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Création artistique et maternité (ou paternité) : quelles ressemblances, quelles différences?

J'ai 35 ans et je n'ai pas d'enfants. Ce n'est pas un problème pour moi. Je ne suis pas certaine d'aimer le quotidien du maternage, par contre je suis certaine d'aimer l'art en général. De plus j'ai un métier que j'apprécie pour son caractère social. Je me sens utile aux gens. Mais c'est une question que je me suis toujours posée. Qui pourrait éclairer ma lanterne?

Le fait de créer une oeuvre d'art est-il comparable au fait d'élever un enfant?
Est-ce pareil pour un homme et une femme?
Une oeuvre d'art remplace-t-elle un enfant?
Crée-t-on comme on élève un enfant? Quels sont les différences?
Quel sens donner à l'un et à l'autre par rapport à sa propre existence?
Les satisfactions sont-elles aussi fortes dans les deux domaines?
On dit qu'on fait des enfants pour laisser une trace de son passage sur terre. Est-ce pareil pour l'art?
Avez-vous regretté certains de vos choix ou êtes-vous heureux justement d'avoir choisi la vie que vous menez?

Je serais très curieuse d'avoir vos expériences personnelles sur ce sujet.
Les généralités m'intéressent peu.
J'aimerais des réponses franches, du vécu qui vient des tripes, sans concession...
Merci d'avance.

Valérie Huynen.

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Réponses à cette discussion

création artistique et maternité :
Il y a un point commun : la manière d’aborder l’enfantement.

C’est valable pour toute création.

Si on laisse son subconscient à la merci des traditions séculaires disant que tout se crée dans la douleur et les tourments, il est évident que tout « enfantement » sera difficile.

Si au contraire on comprend que l’homme n’a jamais été chassé du paradis (symbole, je sais) mais qu’il a créé l’enfer autour de lui, on s’attachera peut-être à rechercher un AUTRE art de vivre, plus serein, plus détendu.

A l’instar de la création artistique, tout enfantement est une question de culture et d’instruction. Enfanter un livre est plus facile avec un cerveau plein qu’avec un cerveau vide.
Enfanter une peinture riche en contenu se fera plus efficacement avec un bagage culturel important afin de nourrir son subconscient.

D’après les dernières découvertes en matières médicales, l’enfant perçoit énormément de chose transmises par le cerveau et les substances amniotiques de la mère. Des expériences ont prouvé qu’une mère équilibrée dans son corps et son esprit a plus de possibilité d’accoucher sans douleurs.
Certaines civilisations, Taoïsme, Zen, Chan etc y arrivent plus aisément que nous… dans les classes sociales élevées où la femme est « fière d’elle-même » et possède dès lors une formation intellectuelle et philosophique importante.

Pour reprendre la première partie de votre texte, je dirai que le besoin d’enfanter est un réflexe de classe engendré par les religions.
Tant que religion se réfèrera à religare (relier), ce ralliement imposera des structures organisatrices. Celles-ci devront être défendues et, par conséquent, engendreront l’obligation d’être plus fort que la structure voisine.
Il faut donc conditionner ses membres à faire plus d’enfants que « l’ennemi » potentiel.

Dans un monde où il y a trois milliards de gens en trop et des millions d’orphelins, votre choix est le bon, vous avez décidé de ne pas rejoindre la cohorte des mères pondeuses n’ayant que des sujets infantiles à ânonner entre elles et que leurs époux tromperont allègrement en se tournant vers des maîtresses plus intéressantes et passionnantes.

Ce choix devient le seul vraiment admirable lorsque vous mettez votre disponibilité au service de la société d’une manière ou d’une autre et à votre niveau.

On peut appliquer cette pensée à toute création en se demandant : de quoi notre société a-t-elle besoin ?
Que vais-je enfanter, quitte à me faire critiquer. Comme le disait mon épouse dans une de ses conférences : L’artiste a un devoir : celui de faire ce que bon lui semble, à condition que ce soit engendré par un cerveau plein.

Amicalement vôtre.
Michel Evrard-Thøelen
L’Amour, une condition indispensable au bonheur ? L' Amour pour un enfant!!!
Sans doute, mais pas à tous prix. Et pas dans n’importe qu’elles conditions.
L’intense bonheur procuré par l’amour naissant (celui de l'enfant qui vient de naître), comble totalement la personne, l’affranchit de toute contingence.
C’est ce que je vis et toi tu sembles en souffrir. L’amour n’appartient à ………… N’est ni là ni ailleurs……….

L'amour d'un enfant n'appartient à personne même pas à celle qui vient de la mettre au monde.

L'art lui appartient à l'auteur, le partage, le fait partager. Donne du plaisir lorqu'il que l'émotion est commune à son sujet.

Bref, un enfant est un être a part entière, et sa vie est propre à lui comme elle n'appartient à personne.
L'art appartient à tous, laisse une trace, mais cette trace a-t-elle de l'importance après notre grand départ.

Non pour nous, oui pour ceux qui reste!
Il y a tellement à dire et à écrire.
La vie n'est qu'une question de choix et la qualité de la vie est la façon dont nous allons gérer nos choix.
Donner la vie c'est une chose..............
Créer de l'art en est une autre.............
Pourtant les bonheurs peuvent se confondre.
Bonne chance.
Claude.
Merci Claude pour ta réponse.

C'est probablement mon caractère indépendant affectif qui m'empêche de voir l'attrait de cette relation d'amour à un enfant. Pour moi, c'est l'aspect responsabilité et corvée que je vois et qui me pèse. Je crois que je me suis trop tracassée pour les gens que j'aimais et qui ne sont finalement plus là malgré toute l'intensité de mon amour.

Lorsque tu dis que je semble en souffrir, je te réponds "oui, j'en ai souffert". Effectivement, pour survivre psychiquement, il a fallut que j'investisse mes affects dans autre chose que des personnes de chaire et de sang car "chat échaudé craint l'eau froide". D'où mon indépendance affective. Effectivement, l'idée-même de me remettre en danger en faisant venir au monde un enfant totalement dépendant de moi est quelque chose d'affolant car je connais "l'enfer du décor". Mais comme j'avais envie de vivre intensément et que mon esprit bouillonnait d'envie de créer et de rencontres, cela s'est détourné vers la créativité artistique, domaine qui m'a toujours tenté et qui trouvait soudain une légitimité et un sens nouveau à mes yeux. C'est ce Freud appelle "la sublimation".

Voici une petite explication de ce terme...prise sur internet :
Freud choisit Sublimierung pour désigner la « capacité d'échanger [un] but qui est à l'origine sexuel contre un autre qui n'est plus sexuel mais qui est psychiquement apparenté avec le premier » (« La Morale sexuelle civilisée et la maladie nerveuse des temps modernes [1908] », in La Vie sexuelle, trad. fr. D. Berger, PUF, 1969; G. W., VII, p. 150,; S. E., IX, p. 187). Il postule que, pour ce processus, la pulsion sexuelle « met à la disposition du travail culturel une quantité extraordinaire de forces et cela, sans doute, par suite de la propriété particulièrement prononcée qui est sienne de déplacer son but sans perdre essentiellement en intensité ». Plus tard, en 1932 notamment, il précisera que cette modification de but de la libido s'accompagne alors d'un changement d'objet (Nouvelles Conférences d'introduction à la psychanalyse, trad. fr. R. M. Zeitlin, Gallimard, 1984, p. 131; G. W., XV, p. 103; S. E., XXII, p. 97).

Voilà ma genèse artistique en accéléré.
Je serai peut-être toujours absente d'un vrai débat sur la maternité, justement à cause de cette genèse, qui pourtant a permis cette ouverture vers la création artistique.
Je me dis qu'après tout, mon énergie est peut-être mieux investie (pour ma santé et ma sécurité affective) dans la création artistique que dans l'éducation d'un enfant.

CLAUDE LINCE a dit :
L’Amour, une condition indispensable au bonheur ? L' Amour pour un enfant!!!
Sans doute, mais pas à tous prix. Et pas dans n’importe qu’elles conditions.
L’intense bonheur procuré par l’amour naissant (celui de l'enfant qui vient de naître), comble totalement la personne, l’affranchit de toute contingence.
C’est ce que je vis et toi tu sembles en souffrir. L’amour n’appartient à ………… N’est ni là ni ailleurs……….

L'amour d'un enfant n'appartient à personne même pas à celle qui vient de la mettre au monde.

L'art lui appartient à l'auteur, le partage, le fait partager. Donne du plaisir lorqu'il que l'émotion est commune à son sujet.

Bref, un enfant est un être a part entière, et sa vie est propre à lui comme elle n'appartient à personne.
L'art appartient à tous, laisse une trace, mais cette trace a-t-elle de l'importance après notre grand départ.

Non pour nous, oui pour ceux qui reste!
Il y a tellement à dire et à écrire.
La vie n'est qu'une question de choix et la qualité de la vie est la façon dont nous allons gérer nos choix.
Donner la vie c'est une chose..............
Créer de l'art en est une autre.............
Pourtant les bonheurs peuvent se confondre.
Bonne chance.
Claude.
Merci Michel pour votre réponse.

Je suis tout à fait d'accord pour dire que l'enfantement (maternel ou artistique) se fait dans une certaine douleur. Non que cette douleur soit nécessaire mais pour être fier de ce qu'on crée, il faut un certain travail et une certaine rigueur. En effet, "à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire". On ne peut être satisfait de soi si on ne s'investit pas un minimum, en fonction de ses capacités physiques et intellectuelles.

Depuis, l'enfance, je me suis toujours tenue à faire de mon mieux dans tout ce que j'entreprenais, avec l'idée d'être suffisamment forte et instruite pour élever une famille. Bizarrement, si on ne savait pas que j'étais une femme, ces propos pourraient être tenus par un homme. Au fur et à mesure que j'ai découvert le monde, j'ai touvé un peu malhonnête de la part des hommes de laisser leurs femmes s'occuper de la famille et de l'intendance, alors qu'ils avaient droit à voyager et à faire un tas d'expériences nouvelles hors de leur foyer sous prétexte de leur travail...Je l'avoue, je leur enviais cette liberté que les femmes leur laissent, ou qu'ils prennent...Je n'ai pas encore bien compris.

Qu'est-ce qui fait que la femme accepte cela? Alors qu'elle a une telle sensibilité d'un point de vue artistique...
On dit que les plus grands cuistots sont des hommes. Pourquoi? Pareil en peinture etc...
On dit aussi que derrière chaque grand homme, il y a une femme.
Sont-elles trop amoureuses de leurs hommes au point de s'oublier?
Finissent-elles par crouler sous les exigences familiales au point d'en oublier leurs envies?
J'aimerais entendre une fois que derrière une grande femme, il y a un homme. Et au passage, je pense avec tendresse à mon mari qui me suit et m'encourage dans mes petits projets personnels. Il est très équilibrant et rassurant pour moi de l'avoir à mes côtés et ne pas avoir à lutter contre lui.

Moi, je ne me sens pas l'âme d'une femme au foyer car j'ai goûté à la vie active des hommes.
Peut-être que si on obligeait les hommes, non plus au service militaire, mais à gérer l'intendance d'une famille, cela permettrait aux hommes et aux femmes de mieux comprendre leurs véritables désirs. Il y a certainement des hommes qui préfèrent pouponner plutôt que de travailler. Mais, il y aurait peut-être du coup aussi une baisse de natalité pour les femmes les plus capables financièrement.

Mais de toute façon, au-delà de ce besoin de vivre hors de mon foyer, je ressens en tant que femme le besoin de savoir que les gens qui m'entourent se portent bien (physiquement et psychiquement). Je trouve ce rôle à travers mon métier. Parfois, je me dis que c'est cela qui perd les femmes...une empathie excessive qui absorbe toute leur énergie dans leur foyer, et les vide pour explorer le monde.

Michel Evrard-Thøelen a dit :
création artistique et maternité :
Il y a un point commun : la manière d’aborder l’enfantement.

C’est valable pour toute création.

Si on laisse son subconscient à la merci des traditions séculaires disant que tout se crée dans la douleur et les tourments, il est évident que tout « enfantement » sera difficile.

Si au contraire on comprend que l’homme n’a jamais été chassé du paradis (symbole, je sais) mais qu’il a créé l’enfer autour de lui, on s’attachera peut-être à rechercher un AUTRE art de vivre, plus serein, plus détendu.

A l’instar de la création artistique, tout enfantement est une question de culture et d’instruction. Enfanter un livre est plus facile avec un cerveau plein qu’avec un cerveau vide.
Enfanter une peinture riche en contenu se fera plus efficacement avec un bagage culturel important afin de nourrir son subconscient.

D’après les dernières découvertes en matières médicales, l’enfant perçoit énormément de chose transmises par le cerveau et les substances amniotiques de la mère. Des expériences ont prouvé qu’une mère équilibrée dans son corps et son esprit a plus de possibilité d’accoucher sans douleurs.
Certaines civilisations, Taoïsme, Zen, Chan etc y arrivent plus aisément que nous… dans les classes sociales élevées où la femme est « fière d’elle-même » et possède dès lors une formation intellectuelle et philosophique importante.

Pour reprendre la première partie de votre texte, je dirai que le besoin d’enfanter est un réflexe de classe engendré par les religions.
Tant que religion se réfèrera à religare (relier), ce ralliement imposera des structures organisatrices. Celles-ci devront être défendues et, par conséquent, engendreront l’obligation d’être plus fort que la structure voisine.
Il faut donc conditionner ses membres à faire plus d’enfants que « l’ennemi » potentiel.

Dans un monde où il y a trois milliards de gens en trop et des millions d’orphelins, votre choix est le bon, vous avez décidé de ne pas rejoindre la cohorte des mères pondeuses n’ayant que des sujets infantiles à ânonner entre elles et que leurs époux tromperont allègrement en se tournant vers des maîtresses plus intéressantes et passionnantes.

Ce choix devient le seul vraiment admirable lorsque vous mettez votre disponibilité au service de la société d’une manière ou d’une autre et à votre niveau.

On peut appliquer cette pensée à toute création en se demandant : de quoi notre société a-t-elle besoin ?
Que vais-je enfanter, quitte à me faire critiquer. Comme le disait mon épouse dans une de ses conférences : L’artiste a un devoir : celui de faire ce que bon lui semble, à condition que ce soit engendré par un cerveau plein.

Amicalement vôtre.
Michel Evrard-Thøelen
L'idée de maternage contient en elle quelque chose d'à la fois banal et pas banal qui me dérange.

Le "banal", c'est le côté hygiénique (changer les couches etc...), être soumis aux contraintes des repas, être face à quelqu'un qu'il faut à tout prix modeler et rectifier face à la démagogie du monde qui nous entoure. Cet aspect prend une énergie dingue au détriment de notre propre développement. Pour pouvoir faire grandir un petit, il faut se mettre entre parenthèse et lui laisser la place. Il faut abandonner ses prétentions d'ordre professionnel. Ou bien il faut être sacrément rapide, vif et bien organisé. Je ne suis pas certaine d'en être capable. Et les crêches ne sont pour moi qu'une solution contrainte. Ce n'est pas un choix vu la conjoncture financière. Qui peut se permettre de vivre sur un seul salaire pour élever une famille?

Le "pas banal", c'est le fait que je pourrais être touchée évidemment. La maternité semble épanouir beaucoup de femmes comme si elles avaient été touchées par la grâce de dieu. Elles sont folles dingues de leur enfant, le prennent en photo sous toutes les poses, vous gavent de leurs exploits. On dirait qu'elles étaient incomplètes avant sa venue. Le problème, c'est que j'ai passé l'âge d'être une midinette. Je ne fantasme plus sur les vedettes ou les gens car j'ai pas mal de deuils à mon actif. Ma vision des gens et de leurs relations ont étés bouleversées vers une autre forme de relation qui n'en est pas moins intéressante. Je vois plus loin que l'image que les gens veulent laisser croire d'eux. Je vois la personne de façon très globale. Je ne la mets plus sur un piédestal car je sais qu'elle ne comblera pas tous mes manques malgré sa volonté de me le faire croire, et qu'elle peut disparaître. Je peux me contenter d'un échange bref et intense. Je n'ai pas besoin d'avoir cette relation d'appartenance du sang d'un enfant à une mère. Je sais que je resterai incomplète toute ma vie, qu'un enfant est une illusion d'infini, et que la mort existe et ne peut être contournée. Ce qui m'intéresse dans l'humain est au-delà des clichés. Je vois le sacré dans toute chose. Je n'ai pas besoin d'attendre la venue d'un enfant pour être touchée par la grâce de dieu.

L'art seul possède la souplesse de se suffire à lui-même, de pouvoir être quitté, embrassé, remanié, sali ou enjolivé au gré de nos humeurs sauvages. Personne ne peut condamner l'artiste qui divague dans son art. Avec un enfant, la contrainte de l'engagement, de la responsabilité et du lien reste présente. La société se donne le droit d'avoir son mot à dire et de juger. Et puis, l'aventure artistique est tellement plus surprenante et risquée. Elle accepte autant la destruction que la construction. Il n'y a pas de rails, tandis qu'il y en a plus pour élever un enfant selon les normes de la société. Moi je veux être critiquée, mais pas jugée. Je veux garder le pouvoir de détruire ce que je construis. Je ne veux pas être obligée de "réussir" tout ce que je crée. Pour moi, c'est cela la liberté.

Bettonville Raymond a dit :
"Je ne suis pas certaine d'aimer le quotidien du maternage, par contre je suis certaine d'aimer l'art en général. "
Pourquoi ?
Aïe, on va me prendre pour une illuminée ! Ou une Sainte Vierge ! Horreur !

Non, je ne suis pas religieuse, je ne suis pas croyante et surtout pas dogmatique. Je fuis la religion qui désincarne l'homme de toute sa grandeur et de tout son mystère pour les placer dans un dieu ou un prophète.
Moi je vois le sacré dans tout être et toute création, c'est à dire que je m'efforce de comprendre sa genèse, son sens, sa symbolique et sa portée. Je considère que toute création mérite le respect car "qui expose s'expose, voire sexe pose (ajouterais-je pour faire un clin d'oeil à Freud)". Tout ce que nous créons, selon lui, viendrait de nos pulsions sexuelles sublimées. Un enfant, finalement, n'est jamais que le résultat de la fusion charnelle de deux corps. Nous lui donnons une signification autre car nous sommes des êtres civilisés et complexes. Nous détestons passer pour des animaux sans but et sans cervelle.

Donc, celui qui expose ses oeuvres (picturales, écrites ou autre) dévoile tellement de choses intimes et personnelles, que je trouve qu'il y a du mérite à oser laisser les autres s'immiscer dans ses voyages intérieurs. Cette révélation au monde extérieur s'apparente, pour en revenir à la foi, à une sorte d' "annonciation", c'est un message. L'artiste a quelque chose de divin et de sacré quand il arrive à communier avec l'observateur. Et probablement que je ne me moque de personne aussi parce que je ne voudrais pas qu'on se moque de moi. Critiquée oui. Sans problème. Une bonne discussion fait toujours avancer le schmilblick. Elle permet d'évoluer et de s'adapter. Mais je n'irais pas jusqu'à dire que c'est un conflit douloureux. Il s'agit plutôt d'une joute d'idées.

Ne trouves-tu pas étrange d'ailleurs que Marie soit Vierge chez les catholiques ? Pas de sexe, pas de pulsions. Tout est sublimé dans un ensemble de dogmes à respecter. Les messages religieux appellent à la maîtrise de toutes nos envies : luxure, avarice, paresse, gloire, orgueil, gourmandise, colère. Est-ce que les religions sont vraiment saines pour l'épanouissement de nos esprits ? J'ai plutôt l'impression qu'elles nous mutilent dans notre capacité à nous connaître vraiment.

Maintenant que tu en sais plus sur moi que moi sur toi, qu'est-ce qui te retient de verbaliser tes pensées ?
Tu réponds sans te livrer. Pourtant, je sais que tu écris, que tu aimes écrire et que tu t'es déjà "livré".
La paternité (que tu aies des enfants ou pas) et la création artistique, comment la vis-tu ?
La religion t'apporte-t-elle un regard particulier sur la création artistique ou sur la naissance ?

Bettonville Raymond a dit :
"Je n'ai pas besoin d'attendre la venue d'un enfant pour être touchée par la grâce de dieu."

Art, maternité, création, foi, dieu, comment vis-tu le conflit ?


HUYNEN Valérie a dit :
L'idée de maternage contient en elle quelque chose d'à la fois banal et pas banal qui me dérange.

Le "banal", c'est le côté hygiénique (changer les couches etc...), être soumis aux contraintes des repas, être face à quelqu'un qu'il faut à tout prix modeler et rectifier face à la démagogie du monde qui nous entoure. Cet aspect prend une énergie dingue au détriment de notre propre développement. Pour pouvoir faire grandir un petit, il faut se mettre entre parenthèse et lui laisser la place. Il faut abandonner ses prétentions d'ordre professionnel. Ou bien il faut être sacrément rapide, vif et bien organisé. Je ne suis pas certaine d'en être capable. Et les crêches ne sont pour moi qu'une solution contrainte. Ce n'est pas un choix vu la conjoncture financière. Qui peut se permettre de vivre sur un seul salaire pour élever une famille?

Le "pas banal", c'est le fait que je pourrais être touchée évidemment. La maternité semble épanouir beaucoup de femmes comme si elles avaient été touchées par la grâce de dieu. Elles sont folles dingues de leur enfant, le prennent en photo sous toutes les poses, vous gavent de leurs exploits. On dirait qu'elles étaient incomplètes avant sa venue. Le problème, c'est que j'ai passé l'âge d'être une midinette. Je ne fantasme plus sur les vedettes ou les gens car j'ai pas mal de deuils à mon actif. Ma vision des gens et de leurs relations ont étés bouleversées vers une autre forme de relation qui n'en est pas moins intéressante. Je vois plus loin que l'image que les gens veulent laisser croire d'eux. Je vois la personne de façon très globale. Je ne la mets plus sur un piédestal car je sais qu'elle ne comblera pas tous mes manques malgré sa volonté de me le faire croire, et qu'elle peut disparaître. Je peux me contenter d'un échange bref et intense. Je n'ai pas besoin d'avoir cette relation d'appartenance du sang d'un enfant à une mère. Je sais que je resterai incomplète toute ma vie, qu'un enfant est une illusion d'infini, et que la mort existe et ne peut être contournée. Ce qui m'intéresse dans l'humain est au-delà des clichés. Je vois le sacré dans toute chose. Je n'ai pas besoin d'attendre la venue d'un enfant pour être touchée par la grâce de dieu.

L'art seul possède la souplesse de se suffire à lui-même, de pouvoir être quitté, embrassé, remanié, sali ou enjolivé au gré de nos humeurs sauvages. Personne ne peut condamner l'artiste qui divague dans son art. Avec un enfant, la contrainte de l'engagement, de la responsabilité et du lien reste présente. La société se donne le droit d'avoir son mot à dire et de juger. Et puis, l'aventure artistique est tellement plus surprenante et risquée. Elle accepte autant la destruction que la construction. Il n'y a pas de rails, tandis qu'il y en a plus pour élever un enfant selon les normes de la société. Moi je veux être critiquée, mais pas jugée. Je veux garder le pouvoir de détruire ce que je construis. Je ne veux pas être obligée de "réussir" tout ce que je crée. Pour moi, c'est cela la liberté.

Bettonville Raymond a dit :
"Je ne suis pas certaine d'aimer le quotidien du maternage, par contre je suis certaine d'aimer l'art en général. "
Pourquoi ?
Raymond, tu as écrit ceci :

"Le plus difficile est de se reconnaître, pas d'être reconnu...
Je ne crée pas pour laisser une trace: je me trace..."

Je trouve cela très bien synthétisé : court et intense.
Je perçois le vécu et toute la longueur de la réflexion pour aboutir à cette conclusion.
Moi j'ai tendance à m'étaler en farfouillant dans mes idées car je suis encore dans la recherche.
Comme disait Boileau : "Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément".
Un jour, peut-être, j'arriverai à résumer des années dans une seule phrase...

Amitiés,

Valérie.



Bettonville Raymond a dit :
Bon, allons y... Je sais que je vais être lu...

Mère je ne le suis pas, mais père...
J'ai l'image de mon grand-père, né au 19ième siècle et je la garde... Aujourd'hui, la paternité n'est plus la même...

Est-ce que je me sens utile ? Je pense que je fais ce que je dois faire...sans me poser d'autres questions...

Qu'est-ce que "créer" et "élever" ? Mais ce n'est pas pareil...

Le plus difficiles est de se reconnaître, pas d'être reconnu...

Je ne crée pas pour laisser une trace: je me trace...

Les questions que tu te poses sont très riches...

Amitiés

Raymond.
L'art est lié à la vie, le fait d'être mère a influencé dans ma sensibilité, et changé notre façon d' "être au monde".
moins d'insouciance plus de profondeur.le regard des autres changent. une femme ressent ses changements au cours de sa vie.
Raymond Bettonville a dit :
« L'enfantement n'est pas création: l'enfantement est indépendant et nous échappe totalement mais pas la création artistique où nous sommes le "père", mais lequel ? »
Paul Bruyneel a dit :
« L'oeuvre, nous en sommes maître et la dirigeons suivant notre envie, nos intuitions les plus profondes. L'enfant prendra de nos enseignements, ce qu'il a envie de prendre et il fera sa vie avec ses propres expériences. Est-ce pareil pour un homme et une femme? Certainement pas, je pense que l'art au féminin est plus intuitif et le masculin un rien plus calculé. »
Cissoise a dit :
« L'art est lié à la vie. Le fait d'être mère a influencé ma sensibilité, et changé notre façon d' "être au monde". Moins d'insouciance plus de profondeur. Le regard des autres change. Une femme ressent ces changements au cours de sa vie. »

Suite à ces remarques, j’ai envie de répondre qu’effectivement, l’homme et la femme ont sans doute globalement un rapport différent à la création au sens large.

La femme possède un rapport plus intuitif avec tout ce qu’elle crée. Elle cherche l’HARMONIE dans sa maison intérieure, tout comme elle essaye d’arranger son foyer. Sa mission secrète est de veiller au bien-être de chacun. Pour une artiste, cela commence probablement par elle-même. La douceur de l’expression artistique d’une femme est peut-être reconnaissable à cela.

Un homme artiste possède aussi bien sûr ces qualités intuitives (je l’espère sinon peut-il être véritablement artiste ?). Mais un père cherche avant tout à CONSTRUIRE et à faire sortir quelque chose hors de la terre, hors de « notre mère la terre ». Ainsi, il plantera un arbre comme on fait naître un fils, l’un naissant de « notre mère la terre », l’autre venant de la mère qu’il a choisie pour son fils.

Ainsi, populairement, le rôle de l’homme serait de bâtir sa maison, et celui de la femme serait de la décorer harmonieusement pour que chacun s’y sente bien.

Finalement, peut-être que l’art serait une façon détournée d’exploiter les faces cachées de l’identité sexuée que le monde nous attribue par tradition lors de notre naissance. Un homme pourrait jouer à remettre de l’ordre à l’intérieur de lui sans qu’on ne l’affuble de sensiblerie excessive. Une femme pourrait bâtir ce qu’elle ne peut faire dans la vie sous peine d’être vue comme un concurrent viril et castrateur. Vous est-il déjà arrivé de vous questionner sur la grande proportion de bisexuels et d'homosexuels dans les milieux artistiques? N'est-ce pas là une preuve qu'on peut changer de "rôle" plus facilement dans ce milieu au gré des envies de chacun. Oui, je persiste à croire que l’art n’est que la manifestation de notre identité sexuée. L’art, le sexe, la vie…Toutes ces choses qui nous animent sont semblables même si elles ne portent pas le même nom.
Le débat s'élargit. J'aime beaucoup tes pistes de réflexion, Valérie.
L'art, pour moi, est un espace de grande liberté où les rôles stéréotypés s'effacent au profit de l'authenticité de la personne qui crée. C'est aussi le lieu de toutes les expériences imaginables, celles qu'on n'oserait jamais tenter dans la vie, ne serait-ce que pour ne pas blesser nos proches. Les clivages s'effacent souvent et, quand ils apparaissent, ce ne sont pas forcément les mêmes que ceux de la vie dite réelle : homme/femme, vieux/jeune, d'ici/d'ailleurs.

Quant au parallélisme avec la maternité, je le ressens surtout pendant le grand vide, puis la période de latence qui succèdent à un épisode de création intense. Je compare souvent cette période de latence à celle de la grossesse. Sans même qu'on le sache, bien souvent, la fécondation a déjà eu lieu à travers une rencontre, une lecture, une découverte, un voyage, l'idée de l'oeuvre à venir est en route. Pourtant, on a parfois l'impression, au début de cette lente maturation, que la source est tarie. Mais, si on est attentif, on peut percevoir des signes avant-coureurs. Et puis, le moment arrive, la soif, l'envie, le besoin de créer sont là à nouveau et cela ne peut plus attendre. Le fruit est mûr.

Je ne crois pas que la création puisse "remplacer" un enfant. C'est autre chose. Les oeuvres, comme quelqu'un l'a fait remarquer sont statiques, achevées. Les oeuvres, oui, mais pas le parcours du créateur. Si on considère "l'oeuvre" comme un ensemble, celle-ci ne cesse d'évoluer et pas toujours dans le sens qu'on voudrait. Il arrive qu'elle nous échappe, prenne des chemins de traverse, emprunte des impasses d'où il faut douloureusement sortir... Comme un enfant capricieux, effectivement.

La grande différence, c'est justement la liberté évoquée au début. On reste toujours libre vis-à-vis de son travail artistique : libre de le poursuivre ou de l'arrêter, de le nourrir ou de le saboter. Avoir un enfant, c'est accepter les entraves, les contraintes multiples, une sorte de tyrannie. Les joies ne sont pas les mêmes. les déconvenues non plus. Et c'est très difficile de mener à bien les deux entreprises (création et maternité) en même temps.
Bonjour Valérie,

Permets-moi de te tutoyer, merci.
Je suis femme comme toi, mère de deux grands enfants partis faire leur vie maintenant et...je crèe. Je peux donc te répondre en toute connaissance de cause.

Etre mère de chair ou être mère de peintures est incomparable.

J'ai vécu ma maternité...lorsque mes enfants étaient petits...comme une grâce.
C'est l'innocence, la naïveté et la spontanéité à l'état pur. C'est la fraîcheur et la joie de vivre à longueur de journée. J'ai eu la chance, c'est vrai, d'avoir eu des enfants faciles et toujours en très bonne santé. Ils m'ont rendue pleinement heureuse jusqu'à leur adolescence...période de tous les remous, de toutes les révoltes et de tous les reproches. Car plus tard devenu preque adulte, quand on élève son enfant on fait ce que l'on peut, jamais ce que l'on veut...c'est toujours lui qui décide ; c'est mieux pour lui, il prend ainsi les rennes de sa vie. Mais CETTE "création" (cet enfant) s'en va alors ...parce qu'elle est vivante et libre de ses choix. On n'élève pas un enfant pour soi mais pour lui...même si la séparation est souvent vécue comme un déchirement. C'est la règle de la vie pour toutes les espèces, même pour la nôtre... êtres humains.

C'est une expérience que j'aurais regrettée de ne pas avoir vécue si je n'avais pas eu d'enfants mais maintenant qu'ils sont loins et parfois indifférents à ma propre existence, je me demande si ma vie aurait été différente...maintenant qu'ils sont partis. Seule avec ou sans enfant, c'est toujours être seule. Ils me restent de très bons souvenirs d'eux.
Pour ma part, je n'ai pas fait d'enfants pour laisser une trace de mon passage sur terre mais juste pour les aimer de tout mon coeur...gratuitement et inconditionnellement comme seule une mère peut le faire. C'est maintenant et seulement maintenant que j'ai conscience que l'effet de ma propre indifférence à l'égard de ma mère, à leur âge, a pu avoir sur le coeur de ma mère.

Tu vois Valérie, la différence qu'il y a entre une création matérielle et la "création vivante" qu'est un enfant, c'est l'ECHANGE !

Quand tu portes un enfant dans ton ventre, tu sais bien sûr qu'il vient de toi et qu'il sera donc "ta création" mais tu n'es en rien responsable de ce qu'il est à la naissance...c'est la nature et les gênes qui s'en sont chargés. Sinon quelle horrible culpabilité devrait subir la femme qui se serait "trompée" et mettrait un enfant handicapé au monde !? Pas moyen de faire une "retouche" !
Tu te rends compte ?
Tu le nourris de ton sang en rêvant à ce qu'il sera durant ces 9 mois d'attente mais toujours avec le doute qu'il ne sera pas tout à fait bien. Sinon pourquoi compter les petits doigts du bébé pour savoir s'il en a bien cinq au bout de chaque membre ?

Quand tu crèes, dans mon cas, je ne peux pas parler pour les autres, il y a aussi toute une période de maturation inconsciente comme pour une grossesse..pas aussi longue..heureusement..hi.hi..
Je ne sais pas d'où me viennent mes idées ni comment elles vont "sortir" mais je SAIS qu'elles sont là et "J'ACCOUCHE" d'elles au moment le plus inattendu. J'espère avoir une grande et énorme famille artistique...hi..hi..qui cette fois, je l'avoue, a pour ambition (qui sait ?) de laisser une trace de moi en mon nom - je ne mets jamais de pseudo - sur cette terre.

Je ne regrette pas mes choix, je les ai assumés jusqu'au bout. J'ai été mère et..je le reste mais un peu moins et maintenant je suis artiste peintre ( "artiste"par opposition à peintre en bâtiment) à fond les manettes.
Peindre me remplit d'un immense bonheur, je plane, mon corps se remplit d'endorphine, le temps n'a plus de temps, je suis dans un autre monde...le mien et je suis pleinement heureuse !

Je t'ai parlé de mon vécu, je t'ai parlé avec mes tripes comme tu le souhaitais. Je t'ai parlé en tant que femme libre aussi.

Quelqu'un a dit : "Ce que les autres pensent de moi ne me regarde pas !". J'adore cette phrase.

Je suppose que tu te poses cette question parce que tu as 35 ans et que ton horloge biologique tourne mais ne t'inquiète pas, nous...femmes... avons acquis notre liberté de choix grâce aux progrès de la science : il n'y a rien de mal à ne pas vouloir avoir d'enfant ! Je pense que ton premier devoir envers la vie c'est de l'aimer et d'en faire quelque chose de beau.

J'ai fait et je continue à faire les deux (mère et peintre), un peu moins l'un, un peu plus l'autre. J'espère avoir pu t'apporter quelque chose de positif.
Je ne suis ni philosophe ni psychiâtre et ne fais référence à personne. Je parle avec les mots du coeur et je peins pour parler sans mots...c'est tout dire..hi..hi..

Bises
Nicole

P.S. Je n'ai pas lu les commentaires des personnes précédentes pour conserver mon authenticité. J'espère qu'elles ne m'en voudront pas.
Et si la clé du problème,tout ce chahut autour de notre nombril, se trouverait justement dans le quotidien????
Ce n'est pas remplir mais vider sa tête qu'on doit apprendre à faire...le subconscient parle souvent un autre langage que notre soit disant maitrise intéllectuel!

HUYNEN Valérie a dit :
L'idée de maternage contient en elle quelque chose d'à la fois banal et pas banal qui me dérange.

Le "banal", c'est le côté hygiénique (changer les couches etc...), être soumis aux contraintes des repas, être face à quelqu'un qu'il faut à tout prix modeler et rectifier face à la démagogie du monde qui nous entoure. Cet aspect prend une énergie dingue au détriment de notre propre développement. Pour pouvoir faire grandir un petit, il faut se mettre entre parenthèse et lui laisser la place. Il faut abandonner ses prétentions d'ordre professionnel. Ou bien il faut être sacrément rapide, vif et bien organisé. Je ne suis pas certaine d'en être capable. Et les crêches ne sont pour moi qu'une solution contrainte. Ce n'est pas un choix vu la conjoncture financière. Qui peut se permettre de vivre sur un seul salaire pour élever une famille?

Le "pas banal", c'est le fait que je pourrais être touchée évidemment. La maternité semble épanouir beaucoup de femmes comme si elles avaient été touchées par la grâce de dieu. Elles sont folles dingues de leur enfant, le prennent en photo sous toutes les poses, vous gavent de leurs exploits. On dirait qu'elles étaient incomplètes avant sa venue. Le problème, c'est que j'ai passé l'âge d'être une midinette. Je ne fantasme plus sur les vedettes ou les gens car j'ai pas mal de deuils à mon actif. Ma vision des gens et de leurs relations ont étés bouleversées vers une autre forme de relation qui n'en est pas moins intéressante. Je vois plus loin que l'image que les gens veulent laisser croire d'eux. Je vois la personne de façon très globale. Je ne la mets plus sur un piédestal car je sais qu'elle ne comblera pas tous mes manques malgré sa volonté de me le faire croire, et qu'elle peut disparaître. Je peux me contenter d'un échange bref et intense. Je n'ai pas besoin d'avoir cette relation d'appartenance du sang d'un enfant à une mère. Je sais que je resterai incomplète toute ma vie, qu'un enfant est une illusion d'infini, et que la mort existe et ne peut être contournée. Ce qui m'intéresse dans l'humain est au-delà des clichés. Je vois le sacré dans toute chose. Je n'ai pas besoin d'attendre la venue d'un enfant pour être touchée par la grâce de dieu.

L'art seul possède la souplesse de se suffire à lui-même, de pouvoir être quitté, embrassé, remanié, sali ou enjolivé au gré de nos humeurs sauvages. Personne ne peut condamner l'artiste qui divague dans son art. Avec un enfant, la contrainte de l'engagement, de la responsabilité et du lien reste présente. La société se donne le droit d'avoir son mot à dire et de juger. Et puis, l'aventure artistique est tellement plus surprenante et risquée. Elle accepte autant la destruction que la construction. Il n'y a pas de rails, tandis qu'il y en a plus pour élever un enfant selon les normes de la société. Moi je veux être critiquée, mais pas jugée. Je veux garder le pouvoir de détruire ce que je construis. Je ne veux pas être obligée de "réussir" tout ce que je crée. Pour moi, c'est cela la liberté.

Bettonville Raymond a dit :
"Je ne suis pas certaine d'aimer le quotidien du maternage, par contre je suis certaine d'aimer l'art en général. "
Pourquoi ?

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