Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

La XXVIIème Biennale Internationale de Poésie, organisée par la Maison Internationale de la Poésie Arthur Haulot,

propose à une centaine de poètes de débattre à Liège en octobre 2012 sur le thème :

 

"La Poésie doit-elle être absolument moderne ?"

 

Et si, en toute modestie, nous anticipions ce débat sur « Arts et Lettres » ?

 

Pour ma part, ce débat promet d’être très riche vu qu’il soulève d’entrée de jeu deux sous questions – et non des moindres  - : qu’est-ce premièrement que la Poésie et deuxièmement, qu’est ce qu’être ‘moderne’ ?

On peut assurément penser que la modernité ne se résume pas à l’aspect formel de la mise en forme poétique …

Qui dit ‘modernité’ dit d’une certaine manière ‘émancipation’. Mais par rapport à quoi et comment s’y prend donc la poésie si tant est qu’elle s’émancipe …

Et cette émancipation ne se fait-elle pas parfois par rapport au concept même de modernité ?

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Réponses à cette discussion

 

Article du journal Le Monde du samedi 3 mars 2012

Sans doute qu’il existe quelque chose en nous et aussi dans le monde qui 

attend d’être dit. Attend avec plus ou moins de nécessité. D’impatience. 

D’exigence. Selon les circonstances, les sensibilités. Et la façon dont 

nous nous tenons plus ou moins à distance du sentiment merveilleux et 

terrible aussi de notre vie. Ce qui cherche à se dire n’a toutefois rien 

d’une vérité. D’une connaissance arrêtée. D’une proposition assurée qui ne 

tromperait pas. Ce qui cherche à se dire est indéfinissable. Impossible à 

fixer. Un mouvement plutôt qu’un chiffre. Une vibration. Un rythme. Ce qui 

cherche à se dire ne relève pas de l’idée mais de la force. De l’élan. Les 

mêmes qui sont à l’origine du poème quand les premiers mots avancés, les 

premiers enchaînements de rythmes et de sonorités, les toutes premières 

associations d’images et de souvenirs vous aspirent dans le grand 

tourbillon proche des formes auxquelles votre expérience propre vous a 

rendu plus particulièrement sensible. Peut-être qu’après, le malheur, c’est 

de s’en remettre aux mots seuls quand peut-être ne comptaient que le tempo, 

l’énergie, le timbre, dont ils n’étaient que le support. Au mieux, de 

lumineux conducteurs.

 

  Et c’est cela peut-être qu’on oublie dans beaucoup trop de ces formes qui 

fleurissent aujourd’hui sur la scène dite poétique. Là où la recherche 

d’une connivence immédiate et facile avec le public amène le dire à 

s’arrêter sur le langage apprêté des sentiments convenus, des dénonciations 

de circonstances. Là où l’appel du dire se perd dans le préjugé d’époque, 

l’imposture collective, les représentations dominantes de groupe. Si le 

poème s’engage il ne peut le faire vraiment qu’en se dégageant de l’idée. 

Se libérant de l’idéologie. En s’affirmant comme langage de résistance face 

à toutes ces formes de domination, d’aliénation par la parole dans 

lesquelles du matin jusqu’au soir et sans doute jusque dans nos rêves 

aujourd’hui, baigne notre cerveau de moins en moins disponible. Il s’agit 

de produire une parole qui ne soit plus de persuasion – ce qu’elle est 

désormais partout – mais comment dire, de déconcertante évidence. 

Découvrant l’illuminante étrangeté de notre être là, vibrant, vivant, dans 

l’énigme irréductible des choses. Parmi tout ce qui renverse.

 

  Alors la poésie d’aujourd’hui est-elle élitiste et ennuyeuse? On 

s’accordera pour commencer sur le fait qu’on ne peut parler comme ça de la 

poésie, comme si elle n’était pas devenue particulièrement diverse, et dans 

chacune de ses modalités, qu’elles soient traditionnelle, avant-gardiste, 

performée, slamée, que sais-je, inégale en qualité: talentueuse chez l’un, 

exécrable chez l’autre. Si je connais de jeunes slameurs que j’ai plaisir à 

entendre, pour leur inventivité, leur présence et leur engagement physiques 

comme le jeune Thomas Suel, ou encore Julien Delmaire, par exemple, dans le 

Nord, j’en ai malheureusement subi un certain nombre qui m’atterrent. Et 

dont je me demande bien de quelle modernité ils peuvent se réclamer si ce 

n’est celle d’une langue c’est vrai branchée, comme on dit, sur le monde 

d’aujourd’hui, sur le fait de savoir à peu près se servir d’un micro et 

d’être à peu près dépourvus de complexes. Parler comme le fait l’article du 

Monde de «point extrême du renouveau» à propos du slam me laisse un peu 

songeur moi qui me sens la plupart du temps ramené avec lui à la belle 

époque du Chat noir et de Jehan Rictus. Si cette poésie marche, j’ai bien 

peur pour elle que ce soit en grande partie due à cette connivence dont je 

parlais, encouragée d’ailleurs par cette règle particulière de la 

participation du public auquel on reconnaît le droit d’intervenir, de se 

manifester bruyamment pendant la performance.

 

  Si les poètes que j’appelle auto-ironiquement «assis» par rapport à ces 

poètes «debout» qui font des performances, paraissent élitistes et ennuyeux 

c’est qu’on pose peut-être encore une fois assez mal le problème. Certes il 

est plus difficile sans doute de subir une heure d’un mauvais poète assis 

qu’une heure d’un médiocre poète debout. Le poète debout aura quand même au 

minimum travaillé sa rythmique et son élocution. Mais pour le fond, quand 

il s’agit d’un véritable poète, d’un auteur profond, d’une personnalité 

véritablement riche, pourquoi nous paraîtrait-elle ennuyeuse? Si ce n’est 

que pour ne pas s’ennuyer il faut un peu connaître. Disposer avec l’autre 

d’un ensemble commun. D’un minimum de culture, d’ouverture sensible. Ce qui 

pose non la question de l’élitisme, mais de la formation. Il y a bien 

longtemps que des voix s’élèvent pour dénoncer la médiocrité de 

l’enseignement de la poésie en France. Pour remarquer qu’à l’université, la 

part accordée aux poètes de la seconde moitié du XXème est très faible 

quand elle n’est pas inexistante. Pour constater que la grande majorité des 

étudiants de lettres qui deviennent professeurs et connaissent des 

centaines de noms de chanteurs, d’acteurs, ont vu des centaines d’épisodes 

de séries américaines, hésitent entre des milliers et des milliers de 

marques…, ne sauraient citer plus d’un ou deux poètes vivants majeurs. 

Qu’ils soient français ou étrangers.

 

  Lire de la poésie, en écouter sont des actes culturels qui supposent une 

éducation. Toute une série d’habitudes. D’aptitudes. Et si l’on veut en 

élargir la pratique, il y faut de la part de la société de véritables 

formes d’encouragement et d’accueil. Qu’on peut désespérer de voir advenir 

jamais dans un espace où l’impératif économique dicte sa loi de plus en 

plus sauvage.

  Plutôt que de reprocher leur élitisme à ceux qui continuent à se vouloir 

poètes quand tout les pousse à tenter plutôt autre chose, de plus visible 

socialement, de plus rentable économiquement, ne devrions-nous pas plutôt 

les remercier de continuer à entretenir l’existence, la possibilité, d’un 

rapport au langage qui rompe avec cette «prolétarisation des esprits» à 

l’œuvre dans l’usage contemporain de la langue? Les encourager à œuvrer 

dans les profondeurs de cette langue pour qu’elle cesse de n’être, par la 

pauvreté de ses propositions formelles, qu’un agent de fermeture de 

l’intelligence et de l’imagination? En attendant le jour où, la majorité 

des hommes fatiguée de s’être laissée enfermer dans «la séduction des 

structures closes», d’inutile qu’on la croit aujourd’hui devenue, la 

poésie, cet art à chaque fois singulier du langage, réapparaîtra, c’est 

certain, nécessaire!

 

Georges Guillain

Je reprend ici le texte original qu'a publié La Maison Internationale de la Poésie Arthur Haulot, en préambule du débat qui doit avoir lieu à l'automne à Liège lors de la XXVIIème Biennale Internationale de Poésie. Il serait intéressant que les membres "d'Arts et Lettres" qui le désirent apportent leur(s) point(s) de vue à cette réflexion.

LE THEME : LA POESIE DOIT-ELLE ETRE ABSOLUMENT MODERNE ?
 

A la fin du dix-neuvième siècle déjà, Arthur Rimbaud affirmait que la poésie devait être absolument moderne.
 
Plus d'un siècle après lui, cette affirmation nous semble devoir être envisagée et interpellée à nouveau. Car qu'est-il arrivé depuis un siècle ? Les formes traditionnelles de la poésie ont ça et là résisté ; si la rime s'est peu à peu effacée, la Poésie est restée pour beaucoup une parole intérieure, à la secrète et impérieuse nécessité, une transmission aussi. Pour d'autres, la Poésie, en plein big-bang, ne se conçoit pas sans la performance, le corps, le chant, le slam, le recours aux techniques vidéos, à l’informatique. L'aléatoire ou l'improvisé s'y substituent au réflexif et au médité, à la recherche expressive ou sensible. On parle dès lors de « nouvelle modernité » et, plus souvent encore, de « post-modernité » poétiques. Ne vivons-nous pas là un véritable big-bang poétique ?
 
Nous pensons donc que les Biennales peuvent initier un véritable et passionnant débat face à toutes ces confluences, influences, ressemblances ou dissemblances qui fleurissent dans la poésie contemporaine. Nos amis-poètes peuvent aussi étudier comment le public potentiel de la poésie réagit à ce qu'il convient d'appeler l’éclatement des genres et des formes ?
 
130 ans après la mort de Rimbaud, les questions que suscite son affirmation, peut-être péremptoire, continuent, bien plus que jamais, à se poser.

« L'inspiration est toujours délirante, dionysiaque pour reprendre l'expression de Nietzsche. Elle a besoin de la conscience ordonnée, musicale, apollinienne. C'est un équilibre. Quand Alexandre le Grand brûle le palais de Persépolis, il fait basculer la Grèce sous la suprématie de Dionysos. Elle ne s'en est jamais relevée. »

 

Henry Bauchau

Découvrant le texte original publié par la Maison Internationale de la Poésie Arthur Haulo, et pour répondre à l’invitation de Claude Miseur d’apporter son point de vue à la réflexion, je me permets d'abord de rappeler mon intervention du 14 janvier 2012 (dans "À vin nouveau outres neuves !") sur le profond malentendu qui ne cesse de se répéter à propos de l’affirmation de Rimbaud "Il faut être absolument moderne". Voici repris ici, après corrections, l’essentiel de mon argumentation :

Il suffit de relire Une saison en enfer ou les lettres de mai 1871 à Izambart et Demeny pour se rendre compte que, pour Rimbaud, la valeur du mot moderne est péjorative. Pas plus que chez Baudelaire, ce mot n’exalte ni le présent ni l’avenir. Au contraire il apparaît lié à un rejet sans équivoque qui oppose les "souffrances modernes" à la "patrie primitive" : "Pourquoi un monde moderne si de pareils poisons s’inventent ! " Dans toutes ses poésies, moderne n’apparaît qu’une seule fois dans Les douaniers qui "signalent aux lois modernes les faunesses" (v.9). Le contexte y est de dérision et de rejet. Rimbaud invective et travaille contre le moderne qui lui est contemporain. Quand Rimbaud parle de ce que nous appelons aujourd’hui moderne, il utilise le mot inconnu qui nous sort des catégories contemporaines. Et c’est bien de ce côté-là que se situe l’autre de "Je est un autre". Le poète selon Rimbaud est "le grand malade, le grand criminel, le grand maudit et le suprême Savant, car il arrive à l’inconnu !".

L’expression "Il faut être absolument moderne" se trouve dans Adieu, à la fin d’Une saison en enfer. C’est une phrase impersonnelle qui s’oppose, comme valeur du discours, aux emplois du "je". Dans Adieu, "je" joue un rôle actif, il est le créateur de la vision dite au "passé composé", le passé continu du sujet. Ce "je" est associé à la poésie, à la vision et à la révolte. Et puis, tout à coup, après une pause rythmique, on passe à un nouveau paragraphe : "Il faut être absolument moderne". Apparition brutale d’une résistance. Comme dans la grammaire élémentaire, ce "il faut" est l’expression d’une obligation impersonnelle qui contraint le sujet. Et comme les quatre autres "il faut" d’Une saison en enfer, il signale que l’action se décide maintenant à partir d’un en dehors du sujet. Et ce dehors qui ne supporte pas la poésie (celle qui constituait le récit d’Une saison en enfer) élimine le sujet: Adieu est un adieu du poète. "Il faut être absolument moderne" ne se situe donc pas "au-delà", dans la vision de "l’enfer" de la poésie, mais de ce côté-ci de la société moderne, dans l’enfer réel du monde moderne, du côté de cette punition dont parlait Mauvais sang, du côté de la "veille", de la patience et de la souffrance. C’est une phrase-pivot qui casse le poème comme écriture de la vie et bascule vers l’acceptation amère du monde réel dans sa réalité rugueuse.

Faute d’être précisément défini, le sens du mot « moderne » mis à toutes les sauces est devenu aujourd’hui quasi inintelligible. "Notion éminemment stimulante" donc, du moins à l’origine, "mais" (devenue) "caduque", selon les mots de Michel Leiris qui me paraît poser exactement la bonne question: "…hors jeu en ces temps haïssables où pareille façon de voir s’avère luxe passé de mode ou note fausse qui ne fait que blesser l’oreille, tant il faudrait d’étourderie pour lire selon une grille de cette espèce un monde que nos moyens massifs d’information montrent décidément chargé d’horreurs et prêtant à l’écoeurement jusqu’à l’éblouissement, la modernité n’a-t-elle pas, camouflet à son nom même, cessé d’être moderne ?" (La NRF n° 345, 1er octobre 1981). C’est la raison pour laquelle il me semblait essentiel de retrouver d’abord le sens original de ce concept fort créé par Baudelaire dès 1846. Mais il ne suffit pas de le dire et de le redire pour le comprendre. Le dire sur la modernité s’avère d’ailleurs d’autant plus énigmatique et proliférant qu’il est exproprié d’un faire. La modernité ne peut être réellement comprise voire pensable aujourdhui qu’à partir du moment où elle est actualisée par de nouvelles pratiques qui en reproduisent chaque fois l’écart à un moment donné dans des histoires singulières. Elle ne peut être, me semble-t-il, qu’une création constante dans de multiples expressions toujours particulières et incomplètes. Et sa force se juge à cette capacité qu’elle a à faire émerger des différences.
Je suis donc très curieux de découvrir les conclusions du débat qui sera proposé à une centaine de poètes à Liège en octobre 2012 à l’occasion de la XXVIIème Biennale Internationale de Poésie. Au-delà des querelles de mots, comment vont-ils répondre aux deux questions de Claude Miseur sur la poésie et la modernité ?

Daniel Moline

Merci Daniel pour cette intervention. Il est vrai que cette discussion recoupe la vôtre, "À vin nouveau outres neuves !".

Je reprends ici votre avant-dernier paragraphe qui me semble bien (re)cadrer le sujet de la "Modernité".

La modernité ne peut être réellement comprise voire pensable aujourdhui qu’à partir du moment où elle est actualisée par de nouvelles pratiques qui en reproduisent chaque fois l’écart à un moment donné dans des histoires singulières. Elle ne peut être, me semble-t-il, qu’une création constante dans de multiples expressions toujours particulières et incomplètes. Et sa force se juge à cette capacité qu’elle a à faire émerger des différences.


Merci à vous, Daniel Moline, et, tout comme vous, je suis curieux de suivre le débat de Liège.

Claude Miseur

 

Pour répondre à la question qui nous sollicite: la poésie doit-elle devenir moderne, c’est à dire innovatrice dans sa forme, il convient de définir la nature de la poésie.

Elle est certes une expression littéraire de la pensée mais elle a surtout un pouvoir affectif.

Un poème nous surprend, nous émeut, nous ravit par l’élégance et la musicalité du langage mais aussi par la force des

 

Pour répondre à la question qui nous sollicite: la poésie doit-elle devenir moderne, c’est à dire innovatrice dans sa forme, il convient de définir la nature de la poésie.

Elle est certes une expression littéraire de la pensée mais elle a surtout un pouvoir affectif.

Un poème nous surprend, nous émeut, nous ravit par l’élégance et la musicalité du langage mais aussi par la force des émotions qu’il fait naître ou la beauté d’images qu’il expose.

Un poète est talentueux quand il suscite notre admiration par son style et son art de transcender en demeurant sincère.

Une innovation surprenante de la présentation d’un poème peut être fascinante ou déplaire selon qu’elle sert ou nuit à son contenu affectif.

Les poètes ont sans cesse inventé de nouvelles structures. Certaines merveilleuses et imitées d’autres n’offrant aucun attrait, jugées prétentieuses ou puériles.

Le mieux est souvent l’ennemi du bien lors en art, un savoir acquis évite les échecs résultant de la vanité ou l’incompétence.

 

 

 

 

 

 

 

 

émotions qu’il fait naître ou la beauté d’images qu’il expose.

Un poète est talentueux quand il suscite notre admiration par son style et son art de transcender en demeurant sincère.

Une innovation surprenante de la présentation d’un poème peut être fascinante ou déplaire selon qu’elle sert ou nuit à son contenu affectif.

Les poètes ont sans cesse inventé de nouvelles structures. Certaines merveilleuses et imitées d’autres n’offrant aucun attrait, jugées prétentieuses ou puériles.

Le mieux est souvent l’ennemi du bien lors en art, un savoir acquis évite les échecs résultant de la vanité ou l’incompétence.

Pour répondre à la question qui nous sollicite: la poésie doit-elle devenir moderne, c’est à dire innovatrice dans sa forme, il convient de définir la nature de la poésie.

Elle est certes une expression littéraire de la pensée mais elle a surtout un pouvoir affectif.

Un poème nous surprend, nous émeut, nous ravit par l’élégance et la musicalité du langage mais aussi par la force des émotions qu’il fait naître ou la beauté d’images qu’il expose.

Un poète est talentueux quand il suscite notre admiration par son style et son art de transcender en demeurant sincère.

Une innovation surprenante de la présentation d’un poème peut être fascinante ou déplaire selon qu’elle sert ou nuit à son contenu affectif.

Les poètes ont sans cesse inventé de nouvelles structures. Certaines merveilleuses et imitées d’autres n’offrant aucun attrait, jugées prétentieuses ou puériles.

Le mieux est souvent l’ennemi du bien lors en art, un savoir acquis évite les échecs résultant de la vanité ou de l’incompétence.

À lire au hasard la poésie du vingtième siècle, on perçoit par moments le souvenir qu’y a laissé (inconsciemment) le mythe d’Orphée. Plus rien, sans doute, d’une appropriation du monde par le Verbe, ni du caractère sacré de qui ressent et touche la durée pure (Rilke), fit résonner l’accord entre les choses et le ciel : en un temps de solde et de tout à l’égout, cette liturgie médiumnique semble frappée de dérision - comme celles, au demeurant, qui s’y sont substituées. Mais Maurice Blanchot a bien vu qu’au-delà d’Eurydice, c’est la mort qu’Orphée veut atteindre. C'est-à-dire le point où l’art se transmue au contact de ce qui le nie : en quoi le mythe reste d’actualité, et s’inscrit en creux dans tant d’œuvres, « métaphore obsédante » de la question du pouvoir de la poésie. Qui, écrivant, ne se l’est posée ? Qui n’a voulu voir Eurydice ?
Mais l’inverse ? Combien de poètes donnent-ils l’impression que la parole s’est retournée sur eux, les a  regardés ?
Que laisse-t-elle des proférations, du murmure intérieur, des expériences, du corpus critique né de leur compost ? Visage crépitant d’aromes (Artaud), vide comble, ruine convulsive.Ceux qui sauvent seuls rompent le pacte, démystifient.

Écouter en toute parole son silence. Révérer en toute chose la part d’elle qui l’aspire. Qu’est-ce que voir ? Qu’est-ce qu’entendre ? Qu’est-ce que la réalité ? Que dit et ne dit pas le langage ? A quelles limites nait-il ? – point fugitif où les yeux percent le bandeau de la vue, où les oreilles ne sont plus bouchées par le sens de l’ouïe (Pessoa).*
Margelle du poème l’été. Son midi d’absolu qui cille (O. Paz). Sa nuit de jeune insomniaque.

 

Christian Hubin, Parlant seul, Librairie José Corti, 1993, pp.67-68.

 

 

Biennale 2012, Palais des Congrès -  10-13 octobre. 

LE THEME : LA POESIE DOIT-ELLE ETRE ABSOLUMENT MODERNE ?
A la fin du dix-neuvième siècle déjà, Arthur Rimbaud affirmait que la poésie devait être absolument moderne. 
 
Plus d'un siècle après lui, cette affirmation nous semble devoir être envisagée et interpellée à nouveau. Car qu'est-il arrivé depuis un siècle ? Les formes traditionnelles de la poésie ont ça et là résisté ; si la rime s'est peu à peu effacée, la Poésie est restée pour beaucoup une parole intérieure, à la secrète et impérieuse nécessité, une transmission aussi. Pour d'autres, la Poésie, en plein big-bang, ne se conçoit pas sans la performance, le corps, le chant, le slam, le recours aux techniques vidéos, à l’informatique. L'aléatoire ou l'improvisé s'y substituent au réflexif et au médité, à la recherche expressive ou sensible. On parle dès lors de « nouvelle modernité » et, plus souvent encore, de « post-modernité » poétiques. Ne vivons-nous pas là un véritable big-bang poétique ?
 
Nous pensons donc que les Biennales peuvent initier un véritable et passionnant débat face à toutes ces confluences, influences, ressemblances ou dissemblances qui fleurissent dans la poésie contemporaine. Nos amis-poètes peuvent aussi étudier comment le public potentiel de la poésie réagit à ce qu'il convient d'appeler l’éclatement des genres et des formes ?
 
130 ans après la mort de Rimbaud, les questions que suscite son affirmation, peut-être péremptoire, continuent, bien plus que jamais, à se poser.
 
(Communiqué par la Maison Internationale de la Poésie Arthur  Haulot)

Ci-dessous les actes du colloque qui traitaient de ce sujet à Liège, lors des Biennales de Poésies 2012.

/Users/Administrateur/Desktop/Actes – Biennale de Poésie 2012.docx

Ce que chacun peut souhaiter pour l'avenir de la poésie dépend de ses goûts personnels.

Un peintre se caractérise par son style, il exprime, à sa façon, par des formes et par des couleurs ce qui l'émeut ou le surprend. Sa renommée résulte de l'admiration que ses oeuvres suscitent chez d'innombrables personnes. Or, il peint avant tout pour son plaisir.

En se servant du langage, le poète a le même désir. Il n'imite personne, il a sa manière de réagir aux émois qu'ils ressent. Ce qu'il écrit peut révéler un talent évident.

Autrefois, il arrivait de ne pas être sûr du nom d'un poète ou d'un peintre en se remémorant des vers ou la beauté d'un tableau. Ils appartenaient à certaines écoles. Actuellement la créativité

d 'un artiste a un caractère qui n'appartient qu'à lui. C'est là un aspect de la modernité.

Même ceux qui, étant âgés avaient été conditionnés à respecter certaines valeurs, ont réussi à se sentir libres de s'en défaire ou de les conserver.

Les éditeurs, qui publiaient traditionnellement des recueils de poésie, rééditent les oeuvres connues, et appréciées mondialement, mais refusent d'examiner la poésie contemporaine qui leur est proposée. Selon eux, la demande du public n'existe pas pour ce genre littéraire nouveau.

Or qu'en est-il de la poésie écrite de nos jours, offerte à tous les vents?

En quoi consiste sa nouveauté?

La médiocrité semble le trait commun aux innombrables écrits poétiques, assez conventionnels

qui sont accueillis par des sites qui se prétendent de prestige.

Abondent ailleurs, les textes ésotériques de psychotiques délirants dont l'éloquence surprend et quelques fois émeut.

Il semble difficile aux poètes actuels de connaître, et d'élire parmi eux, un prince de la modernité, aimé mondialement.

Or cela leur serait possible s'il avaient connaissance du nombre de gens qui les lisent régulièrement. Ils apprendraient alors, aussi, ce qui caractérise la modernité qui convient à leurs contemporains sensibles et éclairés.

23 octobre 2012



Claude Miseur a dit :

Merci Daniel pour cette intervention. Il est vrai que cette discussion recoupe la vôtre, "À vin nouveau outres neuves !".

Je reprends ici votre avant-dernier paragraphe qui me semble bien (re)cadrer le sujet de la "Modernité".

La modernité ne peut être réellement comprise voire pensable aujourdhui qu’à partir du moment où elle est actualisée par de nouvelles pratiques qui en reproduisent chaque fois l’écart à un moment donné dans des histoires singulières. Elle ne peut être, me semble-t-il, qu’une création constante dans de multiples expressions toujours particulières et incomplètes. Et sa force se juge à cette capacité qu’elle a à faire émerger des différences.

 

Merci à vous, Daniel Moline, et, tout comme vous, je suis curieux de suivre le débat de Liège.

Claude Miseur

Ce que chacun peut souhaiter pour l'avenir de la poésie dépend de ses goûts personnels.

Un peintre se caractérise par son style, il exprime, à sa façon, par des formes et par des couleurs ce qui l'émeut ou le surprend. Sa renommée résulte de l'admiration que ses oeuvres suscitent chez d'innombrables personnes. Or, il peint avant tout pour son plaisir.

En se servant du langage, le poète a le même désir. Il n'imite personne, il a sa manière de réagir aux émois qu'ils ressent. Ce qu'il écrit peut révéler un talent évident.

Autrefois, il arrivait de ne pas être sûr du nom d'un poète ou d'un peintre en se remémorant des vers ou la beauté d'un tableau. Ils appartenaient à certaines écoles. Actuellement la créativité

d 'un artiste a un caractère qui n'appartient qu'à lui. C'est là un aspect de la modernité.

Même ceux qui, étant âgés avaient été conditionnés à respecter certaines valeurs, ont réussi à se sentir libres de s'en défaire ou de les conserver.

Les éditeurs, qui publiaient traditionnellement des recueils de poésie, rééditent les oeuvres connues, et appréciées mondialement, mais refusent d'examiner la poésie contemporaine qui leur est proposée. Selon eux, la demande du public n'existe pas pour ce genre littéraire nouveau.

Or qu'en est-il de la poésie écrite de nos jours, offerte à tous les vents?

En quoi consiste sa nouveauté?

La médiocrité semble le trait commun aux innombrables écrits poétiques, assez conventionnels

qui sont accueillis par des sites qui se prétendent de prestige.

Abondent ailleurs, les textes ésotériques de psychotiques délirants dont l'éloquence surprend et quelques fois émeut.

Il semble difficile aux poètes actuels de connaître, et d'élire parmi eux, un prince de la modernité, aimé mondialement.

Or cela leur serait possible s'il avaient connaissance du nombre de gens qui les lisent régulièrement. Ils apprendraient alors, aussi, ce qui caractérise la modernité qui convient à leurs contemporains sensibles et éclairés.

23 octobre 2012

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TROIS MOMENTS D’UNE CONSCIENCE : L’ŒUVRE DE CATHERINE KARRER

CHRISTIAN KUBALA OU LA FORME DU REVE

L’ŒUVRE DE JACQUELINE GILBERT : ENTRE MOTS ET COULEURS

TROIS VARIATIONS SUR UN MEME STYLE : L’ŒUVRE D’ELIZABETH BERNARD

ISABELLE GELI : LE MOUVEMENT PAR LA MATIERE

L’ART, MYSTIQUE DE LA NATURE : L’ŒUVRE DE DOROTHEE DENQUIN

L’AUTRE FIGURATIF : l’ART D’ISABELLE MALOTAUX

CLAUDINE GRISEL OU L’EMOTION PROTAGONISTE DU MYTHE

VOYAGE ENTRE LYRISME ET PURETE : L’ŒUVRE ABSTRAITE DE LILIANE MAGOTTE

GUY BERAUD OU L’AME INCARNEE DANS LA FORME

LA FEERIE DE L’INDICIBLE : PROMENADE DANS L’ŒUVRE DE MARIE-HELENE FROITIER

JACQUELINE KIRSCH OU LES DIALOGUES DE L’AME

DU CORPS ET DU CODE : L’HERITAGE PICTURAL DE LEONARD PERVIZI

JACQUES DONNAY : ITINERAIRES DE LA LUMIERE

MIREILLE PRINTEMPS : DIALOGUE ENTRE L’ESPACE ET LE SUJET

STEPHAN GENTET: VOYAGE ENTRE LE MASQUE ET LE VISAGE

MARC LAFFOLAY : LE BOIS ET LE SACRE

FLORENCE PENET OU LA COULEUR FAUVE DES REVES

LE SURREALISME ANCESTRAL DE WILLIAM KAYO

CLARA BERGEL : DE L’EXISTENCE DU SUJET



GERT SALMHOFER OU LA CONSCIENCE DU SIGNE

ALFONSO DI MASCIO : D’UNE TRANSPARENCE, l’AUTRE

 

LESLIE BERTHET-LAVAL OU LE VERTIGE DE L’ANGE


TINE SWERTS : L’EAU ENTRE L’ABSTRAIT ET LA MATIERE


ELODIE HASLE : EAU EN COULEURS


RACHEL TROST : FLOATING MOMENTS, IMPRESSIONS D’INSTANTS


VILLES DE L’AME : L’ART DE NATHALIE AUTOUR


CHRISTIAN LEDUC OU LA MUSIQUE D’UNE RENAISSANCE


CHRISTIGUEY : MATIERE ET COULEUR AU SERVICE DE L’EXPRESSION


HENRIETTE FRITZ-THYS : DE LA LUMIERE A LA LUMINESCENCE


LA FORME ENTRE RETENUE ET DEVOILEMENT : L’ART DE JEAN-PAUL BODIN


L’ART DE LINDA COPPENS : LA COULEUR ET LE TRAIT DANS LE DIALOGUE DES SENS


CLAUDE AIEM : OU LA TENTATION DU SIGNIFIE


BOGAERT OU L’ART DE LA MYSTIQUE HUMAINE


MICHEL BERNARD : QUAND L’ART DANSE SUR LES EAUX


PERSONA : DE L’ETAT D’AME AU GRAPHISME. L’ŒUVRE D’ELENA GORBACHEVSKI


ALEXANDRE SEMENOV : LE SYMBOLE REVISITE


VERONICA BARCELLONA : VARIATIONS SUR UNE DEMARCHE EMPIRIQUE


FRANCOISE CLERCX OU LA POESIE D’UN MOMENT


XICA BON DE SOUSA PERNES: DIALOGUE ENTRE DEUX FORMES DU VISIBLE


GILLES JEHLEN : DU TREFONDS DE L’AME A LA BRILLANCE DE L’ACHEVE


JIM AILE - QUAND LA MATIERE INCARNE LE DISCOURS


DIMITRI SINYAVSKY : LA NATURE ENTRE L’AME ET LE TEMPS


FRANÇOISE MARQUET : ENTRE MUSIQUE ET LEGENDE


CLAUDINE CELVA : QUAND LA FOCALE NOIE LE REGARD


LES COULEURS HUMAINES DE MICAELA GIUSEPPONE


MARC JALLARD : DU GROTESQUE A L’ESSENTIEL


JULIANE SCHACK : AU SEUIL DE L’EXPRESSIONNISME MYSTIQUE


ROSELYNE DELORT : ENTRE COULEUR ET SOUVENIR


BETTINA MASSA : ENTRE TEMPS ET CONTRE-TEMPS

XAVI PUENTES: DE LA FACADE A LA SURFACE : VOYAGE ENTRE DEUX MONDES

MARYLISE GRAND’RY: FORMES ET COULEURS POUR LE TEMPS ET L’ESPACE

MARCUS BOISDENGHIEN: ETATS D’AME…AME D’ETATS : EMOTIONS CHROMATIQUES

 

JUSTINE GUERRIAT : DE LA LUMIERE

 

BERNADETTE REGINSTER : DE L’EMOTION A LA VITESSE

 

ANGELA MAGNATTA : L’IMAGE POUR LE COMBAT

 

MANOLO YANES : L’ART PASSEUR DU MYTHE

 

PIERRE-EMMANUEL MEURIS: HOMO LUDENS

 

MICHEL MARINUS: LET THE ALTARS SHINE

 

PATRICK MARIN - LE RATIONNEL DANS L’IRRATIONNEL : ESQUISSES D’UNE IDENTITE

 

CHRISTIAN VEY: LA FEMME EST-ELLE UNE NOTE DE JAZZ?

 

SOUNYA PLANES : ENTRE ERRANCE ET URGENCE

 

JAIME PARRA, PEINTRE DE L’EXISTENCE

Bruxelles ma belle. Et que par Manneken--Pis, Bruxelles demeure!

Menneken-Pis. Tenue de soldat volontaire de Louis-Philippe. Le cuivre de la statuette provient de douilles de balles de la révolution belge de 1830.

(Collection Robert Paul).

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