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Le Testament des Poètes

Le fruit de mes merveilleuses rencontres avec les poètes, écrivains et artistes belges.

Le Testament des poètes est le titre générique de 74 CD-ROM que j'ai consacrés aux écrivains, et artistes belges qui me furent connaissances et parfois amis chers

Membres : 154
Activité la plus récente : 9 juil. 2017

Jean-Pierre Dopagne

Depuis le 1er avril 2010, Jean-Pierre Dopagne a été élu à la Présidence de l'Association des écrivains Belges. Cette accession à un poste en vue dans le paysage de nos lettres françaises de Belgique ne peut que réjouir et augurer du meilleur quant à l'influence bienfaisante qu'un tel homme pourra insufler aux commandes d'une association maintenant plus que centenaire.
Voici déjà depuis de nombreuses années que je lui avais consacré quelques pages au sein de mon "Testament des Poètes". Je tiens à en insérer ici des extraits qui mettent en évidence quelques-unes de ses premières pièces de théâtre, dont certaines encore toujours jouées à présent, ont marqué ma mémoire d'une vive empreinte.







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Commentaire de sylviane josephine tirez le 19 septembre 2014 à 15:16

MERCI

Commentaire de Quivron Rolande le 31 août 2014 à 17:10

Merci Robert Paul pour ce beau CD -ROM où j'ai retrouvé avec plaisir des gens que j'ai côtoyés et aimés.

Comme çà, sur le fil, au hasard de rencontres inoubliables.

Andrée a toujours été super gentille avec moi : elle me trouvait "gracieuse" et elle m'a dédicacé quelques-uns de ses recueils.  Eh oui ! ...

J'adorais la voix d'Irène Deneuveille et ses interprétations des poèmes d'Andrée Sodenkamp.

Bonne fin de journée. Amitiés. Rolande.


Fondateur réseau
Commentaire de Robert Paul le 31 août 2014 à 12:13

Page de garde du CD-ROM que j'ai consacré à Anne-Marie Derèse, poète

Commentaire de Lansardière Michel le 5 octobre 2013 à 10:31

Bien que russe ce poème de Serge Essénine résonne douloureusement en accord avec l'intitulé du groupe.

Au revoir, ami...

Au revoir, ami, j'ai mal à l'âme.

C'est si dur de me heurter aux gens.
Cette vie n'est que souffrance et drame,

Cette vie ignore le bonheur.

Au revoir. Les chandelles sont mortes.

J'ai si peur de partir dans le noir.

Toute sa vie, frapper à une porte

Et rester, tout seul, ainsi, un soir.

Au revoir, quittons-nous en silence.

C'est bien mieux, ainsi, plus tendre aussi.

J'ai passé le temps des espérances

Orgueilleuses et des amours transis.

Je te quitte, adieu, ami fidèle,

Ami, que je porte dans mon coeur.

La séparation n'est pas cruelle

Qui promet une rencontre, ailleurs.

Evittons les mains, le mot suprême.

Sans chagrin, sans froncer les sourcils.

Quoi, mourir n'est pas un vrai problème.
Vivre -hélas- n'est pas nouveau, aussi...

Alexandrovitch Serguei Essénine (1895-1926) fut un poète très populaire. Il devait malheureusement se suicider.

Commentaire de Anne PHILIPPE le 12 août 2013 à 13:27

Bonjour à tous,

Me voici membre de "Le Testament des Poètes" depuis ce jour, 12/08/2013 :)

De formation comptable, je suis également artiste-peintre.

De temps à autres, je me laisse aller à écrire quelques poèmes.

Voici le tout premier, écrit alors que j'étais en humanités (c'était un "devoir" ;) ) :

 

"Le cercle"

Les enfants à l’école,

Rêvent de liberté

Ils s’imaginent tous,

À leur âge,

Emportés par le vent,

Plus haut que les nuages,

Mais un jour malheureusement,

De cette liberté tant souhaitée,

Ne reste qu’une image,

Qu’ils oublient avec le temps,

Qu’ils revoient de temps en temps,

Mais qu’ils retrouvent dans leurs enfants.

 

Anne PHILIPPE

Commentaire de Lansardière Michel le 15 février 2013 à 14:33

"Ceci est mon testament

...

A la littérature, je lègue les oeuvres complètes du Général Vermot et mon causer le français.

...

Et, enfin grocado, à la ville de Paris, j'refile mon métro.

Mais pointancor, pointancor ! Pas avant que jme jette dessous...

Et qu'on me fiche tranquille.

Zazie"

Paul Fournel (extrait de "Le sens d'une vie. Testaments littéraires" pour la Fondation de France), actuel actuel de l'Oulipo, l'ouvroir de littérature potentille fondé par Raymond Quenau et François Le Lyonnais, et que rejoindront Marcel Duchamp, Georges Pérec, Italo Calvino...


Fondateur réseau
Commentaire de Robert Paul le 31 janvier 2012 à 23:22

Liber amicorum

Pour garder souvenir d'une de nos plus grande poétesse belge. Un petit air d'Irène Deneuville à la voix d'or et grande amie d'Andrée Sodenkamp

 


Irène Deneuville chante Andrée Sodenkamp

Pour souvenir garder d'une gande poétesse
Commentaire de Rébecca Terniak le 10 janvier 2012 à 18:20

Hommage à Emile Kesteman Partie II

Je découvre avec émotion ce poignant poéme de ce Monsieur. Et vous remercie Monsieur Robert Paul de nous mettre à disposition ces trésors.

Sans poésie et de tels cheminements intérieurs, la vie n'aurait pas son prix.


Fondateur réseau
Commentaire de Robert Paul le 7 janvier 2012 à 8:31

Hommage à Emile Kesteman Partie II

Continuant à examiner la bibliographie d'Emile Kesteman présentée dans ma première partie de son hommage, je continue à en extraire quelques ouvrages depuis le CD-ROM  que j'ai consacré à son oeuvre dans ma série de 74 ouvrages portant le nom générique de "Testament des Poètes" et concernant les poètes contemporains belges que j'ai approché lors de rencontres qui me sont toujours très chères à me remémorer.

Emile fit paraître en 1974 l'ouvrage "Lère de l'errance" aux editions de l'Elytre:

Extrayons de cette oeuvre quelques passages significatifs:

 

Tu n'atteindras ton mandala

Que dans la douleur

Dans la joie qui est souffrance

Dans la souffrance qui libère

Dans l'harmonie

Qui résulte de la tempête

De la tempête apaisée

Et qui ne sera qu'un élan

Vers de nouvelles souffrances

Et des joies réitérées

Une nouvelle harmonie

Où l'écrin sera le Seigneur

Et toi son coeur qui battra

Une goutte de sang en sortira

En mille fleurs éternelles

 

La marche

Marcher marcher marcher

Se libérer Se libérer

De soi-même

Pour aller vers l'autre

Vers les autres

Vers l'Autre

Afin de se retrouver

Par après

Et exister vivre

En prenant son point d'appui

Sur un sol souple

Elastique et durable

Un sol-tremplin

D'où le saut vers les cieux

Est toujours possible

Et ne constitue pas

Une fuite

Marcher marcher marcher

Pour se libérer

pour prendre ses distances

Pour se sentir distordu

Et se retrouver

Intégré

Parmi les notes

De l'harmonie universelle

Dont la compréhension

Seule appartient

A celui qui EST

Marcher marcher marcher

Pour te trouver

ESPRIT de ma vie

ET SENS du monde

 
MEDITATION

J'ai ouvert ma fenêtre pour qu'entrent l'air et le soleil de l'aurore

Etre en état de recherche et ressembler aux nénuphars

Mauves dans l'étang du musée

Boire la lumière du matin

Sentir au loin le monde qui s'éveille

Et marcher

Pour se libérer de la fièvre

De la fièvre qui nous induit en erreur

De la fièvre qui risque de vicier le jeu délicat de l'inspiration

De la fièvre qui nous gonfle à nos propres yeux

De la fièvre qui aliène les autres

De la fièvre qui nous aliène

De la fièvre qui nous enferme

Dans les couches confinées

Des cycles qui reviennent

Non un élan vers une tension vers

Sauter

Comme le plongeur

Comme le funambule

Vers les cimes des arbres et des montagnes

Vers les neiges éternelles

Et faire le vide en soi

Pour accueillir

Pour préserver sa disponibilité

Se détacher de tout

Et aller vers l'essentiel

Marcher comme le nomade

Autrefois

Mais spirituellement

Et être en état de RECHERCHE

 

 
RENOUVEAU

La croix vers moi s'avance

Dans la lumière de Pâques

Tandis que l'invisible messe

Des chaises des fleurs

Et des gestes humains

Se célèbre

Au sein de l'univers

Dans la joie de la Résurrection

L'humanité entière

Accourt

Et triomphe

Dans cet oecuménisme

Qui va au-delà des Eglises

Et s'étend jusqu'à l'athéisme

Tant il est vrai que Dieu

Est la Nième dimension

De tout ce qui vit et agit

 

 
HORIZONS DU MONDE

Je me sens broyé

Par ton silence

Par ta lumière

Qui ne rencontre

Aucun obstacle

Je me sens ridicule

De sotte prétention

Aux côtés feuillus

De ces arbres

Toujours verts

Je me sent muet

En présence

Du chant des oiseaux

Et des harmonies

Qui peuplent les cieux

Je me sens broyé

Par la croix

La croix

Du Fils de l'homme

Et celle surtout

Du monde

Qui oeuvre et peine

Et prolonge celle du Christ

 

 
PRIERE DU MATIN

Il est impossible à Dieu

De nous exposer ses problèmes

Il faut que nous les découvrions

Par nous-même

L'expérience de l'homme

Ne peut d'ailleurs servir

Que partiellement à un autre

Et il y a entre Dieu

Et les hommes

Des problèmes de communication

Aussi ardus

Qu'entre les êtres humains

Ou est-ce la parole de Dieu

Qui respecte le plus

La liberté de l'homme

 

 
CONFESSION

Le salut ne peut venir

Que de l'amour

Per dura et aspera

Itur ad Deum

Je le dis en latin

C'est suranné

Mais c'est ainsi

Que j'ai été élevé

Et éduqué

Je ne saurais être

Inauthentique

Le bonheur réside

Dans cette transparence

De notre être

Quand nous nous ouvrons

A celui qui est AMOUR

Et dont vient le seul salut

 

 
RECUEILLEMENT

Les fruits de la terre

Sont les plus verts

A l'entrée de l'hiver

Parce qu'à ce moment

De l'année qui s'achève

La verdeur de leur chair

N'existe que dans l'espoir

Que nous conservons

Dans le silence intérieur

De notre vie cachée

Triomphe de l'imaginaire

Et ouverture enthousiaste

Sur un monde qui est autre

 

 
LES PHARES

La lumière habite la nature

Et non le béton

Le béton est aveugle

La lumière habite la nature

Et elle sort de l'arbre

De ces grands arbres

Qui seuls

Au flanc des collines

Hantent les vents

Et leur houle bleue

Solidement ancrés

Dans des couches souterraines

Où leurs racines

se prennent pour des géologues

La lumière habite la nature

L'arbre seul s'affirme

Comme Celui qui est

Et il brave le temps

L'espace et l'immensité

La lumière habite la nature

L'arbre vaut

Toutes les usines de la terre

Et il semble être un gage

De pérennité

Son visage varie

Au sein de son identité

Il mêle évolution

Et continuité

La lumière habite la nature

L'arbre est un magnificat

Un TE Deum

L'arbre est l'hymne même

De la nature

A la force

Qui le fait vivre

Monter descendre

S'épanouir

Sans la sève

Il ne serait rien

La lumière habite la nature

Et l'arbre est son oeil

 

 
PANTOCRATOR

Du fond des ténèbres

Sortent en pleine lumière

Des personnages

Deux hommes

Madame mauve

Madame bleue

Mademoiselle rose

Dont le Christ

Règle le comportement

En proférant des paroles

Au-dessus d'un gibus

béant

Au fond des ténèbres

Trois triangles

S'organisent

En une brillante harmonie

Le Christ préside

Le gibus renversé

Dans les mains

 

 
DESTINEE HUMAINE

J'épie l'épiderme

Des grands arbres

De mon jardin

La nature même hivernale

Se fait douceur

A l'oeil et au toucher

La mystérieuse origine

De l'être humain

Fait de lui un révolté

Par où le supérieur

Cherche douloureusement

Une issue explosive

Pour finir il n'y a pas

D'agapè sans dévoration

 

 
EPILOGUE

Essaie de faire

Le silence en toi

Et de rayonner

Comme une fleur

Dans le détachement

C'est le secret

Du bonheur

Regarde

Au-delà des horizons

De ce monde

Crois et espère

 

Ces écrits témoignent de l'attitude de "grand priant" que fut Emile Kesteman

 
Suivent deux receuils de poésies:

Ton corps végétal, toujours aux Editions des Elyrtres:

et "Griseries" toujours aux Editions des Elytres, paru en 1979:

dont voici des quelques extraits significatifs:

 

Pries-tu avec ton corps

 

Anne-Thérèse

 

Puis avec tes jambes

 

Avec tes bras

 

Tes mains

 

 

Ta poitrine s'avance

 

Dans un geste spontané

 

Sauvage

 

 

Et l'on dirait une prière

 

Adressée

 

A la femme

 

A la femme éternelle

 

 

A cet impondérable

 

Qui fait le prix

 

De la relation

 

Singulier pluriel

 

 

 

 

Et d'un tableau à l'autre

 

D'un paysage à l'autre

 

D'un univers à l'autre

 

 

Tel un satellite nouveau

 

Anne-Thérèse se meut

 

Suspendue aux gestes

 

 

Qu'elle accomplit

 

De ses jambes et de ses mains

 

Dans son maillot rouge

 

 

Le silence nous étreint

 

 

 

 

Quel est le sens métaphysique

 

De ta danse

 

De tes allées et venues

 

 

De ton maintien particulier

 

Et du port de ta tête

 

 

Aux cheveux d'un brun foncé

 

Tête pareille à un fruit

 

 

Mordoré de l'automne

 

 

 

 

De ses pieds nus elle tâte

 

Cette terre qui est sienne

 

 

Puis lentement le rythme

 

Anime ses jambes

 

 

Et son bassin minuscule

 

Le mouvement monte

 

 

Et s'empare de tout le corps

 

Qui devient semblable

 

 

A un corps de libellule

 

Dans le soleil de l'été

 

 

 

En 1987 parut le bel ouvrage du poète: "Matrice des mots" (Editions Elytres):

 

A André van Laere

 

 

 

Il a poussé le rien et le peu

 

A la hauteur de la dignité

 

Du beau et du sublime

 

 

Il s'est servi du clou et du fer

 

De la corde et de la colle

 

Du chiffon et du papier journal

 

 

Et la complexité de la matière

 

Tout comme ses trésors de révélation

 

Soulèvent et inquiètent

 

 

Longue pérégrination vers l'Essentiel!

 

 

 

 

A Michèle Coerten

 

 

Fjords irréels

 

Où les nuées

 

Contournent

 

Les sommets

 

Mélange de ciel et d'eau

 

Tentative d'approche

 

De masses hostiles

 

L'eau fait la paix

 

L'eau fait la lumière

 

L'eau c'est la vie

 

Qui coule de nous

 

Qui coule en nous

 

Et l'univers suit

 

Douceur de vivre

 

Dans un monde inhabité

 

Où seules comptent

 

Les paisibles forces

 

De la nature absolue..

 

 

 

 

Je suis le bâton de pèlerin

 

 

Et ma réflexion creuse

 

Mes cavités thoraciques

 

 

Dont les arêtes d'ailleurs

 

Servent de support

 

 

A mon geste d'espoir

 

 

Je suis le bâton de pèlerin

 

Et ma pauvreté

 

 

Appelle le soleil

 

 

Avec sa chaleur

 

En ce monde de scories

 

Et de fatras.

 

 

 

 

Défilé

 

 

Tous ces gens à képi

 

Dans la tribune

 

Des invités

 

Qui disposent

 

D'un centimètre

 

Carré

 

De représentativité

 

Ou de pouvoir

 

 

A l'échelle mondiale

 

A peine plus

 

Que la surface

 

Occupée

 

Par leurs deux pieds

 

 

Puis ces engins de mort

 

De la Force aérienne

 

 

Et ces milliers de femmes

 

Entrées à l'armée

 

 

Que cachent leurs uniformes

 

Et leurs pas cadencés

 

 

Ensuite le commandant

 

De la protection civile

 

Oubliant de saluer

 

Le Roi

 

Mais se rattrapant

 

Devant les diplomates

 

 

Les services de sauvetage

 

La Croix Rouge

 

Le service des pompiers

 

 

Et au moment

 

Où le dernier camion

 

De transfusion sanguine

 

Est passé

 

 

Tout le monde

 

Canalisé vers le Parc

 

Par le service d'ordre

 

 

Pour participer

 

De force, presque

 

A la grande fête

 

Populaire

 

 

On s'attarde

 

A un orchestre marollien

 

Dirigé par un hominien

 

De quatre-vingt-cinq printemps

 

 

Qui chante en choeur

 

Avec le public:

 

"Ah! qu'elle est bonne"

 

"La bière bruxelloise".

 

 

Et le plus pacifiste

 

Des humains

 

Oublie

 

Pour un quart d'heure

 

Les engins de mort

 

Du défilé

 

 

Qui avaient provoqué

 

Des sentiments

 

D'ordres  divers

 

 

Dans notre âme naïve

 

De citoyen sans préjugés.

 

 

 

 

Vieux Café

 

 

Avec son poêle Godin

 

Sa balance rouge

 

Et son miroir

 

 

Et son extincteur

 

En cas d'incendie

 

 

Le "Vieux Spijtigen

 

Duivel"

 

Mène sa petite

 

Vie quiète

 

 

Mais la musique légère

 

De Radio-Contact

 

Et les titres des journaux

 

Du soir

 

Perturbent sans cesse

 

Cette vie paisible

 

 

Tension en Méditerranée

 

Explosion dans l'espace

 

Menace de départ

 

Des diamantaires anversois.

 

 

 

 

Immigration

 

 

Il y a un discours

 

Qui s'organise

 

Se répète

 

Se gauchit

 

Se redresse

 

Crée son antithèse

 

Et finit

 

Par façonner

 

Ceux qui s'en servent.

 

 

 

 

J'écris

 

 

Pour sortir des entrailles

 

De ma mère

 

 

Pour m'éloigner

 

De cette matrice

 

Qui m'enveloppait

 

Et me protégeait

 

Et de plus en plus

 

L'univers m'apparaît

 

Comme une membrane

 

Qui me renferme

 

Dans un tout organique

 

Et il  faudra percer

 

Le plafond

 

 

Pour respirer

 

En un geste ultime

 

Inspiré

 

Par une pulsion de vie.

 

 

 

 

Où se situe, femme,

 

Cette matrice de mots

 

 

Dans ce corps

 

 

Racine de l'arbre

 

Qui s'élève

 

Fleurit et porte

 

Fruit.

 

 

Où se situe, femme

 

Cette matrice de mots

 

 

D'où tu as tiré

 

Tes plus beaux éclats

 

Au front du sentiment

 

Et de la pensée

 

 

Où se situe, femme

 

Ta matrice verbale

 

 

Qui transforme

 

Transmue

 

Et transfigure

 

Toute perception

 

 

Qu'elle soit de l'oeil

 

Du toucher

 

Ou de l'oreille

 

 

Où se situe, femme

 

Ta matrice verbale

 

 

D'où naît un langage

 

Qui transgresse tout.

 

 

 

 

Nos corps

 

Etaient prophètes

 

Car ils se sont façonnés

 

Longtemps à l'avance

 

L'un pour l'autre

 

 

Et unis

 

Ils sont devenus

 

Comme un immense

 

Calice de fleur

 

Venu d'ailleurs

 

Et tout de même

 

Intimement nôtre

 

 

Nos corps

 

Etaient prophètes.

 

 

 

Dans une troisième partie de cet hommage j'évoquerai encore quelques ouvrages du poète consacrés aux endroits préférés de sa ville bien aimée de Bruxelles, dont il fut un chantre inspiré:

Successivement:

Apparuit humanitas Dei nostri, 12 méditations poétiques sur le Sablon. Grand et Noble Serment des arbalétriers au Sablon, Bruxelles, 1981.

Méditation à propos d'une cathédrale, Les Elytres, 1990.

Au Sablon, Notre-Dame-Au-Sablon, Les Elytres, 1990.

Hors les murs, Notre-Dame de la Chapelle, poèmes. Les Elytres, Bruxelles, 1996. 

 

A suivre donc avec bien d'autres évocations de son oeuvre et de sa personnalité.

 


Fondateur réseau
Commentaire de Robert Paul le 3 janvier 2012 à 15:34

Emile Kesteman est décédé le 21 décembre 2011.

Il était mon ami, ami sûr et attentionné envers tous les écrivants. C'est une grande perte pour tous les écrivains en Belgique dont il fut le mentor éclairé. 

Je tiens ici à évoquer tant que peu se faire son oeuvre écrite. Je me servirai pour cela de la partie lui consacrée dans un de mes 74 CD-ROM dédiés aux écrivains que j'ai eu la chance de côtoyer. 

Je retrouve ici, non sans émotion ces photos et textes contenus dans mon "Testament des Poètes"

Penchons-nous d'abrod sur sa bibliographie

Son premier livre: "Et les sarments bourgeonneront" parut en 1958 aux Editions Ceuterick.

En voici quelques extraits:

Habillées.

Formaient

Un cercle

Très,

Très petit

Et se trouvaient

Sans se toucher

Fort près,

Le plus près possible,

L'une de l'autre

Pour dire

Et redire

A mi-voix

Un secret.


Je voulais échapper à la ville, à son air confiné et à ses façades poussiéreuses. Je me dirigeais vers le bois pour y trouver la solitude et le silence; pour y retrouver la nature, qui reste pour moi une source d'équilibre, une garantie de santé morale, intellectuelle et physique.

En descendant la dernière rue, avant de pénétrer sous les arbres d'une longue allée, je rencontrai Jacques. C'était un jeune homme mince et blond, aux cheveux légèrement  bouclés. Il m'aborda et venait d'acheter des bonbons.

Voilà bien longtemps que je ne l'avais plus rencontré et même je l'avais complètement  oublié. En réalité, je ne l'avais jamais connu de très près. Je savais qu'il avait été enragé de sports, qu'il avait habilement lié des relations avec un maître de conférences à l'époque de ses études universitaires et que ses relations l'avaient servi pour l'obtention de ses 
diplômes, dans ses connaissances de la langue anglaise et dans sa nomination comme professeur. Il ne s'ouvrait pas facilement et cherchait ses divertissements en dehors de la famille. Il y avait chez lui une indifférence assez forte à l'égard de ce qui était dévouement gratuit. Voilà au moins, l'image que je m'en faisais et je fondais mon opinion sur mon 
expérience et sur les bribes de conversation que j'avais avec mon frère.

Car, mon frère était un ami de Jacques.

Il avait été fiancé; s'était mêlé à la vie des célibataires dans le grand Anvers. Mais tout cela était fini depuis longtemps. Et maintenant il promenait son âme désabusée, mais résignée, à travers les pays de l'Europe, entre un athénée d'une très petite ville de province, une maison à la périphérie de la cité et un stade de football. Il ne savait pas très bien où aller: au match, au bois, ou... je l'aurais mené où je voulais. La route nous guida et nous attira loin dans la campagne. Je n'apercevais pas les champs, ni les arbres -je parlais de l'école, des collègues et de la littérature contemporaine. Puis nous sommes repassés par un ancien  relais où on nous servit un filtre. La conversation alla bon train jusqu'au moment où nous nous quittâmes. Il me laissa l'impression d'un être sérieux qui n'a pas trouvé de but capable de l'engager à fond dans une action. Il y avait en lui un vide qu'il n'essayait pas de combler, un isolement dont il était sorti parce qu'il me connaissait depuis longtemps. Les voyages ne l'avaient pas formé, mais détérioré, abîmé parce qu'on ne l'avait pas habitué à être attentif à la vie de l'âme; parce qu'il lui manquait cette générosité qui rend la sympathie possible; parce que son existence ne s'inscrivait pas dans une longue tradition qui rend l'équilibre au sommet plus facile.


Litanie des Boutons

Délivrez-nous

Du froid, Boutons des pardessus;

De la pluie et de la neige,

Boutons des imperméables;

De l'air rustique et paysan,

Boutons des vestes et des gilets.

Cachez

A l'oeil du profane

Les culottes

Du curé

Et son chandail troué,

Couvrez

L'épaule

De la midinette

Et préservez

La vertu

Du vieux monsieur

A l'oeil

Toujours en éveil.

Boutons

Du soutien,

Gardez au corps féminin

Sa netteté

Et son attrait.

Et enfin,
Boutons

De je ne sais quoi,

Boutons

Des brayettes,

Préservez le vieillard impotent

Des derniers outrages

Ainsi que le professeur

Distrait

Après la récréation.

Boutons de costumes

Et des pardessus;

Boutons des robes

Et des manteaux;

Boutons des parures

Et des sous-vêtements,

Que serait notre vie

Sans la vôtre?

Vous y mettez

De la distinction,

De la vie

Et de la dignité;

Vous êtes

Ce que le point

Est

A la lettre i.


Discours de Tyl

Sous l'arbre

Noir

De l'hiver finissant,

Par un soleil

Radieux

Et sous un ciel

Bleu,

un oiseau pépiait.

Nele

Auprès de moi

Ecoutait

Les douces paroles

Que je lui disais.

Et je sentais

Que la nature,

Comme Dieu,

Nous voulait unis.

Nele

Ecoutait

Et se taisait,

Mais son regard

Bleu

Me parlait

Du soleil

Et de la mer,

Des horizons

Que je ne connaissais pas.

Et son silence

M'était encore

L'écho

Le plus éloquent;

Car

Ce qu'elle sentait

Et ce qu'elle voulait

Me dire

Etait ineffable.

Nele,

Ma douce Nele,

Ne meurs pas;

Mais vis

A mes côtés

Pour que je reste

Fidèle

A la mère Flandre,

A ma langue,

Et à ma religion.

La Chanson de Nele

Tyl est venu me voir,

Tyl m'a parlé,

Et il m'a regardée,

Sous les arbres

Dans le bois

Solitaire

Et vallonné.

Tyl est venu me voir,

Tyl m'a parlé,

Tyl m'a regardée.

Et je lui ai souri;

Et je l'ai oublié

Le vaste monde

Parce que

J'aime par-dessus tout

L'intimité

De deux coeurs.

J'ai souri,

Mes yeux ont souri

Et les pommettes rosées

De mon visage;

Et tout mon corps

Lui a souri.

Tyl est venu me voir,

Tyl m'a parlé,

Tyl m'a regardée.

Et j'ai vu

Au fond de ses yeux

Briller

La flamme

De son amour tout pur

Et impérissable.

Tyl est venu me voir,

Tyl m'a parlé,

Tyl m'a regardée.

Et je suis heureuse,

Je suis heureuse,

Heureuse,

Je vous le dirais

Sans cesse.

Laissez-moi, Seigneur, exprimer ce que je vois et ce que je sens,

La beauté du monde, mais aussi son néant

Afin que ces corps, sur le seuil du charnier,

S'élève jusqu'à vous, la fleur

Pure, rouge et vivace

De notre amour immense.

Un jour viendra où cet amour,

Epuré par la souffrance,

Montera comme une flamme vers Vous.

Et cette flamme viendra se joindre

Aux innombrables semences de feu

Que vous aviez confiées aux hommes,

Et qui maintenant, fécondées et germées,

Brûlent en votre Coeur infini.


Naissance

Et voilà

Qu'en votre foyer

Geneviève

Vient rejoindre

Anne et Françoise,

Pour multiplier

Les rires et les cris

Et donner

A votre amour

Ce que lui confère

Une vie nouvelle,

L'équilibre serein

Et le mystérieux approfondissement.

Son deuxième ouvrage: NamestelK Lemel publié encore aux Editions Ceuterick à Louvain en 1970:

En voici quelques extraits:

Tantôt sur le quai, il avait songé à tous ces gens qu'il rencontre chaque jour dans le train. Des parlementaires, les uns distingués en train de rédiger des discours; d'autres plus rustres, mais plus près du peuple, encore sensibles à son bien-être. Des gens arrivés à forces de courbettes, les uns craignant de montrer leur vide intérieur, d'autres n'en étant pas du tout conscients. Des copains, des collègues, des ronds-de-cuir, des insipides, des velléitaires... A certains moments le compartiment est un endroit où l'on cause agréablement, mais il se transforme parfois en fourgon ou en voiture à bestiaux. "Velut pecus...", disait déjà Salluste. Et Namestek Lemel n'avait jamais oublié ces premières phrases que l'auteur romain consacre à la conjuration de Catilina. A l'université d'ailleurs, il avait eu la chance de rencontrer un professeur de latin doublé d'un poète. Ainsi avait-il accompagné Virgile dans les Enfers où les amants séjournent près des rivages myrteux, mais il avait aussi pénétré avec Juvénal dans la réalité quotidienne et sordide de la vie à Rome. Il aimait ces scènes, sans fard ni masque, croquées sur le vif; cette poésie qui éclate dans les endroits où l'on ne s'attend pas à les voir fleurir. Dans les haras des riches Romains, dans les locaux mal éclairés où des esclaves savants s'éreintaient la santé, les yeux et les bras à endoctriner les enfants pour des rémunérations trop réduites.


(...) Ses dîners bruxellois, il aimait les prendre chez les Toyp, des amis, professeurs comme lui. Le mari était un peintre surréaliste -si un artiste de sa classe peut être caractérisé par une étiquette comme celle-ci. Car ce mot ne disait pas la profonde originalité de cet homme, qui dans le silence de son atelier et ses soirs de méditation poursuivait une oeuvre personnelle, loin des succès de foule; ce qu'il ne recherchait pas le moins du monde. Mais il essayait d'exprimer - plus dans ses dessins encore que dans ses peintures- le monde tel qu'il le voyait: triste, dramatique, livré à l'hypocrisie, à l'horreur et à la naïveté, vidé de ce que toute âme bien née appelle la vie. La colombe de la paix disparaissait dans un nuage de fumée et, de nos mains d'adolescents flétris, le sang coulait.


Mais cette conception de la vie, où la notion de paternité n'entrait nullement, ne le conduisait pas au suicide. Il y avait l'art et cette soif dont sont tourmentés pour leur bonheur et leur enrichissement les vrais artistes, la soif de communiquer leur vision personnelle, unique, irréductible à aucune autre. Il y avait sa femme, devenue quasi son seul modèle, à qui il communiquait son feu sacré et qu'il avait tirée de l'ornière bourgeoise avant qu'elle n'y meure. Il y avait son gosse et son chez soi où tout était, comme pour Baudelaire près de sa soeur bien-aimée, harmonie, douceur et émerveillement. L'art 
éclatait dans les dessins qui pendaient aux murs, dans les tissus des tentures et dans les cailloux, innombrables, auxquels son talent donné des visages de femmes aux regards les plus variés. L'oeil jouait dans son oeuvre un rôle important. C'est lui qui scrutait les démarches du subconscient; c'est lui qui observait vos moindres réactions, vos moindres gestes en ce qu'ils révélaient de votre vie intérieure. Il disait ce que l'on ressentait confusément; il vous confiait ce que vos lèvres n'osaient dire et vous apportait ainsi une nouvelle libération dont nos vies, si encombrées de complexes, ont un brûlant besoin.


Namestek Lemel avait beaucoup réfléchi à ce monde qui vivait autour de lui. Et il ne cessait d'y trouver, pour son esprit curieux, avide et inquiet, une nourriture qui profitait à sa santé morale et intellectuelle. Il aimait de penser en d'autres catégories que celles admises dans le monde de ses éducateurs. Je ne dis pas le monde de son enfance; car Namestek descendait d'une famille où, en dehors des traditions de foi, on avait toujours été ouvert aux conceptions de vie les plus différentes. Et même à l'égard de l'Eglise on avait adopté une attitude de déférente indépendance. On ne confondait d'ailleurs jamais ce qui constituait l'essence de sa mission et les vues trop particulières, souvent mesquines, dans lesquelles certains de ses représentants l'avaient fait entrer au cours des siècles. Quant à sa mère, elle descendait d'une famille éprise d'art et de culture, passionnée pour l'histoire de France Elle avait toujours vécu dans un monde où la Foi jouait un rôle. Mais le climat seul en était imbibé, et cette Foi ne se traduisait plus par une pratique entièrement soumise aux directives de l'Eglise.

Namestek était arrivé à la conviction que la fréquentation du monde où il vivait lui était devenue indispensable; car il est difficile de sortir de soi, de ses façons de penser si les autres ne vous y obligent pas. L'homme tombe si facilement dans cette immobilité paralysante qui caractérise le dogmatisme outré de tant de gens.


Et pourtant quelle nécessité de dépasser les formules des dogmes pour en saisir l'essence; pénétrer dans la complexité du réel, du vivant et ne pas s'arrêter aux signes dont nous nous servons pour l'exprimer. D'ailleurs, il est absurde de prétendre avoir trouvé toute la vérité, la vérité intégrale dans tous les domaines. Même si par grâce ou par hasard, nous l'avions saisie à un moment, il faudrait sans cesse se transformer pour continuer à la saisir. Dans le 
réel tout évolue et tout fuit. Il faut infatigablement faire un effort de concentration; essayer de fixer ce qui déjà est passé et n'offrira jamais que des analogies avec des phénomènes de l'avenir. Je me vois face au réel comme l'enfant chassant des papillons ou même, si vous me permettez la comparaison, comme Dindenault, incapable de garder dans sa barque les moutons attirés dans l'eau par la ruse de Panurge.

Quelle que soit notre intelligence, quel que soit le zèle dont nous faisons preuve, quels que soient les moyens dont nous disposons, nous finirons toujours par être vaincu. L'objet de notre recherche est trop vaste, trop varié et trop mouvant. Et sans doute en est-il bien ainsi pour nous introduire dans un domaine plus caché et plus mystérieux du réel, où nous ne 
pénétrerions pas sans l'acceptation de nos limites, clef de notre bonheur.

Les Toyp, Ela, les voyageurs du train ne constituent pas à eux seuls un monde; mais ce sont des êtres qui pour Namestek Lemel, placé dans une situation, prenaient d'un point de vue particulier, une très grande importance. Ils se détachaient dans une certaine mesure des êtres innombrables qu'il connaissait ou côtoyait chaque jour. Ils étaient pour lui des antennes d'autres mondes tous aussi réels où il ne pénétrait pas. Car l'homme est limité dans le temps et l'espace. Lui, à son tour, vivait dans des groupes possédant une véritable unité organique. Et il était sans aucun doute pour les Toyp et Ela une voix et un oeil, venant d'ailleurs, mais cette voix était sans arrogance et cet oeil discret dans son regard pénétrant. Il ne concevait plus l'univers sans une compénétration; sans une certaine osmose entre des groupes organiques qui se constituaient au hasard des vicissitudes de la vie. Et il vivait dès lors avec enthousiasme dans le temps présent où le passé se rencontrait et l'avenir se préparait.


"Nul ne peut communier avec le Père s'il ne garde sa Parole... celui qui croit être sans péché n'est pas dans la vérité... Mais si tu reconnais tes fautes, tu entres de nouveau dans la Vie du Père." Namestek se souvenait souvent des paroles de St Jean qu'il avait lues et méditées. Et bien que dans son adolescence, il se fût plus adressé à Luc pour nourrir sa vie spirituelle, pour l'instant il revenait sans cesse aux textes du disciple bien-aimé où la charité éclatait telles les eaux d'un fleuve qui, portant un limon fertile, viennent le déposer sur un sol aride et desséché. Cela lui permettait de se sentir si près d'un pasteur, son ami, et il était fort conscient des valeurs qu'ils avaient en commun. Elles étaient d'un trop haut 
prix pour ne pas se laisser guider par cette unité qui existait malgré la diversité des religions.

Namestek ne se privait d'aucun moyen en son pouvoir pour investiguer la vie et enrichir la sienne; cela correspondait à une irrésistible vocation qui prenait un caractère sacré; à quoi beaucoup de ses coreligionnaires n'étaient pas du tout sensibles.

Mais pendant des périodes plus ou moins longues, ses occupations, son état physique lui permettaient de s'adonner régulièrement à des méditations; elles n'étaient pas un exercice imposé du dehors; aucune autorité même ne l'y invitait. C'étaient plutôt des actes positifs d'amour pour celui par qui tout s'explique et qui fait descendre la paix dans nos coeurs. 
Cette paix qui ne peut se confondre avec l'immobilisme, mais qui est en éveil continuel, inquiétude en veilleuse. Cette paix qui ne peut se satisfaire d'une impression, mais qui chaque jour, à chaque instant, doit être conquise par l'incarnation parfois douloureuse d'un idéal.

En des soirs de recueillement, devant la lampe du sanctuaire dont la flamme rouge scintillait dans une nef obscure, Namestek prenait conscience de ces exigences. Et il n'était pas dupe de ses sentiments, ni de son imagination, puissante pourtant. Non! ce qui l'intéressait, c'était la vérité ontologique de tout cela.

Alors il connut des moments où il se sentait prêt à tout sacrifier; je m'expliquerais mieux si je disais qu'il jugeait tout à sa juste valeur; il entrait dans la vérité des ordres; il ne confondait pas l'absolu, ni le contingent; l'accident, ni la substance.

Et ainsi, quand un jour un de ses amis religieux lui dit: "Il ne faudrait pas tourner le dos au monde pour entrer en contact avec l'autre. c'est le fait des "ascétistes". Mais offrir au Père le monde, auquel on s'est attaché en mesurant sa vraie valeur; et en ne confondant pas l'en-soi et le contingent." Namestek était pleinement préparé à comprendre ces paroles et à se sentir une fois de plus libéré par cette amitié plus ancrée et plus intensément vécue.

Janvier 1959.

A suivre

 

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