un obstacles à la comprehension...)

Il n'y a pas plus matérialiste que moi.

Une idée, un concept... nous ne pouvons pas le sentir, gouter, toucher, entendre, voir.

Donc il n'existe pas matériellement, ce n'est qu'un "rêve"... dans notre esprit.

 

L'essence est une interprétation, un concept... pour le "matérialiste", l'essence c'est de la "sans plomb.  ;-)

 

Amicalement,

Gil. 

Ayant relu les différentes interventions sur notre forum, je crois que si nous voulons continuer le débat avec un minimum de cohérence, il va être nécessaire de préciser ce dont nous voulons parler et de nous mettre d’accord sur le sens de certains mots que nous utilisons. Il me semble en effet que nous pensons différemment non seulement sur les conséquences qui se tirent des premiers principes mais aussi sur ces principes mêmes. Dans ces conditions, je doute qu’un débat d’idées entre nous puisse réellement servir à notre intelligence du présent. Quand nous parlons d’Art et de Lettres, de modernité, de beauté ou de poésie, de quoi parlons-nous finalement ? La masse des gens discute pour se faire voir et se prévaloir les uns face aux autres. Demeure non vu, dans ce choc des points de vue, l’indiscuté de la discussion. Et l’enjeu de la parole se retrouve…hors jeu !


Je voudrais donc essayer - petit à petit et modestement - de mettre à jour ces principes ou axiomes à partir desquels je théorise sur l’Art et formule mes hypothèses. L’opération est délicate et demande beaucoup de rigueur. La tâche première est d’écouter la question : « qu’appelle-t-on penser ? » Peut-être me faudra-t-il, pour y voir un peu plus clair, remonter jusqu’à ce moment crucial de notre histoire occidentale quand le logos d’Aristote a fini par exclure l’antilogue héraclitéen ? Cela fait donc bien des choses à explorer. J’ose espérer que cela intéressera quelques-uns d’entre vous.

Pour commencer, je rappellerai simplement mon intervention du 11 décembre 2010 sur le forum initié en novembre par Claude Miseur, « Qu’est-ce que l’âme ? », où je fais part de mon hypothèse de base : « la vie est aussi bien le corps que la pensée, et l’âme humaine ne semble être rien d’autre que l’enchaînement infini de milliers de pensées. »

A cela, j’ajouterai cette autre hypothèse que j’ai formulée le 17 janvier sur ce forum : « la signification des mots est issue de l'expérience des corps, de tous les mots de tous les corps, et sans ces corps, les mots n'auraient aucun sens. » Il se trouve que, la vie de l’homme sur terre étant d’une brièveté consternante comparée à l’âge de la terre, la dernière de ses aventures a été l’odyssée récente de la voix. Lucy qui vivait en Ethiopie il y a trois millions d’années commençait à peine à parler. Il lui manquait quelque chose nécessaire à une voix normale : la position du larynx et l’angle de 90° que fait l’atlas avec le crâne. Soyons modestes. La voix humaine, reflet de notre pensée, n’en est aujourd’hui qu’au début de son évolution. Nous venons seulement de commencer à penser…

(à suivre dans quelques jours)

Daniel Moline

D'accord avec vous Jean-Marie,

Mieux vaut un CRO-CRI qu'un sourd discours.

 

"Qu'appelle t on penser ?" est la bonne question, Daniel, pour comprendre ce que nous sommes.

Je suivrais avec intérré votre développement.

Gil.

Bonjour Daniel,

Comme vous l'avez certainement constaté lors de ma première intervention, je ne vous ai pas caché ma (la ?) difficulté de vous rencontrer sur cette place,ce forum que vous vouliez public (c'est le principe du forum) mais où je vous ai trouvé un peu difficile d'accès, juché du haut du piédestal de vos mots.

Depuis lors, j'ai parcouru avec grand intérêt tout ce qui se dit et tout ce qui se fait autour de votre personne sur internet . En partant de vos peintures de 1980, de votre intérêt pour Bacon,en passant par le pays de Nan et les critiques de votre roman, de votre maîtrise d'audio-psycho-phonologie ...en me reposant entretemps aux abords du lac de Warfaaz (vous préférez Warfa) en sirotant un thé servi par votre épouse en kimono.

Dans ce parcours presque initiatique, j'ai trouvé des échanges, des propos qui m'ont consolé de ne pas toujours vous comprendre parfaitement,qui me poussent à faire un bout de chemin avec vous ... et je me fais déjà un plaisir de vous rencontrer à la  foire du livre et d'acheter votre livre "le conte du pays de Nan"pour m'assurer de son caractère novateur mais difficile d'accès selon certains.  

Dans ces préliminaires un peu "manche à balles" , j'espère que vous aurez perçu toute mon admiration pour votre parcours et indirectement mon intérêt pour le Japon.Je vous suis donc pas à pas dans la mesure de mon entendement et souhaite aller à votre rencontre pour aller ensemble de l'avant ...si vous voulez bien de ma compagnie attentive à défaut d'être discursive.

Mettons nous d'accord sur certains mots dites-vous. Au risque de passer dès les premiers pas pour un emm... poildeculteur, je dois vous dire que je n'ai aucune difficulté à comprendre chacun des mots de ces groupes :  "qu’appelle-t-on penser?","la vie est aussi bien le corps que la pensée " mais déjà je m'interroge (à tort ou à raison pour la suite de votre exposé) sur la nécessité de préciser ce groupe de mots car si vous remontez bien avant Lucy et que vous vous penchez sur la soupe (dite de Miller) initiale là où les premiers éléments se hazarde à faire des chaînes de vie, votre phrase "la vie est aussi bien le corps que la pensée" peut prendre divers sens qui ont des répercussions sur notre façon d'être au présent et de penser la modernité.

Comme vous dites, par ailleurs, que la pensée est "l'enchaînement infini de milliers de pensées», je comprends,en me trompant peut-être, que vue de l'aube de la vie, la pensée - selon vous- ne sera que le produit, le résultat , au fil de l'histoire, de ce qui deviendra un corps et que la connaissance acquise et accumulée au fil des siècles à travers tous les instruments permettant de l'enregistrer (non seulement ceux des hommes (tradition orale, pierre,livres,...DVD) mais aussi ceux des espèces qui l'ont précédés ou/et accompagnés (cris d'oiseaux,technique de capture des termites par le chimpanzé... )  aboutit après des milliers d'années à une pensée du type "l'esprit est dans la matière de la boîte cranienne" 

Mais peut-être admettez-vous plutôt  qu'une pensée extérieure au processus (Dieu, les Idées, des formules, ou...ou) a été "insuflée" dans ce processus de construction primaire des chaînes de la vie et vous faites la part belle à l'animisme et aux propos actuels influençant la modernité du type " il y a quelque chose, de l'Esprit  qui est, qui pense en dehors de la matière" 

Et il n'est pas non plus interdit d'imaginer comme Jean Charon (le monde des éons) que l'Esprit est lié intrinsèquement au plus profond de la matière et qu'il pense, qu'il interagit intimement avec elle.

J'ai essayé de parcourir ce point de jonction entre le corps et la pensée avec mes mots et ma connaissance. Il y a certainement beaucoup d'autres champs à explorer à cette frontière que j'ignore.

Maintenant , tous ces propos sont peut-être vain en me souvenant que vous avez utilisé - si mes souvenirs sont bons,mais je ne sais plus où-  les mots "concrétion  d'idées et de règles" pour qualifier la modernité et dans ce cas vous admettez que tous ces systèmes de pensée font "farine au moulin" de cet  enchaînement de milliers de pensées et que vous pensez que la complexité dans sa "concrétion des idées" fait partie du penser vers la modernité . Dans ce cas, j'aurais mieux fait d'attendre l'étape suivante de votre intervention!             

Cordialement,

Jean-Marie Cambier

,Daniel Moline a dit :

Ayant relu les différentes interventions sur notre forum, je crois que si nous voulons continuer le débat avec un minimum de cohérence, il va être nécessaire de préciser ce dont nous voulons parler et de nous mettre d’accord sur le sens de certains mots que nous utilisons. Il me semble en effet que nous pensons différemment non seulement sur les conséquences qui se tirent des premiers principes mais aussi sur ces principes mêmes. Dans ces conditions, je doute qu’un débat d’idées entre nous puisse réellement servir à notre intelligence du présent. Quand nous parlons d’Art et de Lettres, de modernité, de beauté ou de poésie, de quoi parlons-nous finalement ? La masse des gens discute pour se faire voir et se prévaloir les uns face aux autres. Demeure non vu, dans ce choc des points de vue, l’indiscuté de la discussion. Et l’enjeu de la parole se retrouve…hors jeu !


Je voudrais donc essayer - petit à petit et modestement - de mettre à jour ces principes ou axiomes à partir desquels je théorise sur l’Art et formule mes hypothèses. L’opération est délicate et demande beaucoup de rigueur. La tâche première est d’écouter la question : « qu’appelle-t-on penser ? » Peut-être me faudra-t-il, pour y voir un peu plus clair, remonter jusqu’à ce moment crucial de notre histoire occidentale quand le logos d’Aristote a fini par exclure l’antilogue héraclitéen ? Cela fait donc bien des choses à explorer. J’ose espérer que cela intéressera quelques-uns d’entre vous.

Pour commencer, je rappellerai simplement mon intervention du 11 décembre 2010 sur le forum initié en novembre par Claude Miseur, « Qu’est-ce que l’âme ? », où je fais part de mon hypothèse de base : « la vie est aussi bien le corps que la pensée, et l’âme humaine ne semble être rien d’autre que l’enchaînement infini de milliers de pensées. »

A cela, j’ajouterai cette autre hypothèse que j’ai formulée le 17 janvier sur ce forum : « la signification des mots est issue de l'expérience des corps, de tous les mots de tous les corps, et sans ces corps, les mots n'auraient aucun sens. » Il se trouve que, la vie de l’homme sur terre étant d’une brièveté consternante comparée à l’âge de la terre, la dernière de ses aventures a été l’odyssée récente de la voix. Lucy qui vivait en Ethiopie il y a trois millions d’années commençait à peine à parler. Il lui manquait quelque chose nécessaire à une voix normale : la position du larynx et l’angle de 90° que fait l’atlas avec le crâne. Soyons modestes. La voix humaine, reflet de notre pensée, n’en est aujourd’hui qu’au début de son évolution. Nous venons seulement de commencer à penser…

(à suivre dans quelques jours)

Daniel Moline

Merci Jean-Marie, Dominique, Gil et Claude pour vos remarques et vos belles questions pour lesquelles, vu mes compétences et mon expérience limitée, je n’ai malheureusement guère de réponses satisfaisantes. Ne pouvant parler que de ce que je connais pour l’avoir éprouvé, je repartirai donc de ce point de jonction entre le corps et la pensée dont je ne sais s’il s’agit d’une frontière ou d’un enchaînement.


Dans l’Ethique, Spinoza pose clairement que « l’objet de l’idée constituant l’esprit humain est le corps » et que « l’esprit ne se connaît pas lui-même , si ce n’est en tant qu’il perçoit les idées des affections du corps ». Mon expérience m’invite à souscrire à cette affirmation. Nous n’avons d’abord que des idées de ce qui nous affecte corporellement sans en connaître la cause. La qualité de la connaissance dépend donc de la connaissance que nous avons du corps, et cette connaissance est elle-même une pratique. La question de Spinoza « Que peut un corps ? » est extraordinairement pertinente. Elle est la question même de la connaissance. Connaître, c’est connaître le corps, plus précisément en connaître la puissance. On ne peut donc connaître qu’en développant l’activité du corps, dans une pratique de soi. Cette pratique de soi est en même temps un travail du langage : nommer, décrire, analyser les modes d’action du corps jusque dans les parties les plus démonstratives ou déductives de la pensée. Mais comme ce langage est essentiellement de nature corporelle, il est source de confusion. Nous devons donc observer ce qui nous arrive avec soin pour formuler avec précision nos idées et choisir avec prudence les mots par lesquels nous signifierons les tremblements de notre propre expérience. Et c’est par ce travail lent mais rigoureux sur le langage qu’on peut se défaire des images inexactes que nous nous faisons des choses. Il est intéressant ici de voir comment Spinoza critique le très illustre Descartes d’avoir voulu expliquer l’union de l’esprit et du corps par la glande pinéale suspendue au milieu du cerveau, c’est à dire en souscrivant à une hypothèse plus occulte encore que toutes les qualités occultes qu’il reprochait aux Scholastiques ! C’est ainsi, dit-il, qu’on en arrive présenter des hypothèses comme des certitudes et à expliquer naïvement l’obscur par du plus obscur encore.

La question de la pensée semble presque insaisissable, tant elle est consubstantielle au langage même, à son invention et à son infini. Il y a un véritable continu entre le corps qui parle et son langage. Une inséparation entre affects et concepts. C’est pourquoi la pensée ne peut pas se confondre avec les savoirs, avec ce rideau de réponses qui, comme la glande pinéale, l’Esprit ou Dieu, empêche de penser les questions.

Il faut donc toujours repartir du corps et du langage. Repartir de nos expériences et de nos observations. Ne pas expliquer le compliqué par du plus compliqué. Prenons par exemple ce que Bill Bryson appelle à juste titre le « miracle de la vie ». Il a fallu pour que je sois là aujourd’hui en train de vous écrire que des billions d’atomes errants au hasard aient la curieuse obligeance de s’assembler de façon complexe pour me créer. Cet arrangement est si particulier qu’il n’a jamais été tenté auparavant et n’existera qu’une seule fois. Il reste que la raison qui pousse ces atomes à accomplir sans rechigner les milliards de tâches délicates nécessaires pour me conserver intact me laisse absolument perplexe. Si dévoués soient-ils, ces atomes ne se soucient pas de moi. Ils ne savent même pas que je suis là. Ils sont d’ailleurs terriblement inconstants et leur temps de dévotion à mon égard est très court. Dans quelques jours ou quelques années, pour des raisons inconnues, ils vont se dissocier sans bruit et aller vaquer à d’autres affaires. Pour moi, tout sera dit. Bien sûr, je n’ai là-dessus aucune explication ni démonstration solide qui puisse satisfaire mon entendement, mais cela ne m’empêche pas de jouir ni de cet état suprêmement agréable qu’est l’existence en ce monde ni du pouvoir naturel de connaître qui me permet de traverser la vie dans la joie en y dépliant mes images et ma pensée.

Reprenons cette même question de la pensée en essayant de comprendre ce qui se passe quand je parle ou j’écris, et ce qui prend consistance avec les mots que je me dis. Prendre pied dans la pensée par le langage n’est pas simple. Parménide est le premier philosophe à avoir mis au point un usage discriminant et normatif du discours vrai qui assurera à la science naissante les conditions de son opérativité. Ce qui a très vite marginalisé son opposant Héraclite, adversaire du principe de non-contradiction en train de naître, qui refusait de trancher arbitrairement dans le flux continu des choses ( le fameux « tout s’écoule »). C’est qu’il y a en effet plusieurs manières d’aborder la question selon des formulations initiales qui paraissent également évidentes, plusieurs manières de « signifier » par des énoncés qui dépendent de choix antérieurs ou initiaux où tout est déjà joué. C’est ainsi que des cohérences/évidences prennent place en amont de la réflexion, qu’il faudra examiner avec soin pour les sonder en espérant faire apparaître ce qui a organisé précisément et rendu valide tel ou tel langage en le fermant aux autres ( le discours déterminant de la science, la parole poétique, les interprétations de l’histoire, etc…).

J’ai eu le bonheur de me perdre étranger de peau et de langue dans une autre culture pendant 16 ans. De sortir de mes croyances. De laisser petit à petit le Japon me creuser naturellement de ses « évidences » et me libérer des constructions idéalistes de la philosophie. Si j’ai fait allusion à cette expérience d’exote du temps et de l’espace dans une fable intitulée « le conte du Pays de Nan », écrite pour l’essentiel en 1986 et que je vais présenter en février à la foire du Livre de Bruxelles (*), je suis pourtant encore bien loin d’avoir pu rendre compte de cette part la plus précieuse de ma vie et de l’incertitude qui l’a caractérisée. Ce n’est pas seulement une question d’idées ou de mots. C’est tout un versant de l’expérience humaine liée au corps et laissé dans l’ombre par nos discours rationalistes. Penser n’y suffit pas. Il y faut tout un entraînement à voir et à entendre tout ce qu’on ne sait pas qu’on voit et qu’on entend. Mais ce n’est pas non plus une expérience exceptionnelle. Au contraire, c’est plutôt l’expérience même de l’existence indéfiniment accessible à chacun. L’expérience, au-dessous de toute raison, de la capacité des autres à nous émouvoir à travers le temps. Une expérience commune donc, restée sans nom jusqu’à maintenant, à l’opposé de l’absurde et du destin, qui peut être faite à tout instant et qu’il est vain de vouloir expliquer. Tout au plus peut-on en suggérer quelque chose, de loin ou après, en la mettant en scène et en image, ou en la racontant pour elle-même dans un conte qui va de soi tambour battant au bout de ses outrances, qui n’a rien à décrire ni à défendre que le seul bonheur de survivre, comme un rêve à double fond où tout se tient si bien qu’il contient à la fois son objet et son sujet. On peut comprendre ici que la raison souvent n’y comprenne rien. Comme elle n’a rien compris aux trouvailles des impressionnistes et à la modernité des poètes étrangers bien malgré eux aux conformismes de leur temps par leur étonnante capacité de rester présent au présent dans un glissement continu et indéfini vers de nouvelles formes.

Voilà pour mon expérience et ce que je peux en dire. Cela n’a finalement rien de très original. Je n’ai pas l’impression d’être novateur ni d’avoir été confronté à des périls majeurs. De toute façon, au-delà de nos sursauts identitaires, l’humanité de demain sera métisse. Et comme c’est irréversible, autant y aller de bon cœur et se lancer à corps perdu dans la reconnaissance joyeuse de l’inconnu qui nous attend. Avec en prime le plaisir de vous y rencontrer !

(*) sites relatifs à ce conte :
www.flb.be/le-Conte-du-Pays-de-Nan,3326
et www.theles.fr/editions-Theles/auteurs/daniel-moline_1100

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