Belge aux racines polonaises, je vis à Bruxelles, cité de brumes et de passages. Mon enfance s’est construite dans l’écho des récits fragmentaires de mes grand-mères, gardiennes d’une mémoire discrète et d’une dignité silencieuse. Très tôt, les mots se sont imposés comme une voie naturelle, une manière d’approcher ce qui se dérobe au regard.
Je suis avant tout poète. La poésie est ma façon d’habiter le monde et d’en percevoir les vibrations secrètes. Elle m’a appris l’attention, la lenteur et cette qualité de présence qui permet d’entendre ce qui demeure habituellement inaudible. Mon écriture s’ancre dans l’expérience vécue, non pour la raconter, mais pour révéler les fissures où se rencontrent la blessure, la mémoire et une forme de grâce discrète.
Cette quête se prolonge dans mon travail photographique. En noir et blanc, je recueille les apparitions furtives de la rue : une silhouette, un geste, une lumière passagère. Rien n’est mis en scène. Je cherche simplement à accueillir ce qui surgit, lorsque la matière et la lumière dévoilent, l’espace d’un instant, la profondeur cachée du quotidien.
Mon regard entre en résonance avec celui de Danuta Rago, dont l’œuvre savait révéler l’intensité des choses modestes. À sa suite, je m’attache à ces fragments d’humanité où l’ordinaire se charge d’une présence singulière.
Entre les mots et les images, je tente de préserver un espace de clairvoyance et d’écoute. Un lieu où le silence conserve sa force, et où la beauté apparaît parfois dans les interstices les plus inattendus.