Giovanni Boldini Ladies soyeuses et demi-mondaines
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Commentaires
Merci Monsieur Paul pour votre intervention très explicite.
Adyne
Pour Voltaire, « le beau est souvent très relatif » : pour un crapaud, la beauté, c'est sa femelle, impression plus sûre que le galimatias des philosophes sur « l'archétype du beau en essence, [le] to kalon »
Voir ce texte dans son "Dictionnaire philosophique":
« L'homme expié dans les mystères sacrés, quand il voit un beau visage décoré d'une forme divine, ou bien quelque espèce incorporelle, sent d'abord un frémissement secret, et je ne sais quelle crainte respectueuse ; il regarde cette figure comme une divinité.... quand l'influence de la beauté entre dans son âme par les yeux, il s'échauffe : les ailes de son âme sont arrosées ; elles perdent leur dureté qui retenait leur germe ; elles se liquéfient ; ces germes enflés dans les racines de ses ailes s'efforcent de sortir par toute l'espèce de l'âme » (car l'âme avait des ailes autrefois), etc.
Je veux croire que rien n'est plus beau que ce discours de Platon ; mais il ne nous donne pas des idées bien nettes de la nature du beau.
Demandez à un crapaud ce que c'est que la beauté, le grand beau, le to kalon. Il vous répondra que c'est sa crapaude avec deux gros yeux ronds sortant de sa petite tête, une gueule large et plate, un ventre jaune, un dos brun.
Interrogez le diable ; il vous dira que le beau est une paire de cornes, quatre griffes, et une queue. Consultez enfin les philosophes, ils vous répondront par du galimatias ; il leur faut quelque chose de conforme à l'archétype du beau en essence, au to kalon. »
Il est évident ici que Boldini a rencontré quelques soyeuses crapaudes de haut vol répondant à ses aspirations esthétiques...
Bonjour Jean Marie,
Je lis à l'instant votre réponse, je comprends votre point de vue, je rectifie, au lieu de" beau" j'aurais dù dire "sophistiqué", c'est plus juste.
Merci pour la taquinerie et la documentation
Amicalement.
Adyne
P.S. je crois cependant qu'il ne faut pas confondre joli et beau
Adyne, bonjour
pour le plaisir de la conversation,je saisis au vol une de vos phrases :"C'est un choix artistique, Boldini était attiré par le beau, tandis que Toulouse Lautrec peignait ce qu'il avait sous les yeux" et vous taquine en vous demandant : "la beauté, c'est quoi?" tout en vous invitant à imaginer une beauté noire avec des yeux africains!
Il y a évidemment des livres à écrire la-dessus ! en voici un, écrit par un écrivain célèbre: Umberto Eco
Bien cordialement,
Jean-Marie
Adyne
D'ailleurs, certains milieux sociaux étaient si codifiés et coincés,
tel le carcan étouffants des corsets.
Alors peut être que la seule façon de laisser parler
son rêve, sa fantaisie et sa liberté
n'était possible que dans cet amoncellement de mousseline,
d'étoffes chatoyantes et lumineuses des plus féériques et fines ?
Bonjour Jean Marie,
C'est un choix artistique, Boldini était attiré par le beau, tandis que Toulouse Lautrec peignait ce qu'il avait sous les yeux,
Amicalement.
Adyne
...Toujours dans cet esprit d'aller au-delà des apparences et d'aiguiser (entre-nous! et gentiment ;-) notre jugement, notre esprit critique : au-delà du magnifique rendu des étoffes, je vous invite à jeter un oeil sur les visages et sur les mains des femmes de Boldini :
C'est le portrait de vraies robes mais est-ce le portrait de vraies femmes? sous l'exubérence de leur coiffure qui les distinguent; elles sont si uniformément belles, si joliment typées... c'était flatteur pour ce type de femmes d'être belles comme des Barbies. Imaginez que l'artiste leur aurait fait le nez d'Yvette Guilbert...qu'elle avait peut-être...Mais dans cette forme d'art que l'histoire oublie, il faut savoir oublier les oreilles décollées, le nez trop long et le double menton!
le regard de l'artiste va toujours au delà du réel . bien sur dans ces tableaux cela est palpable. n'est ce pas cela le talent ?
Elles sont figées et esclaves d'un rôle
mais Dieu que la mousseline est vivante !
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