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TU NE PORTERAS PAS DE FAUX TEMOIGNAGES

 

C’est-à-dire, « n’utilise pas la parole pour faire souffrir l’autre »

 

Et pourtant sur le mur auquel il tournait le dos, il y avait des dessins de ses enfants, avec des mots pleins d'amour pour leur papa.

« Lisez le procès-verbal et signez ici s’il vous plaît. »

Je pris le stylo, je parcouru la feuille qu’il me demandait de lire au préalable, et puis je m'exclamai " de toute façon je l'aimerai toujours ! car c’est une femme agréable, dont le sourire n’est pas accroché à un porte-manteau, son sourire, c’est une promesse ! et son cœur bat dans ma poitrine avec tous les cœurs de ceux que j’aime.  

Et par ailleurs, mais je ne vous apprends rien, qu’il n’y a que les criminels pour se doter d’un alibi »

Alors, il me regarda avec des yeux pleins d’interrogations, pleins d’incrédulité, à l’écoute de ces paroles excessives.

Dehors j'ai pensé aux dessins d'enfants et aux mots d’amour adressés au papa. Dessins pleins de naïveté, les enfants ne connaissent que leur parent.

Des dessins qui jurent dans un tel endroit où les sentences n’ont pas de cœur.

En face dans la cour de l'école, les enfants jouaient et lançaient leurs cris pleins de joie par-dessus les grillages.

Le vent soufflait nous étions en novembre, les feuilles voltigeaient autour de moi pour aller jaunir le trottoir.

J'ouvris ma voiture, je m'installai confortablement, serrai la ceinture, allumai mes phares, j’enclenchai prudemment la marche arrière, doucement j’appuyai sur l'accélérateur, j’opérai un demi-tour sur le parking de la gendarmerie, derrière les grillages des enfants me regardaient faire la manœuvre. Je mis le clignotant j'accélérai un peu sur la grande route. J’entendis la sirène de l'école sonnait la fin de la récréation. Et le grand brouhaha des enfants.

J’accélérais, il était 8h le temps était gris comme je l'aime, ma vitesse passa à 80 km heure. Dans 2h j'arriverai à la maison,

Je ne reviendrai plus au pays de Guillaume où règne désormais la vulgarité.

 

Lionel M.

 

« … Je connais bien leur cruauté ; en effet, ils veulent taire partout la vérité, parce qu’elle leur est désavantageuse. Ils souhaiteraient ne jamais l’entendre !( …) Vous ne les reconnaitrez certes pas à l’habit, les imposteurs, les traitres pleins de ruses : c’est leurs actions qu’il faut regarder. » Le Roman de la Rose.

 

 

 

 

 

 

 

 

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administrateur théâtres

Kinky Boots : Everybody says Yeah!

Spectacles

Kinky Boots, la rencontre entre deux mondes

C’est George (Patrick Waleff), fidèle gardien et mémoire vivante de la maison Price & Sons, impeccable dans son costume old style, qui ouvre le bal. Un personnage d’une élégance désuète qui incarne à lui seul tout un monde industriel sur le point de disparaître. Top chrono, la comédie musicale démarre, certes, mais aussi une aventure qui sait parler aux yeux du cœur.  

Les chaussures ont toujours raconté notre histoire.

Depuis les cothurnes de l’Antiquité jusqu’aux bottes de sept lieues, du soulier de Cendrillon aux sabots d’Hélène, sans oublier mon affection parfaitement assumée pour les Crocs, elles portent nos rêves autant que nos blessures. Et les escarpins rouge vif, tout un programme parfaitement sexy.  Elles nous élèvent, nous protègent, nous transforment. Hélas, elles savent aussi devenir les terrifiants « bruits de bottes » qui jalonnent l’Histoire. Tout un symbole de notre fragilité humaine.

Ainsi, Kinky Boots va se déployer dans la grande cour du château du Karreveld, tandis que les perruches à collier, bavardes et jalouses de la musique semblent ne jamais vouloir aller se coucher. Le 28ᵉ Festival Bruxellons offre une adaptation française, surtitrée en néerlandais, d’une intensité remarquable. Une production généreuse, créative, portée par une troupe aux accents bilingues, totalement investie.

 Au commencement était Simon, l’enfant, amoureux déjà de l’objet fétiche en vernis rouge à talons hauts. Il rêvait en secret de s’élever pour échapper à une autorité paternelle cuisante.

Puis se dégage l’univers gris d’une vieille fabrique de chaussures anglaises increvables où explose soudain un feu d’artifice des sept couleurs. Nos préférées :  le jaune poussin, le vert émeraude, le bleu des mers du Sud, le parme et les cent nuances du rouge passion… Chaque tableau ressemble à une toile fauviste où les costumes dialoguent avec les lumières. Les high heels vertigineux se marient aux gants longs, pour dessiner une première chorégraphie flamboyante. L’heure est à la fête et les carrés blond platine, se métamorphoseront en cascades rutilantes, brillantes de vie et d’énergie, assorties de costumes… dignes de mousquetaires.  Enfin, le crescendo de paillettes s’emparera même de nos propres yeux : quelle contagion !  Une montée en puissance jubilatoire qui fait de cette soirée un réveillon de 31 décembre, déguisé en fête nationale. On rit. On applaudit. On jubile devant l’esthétique.  On oublie le quotidien. Le bonheur circule librement entre la scène et les gradins.  Toutefois, cette exubérance va tisser aussi une histoire beaucoup plus porteuse de sens.

À première vue, il ne s’agit que de sauver une entreprise familiale menacée de faillite grâce à un produit totalement inédit destiné à conquérir Milan. Pourtant, au fil des scènes, le spectacle aborde avec une rare intelligence des thèmes universels : la résilience, la difficulté d’exister dans l’ombre d’un père admiré, le respect de la différence, l’amour filial, la confiance retrouvée, l’amitié, le couple, Ah! L’excellente Lucie Hoellinger en Nicola. Mais par-dessus tout: l’acceptation de soi. On entend la voix d’Oscar Wilde nous souffler: « Be yourself ; everyone else is already taken. » Tout est là. Être soi-même, la chose la plus admirable. Et oser dire oui à ce qui vient en faisant éventuellement demi-tour. Le oui à la vie: « J’veux entendre des Yeah! »

These boots are made for walking… pour apprendre à marcher vers soi-même. 

Le formidable défi lancé à Don par Laura constitue une résolution aussi intelligente que bouleversante, où personne ne perd véritablement et où chacun grandit. La rencontre de deux mondes se produit lors d’un formidable coup de théâtre. C’est cette victoire profondément humaine qui vous laisse une trace indélébile. Son bataillon d’admiratrices vrombit autour d’elle: «Maisquelhomme, maisquelhomme!» Vive la ruche!

Et puis la distribution est remarquable.

Lola first ! Dès qu’elle paraît, le regard ne peut plus la quitter. Vincent Heden signe une Lola absolument renversante de charisme et de précision. Jamais elle ne tombe dans la caricature.  En habitant littéralement son personnage, le comédien fait de Lola une reine de scène puissante jusqu’au bout des cheveux, à la fois glamour, spectaculaire et profondément authentique, tant les questions qu’elle pose sont pertinentes.  

Face à lui, Loïc Suberville compose un Charlie bien nuancé. Tellement vulnérable, malhabile et pétri du désir de bien faire, il met toute son humanité aux pieds de l’exubérante reine. Ensemble, ils forment le cœur battant du spectacle. Et le courage, de reprendre ses droits.

Maud Hanssens, on l’adore, dans le rôle de Lauren, fraîche, lumineuse, romantique, dotée d’un humour délicieusement communicatif, tandis que le vaillant Don est incarné par Niels Batens.  

Quant aux Angels — Timothée Charles Aufray, Douwe Debroux, Mathis Marco, Sasha Thibert, Maxime Pannetrat, Killian Vialette — ils sont spectaculaires de précision, d’énergie et d’aisance, juchés sur leurs high heels vertigineux. Ils construisent autour de Lola un univers éclatant de virtuosité.

L’ensemble de la distribution mérite les plus chaleureux éloges : Lucie Hoellinger, Niels Batens, Gauthier Bourgeois, Hélène Kamers, Thomas Servranckx, Roland Bekkers, Aaron Francque, Jozefien Van De Winkel, Kyara Boi et Pauline Arnout participent tous à donner chair à cette galerie de personnages avec une remarquable sincérité.

Kylian Campbell et Nicoline Hummel, à la mise en scène, maintiennent le plateau dans une vie bourdonnante. Ce foisonnement permanent donne une impression de vérité scénique très réjouissante.

Les chorégraphies de Kylian Campbell et Alexia Cuvelier sont d’une redoutable efficacité. Énergiques, précises, explosives, elles sculptent chaque numéro avec une personnalité propre et entraînent toute la troupe dans un irrésistible mouvement collectif.

Sous la direction musicale de Laure Campion avec à la baguette Thomas Vanhauwaert, l’orchestre sur scène fait merveille. La partition de Cyndi Lauper conserve toute son énergie rock, son émotion et sa générosité. Les voix s’épanouissent dans un heureux  équilibre sonore  qui accompagne aussi bien les instants méditatifs les plus intimes, que les multiples explosions de joie.

Le soir de la première, c’est l’euphorie. Une longue standing ovation a salué cette création généreuse, chaleureuse et profondément humaine. Oui, Bruxelles peut regarder Broadway droit dans les yeux. Et Bruxelles lui a même ajouté …un supplément d’âme.  Que l’on nomme désormais Price & Simon. Une société qui ne vend finalement qu’une seule chose : le courage d’être soi.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

Kinky Boots: Musical de Harvey Fierstein et Cyndi Lauper

Avec Loïc Suberville, Vincent Heden, Maud Hanssens, Lucie Hoellinger, Niels Batens, Gauthier Bourgois, Frédéric Célini, Patrick Waleffe, Hélène KamersThomas Servranckx, Roland Bekkers, Killian Vialette, Maxime Pannetrat, Mathis Marco, Sasha Thibert, Douwe Debroux, Thimothée Charles Auffray, Aaron Francque, Jozefien Van De Winkel, Kyara Boi, Pauline Arnout, Teo Beets, Rémi Forrest et Senne Van Damme

Mise en scène: Nicoline Hummel, Kylian Campbell

Direction musicale: Laure Campion

Adaptation française: Stéphane Laporte

Chef d’orchestre: Thomas Vanhauwaert

Assistanat à la mise en scène: Clara Barlow

Direction polyphonie vocale: Sebastien Jurczys

Coach vocal: Kristel Lamerichs

Chorégraphie: Alexia Cuvelier & Kylian Campbell

Scénographie: Sylvianne Besson & Yves Hauwaert

Lumière: Kaye Laurent

Création des costumes: Béatrice Guilleaume

Créatrice maquillage & coiffures: Djennifer Merdjan

Ingénieurs son: Vincent DebongnieShiba Defrenne & Erik Loots

Photographe: Gael Maleux Photography Une production du Festival Bruxellons !

Info et réservations: www.bruxellons.be

 

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1950

Rien ne ressemblera à ce qui a été,
Les années ont effacé la mémoire,
Les rues sont désertes des pas qui ont marché,
Quelques vieux restés sont sortis de l'histoire !

Etonnés par la mort qui les guette dès lors,
Inspirent de belles voitures toxiques,
S'arcboutent sur de vieilles portes dehors ,
Scandent de vieilles musiques en mimiques !

Ils voient des gamins aux genoux ensanglantés,
Qui crient et tapent dans un ballon crevé,
Là, un jeune homme sur un vélo retapé,
Emmène sa "fille" et vont se promener !

Elle porte une robe chatoyante,
Rit aux éclats, ils vont bientôt se marier,
Demain est bien loin c'est aujourd'hui qui chante,
Rien ne ressemblera à ce qui a été !

GCM
Pensée du jour.11/7/2026

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Découverte

Je viens de découvrir , après au moins vingt ans, à la relecture du livre d'Alain Bosquet :"La mémoire et l'oubli " ,une phrase ,ou plutôt quelques mots consacrés à Max Elskamp...dans une lettre reçue de St -John Perse , par l'auteur :

"Perse me charge de lui envoyer quelques livres, parmi ceux que que je crois digne de sa lecture. Il m'écrit , fin 57 :" J'ai bien reçu votre choix de livres - retrouvé la voix d' Elskamp telle qu'il y a cinquante ans - approfondi ma vive sympathie pour Cioran et pour sa rare ubiquité d'esprit...N'oubliez pas , si vous en avez l'occasion, de transmettre une chaleureuse amitié de ma part à Michaux".

J'aimerais en découvrir plus...

Cette relecture " faisait suite" , en quelque sorte, à la lecture d'un livre assez touchant et combien différent :" Mort aux vaches !"  ( récits et portraits de Brassens à Soulages ) de Roger Pierre Turine. 

Les rencontres, les critiques., les avis, les époques..Ce qui distingue aussi les amitiés des relations .,..

Il y a  bien d'autres découvertes , certaines très attachantes comme la correspondance , des années durant, entre deux auteurs...lus , relus,admirés et/ou respectés ..Par exemple  ."Une amitié littéraire",  la correspondance entre R.L. Stevenson et Henri James...

" Si l'un de nous deux oublie l'autre, qu'il devienne étranger à jamais" , disait Stevenson.

Mais cela , c'est une autre histoire...

 

Alain Bosquet : "La mémoire et l'oubli"     Grasset 1990;

Roger Pierre Turine  : "Mort aux vaches ! "    ALENTOURS  Editions Tandem.

 

 

..

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Contemplez autour de vous ces trois visages,
Soyez assuré que derrière ces masques,
Le quotidien en fait son bon usage,
Vous envoie ses joies, ses peines, ses frasques !

Le joyeux, empli de rires aime danser,
Vous ouvre les bras sans aucune autre raison,
Que virevolter avec lui dans sa passion,
De n'être plus seul et vouloir tout partager !

Le triste porte la misère du monde,
Il est déjà vieux avant l'âge et se plaint,
Vous voit-il que déjà ses larmes abondent,
A vous conter son passé et futurs demains !

L'impassible est une énigme sournoise,
Que pense-t-il, est-il gêné ou ennuyé ?
Tel un voile qui flotte sur son visage,
Vous annonce que vous ne pourrez rien en tirer !

GCM
Pensée du jour.7/7/2026

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administrateur théâtres

Laurent Capuletto et Erika Sainte jouent Fabcaro

Spectacles

« Le journal d’un scénario » au théâtre Le Public

Création

Un journal intime, c’est fait pour laisser une trace. Une empreinte indélébile. Quelque chose qui résiste à l’oubli. Scripta manent. Aussi, question de cristalliser des émotions, de faire advenir des prises de conscience. Jour après jour, il recueille des hésitations, des élans, des blessures et les espoirs, transformant le tumulte intérieur en récit.

Avec Le Journal d’un scénarioFabcaro pousse le concept plus loin encore. Car ce n’est plus seulement un homme ou une femme qui tient son journal : c’est presque le scénario lui-même qui devient personnage. Une étrange créature vivante dont on suit la lente métamorphose du 14 septembre au 1er janvier, tandis que son destin s’entrelace avec celui de son auteur, le sacré Boris.

Et ses déboires sacrés.

Ainsi déboule sur la scène du Public Laurent Capelluto, ce comédien irrésistiblement attachant. Il incarne Boris, ce jeune auteur dont le scénario vient d’être retenu par une société de production cinématographique. Enfin la chance ! Enfin la reconnaissance ! Boris exulte, bondit de joie, prend la scène d’assaut et entraîne immédiatement le public dans son enthousiasme.

Bingo.

Mais très vite, avec une candeur désarmante, il nous confie les tribulations de ce premier chef-d’œuvre promis à un avenir radieux. Comme dans le Candide de Voltaire, une formule revient avec une régularité presque hypnotique : « On va faire un beau film. » Une phrase qui se veut rassurante. Une phrase qui promet l’avenir mais qui finit par devenir inquiétante. Presque cynique ?

Et que restera-t-il finalement de ce beau film ? L’écume des jours ? De minute en minute, l’indignation grandit. Plus on avance dans le spectacle, plus on voit le monde dévorant du profit grignoter le rêve initial, le modifier, le corriger, l’adapter, le dénaturer. Le piétiner.

Et malgré les éclats de rire qui secouent régulièrement la salle, une douleur sourde s’installe peu à peu. « Douleur, ô ma douleur, tiens-toi donc tranquille… » Quitte à emporter cette douleur avec soi après la représentation. Elle nous questionne : Qui aura trahi qui ? Et à quel moment cessons-nous d’être nous-mêmes ?

Disons-le d’emblée : après un spectacle d’une telle finesse, il est difficile de résister à l’envie de se précipiter sur le livre de Fabcaro dont la pièce mise en scène par Michaël Bier est issue.

Comme si l’on refusait de quitter Boris ou comme si l’on voulait prolonger encore un peu le questionnement, le plaisir… ou la mélancolie. Dans une typique attitude romantique.

Foule sentimentale

On a soif d’idéal

Attirée par les étoiles, les voiles

Que des choses pas commerciales…

En fait, derrière les rires se cache une question infiniment humaine : que deviennent nos rêves lorsqu’ils rencontrent la réalité ?

Boris est un homme extraordinairement ordinaire, tout à la fois héros et anti-héros. Face aux manipulations, il est le champion du renoncement, l’homme qui rêve de résister, mais n’arrive pas à prouver qu’il existe ! Lorsqu’enfin la chance semble lui sourire et que son projet de film a attiré l’attention du milieu du cinéma, on pourrait croire au départ en fanfare. Mais Boris n’est pas de ceux qui attrapent leur destin au vol. On ne lui a jamais appris à chasser librement les papillons. Incapable de dire non, désireux de plaire à tout le monde, il assiste impuissant à la transformation progressive de son œuvre jusqu’à ne plus vraiment la reconnaître.

Son scénario, tout en délicatesse et en émotion, se voit lentement transformé en produit calibré sur les attentes présumées du public et la rage de profit des producteurs !  Fabcaro signe ici une satire féroce du monde de la création mais aussi, plus largement, de notre époque avec ses réunions labyrinthiques, creuses et interminables, affublées de langage pseudo-empathique.

« Les servitudes silencieuses », c’est le nom du scénario, devient peu à peu le symbole de toutes nos petites morts. De toutes ces concessions que nous consentons, jusqu’au jour où nous ne reconnaissons plus tout à fait celui ou celle que nous étions. Le pire étant, l’évidence même, de perdre son âme. Ah ! L’artiste maudit !

Déguisée en rire, un trait de génie, la mécanique de l’échec annoncé trouve en Laurent Capelluto un interprète d’une justesse remarquable. Avec ses faux airs de Woody Allen contemporain, il compose un Boris à la fois exaspérant et profondément attachant. Un homme qui semble traverser sa propre existence en spectateur. Un homme qui a même parfaitement compris son propre drame : il décelé qu’il existe deux Boris. Celui qu’il est réellement et celui que les autres imaginent.

À ses côtés, la brillante Erika Sainte illumine la scène dans le rôle d’Aurélie. Professeure de cinéma, passionnée, vive, lumineuse, pétillante, elle représente tout ce que Boris n’est pas. L’audace, la créativité, la joie de la transmission. Le tout serti dans une mobilité vertigineuse et des lancers fulgurants de textos et d’émoticones.

Leur histoire d’amour est une heureuse surprise du spectacle. On l’adore, Aurélie, quand elle discute avec sa copine au téléphone et qu’elle lui avoue que c’est chouette les amours qui prennent leur temps. Qu’elle laisse les sentiments naître à petits pas, qu’elle ose encore croire aux regards, aux mots, aux silences. Hélas, ce grand élan repose sur un malentendu aussi cruel que bouleversant. Aurélie aime un Boris qu’elle imagine. Une version idéale. Et Boris, lui, tente désespérément de correspondre à cette image sans jamais parvenir à l’habiter vraiment.

Bien sûr, Le Journal d’un scénario joue sans cesse avec les métaphores et ne parle pas seulement de cinéma. Il parle de toutes les fois où nous nous laissons manipuler malgré nous. Il met en relief les intrépides mensonges par omission. Il raconte par le menu nos innombrables reculades et nos faiblesses humaines.

La mise en scène, résolument contemporaine, accentue encore cette impression. Les jeux de plateau, les effets de split-screen théâtral, le rythme effréné des séquences insufflent au spectacle une énergie presque surréaliste. Le résultat est tellement drôle ! La scénographie intelligente de Catherine Cosme utilise avec brio des accessoires quotidiens, un lit, un bureau, un sofa, mais le moindre espace de la salle des voûtes est exploité.

Et les multiples références cinématographiques fusent comme autant de clins d’œil adressés aux amoureux du septième art. Une virtuosité réjouissante de dîners mondains qui interroge aussi notre époque saturée d’images, de savoirs et d’informations. Si, sous cette profusion, émerge peu à peu une inquiétude plus profonde, la sensation d’un monde où les anciennes certitudes se sont mises à vaciller, où l’on s’aperçoit avec bonheur que les rôles se redéfinissent. Les femmes prennent enfin toute leur place. Inversion des rôles ? Aurélie est solaire.

Et on l’aime, ce Boris lunatique et tellement déstabilisant, tellement plus humain que la faune qu’il fréquente ! On l’aime malgré ses lâchetés, puisqu’elles sont assumées avec une honnêteté désarmante. Malgré ses renoncements successifs, malgré son insondable capacité à manquer les tournants décisifs de son existence, on est profondément touché par son humanité.

Et parce que Laurent Capelluto et Erika Sainte, dans un magnifique équilibre de forces contraires, composent ensemble une partition d’une rare justesse. Comme un Yin et un Yang modernes. Comme deux rêves qui tentent de se rejoindre. Comme deux scénarios qui n’étaient peut-être pas destinés à s’écrire sur la même page.

 

Celle d’un nouveau journal intime ?

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

 

JOURNAL D’UN SCÉNARIO


13.05 > 07.07.26

1H15

Création

Salle des Voûtes

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administrateur théâtres

Avec Molière, une troupe qui nous ébaudit!

 

Spectacles

Le médecin malgré lui

Vous connaissiez ce Parc dans Bruxelles, qui évoque la culture… des pommes de terre ? Son nom est un hommage à celui qui les fit entrer dans l’Histoire : Antoine Parmentier. C’est là, sous ses grands arbres et au pied d’une vieille bâtisse religieuse, en plein dans un décor agreste que la Comédie Kapel a planté, pour quelques soirs d’été, ses lampions et son théâtre de verdure.

Et lorsque la chaleur du jour s’efface enfin, que les oiseaux cèdent peu à peu la place aux premiers éclats de rire, Molière prend possession des lieux.

Préparez-vous : il va pleuvoir des coups de bâton sur les maris buveurs, dévoyés et fainéants, les pères tyranniques et les faux savants.

L’an dernier déjà, cette joyeuse bande faisait chavirer le public avec un irrésistible Scapin. Nous n’avions qu’une envie : revenir. La promesse est tenue. La fête recommence, plus champêtre encore, sous des frondaisons où le théâtre retrouve peut-être sa vocation première : rassembler des inconnus autour d’une même histoire, au cœur d’une douce soirée d’été.

On pourrait appeler ces artistes les baladins de la mémoire. Car ils ne se contentent pas de jouer Molière : ils réveillent tout un héritage populaire. Entre la domestique qui s’enivre d’envolées lyriques puisées chez Gounod, et l’incomparable Lucas qui roule les “r” comme on laboure la terre, les discrètes allusions musicales qui ravissent les baby-boomers, et les galimatias pseudo-latins des médecins improvisés, « Le Médecin malgré lui » devient une véritable fête foraine du langage.

Écrite en 1666, juste après le succès d’estime mais les recettes décevantes du Misanthrope, cette comédie d’un genre populaire, permet à Molière de récupérer quelques pistoles sonnantes et trébuchantes pour payer sa troupe. Inspiré directement du vieux fabliau médiéval du Vilain Mire, Molière renoue avec la farce : ainsi, les bastonnades, les quiproquos, les personnages hilarants, les maris bernés, les femmes qui mènent le jeu, les bourgeois vénaux et les médecins dont le latin cache surtout une abyssale ignorance.

Mais le génie de Molière organise ces ingrédients de la veille de la Renaissance pour les transformer en une mécanique d’horlogerie où chaque réplique fait mouche. Derrière le rire, il fustige l’hypocrisie sociale, les rapports de domination et la crédulité humaine. Le bâton amuse mais les mots gracieux habillent la raillerie et la critique.

Benoît Strulus en Sganarelle s’y entend à merveille pour moquer les grands médecins de l’Antiquité, la théorie des humeurs, des saignées, des lavements et autres remèdes fantaisistes. Son faux médecin règne, chapeau vissé sur la tête, sur la science de l’époque aussi pompeuse qu’approximative. Écoutez-le savourer le mot « Mé-de-cins » en trois larges syllabes, comme s’il découvrait lui-même l’immensité de son nouveau savoir. Tout est juste, tout est savoureux.

Dès l’incipit, le ton est donné. Une lessive flotte au vent, culottes en étendard. Martine, jouée par l’admirable Colette Sodoyer, règle ses comptes avec son mari. Les reproches deviennent vengeance, la vengeance devient mascarade, et la machine infernale de la farce est lancée.

Femmes diaboliques et victorieuses ? Maris dupés ? Pères abusifs ? Culte du profit ? Peu importe finalement. Les véritables vainqueurs seront les amoureux, Léandre et Lucinde, qui trouveront enfin, grâce au plus improbable des médecins, le chemin de leur bonheur.

Les costumes d’époque virevoltent. Les comédiens surgissent des taillis comme des maraudeurs du verbe. Les domestiques se gaussent. Les femmes tiennent fermement la barre, et gare aux mains baladeuses ! L’exquise Jacqueline, nourrice chez Géronte et épouse de Lucas (Marc Deroy) insuffle sous les traits de Mathilde Mazabrard un entrain et une fraîcheur irrésistibles.

C’est Bernard Lefrancq qui campe le Géronte absolu, à la fois inquiet et imbu de lui-même. Affublé d’un costume et d’un bonnet qui rappellent celui du Malade imaginaire, il convoque des emportements et des postures dignes de Louis de Funès, qui se serait subrepticement échappé des Trente Glorieuses.

Face à lui, Anne-Isabelle Justens et Alexis Lejeune composent le couple d’amoureux complices et tellement gourmands de vie. La joie est dans le pré.

Chemin faisant, nos vieux cours d’histoire du théâtre français resurgissent, et l’ombre de ces anciennes farces françaises données sur les places du village. Celle du Cuvier par exemple, quand le théâtre se jouait avant tout pour faire rire le peuple. Et quelle aventure, entre limonade et bière, de retrouver cet esprit parfois grivois, aujourd’hui, le verre à la main, installés sur une chaise courte plutôt que longue, ou autour d’une table, tandis que le soleil décline doucement derrière les arbres.

Bref, ce qui touche, au fond, c’est l’engagement artistique de toute cette troupe, comme du temps de Jean-Baptiste Poquelin ? Les rires ont tôt fait de crépiter dans le champ fraîchement fauché pendant que le parfum de l’herbe se mêle à celui de cette langue ancienne si musicale qui semble avoir traversé les siècles sans périr. C’est que Molière, qui se plaît à épingler les vices de l’humanité, est vraiment éternel.

Le public, lui aussi acteur de la fête, répond aux sollicitations, s’étonne, applaudit, rit et glousse de plaisir. Et tant pis pour les blagues un peu épaisses. On les rangera en toute simplicité avec les épluchures …de pommes de terre.

Hélas, la météo caniculaire aura sans doute retenu chez eux quelques spectateurs. Dommage. Mais ceux qui étaient présents auront largement compensé leur moindre nombre par la chaleur et la vivacité de leurs applaudissements.

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

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administrateur théâtres

Big Mother, « la Chose » reviendra-t-elle?

Spectacles

 Au théâtre Le Public

La satire… n’est plus matière à rire

« Ils disent parler au nom du peuple mais s’en prennent aux piliers mêmes de la démocratie. Surtout, ils s’attaquent à tout ce qui pourrait les freiner : juges, médias, institutions internationales, universités… »
— Le Monde

Dans son thriller politique, Mélody Mourey confie être inquiète face au futur. « …Parce que je suis réaliste, mais je crois à notre capacité à changer les choses. »

Heureusement, le théâtre est là pour sensibiliser le public aux réalités que nous vivons déjà et aux enjeux qui nous attendent.

BIG MOTHER se joue actuellement au Théâtre Le Public et sera, on l’espère, prolongé la saison prochaine. Ce n’est pas un hasard. Rarement une satire politique aura frappé avec une telle puissance.

Rire de bon cœur de nos travers ? Non, dans cette pièce, on les voit se refermer sur nous comme un piège.

Toutes griffes dehors, cette œuvre brillante alerte, accuse et secoue le spectateur. Elle le met face à ce qu’il subodorait, sans vouloir vraiment y croire : plus rien n’est écrit dans la pierre, notre monde est devenu un lieu où la vérité est une matière volatile et malléable, où l’information se fabrique, où la surveillance se fait …consentie et où nos libertés s’érodent avec notre propre assentiment.

Nous les artistes anonymes
De la sculpture ou de la rime
Tenterons de vous la transcrire
Pour les siècles à venir
Il est venu le temps des cathédrales
Le monde est entré
Dans un nouveau millénaire

Rarement un spectacle aura laissé une salle dans un tel état d’épuisement nerveux. Pendant une heure et quarante, sans entracte, Big Mother ne nous accorde pas une seconde de répit. Les personnages courent, s’agitent, enquêtent, s’affrontent, s’effondrent. Les vérités éclatent avant d’être aussitôt ensevelies sous d’autres récits. Le spectacle, d’une densité à couper le souffle, hurle ses vérités à travers des personnages à bout de nerfs, dans un rythme dont on sort submergé et épuisé.

Oui. La violence épuise. Mais si j’avais encore mes grands élèves en charge, j’y courrais avec eux pour en débattre ensuite, comme nous le faisions jadis après An Inconvenient Truth ou All the President’s Men. Ils adoreraient la scénographie tournoyante d’écrans qui, intrus décrits par George Orwell, sont devenus dans notre XXI siècle une compagnie plus qu’utile : indispensable quoique parfois délétère. Ces hublots quadrangulaires, en mode cinéma ou en plans fixes, dessinent les multiples lieux de l’action. En outre, ils permettent une saisissante simultanéité des scènes, composant, paradoxe suprême, un ensemble presque esthétique. Déjà une supercherie. Car ce qui est beau finit souvent par ne plus nous inquiéter.

La musique, digne d’un thriller, accompagne le tout dans des couleurs de délire incandescent.

Autour de cette machinerie fascinante, les six acteurs accomplissent une véritable prouesse. En scène, un merveilleux sextuor : Itsik Elbaz, Salomé Crickx, Tiphanie Lefrançois, Jérémie Petrus, Laurence Oltuski et Nabil Missoumi. Tous jouent « la Chose » avec une conviction et un talent effréné, une précision et une énergie qui forcent l’admiration. Leur impressionnante galerie de personnages se déroule avec une virtuosité sidérante dans des Méta-morphoses nous offrant un miroir implacable de notre monde.

Un livre, on le referme pour reprendre une pause. Ici, impossible. Ce spectacle vous tient dans ses griffes.

On y retrouve, bien sûr, ce vieux principe qui accompagnait nos jeunes années : « Le poète a dit la vérité. Il doit être exécuté. » Et si ça s’appliquait maintenant aux journalistes ? Quelle engeance dangereuse clament tous nos néotyrans. Néanmoins, une banderole édifiante flotte sur le plateau « Killing the  journalist  won't kill the  story! » Une étincelle d’espoir.

Mais aujourd’hui, la machine infernale est plus perverse que jamais. Pour installer une dictature, nul besoin d’exécuter le poète. Il suffit de nous noyer sous un déluge d’informations. De rendre toute certitude impossible, d’annuler nos outils de vérification. De faire en sorte que plus personne ne sache distinguer le vrai du faux, du vraisemblable, du filtré, du fabriqué, du sur-mesure.

Dans Big Mother, Mélody Mourey pousse cette logique jusqu’à son terme avec un concept glaçant : la Totale Démocratie. Une démocratie qui promet avec un large sourire davantage de participation citoyenne grâce au Big Data… …mais qui organise, en réalité, notre consentement.

Nous croyons choisir. Nous sommes choisis.

Nous croyons décider. Nous sommes guidés.

Nous croyons être informés. Nous sommes profilés.

Nous croyons exercer notre liberté. Nous alimentons les algorithmes qui finiront par penser à notre place.

Sous les dehors rassurants d’une BIG MOTHER qui ne nous voudrait que du bien, nos perceptions s’émoussent. Nos indignations s’endorment. Notre vigilance s’efface. Et la réalité finit par nous échapper. Le plus glaçant n’est pas que quelqu’un nous surveille. Le plus glaçant est que nous ayons fini par offrir nous-mêmes toutes les clés… pour nous atteindre. La manipulation atteint alors son apogée alors que la démocratie représentative se meurt sous nos yeux, puisque notre regard est ailleurs.

Même la liberté perd son essence sacrée pour devenir une illusion soigneusement entretenue. Et où est donc passée la lumière ? Nous voilà prisonniers de la noire caverne. Platon en perdrait son grec !

De fait, notre monde est ainsi devenu pire que celui d’Orwell. Et nous découvrons que celui d’Huxley lui prête désormais main-forte. Le premier imaginait une dictature de la peur. Le second est une dictature du confort. Ainsi nous en venons à réussir l’impensable : faire cohabiter les deux.
…Il est venu le temps des cathédrales
Le monde est entré
Dans un nouveau millénaire

Alors, chers étudiants de mes jeunes années… Vous êtes aujourd’hui de jeunes parents. Vous souvenez-vous encore du Meilleur des mondes ? Vous souvenez-vous de 1984 ? Nous les lisions comme des romans d’anticipation, en forme d’avertissements nous conjurant d’être attentifs à toute tentation totalitaire. Cette pièce Big Mother (2023) sonne l’alarme. Et qui sait, le tocsin. Face à cette « Chose », il y a urgence citoyenne.

Et bravo à ces six artistes qui donnent tout : la voix, le corps, le souffle, l’intelligence, le rythme. Ils portent cette fable noire avec une générosité et une intensité rares. Car au-delà du thriller, de l’urgence, de l’effroi, de la violence, resurgit une vieille vérité. Celle que formulait déjà La Boétie : « C’est le peuple qui s’asservit, qui se coupe la gorge, qui, ayant le choix d’être serf ou d’être libre, quitte la liberté et prend le joug. »

 Vous noterez que la véritable question que pose Big Mother n’est pas : Qui nous manipule ? Elle est infiniment plus dérangeante : Pourquoi acceptons-nous si volontiers de l’être ?

Dominique-Hélène Lemaire, Deashelle pour le réseau Arts et lettres

De : Mélody Mourey

– Mise en scène : Mélody Mourey

– Avec : Salomé Crickx, Itsik Elbaz, Tiphanie Lefrancois, Nabil Missoumi, Laurence Oltuski et Jérémie Petrus

– Scénographie : Olivier Prost

– Costumes : Bérengère Roland

– Costumière : Sarah Duvert

– Lumière : Arthur Gauvin

– Musique : Simon Meuret

– Vidéo : Edouard Granero, Laure Cohen, Emmanuelle Buchet

– assistés de : Clémentine Kosh

– Habillage : Eugénie Poste

– Régie : Geoffrey Leeman

– Assistanat régie : Junior Neptune

Du  12.05 au 04.07.26

➡ https://bit.ly/BigMotherTickets

 Photos : Gaël Maleux

https://www.theatrelepublic.be/big-mother

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Alicja Polechonska - Summer Flowers

ALICJA POLECHONSKA - SUMMER FLOWERS

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Au fil des toiles, coquelicots, marguerites, bleuets et autres fleurs des champs se déploient dans des compositions baignées de lumière. Les couleurs éclatantes dialoguent avec des nuances plus délicates, créant une atmosphère chaleureuse qui évoque les longues journées estivales et les paysages en pleine floraison. La diversité des techniques enrichit cette recherche plastique. La peinture à l'huile apporte profondeur, subtilité et richesse aux matières, tandis que l'acrylique confère aux œuvres une énergie spontanée et un souffle de modernité. Les jeux de textures, les contrastes et la liberté du geste donnent à chaque tableau une personnalité singulière. Inspirée par les paysages naturels, Alicja Polechonska ne cherche pas à reproduire fidèlement la réalité. Elle en retient l'essentiel : le mouvement des fleurs sous le vent, la vibration de la lumière, la poésie des couleurs et l'impression de liberté qui émane des prairies sauvages. Chaque œuvre invite le spectateur à renouer avec une nature à la fois familière et précieuse. Summer Flowers est une célébration de la beauté éphémère du monde végétal. L'exposition rappelle que les fleurs sauvages, souvent modestes et discrètes, possèdent une grâce universelle qui traverse les saisons et les frontières. À travers son regard lumineux et sa palette généreuse, Alicja Polechonska transforme ces fleurs en véritables symboles de vitalité, de liberté et d'espoir.

 

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