Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

Note préalable de l'administrateur réseau au sujet de cette discussion:
 
Robert Paul

 

 

Chers vous,

Vous apprendrez que je n'aime pas rester sur des questions sans réponses. Tout est parti d'échange sur l'art et le beau et sur leur origine.
Je prends en cet instant une gomme virtuelle et j'efface les pages écrites. L'espace vide s'offre. Il faut bien démarrer d'un point en faisant abstraction de mes opinions et en allant chercher dans les acquis solidement assis que nous ont laissés  philosophes, écrivains, peintres, bref artiste ou pas.

Donc, je mets en route: qu'est - ce le beau ?

J'ai fait appel à un puissant moteur de recherches pour être sûre de ne pas aller trop lentement: voilà une de ses propositions. A partir de là chacun pourra s'exprimer et apporter d'autres arguments (nouveaux ou anciens) et il serait tellement intéressant que ceux qui peuvent en trace les grandes lignes, comme un résumé succinct mettant en évidence les points communs entre toutes les sources. Le tout devrait nous permettre d'éclairer un peu plus ce qu'est vraiment le beau et l'art du beau ou l'art et le beau. Le but final serait de savoir si Dostoïevski avait raison: Le Beau sauvera le monde.







Le jugement de goût est pur de tout intérêt


Quand la question est de savoir si une chose est belle, ce que l'on veut savoir, ce n'est pas si l'existence de cette chose a ou pourrait avoir quelque importance pour nous-même ou pour quiconque, mais comment nous en jugeons quand nous nous contentons de la considérer (dans l'intuition ou dans la réflexion). Si quelqu'un me demande si je trouve beau le palais que j'ai
devant les yeux, je peux toujours répondre que je n'aime pas ce genre de choses qui ne sont faites que pour les badauds; ou bien comme ce sachem iroquois, qui n'appréciait rien à Paris autant que les rôtisseries ; je peux aussi, dans le plus pur style de Rousseau, récriminer contre la vanité des Grands, qui font servir la sueur du peuple à des choses si superflues ; je puis enfin me persuader bien aisément que si je me trouvais dans une île déserte, sans espoir de revenir jamais parmi les hommes, et si j'avais le pouvoir de faire apparaître par magie, par le simple fait de ma volonté, un édifice si somptueux, je ne prendrais même pas cette peine dès lors que je disposerais déjà d'une cabane qui serait assez confortable pour moi. On peut m'accorder tout cela et y souscrire, mais là n'est pas le problème.
En posant la dite question, on veut simplement savoir si cette pure et simple représentation de l'objet s'accompagne en moi de satisfaction, quelle que puisse être mon indifférence concernant l'existence de l'objet de cette représentation.
On voit aisément que c'est ce que je fais de cette représentation en moi-même, et non pas ce en quoi je dépends de l'existence de l'objet, qui importe pour que je puisse dire qu'un tel objet est beau et pour faire la preuve que j'ai du goût. Chacun devra admettre que le jugement sur la beauté au sein duquel il se mêle le moindre intérêt est tout à fait de parti pris et ne constitue nullement un jugement de goût qui soit pur. Il ne faut pas se soucier le moins du monde de l'existence de
la chose mais y être totalement indifférent, pour jouer le rôle de juge en matière de goût. (...)

Définition du beau :

Le goût est la faculté de juger ou d'apprécier un objet ou un mode de représentation par une satisfaction ou un déplaisir, indépendamment de tout intérêt. On appelle beau l'objet d'une telle représentation>>.

KANT, Critique de la faculté de juger, trad. J.-R. Ladmiral, M. B.
de Launay et J.-M. Vaysse, Gallimard, Bibl. de la Pléiade, t. 2, pp.
959-967.



Universalité sans concept


Le beau est ce qui est représenté sans concepts comme l'objet d'une satisfaction universelle.
Cette définition du beau peut être déduite de la définition précédente, qui en faisait l'objet d'une satisfaction indépendante de tout intérêt.
En effet, ce dont quelqu'un a conscience que la satisfaction qu'il en retire est chez lui-même indépendante de tout intérêt, cela ne peut pas être jugé autrement par lui que comme contenant nécessairement un principe de satisfaction pour tous. Dans la mesure, en effet, où cette
satisfaction ne se fonde pas sur une inclination quelconque (ni sur quelque autre intérêt réfléchi), mais où, au contraire, celui qui porte un tel jugement se sent entièrement libre quant à la satisfaction qu'il attribue à l'objet, il ne peut dégager au principe de la dite satisfaction aucune condition d'ordre personnel et privé, dont le sujet qu'il est serait le seul à dépendre ; et il doit donc nécessairement regarder cette satisfaction comme fondée sur ce qu'il peut supposer exister en chacun ; par voie de conséquence, il devra se croire nécessairement fondé à attendre que tous éprouvent une satisfaction semblable. Il parlera donc du beau comme si la beauté était une
propriété de l'objet et comme si le jugement était un jugement logique (comme s'il en
constituait une connaissance grâce à des concepts de l'objet), alors qu'en fait ce jugement n'est qu'un jugement esthétique et n'a pour contenu qu'un rapport de la représentation de l'objet au sujet, et ce, parce que ledit jugement présente quand même avec le jugement logique cette ressemblance, que l'on peut le supposer valable pour tous. Mais cette universalité ne peut pas non plus remonter à des concepts. Car il n'y a pas de transition permettant de passer des concepts au sentiment de plaisir et de déplaisir (...). Il faut par conséquent que soit attachée au jugement de goût, avec la conscience qu'il y a en lui d'être dégagé de tout intérêt, une prétention à la validité pour tous, sans universalité fondée objectivement, c'est-à-dire en somme qu'une prétention à l'universalité subjective est nécessairement liée  à ce jugement de goût>>.

KANT, Critique de la faculté de juger, trad. J.-R. Ladmiral, M. B.
de Launay et J.-M. Vaysse, Gallimard, Bibl. de la Pléiade, t. 2, pp.
967-968.



Le beau et l'agréable


En ce qui concerne l'agréable, chacun consent à ce que son jugement, qu'il fonde sur un sentiment personnel et privé, et en vertu duquel il dit d'un objet qu'il lui plaît, soit du même coup restreint à sa seule personne. C'est pourquoi, s'il dit : "Le vin des Canaries est agréable", il admettra
volontiers qu'un autre le reprenne et lui rappelle qu'il doit plutôt dire : "cela est agréable pour moi" ; et ce, non seulement pour ce qui est du goût de la langue, du palais et du gosier, mais aussi pour ce qui peut être agréable aux yeux ou à l'oreille de chacun. La couleur violette sera douce et aimable pour l'un, morte et sans vie pour l'autre. L'un aimera le son des instruments à vent, l'autre leur préférera celui des instruments à corde. Ce serait folie d'en disputer pour récuser comme inexact le jugement d'autrui qui diffère du nôtre, tout comme s'il s'opposait à lui de façon

logique ; en ce qui concerne l'agréable, c'est donc le principe suivant qui est valable : A chacun son goût (pour ce qui est du goût des sens). Il en va tout autrement du beau. Il serait (bien au contraire) ridicule que quelqu'un qui se pique d'avoir du goût songeât à s'en justifier en disant : cet objet (l'édifice que nous avons devant les yeux, le vêtement que porte tel ou tel, le concert que nous entendons, le poème qui se trouve soumis à notre appréciation) est beau pour moi. Car il n'y a pas lieu de l'appeler beau, si ce dernier ne fait que de lui plaire à lui. Il y a beaucoup de choses qui peuvent avoir de l'attrait et de l'agrément, mais, de cela, personne ne se soucie ; en revanche, s'il affirme que quelque chose est beau, c'est qu'il attend des autres qu'ils éprouvent la même
satisfaction ; il ne juge pas pour lui seulement mais pour tout le monde, et il parle alors de la beauté comme si c'était une propriété des choses. C'est pourquoi il dit : cette chose est belle ; et ce,
en comptant sur l'adhésion des autres à son jugement exprimant la satisfaction qui est la sienne, non pas parce qu'il aurait maintes fois constaté que leur jugement concordait avec le sien ; mais bien plutôt, il exige
d'eux cette adhésion>>.



KANT, Critique de la faculté de juger, trad. J.-R. Ladmiral, M. B. de Launay et J.-M. Vaysse, Gallimard, Bibl. de la Pléiade,
t. 2, pp. 968-969.


L'art, représentation sensible de l'intelligible ?

Éveiller l'âme : tel est, dit-on, le but final de l'art, tel est l'effet qu'il doit chercher à obtenir. C'est de cela que nous avons à nous occuper en premier lieu.
En envisageant le but final de l'art sous ce dernier aspect, en nous demandant notamment quelle est l'action qu'il doit exercer, qu'il peut exercer et qu'il exerce effectivement, nous constatons aussitôt que le contenu de l'art comprend tout le contenu de l'âme et de l'esprit, que son but consiste à révéler à l'âme tout ce qu'elle recèle d'essentiel, de grand, de sublime, de respectable et de vrai. Il nous procure, d'une part, l'expérience de la vie réelle, nous transporte dans des situations
que notre expérience personnelle ne nous fait pas, et ne nous fera peut-être jamais connaître : les expériences des personnes qu'il représente, et, grâce à la part que nous prenons à ce qui arrive à ces personnes, nous devenons capables de ressentir plus profondément ce qui se passe en nous-mêmes. D'une façon générale, le but de l'art consiste à rendre accessible à l'intuition ce qui existe dans l'esprit humain, la vérité que l'homme abrite dans son esprit, ce qui remue la poitrine
humaine et agite l'esprit humain. C'est ce que l'art a pour tâche de représenter, et il le fait au moyen de l'apparence qui, comme telle, nous est indifférente, dès l'instant où elle sert à éveiller en nous le
sentiment et la conscience de quelque chose de plus élevé. C'est ainsi que l'art renseigne sur l'humain, éveille des sentiments endormis, nous met en présence des vrais intérêts de l'esprit. Nous voyons ainsi que l'art agit en remuant, dans leur profondeur, leur richesse et leur variété, tous les sentiments qui s'agitent dans l'âme humaine, et en intégrant dans le champ de notre expérience ce qui se passe dans les régions intimes de cette âme. « Rien de ce qui est humain ne m'est étranger » : telle est la devise qu'on peut appliquer à l'art>>.

HEGEL, Esthétique.

L'art, imitation ou création ?

L'opinion la plus courante, qu'on se fait de la fin que se propose l'art, c'est qu'elle consiste à imiter la nature ...

Dans cette perspective, l'imitation, c'est-à-dire l'habilité à reproduire avec une parfaite fidélité les objets naturels, tels qu'ils s'offrent à nous, constituerait le but essentiel de l'art, et quand cette reproduction fidèle serait bien réussie, elle nous donnerait une complète satisfaction. Cette définition n'assigne à l'art que le but formel de refaire à son tour, aussi bien que ses moyens le lui permettent, ce qui existe déjà dans le monde extérieur, et de le reproduire tel quel. Mais on peut remarquer tout de suite que cette reproduction est du travail superflu, car ce que nous voyons représenté et reproduit sur des tableaux, à la scène ou ailleurs : animaux, paysages, situations humaines, nous le trouvons déjà dans nos jardins, dans notre maison ou parfois dans ce que nous tenons du cercle plus ou moins étroit de nos amis et connaissances. En outre, ce travail superflu peut passer pour un jeu présomptueux, qui reste bien en deçà de la nature. Car l'art est limité dans ses moyens d'expression et ne peut produire que des illusions partielles, qui ne trompent qu'un seul sens; en fait, quand l'art s'en tient au but formel de la stricte imitation, il ne nous donne, à la place du réel et du vivant, que la caricature de la vie. On sait que les Turcs, comme tous les mahométans ne tolèrent pas qu'on peigne ou reproduise l'homme ou toute autre créature vivante. J. Bruce, au cours
de son voyage en Abyssinie, ayant montré à un Turc un poisson peint, le plongea d'abord dans l'étonnement, mais bientôt après en reçut la réponse suivante : "Si ce poisson, au Jugement Dernier, se lève contre toi et te dit : Tu m'as fait un corps, mais point d'âme vivante, comment te justifieras-tu de cette accusation?" Le prophète lui aussi, comme il est dit dans la Sunna, répondit à ses deux femmes, Ommi Habiba et Ommi Selma, qui lui parlaient des peintures des temples éthiopiens : "Ces peintures accuseront leurs auteurs au jour du Jugement".
On cite aussi des exemples d'illusions parfaites fournies par des reproductions artistiques. Les raisins peints par Zeuxis ont été donnés depuis l'Antiquité comme le triomphe de l'art et comme le triomphe de l'imitation de la nature, parce que des pigeons vivants vinrent les picorer. On pourrait rapprocher de ce vieil exemple, l'exemple plus récent du singe de Buttner, qui dévora une planche d'une précieuse collection d'histoire naturelle, laquelle figurait un hanneton, et qui fut pardonné par son maître pour avoir ainsi démontré l'excellence de la reproduction. Mais dans des cas de ce genre, on devrait au moins comprendre qu'au lieu de louer des oeuvres d'art parce que même des
pigeons ou des singes s'y sont laissé tromper, il faudrait plutôt blâmer ceux qui croient avoir porté bien haut l'art, alors qu'ils ne savent lui donner comme fin suprême qu'une fin si médiocre. D'une façon générale, il faut dire que l'art, quand il se borne à imiter, ne peut rivaliser avec la nature, et qu'il ressemble à un ver qui s'efforce en rampant d'imiter un éléphant. Dans ces reproductions toujours plus ou moins réussies, si on les compare aux modèles naturels, le seul but que puisse se
proposer l'homme, c'est le plaisir de créer quelque chose qui ressemble à la nature. Et de fait, il peut se réjouir de produire lui aussi, grâce à son travail, son habilité, quelque chose qui existe déjà indépendamment de lui. Mais justement, plus la reproduction est semblable au modèle, plus sa joie et son admiration se refroidissent, si même elles ne tournent pas à l'ennui et au dégoût. Il y a des portraits dont on a dit spirituellement qu'ils sont ressemblants à vous en donner la nausée.
Kant donne un autre exemple de ce plaisir qu'on prend aux imitations : qu'un homme imite les trilles du rossignol à la perfection, comme cela arrive parfois, et nous en avons vite assez ; dès que nous découvrons que l'homme en est l'auteur, le chant nous paraît fastidieux; à ce moment, nous n'y voyons qu'un artifice, nous ne le tenons ni pour une oeuvre d'art, ni pour une libre production de la nature. Nous attendons tout autre chose des libres forces productives de l'homme; pareille
musique ne nous touche que, dans la mesure où, jaillie de la vitalité propre du rossignol, sans aucune intention, elle ressemble à l'expression de sentiments humains. D'ailleurs cette joie que donne l'habilité à imiter ne peut jamais être que relative et il convient mieux à l'homme de trouver de la joie dans ce qu'il tire de son propre fond. En ce sens, l'invention technique la plus insignifiante a une valeur bien supérieure et l'homme a lieu d'être plus fier d'avoir inventé le marteau, le clou, etc., que de réaliser des chefs-d'œuvre d'imitation. S'efforcer de rivaliser avec la nature en l'imitant
abstraitement, c'est un tour de force comparable à celui de l'homme qui s'était entraîné à jeter des lentilles à travers un petit orifice sans jamais le rater. Alexandre, devant qui il exhibait son habilité, lui fit donner un boisseau de lentilles, pour prix d'un talent si inutile et si vide de sens.
Étantdonné que ce principe de l'imitation est tout formel, dès qu'on le prend comme fin de l'art le beau objectif disparaît du même coup. Car on ne s'occupe plus dans ce cas de trouver ce qu'on doit reproduire, on s'occupe seulement de le reproduire correctement. L'objet et le contenu du beau sont considérés comme parfaitement indifférents. Mais si on parle du beau et de laid à propos d'animaux, d'hommes, de pays, d'actions, de caractères, c'est qu'on fait intervenir un critère qui n'appartient pas en propre à l'art, puisqu'on ne lui a laissé d'autre fonction que l'imitation abstraite. Faute d'un critère qui permette de choisir les objets et de les répartir en beaux et en laids, on s'en remet au goût subjectif, qui ne peut édicter aucune règle et ne peut être discuté. (...)
Supposons que l'art n'ait pas de principe objectif, que le beau reste sous la dépendance du goût subjectif et particulier, nous allons voir cependant que, même du point de vue de l'art lui-même, l'imitation de la nature, qui semblait un principe universel, sous le couvert de hautes autorités, est irrecevable, du moins sous cette forme générale tout à fait abstraite. En effet, passons en revue les différents arts : si la peinture, la sculpture représentent des objets qui paraissent ressembler
aux objets naturels ou dont le type est essentiellement  emprunté à la nature, on accordera par contre qu'on ne peut pas dire que l'architecture, qui pourtant fait aussi partie des Beaux-Arts, ni que
les créations de la poésie, dans la mesure où elles ne sont pas strictement descriptives, imitent quoi que ce soit de la nature. Ou du moins on serait obligé, si on voulait appliquer le principe dans le dernier cas d'user de grands détours, de le soumettre à bien des conditions et de ramener ce qu'on a coutume d'appeler vérité à la vraisemblance. Mais avec la vraisemblance s'introduit de nouveau  une grande difficulté, car comment déterminer ce qui est vraisemblable et ce qui ne l'est pas ? sans compter qu'on ne voudrait ni ne pourrait exclure radicalement de la poésie tout ce qu'elle comporte de fabulation parfaitement arbitraire et imaginaire. L'art doit donc se proposer une autre fin que l'imitation purement formelle de la nature; dans tous les cas, l'imitation ne peut produire que des chefs-d'oeuvre de technique, jamais des oeuvres d'art>>.

HEGEL, Esthétique, introduction.


Les beaux-arts sont les arts du génie


"Dans le domaine scientifique ainsi, le plus remarquable auteur de découvertes ne se distingue que par le degré de l'imitateur et de l'écolier le plus laborieux, tandis qu'il est spécifiquement différent de celui que la nature a doué pour les beaux-arts. Il ne faut cependant pas voir en ceci une quelconque
dépréciation de ces grands hommes auxquels l'espèce humaine doit tant, par rapport à ceux qui par leur talent pour les beaux-arts sont les favoris de la nature. Le grand privilège des premiers par rapport à ceux qui méritent l'honneur d'être appelés  des génies, c'est que leur talent consiste à contribuer à la perfection toujours croissante des connaissances et de l'utilité qui en dépend,
comme à instruire les autres dans ces mêmes connaissances. Mais pour le génie l'art s'arrête quelque part, puisqu'une limite lui est imposée au-delà de laquelle il ne peut aller, limite qu'il a d'ailleurs vraisemblablement déjà atteinte depuis longtemps et qui ne peut plus être reculée ; en outre, l'aptitude propre au génie ne peut être communiquée et elle est donnée immédiatement à chacun en partage de la main de la nature ; elle disparaît donc avec lui, jusqu'à ce que la nature confère à un autre les mêmes dons".

KANT, Critique de la faculté de juger, I, 47.


Le chemin du retour... Art et thérapie



"Il existe notamment un chemin de retour qui conduit de la fantaisie à la réalité: c'est l'art. L'artiste est en même temps un introverti qui frise la névrose.
Animé d'impulsions et de tendances extrêmement fortes, il voudrait conquérir honneurs, puissance, richesses, gloire et amour des femmes. Mais les moyens lui manquent de se procurer ces satisfactions. C'est pourquoi, comme tout homme insatisfait, il se détourne de la réalité et
concentre tout son intérêt, et aussi sa libido, sur les désirs créés par sa vie imaginative, ce qui peut
le conduire facilement à la névrose. Il faut beaucoup de circonstances favorables pour que son développement n'aboutisse pas à ce résultat; et l'on sait combien sont nombreux les artistes qui souffrent d'un arrêt partiel de leur activité par suite de névroses. Il est possible que leur
constitution comporte une grande aptitude à la sublimation et une certaine faiblesse à effectuer des refoulements susceptibles de décider du conflit. Et voici comment l'artiste retrouve le chemin de la réalité.
Je n'ai pas besoin de vous dire qu'il n'est pas le seul à vivre d'une vie imaginative. Le domaine intermédiaire de la fantaisie jouit de la faveur générale de l'humanité, et tous ceux qui sont privés de quelque chose y viennent chercher compensation et consolation. Mais les profanes ne retirent des sources de la fantaisie qu'un plaisir limité. Le caractère implacable de leurs refoulements les oblige à se contenter des rares rêves éveillés dont il faut encore qu'ils se rendent conscients.
Mais le véritable artiste peut davantage. Il sait d'abord donner à ses rêves éveillés une forme telle qu'ils perdent tout caractère personnel susceptible de rebuter les étrangers et deviennent une source de jouissance pour les autres. Il sait également les embellir de façon à dissimuler complètement leur origine suspecte. Il possède en outre le pouvoir mystérieux de modeler des matériaux donnés jusqu'à en faire l'image fidèle de la représentation existant dans sa fantaisie et de
rattacher à cette représentation de sa fantaisie inconsciente une somme de plaisir suffisante pour masquer ou supprimer, provisoirement du moins, les refoulements. Lorsqu'il a réussi à réaliser tout cela, il procure à d'autres le moyen de puiser à nouveau soulagement et consolation dans les sources de jouissances, devenues inaccessibles, de leur propre inconscient ; il s'attire leur reconnaissance et leur admiration et a finalement conquis par sa fantaisie ce qui auparavant n'avait existé que dans sa fantaisie : honneurs, puissance et amour des femmes.



FREUD, Introduction à la Psychanalyse, trad. S. Jankélévitch, Payot, 1965, p. 354.

A vous, si le coeur vous en dit et si l'art et le beau vous tient à coeur.
Vous pensez que c'est dangereux de s'exprimer ? Nous le verrons.....
Arwen Gernak

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Réponses à cette discussion

Tu sais Fabienne, je pense surtout que ce qu'il y a de plus difficile dans une discussion, c'est l'écoute de l'autre et la mise en question de soi-même.
Oui c'est bien beau....voilà déjà le mot qui apparait. Pourquoi est-ce beau ? Pourquoi n'as-tu pas étoffé ?
Cette discussion je la voudrais ouverte à toutes les opinions parce que ma vision est celle que le beau est totalement subjectif quand on en fait une approche approximative. J'ai choisi Kant et Hegel pour les opposés à Freud. Freud qui pour moi se trouve là comme un cheveu dans la soupe. Et pourtant.....n'a-t-il pas droit à être entendu lui aussi.
Et je reste avec ma question, encore et toujours: qu'est-ce que le BEAU ?
Est-ce la perception du moi face à une œuvre qui la rend belle ou pas ou faut-il qu'il y ait une entente universelle pour décréter qu'une œuvre est belle ?
Chère Arwen,

Tout d’abord permettez-moi de vous féliciter pour votre enthousiasme, et pour votre conquête dans le monde du savoir.

Avant tout, le sujet traité ici, «Je reste avec une question.....c'est quoi le beau ? » entre dans le domaine de la philosophie et les sciences humaines, et on trouvera surement des théories là déçu, mais laquelle d’entre elles est la plus convaincante. Au moins pour les uns, car on trouvera d’autres qui auront d’autres opinions, et ils ont tout le droit dans leurs choix, et dans leurs visions.

Ma participation cette fois, que je la considère si modeste, sera la suivante :

« Aux yeux du spectateur, le beau c’est l’unique dans son genre, l’incomparable, et le sublime. Et c’est celui qui affecte par une grande et magique attirance. En pour résumer tout ça, en un mot, le beau c’est le magique ! ». (1)

Mais, « Chacun a son goût, et chacun a sa façon de voir les choses ». (2)

C’est pourquoi, « Le beau chez les uns, peut ne pas l’être chez les autres, et vice versa ». (3)

Et pour rependre à la question : «… si Dostoïevski avait raison: Le Beau sauvera le monde. » ?

Ma repense est toujours la même, puisque je garde toujours les mêmes convictions :

« Et à propos du sujet de cette discussion : " Dixit Dostoïevski : La beauté sauvera le monde.".

À mon avis, et sincèrement, il a vue juste ! Pour les raisons suivantes :

Tout d’abord, dans chaque personne il y a un coté positif (le Bien), et un coté négatif (le Mal). Et c’est à nous de faire affaiblir le Mal, et fortifier le Bien, par l’éducation sur les principes d’humanisme, de valeurs, est de la bonne conduite dans la vie privé et sociale. Le Beauté fait jaillir la Bonté. Et si la Bonté règne dans le Monde, alors le Monde sera sauvé. Oui, c’est vrai, « La Beauté sauvera le Monde.». Car la Laideur ne donnera que la Laideur ! Alors dans ce cas, perfection ou non, Adieu le Monde !!! ».
(4)

(1), (2), (3) : A. Sbibi
(4) : A. Sbibi (Extrait d’un commentaire dans le Forum de Philippe Loubat sur "Arts et Lettres" sous le thème : "La beauté sauvera le monde").
Cher Abdeslem,

Vous venez d'empoigner la toile et d'y déposer les premières courbes et lignes. Pour ma part, je pourrais déjà vouloir qu'il soit signé mais peut-être y a-t-il des nuances et donc laissons sécher un peu tous ces médiums. Qui sait si d'autres n'y apporterons pas des finitions auxquelles nous n'avions pas prêté attention.

Sincèrement, je vous remercie pour la clarté de votre exposé. Au plaisir de vous relire,

Arwen
Je vous joint ce texte issu de mon site web, c'est une piste à explorer...

L'expérience esthétique.

Pour appréhender les effets que la beauté exerce sur nous... il nous faut prendre conscience, du rôle que joue la pensée dans notre vie.

Les grecs appelaient la pensée, la dianoïa. Le préfixe « dia » évoque la division, la dualité. Les grecs déclaraient : « Lorsque l’homme pense, il se dédouble, il est en suspension, il interrompt l’action en cour. »


Pascal disait : « Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé et à l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin. Dans ses pensées l’homme espère vivre heureux, il est inévitable qu’il ne le soit jamais, car il oublie de vivre le présent. »

Essayons d'interpréter. Imaginez que vous êtes au volant d’une voiture. La conduite du véhicule nécessite toute votre attention. Vous devez être vigilant pour éviter les obstacles et rester sur la chaussée. Mais si vous vous observez durant la conduite, vous vous apercevrez que vous êtes en train de penser. Vous pensez à votre femme, à votre mari, à la discussion que vous avez eu avec votre patron, à vos prochaines vacances… Nous pensons tout le temps. Des images défilent dans notre tête. C’est comme si on consultait un album photos, ou chaque cliché est un événement passé, ou à venir.


Mais pendant ce temps, la voiture continue de rouler. Le fait de penser, nous distrait de notre activité en cour : la conduite. La pensée nous empêche de profiter et de vivre l’instant présent. Les sensations et les émotions que pourrait nous procurer la conduite de la voiture: sensation de vitesse, d’accélération... sont refoulées et remplacées par des émotions " virtuelles " déclenchées par les pensées... par les images qui défilent.


La pensée occulte le présent, elle nous empêche de vivre pleinement nos actions.

Vous êtes toujours au volant de votre voiture, sur la route des plages entre Carnon et Palavas, le soleil est sur le point de disparaître derrière le massif de la Gardiole, un vol de flamants roses décrit des courbes au dessus des étangs.
Vous rangez votre véhicule sur le bas coté, et vous contemplez le paysage. Les couleurs, la lumière qui se reflète sur l’eau, le mouvement gracieux des oiseaux... tous ces éléments déclenchent en vous, un sentiment de bien être et de plénitude.


Pendant un laps de temps, les éléments du paysage ont capté votre attention... pendant un moment, il n’y avait plus d’album photos, plus d’images... plus de pensées. Pendant un instant, votre esprit et votre corps étaient totalement réceptifs. Pendant un moment, la beauté vous à "ramené à la vie" (au présent)... Ce sont les stimuli "perçus" par les sens, par notre corps, durant cet instant de contemplation, qui ont provoqué cette sensation de bonheur et de bien être.

La beauté, est un état déclenché par un élément extérieur, un état où notre esprit est totalement réceptif... captivé et occupé à détailler cet élément... où notre pensée est silencieuse.


Cela ne veut pas dire, qu’alors l’homme devient un légume... au contraire. C’est lorsque l’homme pense, qu’il est végétatif... lorsque son esprit est encombré de pensées, il n’est plus capable de ressentir, il n’est plus réactif, il est prisonnier du temps... puisque son esprit est occupé à visionné des images du passé ou de l’avenir.


Nietzsche disait : « on ne peut éprouver une émotion, qu’entre deux pensées...»

La beauté, en éliminant momentanément nos pensées... nous rend plus réceptif, plus attentif, plus réactif. La beauté nous libère du temps, de notre passé, de nos angoisses, de notre conditionnement, de notre culture, de notre volonté... car toutes ces notions... sont des pensées.



Platon déclarait : « Philosopher, c’est contempler avec étonnement.»


Lorsque l’on est étonné, on est bouche bée... on a plus rien à dire... plus rien à penser.

C'est ici que l'acte de philosopher, et la perception de la beauté, se rejoingnent... dans cet instant furtif, où l'homme contemple le monde... sans interpréter... sans penser. Il perçoit alors "ce qui est"... "La Vérité".


Platon ajoutait « Lorsque l’homme se contemple avec étonnement, il découvre ce qu’il est. Lorsque l’homme applique ce même regard aux autres hommes, il découvre qu’ils ne sont pas ce qu’ils devraient être. » L’homme découvre son humanité.


Ceci nous ramène à l’expérience esthétique de Kant et de Schiller.
« C’est par la beauté que les hommes découvriront leur humanité. »

Si l’Art a une fonction, c’est de mettre l’homme dans cet état: " l’état esthétique ".


Mais l’Art ne doit transmettre aucuns enseignements, aucunes valeurs... De même, l’homme ne doit donner aucunes significations à l’Art, au nom de je ne sais quelle culture légitime... car tous ses éléments s’adressent à la pensée. L’homme quitte alors, l'état esthétique pour penser... il n'est plus réceptif, il n'est plus connecté au présent... puisque les valeurs, les significations, les interprétations... sont des images visionnées, issues du passé.

L’homme, par ses pensées, donne une signification à tous ce qui l’entoure, ça le rassure... mais ce ne sont que des rêves... qui occultent le présent.

Kandinsky faisait un parallèle entre la musique et la peinture. La musique ne nous enseigne rien, ne nous transmet aucunes valeurs, mais elle nous procure de belles émotions... c’est la seule chose qui importe.

L' Art doit émerveiller les hommes.

Dostoievsky avait raison,

Gil.
C'était très important de nour rappelez qu'effectivement la pensée empêche de vivre le présent. On l 'oublie bien souvent : pourquoi ? Notre présent serait-il si laid ?
Depuis que je suis arrivée ici, combien de fois ne suis-je pas restée bouche bée ? Et l'émerveillement a engendré à nouveau le travail de la pensée.....

Cher Gil vous venez de mettre de la chair sur l'ossature. Pour ma part, j'emporte ce commentaire, ce nouvel éclairage...j'avais oublié le passé trop occupée à penser à cette foutue question en suspens. Mais alors quelles étaient mes pensées ? Le souci de savoir ce qu'est le beau ? La curiosité de connaître ce qu'est le Beau pour autrui ? Et ainsi s'oublie l'essence même du BEAU. Le Beau est. On peut l'habiller de mille définitions: il n'en a en fait nul besoin. Il suscite la suspension de tout nos acquis en nous coupant le souffle.

En fait nous ne marchons que dans des chemins qui sont depuis longtemps tracés. Depuis toujours l'homme se pose inlassablement les mêmes questions et s'essouffle au point d'oublier de vivre.

Gil a dit :
Je vous joint ce texte issu de mon site web, c'est une piste à explorer...
L'expérience esthétique.
Pour appréhender les effets que la beauté exerce sur nous... il nous faut prendre conscience, du rôle que joue la pensée dans notre vie.

Les grecs appelaient la pensée, la dianoïa. Le préfixe « dia » évoque la division, la dualité. Les grecs déclaraient : « Lorsque l’homme pense, il se dédouble, il est en suspension, il interrompt l’action en cour. »


Pascal disait : « Que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé et à l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin. Dans ses pensées l’homme espère vivre heureux, il est inévitable qu’il ne le soit jamais, car il oublie de vivre le présent. »

Essayons d'interpréter. Imaginez que vous êtes au volant d’une voiture. La conduite du véhicule nécessite toute votre attention. Vous devez être vigilant pour éviter les obstacles et rester sur la chaussée. Mais si vous vous observez durant la conduite, vous vous apercevrez que vous êtes en train de penser. Vous pensez à votre femme, à votre mari, à la discussion que vous avez eu avec votre patron, à vos prochaines vacances… Nous pensons tout le temps. Des images défilent dans notre tête. C’est comme si on consultait un album photos, ou chaque cliché est un événement passé, ou à venir.


Mais pendant ce temps, la voiture continue de rouler. Le fait de penser, nous distrait de notre activité en cour : la conduite. La pensée nous empêche de profiter et de vivre l’instant présent. Les sensations et les émotions que pourrait nous procurer la conduite de la voiture: sensation de vitesse, d’accélération... sont refoulées et remplacées par des émotions " virtuelles " déclenchées par les pensées... par les images qui défilent.


La pensée occulte le présent, elle nous empêche de vivre pleinement nos actions.

Vous êtes toujours au volant de votre voiture, sur la route des plages entre Carnon et Palavas, le soleil est sur le point de disparaître derrière le massif de la Gardiole, un vol de flamants roses décrit des courbes au dessus des étangs.
Vous rangez votre véhicule sur le bas coté, et vous contemplez le paysage. Les couleurs, la lumière qui se reflète sur l’eau, le mouvement gracieux des oiseaux... tous ces éléments déclenchent en vous, un sentiment de bien être et de plénitude.


Pendant un laps de temps, les éléments du paysage ont capté votre attention... pendant un moment, il n’y avait plus d’album photos, plus d’images... plus de pensées. Pendant un instant, votre esprit et votre corps étaient totalement réceptifs. Pendant un moment, la beauté vous à "ramené à la vie" (au présent)... Ce sont les stimuli "perçus" par les sens, par notre corps, durant cet instant de contemplation, qui ont provoqué cette sensation de bonheur et de bien être.

La beauté, est un état déclenché par un élément extérieur, un état où notre esprit est totalement réceptif... captivé et occupé à détailler cet élément... où notre pensée est silencieuse.


Cela ne veut pas dire, qu’alors l’homme devient un légume... au contraire. C’est lorsque l’homme pense, qu’il est végétatif... lorsque son esprit est encombré de pensées, il n’est plus capable de ressentir, il n’est plus réactif, il est prisonnier du temps... puisque son esprit est occupé à visionné des images du passé ou de l’avenir.


Nietzsche disait : « on ne peut éprouver une émotion, qu’entre deux pensées...»

La beauté, en éliminant momentanément nos pensées... nous rend plus réceptif, plus attentif, plus réactif. La beauté nous libère du temps, de notre passé, de nos angoisses, de notre conditionnement, de notre culture, de notre volonté... car toutes ces notions... sont des pensées.



Platon déclarait : « Philosopher, c’est contempler avec étonnement.»


Lorsque l’on est étonné, on est bouche bée... on a plus rien à dire... plus rien à penser.

C'est ici que l'acte de philosopher, et la perception de la beauté, se rejoingnent... dans cet instant furtif, où l'homme contemple le monde... sans interpréter... sans penser. Il perçoit alors "ce qui est"... "La Vérité".


Platon ajoutait « Lorsque l’homme se contemple avec étonnement, il découvre ce qu’il est. Lorsque l’homme applique ce même regard aux autres hommes, il découvre qu’ils ne sont pas ce qu’ils devraient être. » L’homme découvre son humanité.


Ceci nous ramène à l’expérience esthétique de Kant et de Schiller.
« C’est par la beauté que les hommes découvriront leur humanité. »

Si l’Art a une fonction, c’est de mettre l’homme dans cet état: " l’état esthétique ".


Mais l’Art ne doit transmettre aucuns enseignements, aucunes valeurs... De même, l’homme ne doit donner aucunes significations à l’Art, au nom de je ne sais quelle culture légitime... car tous ses éléments s’adressent à la pensée. L’homme quitte alors, l'état esthétique pour penser... il n'est plus réceptif, il n'est plus connecté au présent... puisque les valeurs, les significations, les interprétations... sont des images visionnées, issues du passé.

L’homme, par ses pensées, donne une signification à tous ce qui l’entoure, ça le rassure... mais ce ne sont que des rêves... qui occultent le présent.

Kandinsky faisait un parallèle entre la musique et la peinture. La musique ne nous enseigne rien, ne nous transmet aucunes valeurs, mais elle nous procure de belles émotions... c’est la seule chose qui importe.

L' Art doit émerveiller les hommes.

Dostoievsky avait raison,

Gil.
Bravo Arwen, par votre ténacité, vous avez obtenu l'arbitrage du responsable de ce site pour élever le niveau de la discussion sur le Beau qui s'enlisait dans la page de Philippe Loubat.

Chapeauté de plomb par les philosophes Hegel et Kant les plus difficiles à comprendre de toute la philosophie - vous les comprenez vraiment vous ? - Il n'est plus question de s'exprimer dans l'à peu près. Je l'espère pour vous qui souhaitez des dialogues de qualité. Je suivrai avidemment tous les échanges et interviendrai peut-être à l'occasion.
Bien cordialement ,
Jean-Marie Cambier
Mis à part un petit détail, à savoir que je ne m'attendais pas à me retrouver ici dans le forum avec mon questionnement, je ne vois pas pourquoi cela laisse entrevoir chez vous un petit air de désapprobation.
Avez vous lu Psychanalyse et Alchimie de Jung ? Je le recommande vivement.
Kant et Hegel sont rébarbatifs et c'est exactement pour cela que je les ai choisi. La réaction a été d'amener sur la table tous ceux que vous aimez, les philosophes grecques.
En partant du plus compliqué on approche d'une manière toujours plus simple et limpide le sujet.

La parole n'est plus mienne mais bien à ceux qui veulent tenter de répondre à ma question ou tenter d'y répondre. Cela vous dérange vraiment beaucoup qu'on ne s'arrête pas à votre point de vue dirait-on;

J'espère que vous ne me répondrez plus: retournons à nos pinceaux et nos plumes...et si c'était le cas, donnez nous au moins en partage ne fut ce qu'une de vos œuvres. Ce serait intéressant. Ce serait même une réponse en soi. Comment n'y avais-je pas pensé plutôt.
Au lieu de parler, donner des exemples concrets.....du BEAU.

En toute cordialité, Arwen

Jean-Marie Cambier a dit :
Bravo Arwen, par votre ténacité, vous avez obtenu l'arbitrage du responsable de ce site pour élever le niveau de la discussion sur le Beau qui s'enlisait dans la page de Philippe Loubat.
Chapeauté de plomb par les philosophes Hegel et Kant les plus difficiles à comprendre de toute la philosophie - vous les comprenez vraiment vous ? - Il n'est plus question de s'exprimer dans l'à peu près. Je l'espère pour vous qui souhaitez des dialogues de qualité. Je suivrai avidemment tous les échanges et interviendrai peut-être à l'occasion. Bien cordialement ,
Jean-Marie Cambier
Bonsoir Arwen,

Me revoici de nouveau sur ce forum car je suis toujours à la recherche de la belle pensée relative à l’art sur la toile , celle qu’on pratique rarement dans la vie courante, celle qui ennuie mes proches et mes amis et lorsque d’aventure je me hasarde en leur compagnie à parler de l’artiste et de ses motivations ils me ramènent gentiment à la réalité avec le même bon sens que …. Freud dans votre extrait au début de ce forum.

Mais avant d’y présenter mes idées sur la Beauté, je suis assez perplexe.

L a première attitude est de me dire : à quoi bon perdre mon temps à écrire dans le vide, retourne à tes pinceaux me dis - je car c’est le moyen d’expression que tu préfères.

La deuxième est de me dire que ce que je suis en train de dactylographier ici , qui prend beaucoup plus de temps que de voltiger d’ami en ami en les saluant au passage peut devenir une bonne introduction à ce que je suis en train d’essayer d’élaborer à la frontière de l’écriture, du dessin et de la peinture. Cela me sera peut-être utile : je ne perdrais donc pas mon temps, je prends donc mon clavier et mon courage à deux mains.

La troisième est de reconnaître bien sincèrement mes limites dans le domaine de la philosophie dans lequel il faudrait bien rentrer pour passer de la recherche du dialogue que nous avons défendu jusqu’à présent et qui nous a valu peut-être d’être expulsé/gratifié hors du panier de crabes de chez Philippe Loubat au savoir de la dialectique qu’exigerait ce forum gardé par deux princes de la philosophie et par le père de la psychanalyse (merci à Michel Onfray d’avoir oser s’attaquer à ce dernier dont la vision était presque juste, et heureusement dans ce monde tout tient dans le presque )

Ainsi bardé de précautions oratoires et sincèrement conscient de mes limites, je pense malgré tout dire presque tout sur la Beauté en me contentant d’envoyer le très bref message ci-dessous :

"La Beauté est effectivement du domaine de la subjectivité ; elle est perçue par les Hommes selon les deux grandes courants de pensée avec toutes les variantes possibles entre ces deux pôles : les spiritualistes et les matérialistes. Cette subjectivité varie, par ailleurs , dans le temps et dans l’espace.

Chacun des propos présentés ou échangés sur ce site ici ou ailleurs peut être classé (ah, le vilain mot pour un artiste ) dans une de ces catégories .Si vous souhaitez que cette synthèse soit développée, j’ai en réserve une panoplie d’exemples et suis prêt à poursuivre ce développement."

Mais….on me qualifiera d’affreux prétentieux scientifique, de pauvre philosophe et d’artiste traitre.....et pourtant je crois avoir presque tout dit sur la Beauté (tout est dans le presque)

Mais ….le balbutieur de connaissance que je suis sera rejeté par tous … en deux coups de cuillères à pot par l’artiste (le panier de crabes de M.Loubet , l’attitude de repli de Robert Wauters suivi par ses consolateurs) et le philosophe ou le scientifique qui d’aventure se perdraient sur ce site ferait un toc-toc ou plutôt un douc-douc sonnant plein au niveau de leur tempe.

Allez donc voir le rôle du bouc émissaire dans le livre de René Girard commenté par Robert Paul dans son blogue !

Revenons à la philosophie, n’en déplaise à votre tendance à l’inné, il en faut des acquis (au moins cinq ans d’étude) pour parler comme un philosophe . Il faut notamment un sérieux jargon propre à cette discipline et une capacité de construire sa pensée de manière logique à l’abri de tout reproche et de toute contradiction ( la dialectique) pour créer une nouvelle pensée sur la pyramide des anciens.

Ce qui me console et ce qui affermit l' audace de ma perception synthétique de la Beauté, c’est que ceux qui ont conquis la ceinture noire de la philosophie , se rapproche presque (tout est dans le presque ) de la ceinture blanche d’un enfant qui s’interroge ; qui sommes- nous ?, que sommes-nous ?, où allons-nous ?

D’ailleurs , les artistes - philosophes qui sont allés trop loin dans leurs interrogations , ceux qui ont pris conscience trop intensément de la vanité du monde, ceux qui sont allés à la recherche de l’absolu se sont parfois brûlés les ailes. Ils ont certes témoigné de leur difficile expérience par des œuvres au silence rayonnant et interpelant (par exemple Giacometti, Zoran Music, Mark Rothko) par un art visant à la quintessence ( Yves Klein ) pour aboutir …à quoi …à des non-œuvres (ready-made de Duchamp et beaucoup de disciples de l’art contemporain …au hasard dans l’art minimal :Carl André , Donald Judd, John McCracken…).

Certains ont même été acculés au désespoir voire au suicide (Par exemple Nicolas de Staël )

Donc aller au fond des choses n’aboutit à rien ! Restons des artistes …heureux de l’être et comme des ludions, continuons à danser dans la lumière, dans l’innocence de nos créations et de nos illusions ; le plaisir est au rendez-vous dans les variations multiples de nos œuvres ; nous sommes tous uniques…enfin il suffit de le croire.
(Comme vous le remarquez mes références ont été plutôt picturales car c’est le domaine que j’affectionne particulièrement.)

+ + +

Vous m’invitez à parler du beau en tant qu’artiste au lieu d'en parler… par l’écrit.

Mais je l’ai déjà fait ! Puis- je vous rappeler que c’est votre première réflexion en allant sur ma page de ce site qui est à l’origine de ces échanges ?

Vous m’aviez dit : " Si vous avez des doutes sur votre talent d’aquarelliste, on peut être certain qu’i l n’y en a aucun sur celui de votre plume "

Je vous invite donc à retourner sur ma page …..pour voir si l’aquarelliste, si l’aquarilliste… ?

Beau… pas beau ? intéressant peut-être?

J’ai choisi l’aquarelle comme médium ; en fait de l’eau et presque pas de couleurs pour ne pas trop « m’embourber » dans la technique ; je revendique cependant une certaine maîtrise de ce bel outil et sous l’appelation (- ; aquaril ;-), je donne cependant la priorité à la fluidité de la pensée que je voudrais d’une autre dimension (ah, quelle prétention !) que celle de la plupart des aquarellistes pour qui le beau se trouve dans la beauté d’un paysage ,d’une nature morte ,d’un visage….

Beau, pas beau ? En tout cas suffisamment intéressant pour être présélectionné en début de cette année par un jury de la collection RTBF /canvas , évidemment – pour ceux qui n’ont pas été choisis – représentant un certain art contemporain qui n’entre pas par exemple au salon de l’aquarelle de Namur.

Et si votre intérêt n’est pas encore émoussé , vous pouvez poursuivre en lisant un extrait de mes propos au vernissage de ma dernière exposition , une profession de foi en quelque sorte:

« AQUARILS, pourquoi aquarils me direz-vous? Le mot aquarelle n’est-il pas assez beau ? Seriez –vous devenu le sexiste de l’aquarelle maintenant ?

Bien loin de moi l’idée de créer une aquarelle du genre masculin. Non, loin de moi de critiquer ce merveilleux médium, sa transparence , son évanescence et la liberté d’expression qu’elle autorise et je veux dire ici toute mon admiration pour ces merveilleux aquarellistes que sont les Morel, Prischedko, Swolf, Karpinska,Folly,Gallizia,CaoBeiAN,deMay,,Heurion(les connaisseurs feront d’eux-mêmes la différence entre les hommes et les femmes)… dont j’adore la technique …mais pas les idées.

Non, ce qui m’interpelle justement c’est que les pratiquants de l’aquarelle se nomment aquarellistes mais les pratiquants de la peinture à l’huile ne s’appellent pas des huilistes et ceux qui pratiquent l’acrylique ne se nomment pas acrylistes !

A ceux des aquarellistes qui déplorent cet état de fait où la technique a engendré les sujets à peindre, une façon d’être et même un style de vie , je leur ferai part de mon point de vue : quelle est la place de l’aquarelle dans l’histoire de l’art ? la " fontaine " de Duchamp en occupe bien plus même si elle n’est pas raccordée à l’eau ! A mon humble avis, l’histoire de l’art est d’abord une histoire des idées avant d’être une histoire des techniques !

S’Il y a bien un Turner, un Klee qui s’inscrivent dans l’histoire de l’art avec de superbes aquarelles, où sont les « «Guernica », »Grandes baigneuses », « Entrée du Christ à Bruxelles », » Cri »et autres « Empires des lumières » réalisés à l’aquarelle ? Pourtant, Picasso, Cézanne, Ensor, Munch, Magritte avaient de nombreuses aquarelles dans leurs cartons mais lorsqu’il s’agissait de passer aux choses sérieuses, ils passaient à l’huile lorsqu’il s’agissait de développer une idée . Les idées sont-elles insolubles dans l’aquarelle ? L’aquarelle s’est–elle arrêtée à l’impressionnisme ? N’est-elle destinée qu’à exprimer la beauté d’un paysage, la beauté d’un visage, la beauté d’une fleur…. ?

Le monde n’est-il pas un peu plus compliqué ? Ce sont les questions que je me pose et c’est pourquoi je laisse mon esprit vagabonder à la recherche d’une aquarelle d’une autre dimension.

Comment dire des choses interpellantes ? comment exprimer des interrogations fondamentales avec cette merveilleuse technique qu’est l’aquarelle? les quadryptiques qui ont pour nom "cheminement "ou "cirquovolutions" tentent de concilier la légèreté de l’aquarelle avec la profusion des idées de manière philosophico-humoristique ! »

Ouf ! Je crois que c’est assez pour aujourd’hui !

Bien cordialement,

Jean-Marie Cambier
Vous dites:
"La Beauté est effectivement du domaine de la subjectivité ; elle est perçue par les Hommes selon les deux grandes courants de pensée avec toutes les variantes possibles entre ces deux pôles : les spiritualistes et les matérialistes. Cette subjectivité varie, par ailleurs , dans le temps et dans l’espace."


Il me semble que c'est ce que je disais dans ma première intervention:

Cette discussion je la voudrais ouverte à toutes les opinions parce que ma vision est celle que le beau est totalement subjectif quand on en fait une approche approximative


Je vous présente toutes mes excuses pour l'oubli des aquarelles. Je ne change pas à leur sujet, je ne change pas d'avis sur la qualité de votre plume. Passez une nuit riche et douce, Arwen
Jean-Marie Cambier a dit :
Bonsoir Arwen,

Me revoici de nouveau sur ce forum car je suis toujours à la recherche de la belle pensée relative à l’art sur la toile , celle qu’on pratique rarement dans la vie courante, celle qui ennuie mes proches et mes amis et lorsque d’aventure je me hasarde en leur compagnie à parler de l’artiste et de ses motivations ils me ramènent gentiment à la réalité avec le même bon sens que …. Freud dans votre extrait au début de ce forum.

Mais avant d’y présenter mes idées sur la Beauté, je suis assez perplexe.

L a première attitude est de me dire : à quoi bon perdre mon temps à écrire dans le vide, retourne à tes pinceaux me dis - je car c’est le moyen d’expression que tu préfères.

La deuxième est de me dire que ce que je suis en train de dactylographier ici , qui prend beaucoup plus de temps que de voltiger d’ami en ami en les saluant au passage peut devenir une bonne introduction à ce que je suis en train d’essayer d’élaborer à la frontière de l’écriture, du dessin et de la peinture. Cela me sera peut-être utile : je ne perdrais donc pas mon temps, je prends donc mon clavier et mon courage à deux mains.

La troisième est de reconnaître bien sincèrement mes limites dans le domaine de la philosophie dans lequel il faudrait bien rentrer pour passer de la recherche du dialogue que nous avons défendu jusqu’à présent et qui nous a valu peut-être d’être expulsé/gratifié hors du panier de crabes de chez Philippe Loubat au savoir de la dialectique qu’exigerait ce forum gardé par deux princes de la philosophie et par le père de la psychanalyse (merci à Michel Onfray d’avoir oser s’attaquer à ce dernier dont la vision était presque juste, et heureusement dans ce monde tout tient dans le presque )

Ainsi bardé de précautions oratoires et sincèrement conscient de mes limites, je pense malgré tout dire presque tout sur la Beauté en me contentant d’envoyer le très bref message ci-dessous :

"La Beauté est effectivement du domaine de la subjectivité ; elle est perçue par les Hommes selon les deux grandes courants de pensée avec toutes les variantes possibles entre ces deux pôles : les spiritualistes et les matérialistes. Cette subjectivité varie, par ailleurs , dans le temps et dans l’espace.

Chacun des propos présentés ou échangés sur ce site ici ou ailleurs peut être classé (ah, le vilain mot pour un artiste ) dans une de ces catégories .Si vous souhaitez que cette synthèse soit développée, j’ai en réserve une panoplie d’exemples et suis prêt à poursuivre ce développement."

Mais….on me qualifiera d’affreux prétentieux scientifique, de pauvre philosophe et d’artiste traitre.....et pourtant je crois avoir presque tout dit sur la Beauté (tout est dans le presque)

Mais ….le balbutieur de connaissance que je suis sera rejeté par tous … en deux coups de cuillères à pot par l’artiste (le panier de crabes de M.Loubet , l’attitude de repli de Robert Wauters suivi par ses consolateurs) et le philosophe ou le scientifique qui d’aventure se perdraient sur ce site ferait un toc-toc ou plutôt un douc-douc sonnant plein au niveau de leur tempe.

Allez donc voir le rôle du bouc émissaire dans le livre de René Girard commenté par Robert Paul dans son blogue !

Revenons à la philosophie, n’en déplaise à votre tendance à l’inné, il en faut des acquis (au moins cinq ans d’étude) pour parler comme un philosophe . Il faut notamment un sérieux jargon propre à cette discipline et une capacité de construire sa pensée de manière logique à l’abri de tout reproche et de toute contradiction ( la dialectique) pour créer une nouvelle pensée sur la pyramide des anciens.

Ce qui me console et ce qui affermit l' audace de ma perception synthétique de la Beauté, c’est que ceux qui ont conquis la ceinture noire de la philosophie , se rapproche presque (tout est dans le presque ) de la ceinture blanche d’un enfant qui s’interroge ; qui sommes- nous ?, que sommes-nous ?, où allons-nous ?

D’ailleurs , les artistes - philosophes qui sont allés trop loin dans leurs interrogations , ceux qui ont pris conscience trop intensément de la vanité du monde, ceux qui sont allés à la recherche de l’absolu se sont parfois brûlés les ailes. Ils ont certes témoigné de leur difficile expérience par des œuvres au silence rayonnant et interpelant (par exemple Giacometti, Zoran Music, Mark Rothko) par un art visant à la quintessence ( Yves Klein ) pour aboutir …à quoi …à des non-œuvres (ready-made de Duchamp et beaucoup de disciples de l’art contemporain …au hasard dans l’art minimal :Carl André , Donald Judd, John McCracken…).

Certains ont même été acculés au désespoir voire au suicide (Par exemple Nicolas de Staël )

Donc aller au fond des choses n’aboutit à rien ! Restons des artistes …heureux de l’être et comme des ludions, continuons à danser dans la lumière, dans l’innocence de nos créations et de nos illusions ; le plaisir est au rendez-vous dans les variations multiples de nos œuvres ; nous sommes tous uniques…enfin il suffit de le croire.
(Comme vous le remarquez mes références ont été plutôt picturales car c’est le domaine que j’affectionne particulièrement.)

+ + +

Vous m’invitez à parler du beau en tant qu’artiste au lieu d'en parler… par l’écrit.

Mais je l’ai déjà fait ! Puis- je vous rappeler que c’est votre première réflexion en allant sur ma page de ce site qui est à l’origine de ces échanges ?

Vous m’aviez dit : " Si vous avez des doutes sur votre talent d’aquarelliste, on peut être certain qu’i l n’y en a aucun sur celui de votre plume "

Je vous invite donc à retourner sur ma page …..pour voir si l’aquarelliste, si l’aquarilliste… ?

Beau… pas beau ? intéressant peut-être?

J’ai choisi l’aquarelle comme médium ; en fait de l’eau et presque pas de couleurs pour ne pas trop « m’embourber » dans la technique ; je revendique cependant une certaine maîtrise de ce bel outil et sous l’appelation (- ; aquaril ;-), je donne cependant la priorité à la fluidité de la pensée que je voudrais d’une autre dimension (ah, quelle prétention !) que celle de la plupart des aquarellistes pour qui le beau se trouve dans la beauté d’un paysage ,d’une nature morte ,d’un visage….

Beau, pas beau ? En tout cas suffisamment intéressant pour être présélectionné en début de cette année par un jury de la collection RTBF /canvas , évidemment – pour ceux qui n’ont pas été choisis – représentant un certain art contemporain qui n’entre pas par exemple au salon de l’aquarelle de Namur.

Et si votre intérêt n’est pas encore émoussé , vous pouvez poursuivre en lisant un extrait de mes propos au vernissage de ma dernière exposition , une profession de foi en quelque sorte:

« AQUARILS, pourquoi aquarils me direz-vous? Le mot aquarelle n’est-il pas assez beau ? Seriez –vous devenu le sexiste de l’aquarelle maintenant ?

Bien loin de moi l’idée de créer une aquarelle du genre masculin. Non, loin de moi de critiquer ce merveilleux médium, sa transparence , son évanescence et la liberté d’expression qu’elle autorise et je veux dire ici toute mon admiration pour ces merveilleux aquarellistes que sont les Morel, Prischedko, Swolf, Karpinska,Folly,Gallizia,CaoBeiAN,deMay,,Heurion(les connaisseurs feront d’eux-mêmes la différence entre les hommes et les femmes)… dont j’adore la technique …mais pas les idées.

Non, ce qui m’interpelle justement c’est que les pratiquants de l’aquarelle se nomment aquarellistes mais les pratiquants de la peinture à l’huile ne s’appellent pas des huilistes et ceux qui pratiquent l’acrylique ne se nomment pas acrylistes !

A ceux des aquarellistes qui déplorent cet état de fait où la technique a engendré les sujets à peindre, une façon d’être et même un style de vie , je leur ferai part de mon point de vue : quelle est la place de l’aquarelle dans l’histoire de l’art ? la " fontaine " de Duchamp en occupe bien plus même si elle n’est pas raccordée à l’eau ! A mon humble avis, l’histoire de l’art est d’abord une histoire des idées avant d’être une histoire des techniques !

S’Il y a bien un Turner, un Klee qui s’inscrivent dans l’histoire de l’art avec de superbes aquarelles, où sont les « «Guernica », »Grandes baigneuses », « Entrée du Christ à Bruxelles », » Cri »et autres « Empires des lumières » réalisés à l’aquarelle ? Pourtant, Picasso, Cézanne, Ensor, Munch, Magritte avaient de nombreuses aquarelles dans leurs cartons mais lorsqu’il s’agissait de passer aux choses sérieuses, ils passaient à l’huile lorsqu’il s’agissait de développer une idée . Les idées sont-elles insolubles dans l’aquarelle ? L’aquarelle s’est–elle arrêtée à l’impressionnisme ? N’est-elle destinée qu’à exprimer la beauté d’un paysage, la beauté d’un visage, la beauté d’une fleur…. ?

Le monde n’est-il pas un peu plus compliqué ? Ce sont les questions que je me pose et c’est pourquoi je laisse mon esprit vagabonder à la recherche d’une aquarelle d’une autre dimension.

Comment dire des choses interpellantes ? comment exprimer des interrogations fondamentales avec cette merveilleuse technique qu’est l’aquarelle? les quadryptiques qui ont pour nom "cheminement "ou "cirquovolutions" tentent de concilier la légèreté de l’aquarelle avec la profusion des idées de manière philosophico-humoristique ! »

Ouf ! Je crois que c’est assez pour aujourd’hui !

Bien cordialement,

Jean-Marie Cambier
Bonjour,

« Qui animera la fête de la beauté (bonté), recueillera les fleurs du bonheur ». A. Sbibi 14-09-2010



Belle journée à vous.
Voilà une chose simple, Abdeslem. Simple donc belle. merci. La Vie en Rose ?

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