Arts et Lettres

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De tous les artistes vivant d'une plume, il m'apparaît que les poètes sont les plus mal lotis. Il est bien rare de trouver des recueils de poésie dans les vitrines des
librairies et même parmi les contemporains, quand on en parle, on
peut souvent remarquer qu'ils sont plus connus pour d'autres écrits
que pour leur vers.


Pourquoi ?

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Réponses à cette discussion

Mon bouquiniste favori m'offre parfois des recueils de poésie. Il sait que j'apprécie ce type de lecture et il m'assure qu'il est certain de ne pas vendre ces livres.

Pourtant la poésie quelle magie, elle n'offre pas que de belles images mais aussi des réflexions profondes.
Amon avis, le souffle du matérialisme à changer les goûts des gens. Alors que la poésie, cette langue majestueuse et magique parle aux sens et aux sentiments, et elle fait bouger l'imagination...et de plus elle a le don de changer le tempérament, tout comme la musique et autres...

Et pour donner un autre exemple, encore plus proche de la poésie, je parle là de l'amour. Ô! L’amour ! Le vrai amour ! Il est devenu étranger lui aussi, sauf chez les vrais amoureux...
Pourquoi ce changement?!

C'est la vie ! Ou au moins son état actuel. Les gens ont plus tendance à faire fonctionner le mental que leurs cœurs. Je crois.
Un lien ne suffit pas Fabienne, il faut les voir, les lire et les savourer ces mots de Ferré:

POÈTE... VOS PAPIERS


Bipède volupteur de lyre
Époux châtré de Polymnie
Vérolé de lune à confire
Grand-Duc bouillon des librairies
Maroufle à pendre à l'hexamètre
Voyou décliné chez les Grecs
Albatros à chaîne et à guêtres
Cigale qui claque du bec

Poète, vos papiers!
Poète, vos papiers!

J'ai bu du Waterman et j'ai bouffé Littré
Et je repousse du goulot de la syntaxe
A faire se pâmer les précieux à l'arrêt
La phrase m'a poussé au ventre comme un axe

J'ai fait un bail de trois six neuf aux adjectifs
Qui viennent se dorer le mou à ma lanterne
Et j'ai joué au casino les subjonctifs
La chemise à Claudel et les cons dits "modernes"

Syndiqué de la solitude
Museau qui dévore du couic
Sédentaire des longitudes
Phosphaté des dieux chair à flic
Colis en souffrance à la veine
Remords de la Légion d'honneur
Tumeur de la fonction urbaine
Don Quichotte du crève-coeur

Poète, vos papiers!
Poète, Papier!

Le dictionnaire et le porto à découvert
Je débourre des mots à longueur de pelure
J'ai des idées au frais de côté pour l'hiver
A rimer le bifteck avec les engelures

Cependant que Tzara enfourche le bidet
A l'auberge dada la crotte est littéraire
Le vers est libre enfin et la rime en congé
On va pouvoir poétiser le prolétaire

Spécialiste de la mistoufle
Émigrant qui pisse aux visas
Aventurier de la pantoufle
Sous la table du Nirvana
Meurt-de-faim qui plane à la Une
Écrivain public des croquants
Anonyme qui s'entribune
A la barbe des continents

Poète, vos papiers!
Poète, documenti!

Littérature obscène inventée à la nuit
Onanisme torché au papier de Hollande
Il y a partouze à l'hémistiche mes amis
Et que m'importe alors Jean Genêt que tu bandes

La poétique libérée c'est du bidon
Poète prends ton vers et fous-lui une trempe
Mets-lui les fers aux pieds et la rime au balcon
Et ta muse sera sapée comme une vamp

Citoyen qui sent de la tête
Papa gâteau de l'alphabet
Maquereau de la clarinette
Graine qui pousse des gibets
Châssis rouillé sous les démences
Corridor pourri de l'ennui
Hygiéniste de la romance
Rédempteur falot des lundis

Poète, vos papiers!
Poète, salti!

Que l'image soit rogue et l'épithète au poil
La césure sournoise certes mais correcte
Tu peux vêtir ta Muse ou la laisser à poil
L'important est ce que ton ventre lui injecte

Ses seins oblitérés par ton verbe arlequin
Gonfleront goulûment la voile aux devantures
Solidement gainée ta lyrique putain
Tu pourras la sortir dans la Littérature

Ventre affamé qui tend l'oreille
Maraudeur aux bras déployés
Pollen au rabais pour l'abeille
Tête de mort rasée de frais
Rampant de service aux étoiles
Pouacre qui fait dans le quatrain
Masturbé qui vide sa moelle
A la devanture du coin

Poète... circulez!
Circulez poète!
Circulez!

Fabienne Coppens a dit :
Oui elle offre des réflexions profondes.

Un poète doit être scientifique, mathématicien, géographe, philosophe, technicien, astronome, physicien, .....et même informaticien...s'il n'a pas toutes les flèches du monde, son arc ne peut rien décocher. Et pourtant les rares qui les lisent le font entre deux rayons, les referment et les remettent bien à leur place. Au moins auront-ils égayer un moment d'attente entre le choix d'un roman et un ouvrage scientifique. Ton libraire Micheline, est bien généreux et toi bien heureuse car tu les recueilles ces 'livres-là'.

Micheline BOLAND a dit :
Mon bouquiniste favori m'offre parfois des recueils de poésie. Il sait que j'apprécie ce type de lecture et il m'assure qu'il est certain de ne pas vendre ces livres.

Pourtant la poésie quelle magie, elle n'offre pas que de belles images mais aussi des réflexions profondes.
C'est la vie ! Triste constatation.......................

Abdeslem SBIBI a dit :
Amon avis, le souffle du matérialisme à changer les goûts des gens. Alors que la poésie, cette langue majestueuse et magique parle aux sens et aux sentiments, et elle fait bouger l'imagination...et de plus elle a le don de changer le tempérament, tout comme la musique et autres...

Et pour donner un autre exemple, encore plus proche de la poésie, je parle là de l'amour. Ô! L’amour ! Le vrai amour ! Il est devenu étranger lui aussi, sauf chez les vrais amoureux...
Pourquoi ce changement?!

C'est la vie ! Ou au moins son état actuel. Les gens ont plus tendance à faire fonctionner le mental que leurs cœurs. Je crois.
« QUE C'EST TRISTE DES LIVRES OUBLIES DANS LA POUSSIERE DU TEMPS ! »
Les mots véhiculés par la musique, sans haine ni préjugés, franchissent le temps, les frontières, les barreaux des prisons, les murs des ghettos, les barbelés, apportant aux Hommes une lueur d’Espoir !

Certains nous regardent comme des marginaux, et pourtant notre force, c’est nos différences quelles qu’elles soient !
Beaucoup de fondateurs sont partis rejoindre les étoiles, mais restent quelques fidèles comme moi accroché à l’esprit du début :
« Défendre la langue française » !

Au début nous tentions un compromis entre poésie libre et classique, puis peu à peu des thèmes ont été proposé à l’initiative d’un Sage et cela dure depuis trente ans ! Comme quoi la poésie a la vie dure- Si vous voulez être des nôtres, bienvenue et contactez-moi - Micheline de Lavansy -Atelierd'écriture "De la Plume aux Rêves"
Parce que les libraires sont avant tout des commerçants et visent à minimiser leurs risques. Ils acceptent donc plutôt dans leurs rayonnages des noms connus. La notoriété n'étant d'ailleurs pas nécessairement un gage de qualité, mais reflétant bien plus sûrement la capacité de l'auteur à se promouvoir et la manière dont l'éditeur est introduit dans les circuits officiels (en Belgique, c'est flagrant!) et dans la chaîne de distribution (les libraires n'aiment pas trop les éditeurs autodistribués, cela leur semble peu professionnel. Mais, comme les distributeurs n'aiment pas non plus les éditeurs de poésie - en particulier les petits ...- parce qu'ils ne leur rapportent pas assez de ventes ... la boucle est bouclée!)

Une autre raison aussi, est que les poètes ne se soutiennent pas assez entre eux : pour avoir souvent vu défiler des poètes devant mon stand dans des marchés de la poésie et autres salons, j'ai pu constater qu'il s'intéressent assez peu à ce qu'écrivent les autres poètes (il y a des exceptions, heureusement).

Il y aurait encore énormément à dire sur la place de la poésie (que je défends avec ferveur) dans le monde littéraire. Cela prendrait peut-être trop de place sur ce forum.
Bonsoir,
Vous n'avez pas tout à fait tort, j'ai souvent remarqué aussi que parmi mes ouailles, certains ouvrait la revue mensuelle afin de voir si leur texte était bien imprimé ! c'est pourquoi, malgré les reproches je ne numérote JAMAIS les pages et lors de notre réunion mensuelle, je fais lire l'édito par l'un d'eux, puis un tour de table pour lire quelques uns des absents et édité cette fois, puis un second tour pour lire les poèmes du jour sur le thème....heureusement nous ne sommes jamais très nombreux aux réunions sinon cela ne fonctionnerait pas. Quelques fois, nous écrivons sur une idée commune, que l'un ou l'autre aura lancé... très intéressant, l'égo reste à la porte...nous sommes tous égaux devant la page blanche ! Ce mois ci, c'est "il était une fois" à la façon des griots africains...une petite histoire et deux membres parlerons du "Nègre aux yeux bleus" de Camille Biver, comme quoi, il y a encore des personnes pour s'intéresser à la poésie. C'est pas toujours facile d'animer tout cela - Amicalement Micheline
Une autre raison aussi, est que les poètes ne se soutiennent pas assez entre eux : pour avoir souvent vu défiler des poètes devant mon stand dans des marchés de la poésie et autres salons, j'ai pu constater qu'il s'intéressent assez peu à ce qu'écrivent les autres poètes (il y a des exceptions, heureusement).

Il y aurait encore énormément à dire sur la place de la poésie (que je défends avec ferveur) dans le monde littéraire. Cela prendrait peut-être trop de place sur ce forum.
En 1964, Pierre Coran écrivait dans l'avant-dire du recueil "Poésie - 20" : "Si la jeunesse lit des poèmes c'est parce que l'école primaire a inscrit la poésie à son programme." et encore "le poète ne doit plus se permettre d'attendre que le public vienne à lui, il doit aller au public, multiplier les séances de dédicaces dans les librairies et les grands magasins."

Je pense qu'il y a là aujourd'hui encore matière à réflexion.
Il y a poésie et poésie ... Bien que l'enseignement ait un rôle à jouer dans la promotion de la poésie, et la promotion du français en général (car, qui ne maîtrise bien sa langue aura des difficultés à structurer sa pensée et à l'extérioriser ...), je ne suis pas bien certaine que les programmes pédagogiques permettent de découvrir la poésie contemporaine. Quant à aller au-devant des amateurs, je pense que la plupart des poètes le font, sans doute pas dans les grands magasins.
Les bibliothèques publiques auraient un rôle à jouer, dans la mesure où leur raison d'être est de favoriser l'accès à la lecture et d'être des espaces de rencontres. Mais elles ont aussi des impératifs de fréquentation (elles dépendent des subsides publics et doivent justifier de leur rentabilité) et sont donc assez peu enclines à inviter des poètes ... lorsque ceux-ci ne sont pas des "officiels"!
Il reste les initiatives privées, les cercles de poésie (où, malheureusement, on se retrouve souvent entre poètes ...), les salons et marchés. C'est aussi pour aller au-devant des amateurs que l'on voit se multiplier les slams et autres performances . Parfois le texte poétique ne s'y retrouve pas ...

Micheline BOLAND a dit :
En 1964, Pierre Coran écrivait dans l'avant-dire du recueil "Poésie - 20" : "Si la jeunesse lit des poèmes c'est parce que l'école primaire a inscrit la poésie à son programme." et encore "le poète ne doit plus se permettre d'attendre que le public vienne à lui, il doit aller au public, multiplier les séances de dédicaces dans les librairies et les grands magasins."

Je pense qu'il y a là aujourd'hui encore matière à réflexion.


Joëlle Aubevert a dit :
Il y a poésie et poésie ... Bien que l'enseignement ait un rôle à jouer dans la promotion de la poésie, et la promotion du français en général (car, qui ne maîtrise bien sa langue aura des difficultés à structurer sa pensée et à l'extérioriser ...), je ne suis pas bien certaine que les programmes pédagogiques permettent de découvrir la poésie contemporaine. Quant à aller au-devant des amateurs, je pense que la plupart des poètes le font, sans doute pas dans les grands magasins.
Les bibliothèques publiques auraient un rôle à jouer, dans la mesure où leur raison d'être est de favoriser l'accès à la lecture et d'être des espaces de rencontres. Mais elles ont aussi des impératifs de fréquentation (elles dépendent des subsides publics et doivent justifier de leur rentabilité) et sont donc assez peu enclines à inviter des poètes ... lorsque ceux-ci ne sont pas des "officiels"!
Il reste les initiatives privées, les cercles de poésie (où, malheureusement, on se retrouve souvent entre poètes ...), les salons et marchés. C'est aussi pour aller au-devant des amateurs que l'on voit se multiplier les slams et autres performances . Parfois le texte poétique ne s'y retrouve pas ...

Micheline BOLAND a dit :
En 1964, Pierre Coran écrivait dans l'avant-dire du recueil "Poésie - 20" : "Si la jeunesse lit des poèmes c'est parce que l'école primaire a inscrit la poésie à son programme." et encore "le poète ne doit plus se permettre d'attendre que le public vienne à lui, il doit aller au public, multiplier les séances de dédicaces dans les librairies et les grands magasins."

Je pense qu'il y a là aujourd'hui encore matière à réflexion.

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