Arts et Lettres

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La question du chef-d’oeuvre ne serait plus d’actualité ?

Monde en-soi, création individuelle obéissant à des règles singulières, conséquence d’une ingéniosité, destin autonome, etc., le mode d’existence du chef-d’œuvre qui révélerait une présence singulière est effectivement contestable. Car la valeur des « chefs-d’œuvre » dépend moins de critères objectifs que d’une certaine tradition académique.

 

Voulant échapper à toute forme de conditionnement, éducatif, social ou psychologique, modernité et post-modernité ont souvent contesté, parfois avec violence, le principe même du chef-d’oeuvre.

Que seraient les « chefs-d’oeuvre » d’une époque qui refuse, non seulement la possibilité de cette excellence, mais même aussi, parfois, la notion d’« oeuvre » elle-même?

 

Pour autant, le « chef-d’oeuvre » a la vie dure ; il ne cesse de se manifester à travers des dispositifs de présentation, de médiatisation, de collection, de reproduction, de détournement, d’exposition, de mise en scène, de commercialisation…

Le prix effarant atteint par certaines oeuvres n’en fait-il pas automatiquement des sortes de chefs-d’oeuvre ?

Et si le marché de l’art fabrique la valeur de l’art, que dire de la valeur des faux ? Que dire aussi des invendables ou des intouchables ?


Comment le droit appréhende-t-il la notion de chef-d’oeuvre et que dire du rapport entre chefs-d’oeuvre et
politiques publiques ? Cela fait déjà longtemps que l’État intervient dans le champ artistique. De fait, les politiques publiques en la matière concernent aussi bien le soutien à la production, la diffusion et la valorisation que la protection du patrimoine culturel commun…

Entre coeur et raison, la sacralisation des chefs-d’oeuvre produit des savoirs, des savoir-faire et des savoirs sur le faire. Mettant en avant le patrimoine, restaurant les objets de l’art ou les reconstituant, favorisant  le tourisme culturel en inscrivant une oeuvre dans une salle, un musée, une ville, une région, un pays… l’industrie culturelle s’enrichit toujours plus des multiples modes d’existence des chefs-d’oeuvre.

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Réponses à cette discussion

Allez, je me lance: Ceci est un chef d'oeuvre, une de mes oeuvres préférées sur le réseau

Par Wayne Sleeth
Et j'oserais même ajouter

Ceci n'est pas un chef d'oeuvre

Avec respect...mais il me parait que la vrai question est...que est le juge????de la qualité, beauté, chef d'oeuvre????OU LE NON CHEF D'OEUVRE????? Je trouve que la dernière oeuvre est aussi valable que la première!!!!
Robert Paul a dit :
Et j'oserais même ajouter

Ceci n'est pas un chef d'oeuvre
Cher Robert, Cher Ami ,

Vos écrits très documentés, très construits sur votre site ne sont généralement pas ou peu suivis de commentaires de la part des autres membres tant ils suscitent l’admiration et le respect et n’offrent pas ou peu de prise à la critique. Quand je vous lis une seule onomatopée me vient à l’esprit : glups !

Cette fois, dans ce forum sous l’égide de « s’il te plaît, montre moi un chef - d’œuvre, après un exposé du style qui vous est coutumier, vous me semblez si vulnérable en disant « je me lance » de façon si …primesautière du haut de votre plongeoir, que non seulement vous desserrez votre cravate mais vous enlevez tout le reste ! dans ce cas, j’ai peur que l’onomatopée qui me vienne à l’esprit soit : splatch !

Mais imaginons que ce plongeon ne soit qu’une figure de style parmi d’autres (vous n’êtes pas né de la dernière pluie) et même une figure de plongeon tout court dans une compétition idoine et, comme tout bon compétiteur , vous savez très bien qu’après avoir réussi le mieux possible votre figure, vous devez vous recevoir dans l’eau avec un tout petit sloutch !

Arrêtons ici cette comparaison aquatique et mettons nous du côté du jury qui vous cote pour ce plongeon : 8.4,9.0 ,8.7 , 7.2…..etc
Quel est le rapport entre l’examen d’un chef-d’œuvre et la cotation d’un plongeon dans une compétition : et bien le même ! celui qui existe pour tout examen, concours, assise, etc…

La nature humaine étant ce qu’elle est, à mon humble avis, un jugement de cette nature, de cette qualité ne peut pas être le fait d’un seul homme quelle que soit sa compétence et doit reposer sur plusieurs paramètres que je ne parviendrai pas à énumérer dans ce message car cela demande un vrai travail de recherche.

Un chef –d’œuvre est une œuvre accomplie en son genre dit le Robert. Pour qu’une œuvre devienne chef - d’œuvre , pour que cet accomplissement unique en son genre soit accepté, il me semble que cela doit d’abord résulter d’un groupe de personnes que ce groupe soit officiellement (commission, jury …) ou officieusement constitué (à travers l’espace et le temps).

Ensuite, les personnes faisant partie de ce groupe doivent être essentiellement des spécialistes (histoire de l’art, galeriste …) dont les avis peuvent éventuellement être mis « en balance » avec ceux qui sont émis par d’ »honnêtes hommes » qui font partie d’un groupe équilibré.

Les avis d’une commission sont, je l’imagine, plutôt de type »élitiste » et ne plairont pas à l’homme de la rue qui préfère pour le moment Monet à Alechinsky ou même pour ne citer qu’un seul artiste , Picasso , dans sa période rose ou bleue plutôt que Picasso cubiste et ses « Demoiselles d’Avignon » . Cette dernière œuvre est pourtant un chef-d’œuvre car, on a beau dire, on a beau faire, c’est un œuvre majeure dans l’histoire de l’art , une œuvre « rupture » et on peut ne pas aimer ,comme moi, cette p… accroupie avec cette tête de masque africain qui ne lui va pas du tout à l’avant plan, il faut bien l’accepter comme telle même si ,en tant qu’individu prétendant avoir bon goût , cela ne me convient pas.

J’imagine que c’est le jugement de ce type de groupe officiellement ou officieusement constitué qui est à l’origine de la désignation des pièces que j’ai pu voir dans cette superbe exposition au centre Pompidou de Metz , il y a quelques temps .
Cette exposition reste dans l’expectative dès l’entrée en s’intitulant « Chefs-d’œuvre, point d’interrogation »

Figure 1 : entrée du musée de Metz
Figures 2 et 3 : masques
Figure 4 :sculpture de Picasso

Malgré l’interdiction, je n’ai pu m’empêcher de photographier ces masques, témoignages des arts premiers (dit-on) que je considère personnellement d’une beauté intemporelle (je ne suis certainement pas le seul ) mais j’ai également été interpellé pat la sculpture de Picasso à droite sur la troisième photo qui finalement est très proche des « arts premiers »

Mais parmi les chefs-d’œuvre ?, vous pouviez également voir » la roue de bicyclette » de Duchamp et la « merda d’artista » de Manzoni (certains diront :arts derniers !)qui sont des œuvres majeures dans l’histoire de l’art qu’on le veuille ou non dans notre « espace » intérieur meublé de nos acquis.

Figure 5 : « roue de bicyclette « de Duchamp
Figure 6 : Merda d’Artista de Manzoni

Après ce petit tour d’horizon précautionneux, je reviens sur ce forum où vous prenez parti pour Wayne Sleeth…et vous affirmez par contre que l’œuvre de Magritte n’est pas un chef-d’œuvre.

De Magritte, je vous dirai d’emblée que j’ai appris à ne pas aimer ce peintre après avoir lu des ouvrages sur sa vie de Châtelet à Bruxelles en passant par Paris, après avoir regardé de très près les œuvres de ce fonctionnaire de la peinture au sale caractère (si,si… un coup de pied au cul, il savait donner), peignant avec précaution sans faire de tâches sur le tapis du salon de Madame Georgette …puis tu sortiras le loulou de Poméranie avec ton petit chapeau , ton petit manteau , etc… l’œuvre ci-dessous qui ,je crois, était à Metz parmi les chefs-d’œuvre ? est pour moi significative de mon point de vue.

Figure 7 : « le double secret « de Magritte

Et malgré cela, j’adore son « empire des lumières » ou son « ? » ( un oiseau sur le bleu du ciel)
Et malgré cela je suis obligé de reconnaître que l’œuvre » ceci n’est pas une pipe » est un chef-d’œuvre ayant une position comparable dans l’histoire du surréalisme à celle des « Demoiselles d’Avignon » pour le cubisme. Ici les paramètres d’appréciation d’un » jury de/dans l’histoire » sont de l’ordre des idées et non en relation avec le savoir- faire en peinture.

Dernière étape de ce long périple oratoire : votre prise de position courageuse mais unilatérale à l’égard d’une œuvre de Wayne Sleeth qui j’en conviens est très belle mais comme vous l’avez compris ne colle pas, de mon point de vue, à la démarche de la qualification d’un chef - d’œuvre.

Quelle que soit la qualité de ses acquis, quelle que soit la qualité de son jugement à partir de ses acquis , quelle que soit la qualité de l’œuvre, je crois qu’une seule personne ne peut octroyer à une œuvre le statut de chef- d’œuvre ; tout au plus est- elle autorisée à dire que cette œuvre est très belle, qu’elle l’aime beaucoup à tel point qu’elle voudrait l’acquérir etc… (et il est sous- entendu : par rapport à son vécu, à ses goûts, à sa culture, à ses choix, à son style de vie, etc… )

Avant de faire d’une œuvre de Sleeth , un chef- d’œuvre ,j’imagine qu’une « commission » se souvenant notamment des apports d’un pionnier comme Rothko dont voici quelques œuvres ci-dessous se poserait d’abord la question de savoir si Sleeth est un innovateur ou un suiveur avant d’analyser d’autres paramètres. Je ne m’étendrai pas, comme je l’ai dit plus haut, sur les autres paramètres compte tenu du vrai travail de recherche que cela implique.

Figure 8 : quatre œuvres de Rothko

Mais la nature humaine étant ce qu’elle est , j’en conviens que le » jeu » de l’art est souvent faussé et l’exaltation en tant qu’œuvre-d’art par le faire- savoir des médias d’une œuvre d’art au savoir-faire relativement moyen contribue pour des raisons généralement mercantiles à hisser des œuvres au pinacle de l’histoire de l’art sans qu’elle ne le mérite vraiment. Il en est ainsi des « iris » de Van Gogh vendu à un prix faramineux bien au-delà des mérites de ce peintre selon l’avis du vrai amateur de Van Gogh que je suis.

Bien cordialement …en espérant avoir apporté une petite pierre à cette délicate construction !

Jean-Marie Cambier

P.S. : ce texte et sa documentation imagée a été composé dans un fichier » word » que je pensais transférer tel quel par un copier/coller vers » Art et Lettres «

Je constate que seul le texte passe de cette manière. Je ne connais sans doute pas assez les possibilités « d’Arts et Lettres » ou c’est sans doute une impossibilité technique. J’essaie donc de faire passer les images dans un second temps.
fig. 1 et 2 du texte précédent
Pièces jointes :



Jean-Marie Cambier a dit :
fig. 1 du texte précédent
figures 4,5,6 du texte précédent
Pièces jointes :
figure 7 du texte précédent
Pièces jointes :


oeuvres de Rothko : figures 8 du texte précédent
Un chef-d'oeuvre pour moi, c'est une oeuvre dont l'évidence s'imprime en nous de telle manière qu'elle nous fait rêveret nous accompagne comme une ombre qui envahit notre imaginaire... Il y a près de 50 ans que j'ai vu pour la première et la dernière fois une reproduction d'une oeuvre du Caravage intitulée "Le narcisse" et lorsque je ferme les yeux aujourd'hui, je la vois encore, je crois pouvoir dire que c'est un chef-d'oeuvre, j'aimerais savoir dans quel musée elle se cache...



Gilbert Jacqueline a dit :
Un chef-d'oeuvre pour moi, c'est une oeuvre dont l'évidence s'imprime en nous de telle manière qu'elle nous fait rêveret nous accompagne comme une ombre qui envahit notre imaginaire... Il y a près de 50 ans que j'ai vu pour la première et la dernière fois une reproduction d'une oeuvre du Caravage intitulée "Le narcisse" et lorsque je ferme les yeux aujourd'hui, je la vois encore, je crois pouvoir dire que c'est un chef-d'oeuvre, j'aimerais savoir dans quel musée elle se cache...
Merci infiniment pour ce superbe cadeau, j'apprécie beaucoup.

Jean-Marie Cambier a dit :



Gilbert Jacqueline a dit :
Un chef-d'oeuvre pour moi, c'est une oeuvre dont l'évidence s'imprime en nous de telle manière qu'elle nous fait rêveret nous accompagne comme une ombre qui envahit notre imaginaire... Il y a près de 50 ans que j'ai vu pour la première et la dernière fois une reproduction d'une oeuvre du Caravage intitulée "Le narcisse" et lorsque je ferme les yeux aujourd'hui, je la vois encore, je crois pouvoir dire que c'est un chef-d'oeuvre, j'aimerais savoir dans quel musée elle se cache...

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