Arts et Lettres

Le réseau des Arts et des Lettres en Belgique et dans la diaspora francophone

Ce n'est pas vraiment une discussion que j'entame mais je voudrais demander de l'aide. Connaissez-vous des témoignages d'écrivains belges, voire d'artistes d'autres disciplines, sur les cours de français qu'ils ont suivis dans le secondaire, "l'école moyenne" et "les humanités"?
Merci,
Françoise Chatelain

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La base des cours était, à mon époque, les Lagarde et Michard. Alors, ma génération a rêvé sur tous ces textes, ce qui provoqua une déficience collatérale effroyable: en sortant de rétho, on n'avait absolument aucune conscience qu'il puisse exister un écrivain vivant en Belgique ni qu'on puisse en rencontrer un en chair et en os.
Et dans le même ordre d'idées, une librairie connue présente pas plus tard qu'aujourd'hui un nouveau roman de Jean-Philippe Toussaint dans le "Genre: Littérature française ". L'annoncer comme "littérature belge" est-il désonhorant, ou veut on absolument gommer encore une fois cette appartenance pour des raisons que je n'ose imaginer? S'agit-il d'une désinformation préméditée vis-à-vis du public?

Robert Paul a dit :
La base des cours était, à mon époque, les Lagarde et Michard. Alors, ma génération a rêvé sur tous ces textes, ce qui provoqua une déficience collatérale effroyable: en sortant de rétho, on n'avait absolument aucune conscience qu'il puisse exister un écrivain vivant en Belgique ni qu'on puisse en rencontrer un en chair et en os.
Bonjour et merci pour votre témoignage.
Je constate que les journalistes français (sauf quand il s'agit de Van Rompuy et des réflexions plutôt insultantes relatives à sa promotion) ont tendance à transformer les étrangers francophones qui ont un certain succès en "né(e)(s) en Belgique, Suisse...", laissant croire que s'ils ne sont pas français, c'est en raison d'un accident de parcours, d'une erreur du destin mais que, dans le fond, ils le sont quand même.
Chez nous - et pas dans une seule librairie d'ailleurs - on n'est classés en "littérature belge" - pour autant que le rayon existe! - que si on est écrivain régional, publié par un éditeur du cru, ce qui est d'ailleurs la preuve que l'on ne s'élève pas au niveau de la littérature française: bref, est un bon "produit", à mettre en valeur ce qui est labellisé français; inversement tout bon "produit" devient de facto français. Le rayon "littérature belge" est nécessairement de 2e ordre!
Il me semble qu'il y a deux possibilités de rangement: soit on met tous les textes écrits en français dans le rayon "littérature française", soit on a un rayon "littérature belge" et toutes les œuvres de nos compatriotes y sont rangées. Tout le reste est du marketing et sans doute de vieux restes d'un complexe belge qui paraissait quand même un peu dépassé ces derniers temps. Il faut croire que les libraires en question ont aussi étudié dans Lagarde et Michard, comme vous et moi, et sont donc des Belges honteux.
Au fait, qu'est-ce qu'on fait d'E.E. Schmitt?

Robert Paul a dit :
Et dans le même ordre d'idées, une librairie connue présente pas plus tard qu'aujourd'hui un nouveau roman de Jean-Philippe Toussaint dans le "Genre: Littérature française ". L'annoncer comme "littérature belge" est-il désonhorant, ou veut on absolument gommer encore une fois cette appartenance pour des raisons que je n'ose imaginer? S'agit-il d'une désinformation préméditée vis-à-vis du public?

Robert Paul a dit :
La base des cours était, à mon époque, les Lagarde et Michard. Alors, ma génération a rêvé sur tous ces textes, ce qui provoqua une déficience collatérale effroyable: en sortant de rétho, on n'avait absolument aucune conscience qu'il puisse exister un écrivain vivant en Belgique ni qu'on puisse en rencontrer un en chair et en os.
Peut-être faudrait-il voir quelque chose du côté de Frank Andriat, (né en 1957 ou 58) enseignant, romaniste, romancier, il a eu Jacques Crickillon comme professeur. C'est le premier nom qui me vient à l'esprit. Il a un site sur la toile (chercher Frank Andriat dans google). Malheureusement, les écrivains belges qui sont professeurs parlent plutôt de la question de l'enseignement -actuellement- que de leurs souvenirs d'école...
Chère Françoise,
Durant mes humanités gréco-latines, mes cours de français consistaient surtout en références classiques : Racine, Molière, Zola, Camus...Sauf peut-être en poésie (où nous avons lu des poètes belges!), tous les écrivains étaient rigoureusement des auteurs français.
J'ai eu en rhétorique (c'était en 1973!) comme professeur Jacques Lefèvre, aujourd'hui romancier et président de l'ABPF. Il nous faisait lire Mauriac, Bossuet, Claudel, "La Peste"...
C'est un exercice que Nicolas Ancion apprécie beaucoup, je le sais...

Je suis tombée par hasard sur cette discussion commencée par Françoise et, bien que tardivement, j’aimerais y contribuer avec ma vision et mon expérience en tant qu’étrangère. Je ne suis ni Belge ni Française, mais j’habite cette région d’Europe depuis plus de 25 ans. Mes fils venaient d’avoir 13 ans quand nous sommes arrivés dans les parages et, malgré que nous ayons habité le Luxembourg au début, ils ont tout de suite commencé à fréquenter l’Athénée Royal en Belgique. Ce qui m’a fort étonnée c’est le fait que les auteurs dont ils entendaient parler étaient tous français – à l’exception du Suisse Jean-Jacques Rousseau qui, pourtant, était présenté d’une telle façon que pendant quelque temps mes fils ont cru que, lui aussi, était français. Je leur ai posé plusieurs fois la question : « Mais, est-ce que la Belgique n’a pas d’écrivains ? »

Rolande dit que « parfois il est difficile d’être français » ; je dirai plutôt que cet orgueil démesuré auquel elle fait référence est un trait surtout « parisien » qui moleste non seulement les étrangers mais aussi pas mal de Français… non-parisiens. D’un autre côté, les Belges ne sont pas moyens orgueilleux envers les non-francophones; je dois avouer que, sauf quelques exceptions, je rencontre plus de discrimination en Wallonie qu’au Luxembourg ou en France. J’en attribue la raison au fait que la Belgique est un pays assez récent qui se cherche encore une identité et qui, se sentant soi-disant menacée culturellement par la France, essaie de se libérer de ce complexe en exerçant cette pression ressentie sur les non-francophones. La psychologie nous renseigne bien sur le complexe : celui qui a été violenté essaiera de violenter à son tour. La Belgique a besoin de trouver son équilibre et son identité culturelle qui passe par la reconnaissance de ses écrivains et de ses intellectuels. Le problème réside, toutefois, comme partout dans le monde, dans ses élites… politiquement correctes.

Dulce Rodrigues

Bonjour,

j'ai rejoint le réseau il y a peu et cette discussion m'intéresse. Je suis jeune auteure belge, éditée par un éditeur belge. Il va de soi que le monde littéraire (entendez par là les journaux, les librairies et les bibliothèques) ne s'intéresse pas à ce qui se passe en Belgique. Par contre, et le fait n'est pas unique, l'enseignement a évolué : dans au moins trois écoles de ma région, les adolescentes qui ont lu mon roman ont eu l'occasion de le présenter dans leurs classes de français. Les enseignants ouvrent maintenant un espace pour les élèves où chacun peut présenter une oeuvre qui l'a séduit. Evidemment, les ados sont comme les enfants : ils aiment ou n'aiment pas, mais ne font pas de différence entre les couleurs de peau, la nationlaité de l'auteur, que sais-je encore. C'est donc par ce biais, bien hasardeux, que les écrivains belges entrent dans les écoles. Pour ma part, en poésie, nous avons dû étudier Emile Verhaeren.

Mes enfants ont lu du belge : Gilles Lacq, Eric Dejaegher, Franck Andriat.

Et pour ce qui est des enseignants qui écrivent, l'expérience que j'en ai est qu'ils écrivent leurs expériences d'enseignants...

Moi, j'ai écrit du fantastique, qui ne sera jamais programmé comme lectures dans les écoles... même si le roman plaît aux jeunes.

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